Musellement de son opposition, refus du dialogue, etc: Ouattara vers la confiscation du pouvoir

Les différentes sorties d’Alassane Ouattara intriguent et révèlent une réelle volonté, en marge des arrestations et emprisonnements arbitraires, de l’actuel numéro un ivoirien de préparer le lit d’une reconduction au forceps à la tête de l’Etat ivoirien.

Mardi 10 Décembre 2013 - 04:54


A deux ans des échéances électorales, peut- on dire que les signes d’une élection crédi- ble qu’Alassane Ouattara appelle de tous ses vœux sont réunis ? Au stade actuel de la déclaration de sa candidature pendant ses différentes tournées dans le pays profond aucun dispositif ne permet de répondre par l’affirmative. Et pourtant, l’actuel chef de l’Etat est résolument porté sur la présiden - tielle de 2015. Face à l’opposition qui voudrait bien aller à ses échéances, à condition d’une garantie du jeu démocratique, notam - ment la mise en place et la représentativité d’une nouvelle commission électorale indépendante, la révision du listing électoral, le financement des partis politiques, l’arrêt des enlèvements, des tortures, des emprisonne - ments arbitraires des militants et sympathisants de la Majorité présidentielle (LMP), la levée des sanctions qui touchent les avoirs des opposants politiques, la liberté d’exercice des activités politiques, etc. Alassane Ouattara répond : «Je pense que c’est quelque chose tout simplement pour perdre le temps.» Pis, le leader du Rassemblement des républicains (Rdr) qui a conscience des conditions dans lesquelles il est parvenu au pouvoir – accords et multiples négociations à travers le monde – feint de ne pas percevoir l’opportunité des préalables de ses opposants. Face au martyr que leur fait subir son régime et qui a déstructuré leur organisation, l’actuel numéro un ivoirien les «invite à préparer les élections de 2015 qui se tiendront dans moins de deux ans».

Un cynisme qui traduit ouvertement la volonté du président du Rdr de conserver le pouvoir d’Etat. «Je suis préoccupé par comment rattraper le temps que nous avons perdu à cause de la crise post-électorale. Je leur dis que les élections auront bien lieu en octobre 2015 et il serait bon qu’ils se mettent au travail pour les préparer. Ce serait plus utile que de vouloir faire des états généraux», assène Alassane Ouattara. En outre, face à la volonté de certains de ses partenaires qui ont émis le vœu de voir une recomposition de la Commission électorale indépendante (Cei), notamment avant les dernières législatives, Alassane Ouattara est resté sur sa logique de conserver cette institution monocolore en l’état. Alassane Ouattara, visiblement, ne pose pas d’actes qui pourraient emmener les Ivoiriens à faire confiance à cette institution en mettant sur la touche des personnalités dont les manœuvres ont eu des répercussions néfastes aux dernières élections présidentielles. Le manque de crédibilité vis-à-vis de la Cei elle-même réside dans la composition de sa commission centrale dont le bureau. Il est constitué des représentants des parties signataires de Linas Marcoussis, d'un représentant du président de la République et d'un autre du président de l'assemblée nationale. Au moment où il appelle se opposants à préparer 2015, l’actuel numéro un ivoirien qui plaide auprès des populations pour sa reconduction, devrait songer à recomposer la Cei selon le principe d’équité et d’équili- bre au regard des nouvelles réalités politiques. Mais de ce côté-là, aucun signe n’est perceptible à seulement 2 ans des élections. Et la Cei continue d’avoir en son sein des représentants du MPCI, du MPIGO, du MJP, etc. Pourtant le processus électoral nécessite une organisation sur une durée raisonnable qui induit la notion de temps, de personnel, de logistique, etc.

Par Saint-Claver Oula  

Le Nouveau Courrier N° 946 Du Lundi 09 Décembre 2013




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