Non, Mme Fatou Bensouda, Laurent Gbagbo n'est pas tribaliste. Par Emile GUIRIEOULOU,Ancien Ministre

Vendredi 2 Mai 2014 - 02:33


Laurent Gbagbo
Laurent Gbagbo
LIBRES RÉACTIONS SUITE AU DEPOT PAR Mme BENSOUDA, PROCUREUR DE LA CPI, DU DOCUMENT DE CHARGES AMENDE CONTRE LE PRÉSIDENT GBAGBO

NON, Mme FATOU BENSOUDA LAURENT GBAGBO N’EST PAS TRIBALISTE  !



Dans le document amendé de notification des charges, madame la Procureure de la Cour pénale internationale, tente à tous les prix de trouver des défauts innés au Président Laurent Gbagbo afin de justifier ses accusations. Tout le long de ce document, une trame insidieuse apparait de façon permanente  : Laurent Gbagbo serait foncièrement un tribaliste qui s’est toujours appuyé sur son ethnie, les Bétés, pour gouverner la Côte d’Ivoire. Dans l’application du «  plan commun  », il aurait procédé à une restructuration de l’armée notamment pendant la crise postélectorale en ne s’appuyant que sur les membres de son ethnie.

Ainsi au point 144 du document amendé de notification des charges, elle écrit  : «  Depuis la crise de 2002, les FDS étaient marquées par des tensions interethniques sous-jacentes, liées à une « fibre tribale » imposée par GBAGBO dans les FDS. GBAGBO n’accordait une pleine confiance qu’à des originaires de sa région et il entretenait à tout le moins une méfiance envers certaines autres populations. GBAGBO et son entourage immédiat ont alors fondé les nominations, les promotions, comme les dotations en matériel et armes sur des bases ethniques  ».

Au point 169, elle précise  : «  GBAGBO avait choisi des hommes de confiance pour commander des unités clefs (notamment le CECOS, le DMIR, la GR, le BASA et le GEB). La plupart de ces commandants était d’ethnies proches de celle de GBAGBO, sinon du même village  ».

Cette volonté de «  tribaliser  » la gestion de l’Etat par Laurent Gbagbo, transparait constamment dans les dits et les non-dits de la Procureure.

A titre d’exemples  :
au point 7, elle omet volontairement de préciser que Nadiana Bamba est originaire du nord et de religion musulmane quand elle dit «  GBAGBO a deux épouses : il est marié légalement à Simone GBAGBO avec laquelle il s’est converti au christianisme évangélique et il est marié traditionnellement à Nadiana BAMBA  », car cela contredirait sa thèse d’un Gbagbo anti-musulmans et anti-nordistes.



Point  11  : «  Pendant les années 90, GBAGBO demande le soutien des mouvements étudiants, notamment la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d'Ivoire (« FESCI »), dont l’un des secrétaires généraux est Charles BLÉ GOUDÉ, un Bété originaire du département de Gagnoa  ».

La Procureure évite de noter que Soro Guillaume, lui aussi ancien secrétaire général de la FESCI, est originaire de la région de Ferkessédougou dont se réclame Alassane Ouattara. Elle «  ignore volontairement  » que parmi les principaux dirigeants de la FESCI des années 90, outre Soro Guillaume, plusieurs se retrouvent dans le camp opposé à Laurent Gbagbo  : Ahipeaud Martial (candidat déclaré à la présidentielle prochaine après avoir flirté avec Bamba Moriféré puis le général Guéï), Blé Guirao (UDPCI), Karamoko Yayoro (RDR), Doumbia Major (proche du défunt IB), etc.

Point 32  : «  le 7 février 2006, l’ONU imposera des sanctions individuelles contre BLÉ GOUDÉ  ».  Pourquoi citer uniquement Blé Goudé alors que ces sanctions individuelles concernaient également Eugène Djué, un Baoulé, et le chef rebelle Fofié Kouakou Martin si ce n’est pas une volonté manifeste de tronquer les faits en vue de manipuler l’opinion dans le but d’asseoir l’idée de «  l’entourage bété   de Gbagbo »  ?

Les réalités de la gouvernance du Président Laurent Gbagbo démontrent pourtant que ces accusations de la Procureure de la Cpi sont inexactes car ne reposant sur aucun fait vérifiable en Côte d’Ivoire.
Durant les dix ans d’exercice du pouvoir d’Etat, le Président Laurent Gbagbo a travaillé dans un esprit de rassemblement excluant toute politique basée sur le tribalisme et le népotisme. Aucun fait vérifiable en Côte d’Ivoire ne peut démontrer que Laurent Gbagbo s’est comporté en tribaliste ni dans sa vie privée ni dans la gestion des affaires publiques.

Son ex-épouse avec laquelle il a eu son fils aîné Michel  est française. Simone Gbagbo, son épouse, n’est pas Bété mais de l’ethnie Abouré de la région de Grand-Bassam dans le sud de la Côte d’Ivoire. Il a contracté un mariage traditionnel avec Nadiana Bamba, une Malinké, originaire de la région de Touba au nord du pays et qui est de confession musulmane.
Au contraire de ce qu’affirme la Procureure de la CPI, le Président Laurent Gbagbo a ouvert ses différents gouvernements à des personnalités venant de toutes les régions du pays, et qui ne sont pas toutes membres de son parti, le FPI, depuis son accession à la Magistrature Suprême de la Côte d’Ivoire en 2000 jusqu’à son renversement le 11 avril 2011.
En outre, sous sa gouvernance, les nominations dans les administrations de l’Etat ne sont pas sous-tendues par des considérations ethniques. C’est pour réaffirmer cette conviction que  le 19 février 2012, à l’audience de confirmation des charges, le Président Laurent Gbagbo s’était déjà insurgé contre ces affirmations de la Procureure de la CPI, en déclarant face à la présidente de la Chambre préliminaire 1  : «  Madame, moi, je ne gouverne pas avec ma famille  ».
En présentant les faits de gestion du Président Laurent Gbagbo, au regard des allégations émanant de la Procureure de la CPI (supra), nous entendons démontrer par des faits vérifiables, que celui-ci s’est toujours comporté en un véritable républicain et non un tribaliste.  


I- AU NIVEAU DES INSTITUTIONS DE LA RÉPUBLIQUE

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Il faut rappeler que la Côte d’Ivoire compte plus de 60 ethnies reparties en cinq grands groupes  :
 1.    Les Akans  : Baoulé, Agni, Attié, Abouré, Ebrié, Abbey, Adjoukrou, etc.
 2.    Les Krous  : Bété, Wê (Guéré), Dida, Kroumen, Godié, Néyo, Bakoué, etc.
 3.    Les Gurs ou Voltaïques  : Sénoufo, Tagbana, Djmini, Lobi, Koulango, etc.
 4.    Les Mandés du nord  : Malinké (Dioula)
 5.    Les Mandés du sud  : Yacouba, Gouro, Toura, etc.
Sous la présidence de Laurent Gbagbo, aucun président d’institution n’est Bété. Même en prenant en compte les ethnies du groupe Krou auquel appartiennent les Bétés, il n’y a eu que monsieur Paul Yao N’Dré qui est de l’ethnie Dida.  Par contre, on a enregistré quatre originaires du nord sur huit présidents d’institutions. En outre, seulement trois de ces présidents d’institution sont politiquement proches de Laurent Gbagbo.
Sous Alassane Ouattara, on compte également quatre nordistes sur huit présidents d’institution pour un Bété mais tous les huit présidents d’institutions sont tous des personnalités de son groupement politique, le RHDP.


II – AU NIVEAU DU GOUVERNEMENT


Aucun des cinq Premiers Ministres ayant servi sous Laurent Gbagbo n’est Bété ni du Centre-Ouest, sa région d’origine:
Pour les membres du gouvernement, nous avons choisi de retenir trois gouvernements en raison des périodes où ils ont été formés qui nous paraissent être des moments importants dans l’histoire récente de la Côte d’Ivoire.
Gouvernement du 05 août 2002, formé peu avant que la rébellion n’éclate et qui comprenait 36 ministres issus du FPI (21), du PDCI (8), du RDR (4), du PIT (2) et de l’UDPCI (1) soit 15 ministres de l’opposition de l’époque.
Dans ce gouvernement, il y avait six ministres Bétés dont 4 du FPI, 1 du PIT (Mme Wodié) et 1 RDR (Gnohité Roger). Les autres les ministres appartenant à des ethnies proches étaient au nombre 5 soit au total 11 ministres sur 36.
Gouvernement du 23 février 2010 (en fonction au moment de l’élection présidentielle) avec 28 membres issus du FPI (8), des Forces Nouvelles (6), du PDCI (5), du RDR (4), de l’UDPCI (1), du PIT (1), de l’UDCY (1), de l’URD (1) et du MFA (1) soit 18 ministres du camp Ouattara contre 10 ministres pro-Gbagbo  :
Ce gouvernement de 28 membres ne comprenait que deux Bétés (Bohoun Bouabré et Désiré Tagro). Les ministres appartenant à des ethnies proches de celle de Laurent Gbagbo étaient au nombre de 3 dont 1 du FPI (Emile Guiriéoulou, Wê) et 2 du RHDP à savoir Dagobert Banzio du PDCI (Wê) et Houga Bi Gooré du RDR (Gouro).


Gouvernement du 6 décembre 2010 dit gouvernement Aké N’Gbo avec 34 membres  : FPI (17), RPP (2), URD (1), PIT (1), Société civile (4) et divers LMP (9).

Sur les 34 membres du gouvernement Aké N’Gbo, il y avait 4 Bétés (Alcide Djédjé, Désiré Dalo, Charles Blé Goudé et Joseph Kata Kéké), 4 didas et 3 Wês soit 11 ministres appartenant à la même ethnie que Laurent Gbagbo  ou à des ethnies proches.
En comparaison, comment se présente la situation avec le gouvernement actuel, le gouvernement Duncan, qui comprend 35 ministres issus du RDR (23), du PDCI (8), de l’UDPCI (1), de l’UPCI (1), autres (2)  ?
Dans ce gouvernement, les ministres appartenant à la même ethnie que monsieur Alassane Ouattara ou à des ethnies proches sont au nombre de 17 sur 35. Il est bon de souligner que ces 17 ministres nordistes sont tous issus du RDR sur les 23 ministres que compte ce parti au sein du gouvernement.


III – DANS LES FANCI


Les Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire (FANCI)  comprennent les forces terrestres, les forces aériennes et la marine nationale. L’effectif des FANCI est constitué pour l’essentiel par les forces terrestres.
L’organigramme des FANCI n’a  pas subi de changement majeur durant la crise postélectorale. Le seul changement intervenu est la création en janvier 2011, d’un commandement des Opérations du district d’Abidjan, pour coordonner les actions de terrain du système de défense de la ville d’Abidjan.
Les promotions intervenues en août 2010 ne sont nullement destinées à obtenir un quelconque soutien des promus au président Laurent Gbagbo. Elles ont été faites sans tenir compte de l’origine ethnique ou régionale des concernés.
Ainsi, le même jour où les généraux de division Philippe Mangou (sud) et Edouard Kassaraté (sud-ouest), aujourd’hui nommés ambassadeurs l’un au Gabon et l’autre au Sénégal, ont avancé dans le grade de général de corps d’armée et le général de brigade Guiai Bi Poin (centre-ouest) dans celui de général de division, le colonel-major Touré Sékou, originaire du nord et actuel chef d’état-major général adjoint des FRCI chargé des opérations, a été promu général de brigade.
Mieux, les deux chefs de l’armée rebelle des FAFN, le colonel Soumaïla Bakayoko, actuel chef d’état-major général des FRCI et le colonel Gueu Michel ont été promus, ce même jour, au grade de général de brigade par le président Laurent Gbagbo par souci de réconciliation dans l’esprit des accords politiques de Ouagadougou. Notons que, depuis avril 2011, Soumaïla Bakayoko a été successivement promu général de division puis général de corps d’armée par Alassane Ouattara.
Sous Laurent Gbagbo, les nominations et promotions n’ont obéi qu’aux seules règles en vigueur dans l’armée ivoirienne depuis sa création et non à des critères tribaux.

AU NIVEAU DES FORCES TERRESTRES ET DU CABINET DU MINISTRE DE LA DEFENSE


De 2000 à 2002, sur 15 chefs de corps en fonction dans les forces terrestres y compris le Comter et dans les unités valant corps rattachées au cabinet du ministre de la défense, on dénombrait 4 officiers appartenant à des ethnies proches de Laurent Gbagbo  à savoir  1 Wê, 2 Bétés et 1 Gouro  contre 5 officiers nordistes. Il faut noter que toutes les écoles chargées de la formation des militaires ivoiriens (officiers comme sous-officiers) étaient dirigées par des officiers ressortissants du nord.
De 2008 au 11 avril 2011, c’est-à-dire la période pré et postélectorale, sur 14 chefs de corps en fonction dans les forces terrestres y compris le Comter et dans les unités valant corps rattachées au cabinet du ministre de la défense, il n’y avait qu’un Dida (colonel Dadi du BASA) comme étant proche au plan ethnique de Laurent Gbagbo et on n’y comptait aucun Bété. Par contre, il y avait 6 officiers originaires du nord.
Comme on peut le constater, durant toute la durée de sa présence au pouvoir, Laurent Gbagbo n’a nommé aucun Bété ni à la tête de l’armée, ni des Forces terrestres qui en constituent l’essentiel de la puissance de combat. Il en est d’ailleurs de même pour la gendarmerie et la police.


AU NIVEAU DES AUTRES FORCES  : MARINE NATIONALE ET FORCES AERIENNES

Sur les 10 responsables qui dirigeaient ces deux forces, il n’y avait que 2 Bétés à savoir le général Vagba Faussignaux, commandant de la marine nationale et Tapié Zaïbo qui était à la tête de la base navale d’Adiaké.


AU NIVEAU DE LA GARDE RÉPUBLICAINE (GR)


La Garde Républicaine a été créée par feu le Président Félix Houphouët-Boigny en 1990, à l’occasion du retour de la Côte d’Ivoire au multipartisme. Elle a fondu en son sein «  la Garde Présidentielle  » et «  la Milice du PDCI-RDA  » qui était, à l’époque du parti unique, une composante de l’armée nationale.
Commandant de la GR  : Général Dogbo Blé Brunot  : bété, centre-ouest
Commandant adjoint  : colonel Aby, mbato, sud
Groupement Treichville  : lieutenant-colonel Kouao Amichia, nzima, sud
Groupement Yamoussoukro  : commandant Tapeco, Bété, centre-ouest
Compagnie Plateau  : commandant Sidibé Samba, dioula, nord
Unité Blindés Cocody  : commandant Kouamé Bi, gouro, centre-ouest
Comme on peut le constater par son commandement, la garde républicaine n’était donc pas une garde prétorienne à la solde du Président Laurent Gbagbo, composée uniquement ni même majoritairement de Bétés. A preuve, son commandant actuel, Kouao Amichia, était le commandant du groupement de Treichville et Sidibé Samba qui dirige actuellement le groupement de Yamoussoukro était le chef de la compagnie du Plateau en charge de la protection du Palais présidentiel.


AU NIVEAU DE LA SÉCURITÉ DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Chef d’Etat major particulier  : général Touvoly bi Zogbo, gouro, centre-ouest
Commandant GSPR  : Colonel Ahouman Brouha Nathanael, dida, sud
Commandant adjoint GSPR  : commissaire Mounet Denis, attié, sud
Aide de camp du PR  : commandant Dua Kobenan, abron, est
A titre de comparaison, nous nous intéresserons dans les lignes qui suivent à la situation sous la gouvernance de monsieur Alassane Dramane Ouattara.
IV – DANS LES FRCI
Les FRCI ou Forces Républicaines de Côte d’Ivoire ont été créées par Alassane Ouattara par la transformation des rebelles de Guillaume Soro en forces armées officielles du pays  :
Chef d’Etat Major Général (CEMG): général Soumaïla Bakayoko, Dioula, nord
CEMG  adjoint chargé des opérations: général Touré Sékou, dioula, nord
CEMG adjoint chargé du soutien: général Détoh Létoh Firmin, wan, centre


AU NIVEAU DES FORCES TERRESTRES ET DU CABINET DU MINISTRE DE LA DEFENSE

Depuis le 11 avril 2011, date de la prise de pouvoir d’Alassane Ouattara, sur 17 chefs de corps en fonction dans les forces terrestres, y compris le Comter, et dans les unités valant corps rattachées au cabinet du ministre de la défense, il y a 15 nordistes.

AU NIVEAU DES AUTRES FORCES  : MARINE NATIONALE ET FORCES AERIENNES

Sur les 11 responsables nommés à la tête ces deux forces et de leurs unités, il y a 5 ressortissants du nord dont le général Djakaridja Konaté, commandant de la marine nationale.


AU NIVEAU DE LA GARDE RÉPUBLICAINE

Commandant de la GR  : Kouao Amichia, sud
Commandant adjoint  : Issiaka Ouattara dit Wattao (chef de guerre de Soro Guillaume, rébellion), nord
Groupement Treichville  : Fofana Mamadou, nord
Groupement Yamoussoukro  : Sidibé Samba, nord
Compagnie Plateau  : Yéo, nord
A l’exception de Kouao Amichia, commandant nominal, tous les autres responsables sont des nordistes. De plus, tout le monde sait en Côte d’Ivoire que le véritable «  patron  » de la GR c’est Issiaka Ouattara dit Wattao.
D’ailleurs, cette pratique qui consiste à doubler les responsables des unités par des anciens chefs de la rébellion est quasi générale au sein des FRCI. A titre d’exemples  :
Traoré Gaoussou dit Jah Gao est le commandant en second du BCP
Chérif Ousmane est le commandant en second du GSPR (Groupe de Sécurité du Président de la République)
Koné Zakaria, commandant en second des Forces spéciales
etc.


AU NIVEAU DE LA SÉCURITÉ DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE


Chef d’Etat major particulier  : général Diomandé Vagondo, Yacouba, ouest, qui a succédé au général Gueu Michel (ex chef rebelle), yacouba, ouest
Commandant GSPR  : Diarrassouba Bakary, malinké, nord
Commandant adjoint GSPR  : Chérif Ousmane (ex chef rebelle), malinké, nord
Aide de camp du Président de la République  : Akéssé Jean-Michel, agni, est

V – DANS LA GENDARMERIE

Sous le Président Laurent Gbagbo on comptait 10 responsables sur 32 qui sont membres d’ethnies proches de lui dont 4 Bétés. Il y avait également 9 ressortissants du nord.
Avec le régime Ouattara, on enregistre 14 ressortissants du nord contre zéro venant des ethnies proches de Laurent Gbagbo.


VI- DANS LA POLICE NATIONALE


La Police nationale sous Laurent Gbagbo, entre 2007 et 2011, comptait 18 responsables d’ethnies proches de Laurent Gbagbo (6 Bétés, 5 Wês, 4 Gouros, 2 Didas, 1 Kroumen) sur 39.
Avec Alassane Ouattara, sur 37 responsables de la Police nationale, nous enregistrons 22 responsables originaires du nord sur les 37.

CONCLUSION

Plus que des discours, nous avons voulu montrer la réalité des faits dans la gestion des affaires de l’Etat par le Président Laurent Gbagbo, en rapport avec la question du tribalisme. Il faut d’ailleurs noter que Laurent Gbagbo, dans nombre de ses discours et prises de position publiques a toujours condamné cette pratique et surtout en politique, affirmant que  «  nul ne peut et ne doit s’appuyer sur sa seule ethnie pour arriver au pouvoir en Côte d’Ivoire  ». Il a concrétisé sa volonté constante d’une gestion républicaine et démocratique en soumettant en 2008 à l’Assemblée nationale, qui l’a adopté à l’unanimité, un projet de loi portant   «  répression du racisme, de la xénophobie, du tribalisme  et des discriminations raciales et religieuses  » (loi 2008-222 du 4 août 2008).
Le plus grand hommage qui peut être rendu à Laurent Gbagbo en matière de rassemblement et de lutte contre le tribalisme, c’est celui du peuple ivoirien qui l’a élu deux fois en 2000 et en 2010.
A propos de l’élection présidentielle de 2000, nous voulons relever et dénoncer les insinuations malveillantes de la Procureure de la Cpi. En effet, elle affirme au point 14 du document amendé de notification des charges «  En octobre 2000, GBAGBO devient président au terme d’une élection au cours de laquelle le Conseil Constitutionnel a disqualifié 14 des 19 candidats, dont Henri Konan BÉDIÉ et Alassane OUATTARA  ». La Procureure tente, ici, de faire croire à une collusion entre le Président Laurent Gbagbo et l’institution ayant «  disqualifié  » les 14 candidats, en l’occurrence la Cour Suprême (et non le Conseil Constitutionnel qui n’existait pas à ce moment-là) et que ces «  disqualifications  » étaient arbitraires.
Il est aussi bon de noter que s’agissant d’Henri Konan Bédié, il avait été «  disqualifié  » par le PDCI-RDA, son propre parti politique, puisque battu aux primaires organisées à l’effet de désigner son candidat. La personnalité élue et investie au cours d’une convention comme candidat du PDCI-RDA était l’ancien ministre de l’Intérieur Emile Constant Bombet. Malgré cette défaite aux primaires, signe de désaveu, monsieur Henri Konan Bédié avait quand même déposé sa candidature en tant que candidat indépendant. Cela était bon à savoir.
Pour les élections de 2010, la Procureure écrit au point 41 «  aux résultats du premier tour (GBAGBO 38,04%, OUATTARA 32,07%, BÉDIÉ 25,24%), aucun candidat n’a reçu la majorité absolue ; GBAGBO et OUATTARA sont passés au second tour. Le 7 novembre 2010, BÉDIÉ a annoncé son soutien à OUATTARA, qui est devenu le candidat du RHDP au second tour. GBAGBO avait le soutien de « La Majorité Présidentielle » (« LMP »), une alliance entre son Front Populaire Ivoirien (« FPI ») et d’autres partis politiques, mais OUATTARA, fort de l’appui du PDCI et des autres partis politiques du RHDP, devenait le favori pour gagner l’élection  ». Cette affirmation proclamant que Ouattara «devenait le favori pour gagner l’élection  »,  qui démontre le parti-pris politique de la Procureure, est contredite par les nombreux sondages  qui donnaient tous Laurent Gbagbo vainqueur au deuxième tour quel que soit l’adversaire en face de lui (Ouattara ou Bédié).
Les résultats du 1er tour de l’élection présidentielle de 2010 situent sur le caractère national et pluriethnique de l’électorat de Laurent Gbagbo par rapport à ses principaux adversaires que sont Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié.  En effet, alors qu’Alassane Ouattara n’arrive en tête que dans les régions du nord dont il se réclame et qu’Henri Konan Bédié ne l’emporte qu’en pays baoulé, Laurent Gbagbo ratisse large à l’est, à l’ouest et au sud, l’emportant dans 11 régions sur 19 comme l’illustre si bien la carte ci-jointe. Même la percée de Konan Bédié dans le Bas-Sassandra, au sud-ouest du pays, n’est due qu’à la présence d’une très forte colonie baoulé (centre) dans cette région où dans certains départements, la communauté baoulé est plus nombreuse que les autochtones.
Si donc Laurent Gbagbo est un tribaliste notoire, qui n’a gouverné qu’avec les seuls Bétés pendant 10 ans, comment expliquer qu’il emporte l’adhésion des ces nombreuses autres ethnies  ivoiriennes? A contrario pourquoi Ouattara et Bédié ne sont soutenus que par les ressortissants de leurs régions respectives  ?
Au vu et en raison de tout ce qui précède, nous affirmons que Laurent Gbagbo, qui bénéficie du soutien et de l’estime de la majorité des groupes sociologiques de la Côte d’Ivoire, constitue la clé de voûte de la réconciliation dans ce pays. Il faut donc libérer le Président Laurent Gbagbo si tant est qu’on aspire à une véritable réconciliation de la nation ivoirienne.

IN «  NOTRE VOIE   »    DU 29 AVRIL 2014 (Pages 2 et 3)




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