Nick Kaufman résolument offensif: Voici la stratégie de l'avocat de Charles Blé Goudé

Samedi 29 Mars 2014 - 03:15


L'Israélien Nick Kaufman, avocat principal de Charles Blé Goudé
L'Israélien Nick Kaufman, avocat principal de Charles Blé Goudé
Certes, l'Israélien Nick Kaufman, avocat principal de Charles Blé Goudé, a l'intention de faire une demande de mise en liberté provisoire pour son client. Elle dépendra, l'a-t-il laissé entendre, des bonnes dispositions d'éventuels Etats parties au statut de Rome. Mais sa brève déclaration dans le prétoire hier indique que sa priorité est d'abord et avant tout de déposer un dossier visant à démontrer que des exceptions d'irrecevabilité manifestes rendent impossible le procès de son client à La Haye. Il a déjà mis en cause très clairement les manquements du Ghana et de la Côte d'Ivoire, Etats- parties au statut de Rome, qui n'ont pas traité Charles Blé Goudé, contre lequel un mandat d'arrêt de la CPI existait, conformément à ce que cette convention internationale stipulait.
L'article 17 du Statut de Rome au cœur des enjeux Il est probable que Nick Kaufman se serve des atermoiements et de la stratégie erratique du pouvoir Ouattara au sujet de son client pour plaider l'irrecevabilité des poursuites contre Blé Goudé. En effet, l'article 17 du Statut de Rome indique qu'un dossier est irrecevable si « l'affaire fait l'objet d'une enquête ou de poursuites d'un Etat ayant compétence en l'espèce, à moins que cet Etat n'ait pas la volonté ou soit dans l'incapacité de mener véritablement à bien l'enquête ou les poursuites ». C'est pour ne pas être entravé par cette clause que le régime Ouattara a pris soin de n'inculper le président Gbagbo que pour des supposés « crimes économiques », histoire de laisser de la « marge » à la CPI. Par la suite, son désir de ne plus envoyer aucun Ivoirien à La Haye (pour protéger ses propres éléments), l'a conduit à inculper Charles Blé Goudé et Simone Gbagbo pour des faits équivalents à ceux que leur imputait le procureur auprès de la CPI. Blé Goudé a ainsi été mis en examen, en Côte d'Ivoire, pour « crimes de guerre, assassinats, vols en réunion, dégradation et destruction de biens d'autrui ».
Instrumentalisations Le pouvoir Ouattara ne peut pas arguer aujourd'hui qu'il est dans « l'incapacité » ou qu'il n'a pas la « volonté » de connaître de ce type de crimes supposés, dans la mesure où il n'a cessé de dire le contraire, ces derniers mois, dans ses communications avec la CPI. Si la Côte d'Ivoire revient en arrière et annule les procédures qu'elle a lancées contre Blé Goudé, elle sera forcément accusée d'instrumentaliser éhontément la justice pour se débarrasser de ses opposants. Malaise ! Par ailleurs, la jurisprudence Abdallah Senoussi, du nom d'un proche collaborateur de Muammar Kadhafi dont la CPI n'a pas voulu, pèsera forcément. « Le cas de M. Senoussi fait l'objet d'une procédure interne conduite par les autorités libyennes compétentes et la Libye est tout à fait à même et capable de mener cette enquête », avait expliqué le porte-parole de la CPI, Fadi El- Abdallah le 11 octobre 2013, pour justifier la décision des juges, en dépit des protestations des avocats du concerné.

Théophile Kouamouo

Source: Le  Nouveau Courrier N° 994 Du vendredi 28 Mars 2014





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