Mutinerie d’un ex-FRCI à la Maca: Tout sur Yacou chinois, l’émeutier

Samedi 27 Juillet 2013 - 05:56


Image d'archives-La MACA
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A l’origine, un ex-élément des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), caporal «Yacou Chinois», qui exerçait à Cocody (Angré 7ème tranche). Les liens qu’il a tissés au sein de la prison et dans le milieu des éléments des Forces de sécurité à la Maca, font de lui un dur à cuire. Et ont finalement fait des victimes dans la plus célèbre prison du pays.
A Cocody-Angré 7ème tranche où il était en poste, caporal «Yacou Chinois» s’illustrait de la plus mauvaise manière. Il faisait partie, une fois la nuit tombée, d’une bande de braqueurs et de pilleurs de domiciles. Le forfait qui lui a valu la prison, c’est le meurtre qu’il a commis sur un citoyen. Condamné à 20 ans de prison pour « attaque à main armée, meurtre… », Caporal Yacou n’a pas renoncé à ses activités répréhensi- bles à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) où il a été incarcéré au Bâtiment C. Une fois dans la plus célèbre prison du pays, cet ex-élément des Frci développe un réseau de trafic de drogue. Chouchou de l’administration pénitentiaire, puisqu’il est, selon des informations fournies par des détenus, le « bon petit » du directeur Bandaman Yobouët, Yacou Chinois sera désigné par celui-ci chef (CB) du bâtiment C (en principe celui des « durs », des « récidivistes » et des condamnés à de longues peines de prison, mais où de nombreux prisonniers politiques ont été jetés au nom d’une certaine idée du « sadisme pénitentiaire »).
Dès lors, l’ex-caporal qui a intégré la rébellion des Forces nouvelles transfor - mées en FRCI à la faveur de la crise ivoi- rienne, et qui s’est également lié d’amitié avec les éléments des Forces de sécurité déployées à la Maca, se donnera des libertés. Il peut alors développer un car - tel de la drogue à l’intérieur de la Maca et donner des instructions à certains agents au sein de l’administration pénitentiaire.
L’extirpation du gourou de la tête de son cartel va jeter le feu aux poudres Convoqué par le directeur de la Maca, Bandaman Yobouët mardi dernier aux alentours de 17 heures après l’heure de visite, Yacou Chinois se verra annoncer une nouvelle à laquelle il ne s’attendait guère. Celle de son transfert à la prison de Dimbokro. Il ressort de nombreux rapports que Yacou Chinois est non seulement impliqué dans des trafics de tous genres mais que son nom est également cité dans des tentatives d'évasion à la Maca. Cependant, le directeur tente de le rassurer : il usera de toutes ses relations au niveau de l’administration judiciaire pour surseoir au transfèrement de son « bon petit » sur Dimbokro. Néanmoins, il conseille à Yacou Chinois de faire sa valise en attendant qu’il obtienne gain de cause, quant à son maintien au Bâtiment C de la Maca.
La fronde de Yacou Chinois qui a coûté la vie à des innocents Quand il rejoint son bâtiment, l’ex-caporal des FRCI ameute ses hommes au sein de la prison et leur annonce la nouvelle sur un ton de révolte. Au nombre d’une trentaine, ceux-ci prennent d’assaut toute la prison. Le bâtiment d’à côté (Bâtiment A) est assiégé après que les portes des cellules du Bâtiment C aient été défoncés. Le Bâtiment B et le Bâtiment des femmes seront également visités. Certaines pensionnaires du bâtiment des femmes, investi par des détenus prennent leurs jambes à leur cou pour trouver refuge dans d’autres bâtiments. D’autres se retrouvent ainsi au Bâtiment C où elles ont été soignées hier matin – pour celles qui ont été blessées. Profitant de la confusion générale, des prisonniers, qui ont tenté une évasion en se dirigeant vers les miradors, ont été pris à partie par des tirs nourris des Forces de sécurité déployées depuis bien longtemps dans la cour de la prison. Des indiscrétions annoncent de nombreux morts. Mais certains prisonniers qui ont assisté à la scène de guerre manifesteront, selon eux, leur surprise de constater que ce sont seulement deux morts, Akessé Agnéro Cyrille, Koffi Boniface, des détenus politiques qui tentaient, selon des explications, de se mettre à l’abri face à la furia de Yacou et Compagnie, qui ont été déclarés morts de même qu’un autre détenu.

Par Gilles Naismon

Le Nouveau Courrier N° 837 Du Jeudi 25 Juillet 2013




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