Négociations préliminaires avant le congrès du FPI: voici ce qu’Affi demande à Gbagbo

Mercredi 3 Décembre 2014 - 07:25


Négociations préliminaires avant le congrès du FPI: voici ce qu’Affi demande à Gbagbo
Contrairement à ce qui avait été annoncé, le président sortant du FPI n’est pas en train d’organiser sa reddition avant la tenue du congrès de son parti qui se tiendra dans la première moitié du mois de décembre. Selon ses proches collaborateurs, Affi N’guessan est particulièrement déterminé à obtenir le retrait de la candidature du Président Laurent Gbagbo, officiellement candidat après la lecture de sa lettre publiée d’ailleurs par tous les journaux du pays. C’est  donc ce qu’il s’apprête à dire lors de la conférence d’aujourd’hui.
Comme Jean Giraudou qui cultivait les paradoxes en titrant à la une de son livre que la guerre de Troie n’aura pas lieu, contrairement au dénouement du livre lui-même, la guerre Gbagbo-Affi aura bel et bien  lieu, alors que tout indiquait le contraire. Car selon ses proches, le président sortant n’a jamais été aussi déterminé à obtenir le retrait de la candidature du président Laurent Gbagbo qui a pourtant clairement répondu oui à l’appel des fédéraux, plus connu sous le nom de l’appel de Mama. Lors de deux rencontres avec les fédéraux de son camp qui se sont tenues avant-hier et hier à son domicile de la Riviera, Pascal Affi N’guessan s’est dit déterminé à aller jusqu’au bout, encouragé en cela par ses supporteurs qui ont déjà trouvé le talon d’Achille du directeur de campagne de Gbagbo, soupçonné d’être celui qui devrait diriger le parti en l’absence de l’ancien président. « Assoa Adou n’a pas de poigne, n’est pas assez connu… Bref, il n’est pas un bon cheval puisqu’il a des problèmes avec tout le monde, y compris avec le ministre Ettien Amoikon à Aben- gourou», alors qu’Affi serait tout son contraire. Pour y parvenir, le camp Affi mise en effet sur deux stratégies. A savoir obtenir le report
du congrès en instrumentalisant les funérailles de la mère du Président Gbagbo. « Le président Affi ne souhaite pas cette ambiance où tout le monde se tire dessus et où les uns brocardent les autres. Au contraire, il veut que tout le monde se concentre dans un premier temps sur les funérailles de la mère du président, puis après on pourra aller au congrès », analysent ses proches qui tirent égale- ment crédit de la proposition de Bertin Kadet dont le texte demandant le report du congrès  a été publié en même temps que la réponse de Gbagbo à l’appel de Mama. La seconde stratégie est celle par laquelle le président sortant espère mettre directe- ment la pression sur le Président Gbagbo qui n’aurait plus qu’à demander à se retirer. En l’absence de ses proches qui ne commentent pas cette dernière possibilité, sans doute pour des raisons qu’on peut imaginer, Pascal Affi N’guessan compterait no- tamment sur la communauté internationale et sur sa capacité à instrumentaliser la cour pénale internationale. Celle-ci pourrait d’ailleurs également demander au gouvernement ivoirien d’invalider la candidature de Gbagbo à la présidence du FPI en la déclarant non conforme aux lois ivoiriennes. Initialement, le gouvernement devait être sollicité dans le cadre d’une plainte du camp Affi devant les tribunaux ivoiriens. Mais selon toute vraisemblance, le président sor- tant ne veut pas être accusé d’être de mêche avec le pou- voir ivoirien. Dès lors, celui n’interviendrait donc plus que d’autorité dans les affaires d’une association privée comme le FPI. Mais le résultat, lui, serait le même, puisqu’au bout du compte le seul candidat à la présidence du FPI ne serait plus qu’Affi N’guessan. Cela dit, le secrétaire national chargé de la communication et du marketing politique du FPI, Franck Anderson Kouassi n’entend pas les choses de cette façon. Pour lui, c’est « le président Affi (qui) a engagé des discussions pour que la tension baisse ». Avec qui ? Et dans quels délais ? Ces questions n’ont toutefois pas trouvé de réponse. Mais signe des temps tout de même, le directeur de campagne d’Affi qui avait affirmé dans notre édition d’hier que l’unité du parti n’est pas menacée, s’est contenté hier de réitérer l’annonce de la conférence de presse de son candidat. De toute façon, l’espoir d’un retrait de la candidature d’Affi N’guessan n’est plus qu’un vieux vœu pieu caressé par ceux qui ne connaissent pas la réalité actuelle du parti. En tout cas, pas Laurent Akoun, son 5è vice-président. Interrogé hier par le journal Aujourd’hui, l’ancien secrétaire général a répondu qu’il n’y avait pas eu de retrait de la candidature du président sortant. Et qu’aucun autre accord n’était en vue.

Sévérine Blé

Source:Aujourd’hui / N°780 du mardi 02 décembre 2014  
 




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