Nominations au conseil économique et social: Panier plein pour les nordistes et des babioles au PDCI et au MFA

Samedi 1 Novembre 2014 - 06:57


L’essentieL

Contexte
En berne depuis quelques années, le conseil économique et social a été officiellement remis lundi dernier, sur les rails, avec la nomination de 113 personnalités plus ou moins proches du régime actuel.

Enjeu
Face à la pression de ses alliés, au sein du RHDP, lui demandant des réglages nécessaires afin que le partage du gâteau soit on ne peu plus équitable, le chef de l’Etat a choisi le Conseil économique et social pour caser tous les frustrés de sa gouvernance. Mais une moisson bien maigre pour bien d’élus qui attendaient beaucoup mieux.

Coucou, revoilà le conseil économique et social ! L’institution, qui a un rôle consultatif, avait cessé de fonctionner avec la chute du régime Gbagbo. Alassane Ouattara n’en voyant certainement pas l’utilité, n’avait pas jugé bon de la faire fonctionner dès son arrivée aux affaires. Tout au plus, il s’était contenté de désigner Marcel Zadi kessy à la tête de cette administration, en violation flagrante des textes  en vigueur. Car en la matière, l’article 114 de la Constitution stipule que « la composition du conseil économique et social et les règles de son fonctionnement sont fixée par une loi organique. Le président de la République nomme par décret, les membres du Conseil économique et social sur une liste bloquée de120 personnes. C’est une fois nommés que les membres dudit conseil élisent eux- mêmes, en leur sein, leur président. » Passons, le chef de l’Etat étant coutumier de ce type de déviation. Trois ans après sa prise de pouvoir dans les conditions que tous savons, Alassane Ouattara, sous la poussée de ses alliés de la coalition RHDP, a fini par se souvenir du conseil économique et social, vu que celui-ci peut lui permettre de régler un problème politique, à savoir, contenter les frondeurs de son camp, tenus jusque-là, loin de la table des convives. L’occasion toute indiquée pour faire droit aux réglages demandés bruyamment par le président Henri Konan Bédié et le PDCI, imité en cela par le MFA et un plus discrètement par l’UDPDCI et le PIT pro Wodié. Ainsi, ce sont au total, 113 personnalités qui ont été faites membres du nouveau conseil économique et social. Pour le compte du PDCI, des visages connus tels qu’Amoikon Tiémélé Edjampan, Maurice Kacou Guikahué, Alain Ekra, Ezan Akélé, Etienne Koizan,- beau- frère d’Henri Konan Bédié-, et autres Venance Konan ont eu une promotion en guise de récompense pour le rôle de fai- seur de roi joué  par le vieux parti, au second tour de la présidentielle de 2010. A l’analyse, un butin bien maigre pour les partisans du « sphinx » de Daoukro, qui espéraient certainement mieux. Surtout qu’au sortir de la rencontre du week-end dernier, entre Ouattara et Bédié, des proches du premier cité,  avaient annoncé que leur champion donnerait dans les heures suivantes, des signes forts en termes de réglages  attendus. Mais à l’arrivée, rien que des babioles. Surtout pour des anciens ministres qui ont déjà eu accès à des fonctions beaucoup plus importantes. Au MFA, Anaky Kobena  a pu obtenir un strapontin, là où l’homme attendait plutôt un poste de ministre ou de président d’institution  à tout le moins. L’UDPCI n’a pas été oublié, même si le gain n’est pas terrible également. Francis Wodié, le président du conseil constitutionnel s’en tire pas mal, lui qui a pu placer des proches comme François Kouablan, Jeanine Bénédicte Diagou, épouse Wodié et autres, Wodié Marie-Ferdinande épouse Desclers. Et comme il fallait s’y attendre, le RDR, se taille la part de lion avec la nomination de plusieurs de ses cadres. Autre fait notable, la forte coloration nordiste de la liste. En effet, sur la liste des 113, une simple arithmétique dénombre au moins 53 personnalités dont les noms sont à consonance nordiste. Vous avez dit rattrapage ethnique ? Passons ! Dernier fait et non le moindre, la nomination du père Patrice Savadogo pour le compte de l’Eglise catholique. Selon des sources proches du clergé ivoirien, l’homme devrait sa promotion à sa proximité avec l’ex-rébellion et particulièrement avec le commando invisible qui a sévi en maître à Abobo au lendemain du second tour de la présidentielle de 2010. Une liaison qui avait valu au prêtre de rester sur place à Abobo, au moment où tous ses pairs avaient quitté la commune craignant pour leur sécurité. Assurément, une belle récompense pour cet homme de Dieu, d’origine burkinabè et bien connu pour son admiration pour Alassane Ouattara. Notons que l’homme avait été récemment déchargé de ses charges de curé et ne s’occupait désormais que de la catéchèse et des communautés ecclésiastiques de base (CEB). Dans le milieu de l’Eglise, la nomination du père Savadogo, continue de faire grincer des dents.

Géraldine DIOMANDE

Source: Aujourd’hui / N°757 du mercredi 29 octobre 2014
 




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