Monsieur Alassane Ouattara, le bilan de vos deux années au pouvoir, parlons en!

Mardi 20 Août 2013 - 07:22


Monsieur Alassane Ouattara, le bilan de vos deux années au pouvoir, parlons en!
Le 3ème pont : c'est un vieux projet du Président Bédié où tout avait  été fait, révisé sous le Président Gbagbo à 60 milliards de FCFA, si cela se réalisait sous fond propre et un usage gratuit. Aujourd'hui, attribué à Bouygues dans des conditions financières (coût de démarrage 180 milliards de Francs CFA avec une évolution aléatoire de ce coût). L’état contribue à hauteur de 50 milliards de FCFA et les associés à hauteur de 10 milliards. En réalité, le pont sera entièrement construit avec l’apport de l’Etat, mais le contribuable ivoirien va devoir payer, durant 30 ans, près de 1000 milliards gratuitement à Ouattara et à ses amis vendeurs.

• Le barrage hydroélectrique de Soubré et l’autoroute de Bassam : deux projets du Président Gbagbo dont l'étude et le tour de table des bailleurs de fonds avaient été faits ; une société d’Etat avait même été créée spécialement par le Président Gbagbo, pour gérer le projet Autoroute Abidjan-Bassam. Il fallait le feu vert du FMI, donc de la France pour mobiliser le crédit chinois.

• Le Deuxième Terminal à conteneurs du port d'Abidjan : où son attribution au consortium Bolloré-Bouygues fait des vagues au sein du gouvernement. Monsieur Jean-Louis Billon, élu président du conseil général de Hambol, par défaut de démocratie, nous joue maintenant les vierges effarouchées en se drapant d'indignation, pour s'étonner de la mauvaise gouvernance du gouvernement auquel pourtant il appartient, spécifiquement en ce qui concerne l'attribution du marché du 2ème terminal. Monsieur Billon, quand on applaudit au moment où la Françafrique bombarde notre pays, il faut savoir que les bombes ont un prix que les vendeurs réclameront tôt ou tard.
• Le pont de Jacquelin : Projet conçu sous le Président Gbagbo, une société d’Etat avait été créée spécialement pour la gestion de la construction du Pont.

• L'autoroute du Nord : les travaux étaient en cours d'exécution.
• La réhabilitation des rues, l’échangeur de la Riviera et l’assainissement : Projets conçus et mises en œuvre par le président Gbagbo, à partir de 2009 après le point de décision du processus PPTE.

• L’hôpital de Gagnoa : Projet négocié et démarré sous le Président Gbagbo.  
Donc, à y voir de plus près, hormis les révisions de prix pour récompenser les vendeurs, les projets ci-dessus ne font pas partie du bilan de Monsieur Ouattara.
Alors, dans ce bilan de Monsieur Ouattara qu'est ce qui nous reste ?
• La réhabilitation des universités : où un mètre carré (1m2) de peinture coûte aussi cher qu'un mètre carré (1m²) de bitume, voire plus. Un marché de 110 milliards attribué de gré à gré.

• La cherté de la vie : le coût élevé des denrées de première nécessité est une triste et pénible réalité que personne ne peut nier.
• Les unités de santé et les médicaments gratuits : les promesses concernant la santé se sont concrétisées et soldées par l’absence de médicament et les conditions désastreuses dans les hôpitaux.
• La libération du cultivateur-squatteur du Mont Péko : j'ai nommé Monsieur Ouédraogo Amadé Rémi dit Ourémi Ex gradé des FRCI, armée de Monsieur Ouattara ;

• Le RATTRAPAGE : terme utilisé par Monsieur Ouattara lors de l'un de ses nombreux voyages à Paris et mis en exécution. Alors que la Côte d'Ivoire a la capacité de faire travailler tous ses cadres et tous les enfants du pays, pour peu que l'on se donne la peine d'y réfléchir sérieusement. Le « vivre ensemble » s’est soldé par l’exclusion des autres groupes ethniques.

• Le fait d'arme du règne de Monsieur Ouattara : C’est l'exil intérieur et extérieur, l'emprisonnement, la torture et le massacre comme celui de Nahibly des pro-Gbagbo ou supposés. Le bilan de Monsieur Ouattara se résume donc en la récompense des vendeurs de démocratie, à la destruction de la cohésion sociale et la promotion des médiocres aux postes-clés du gouvernement et de l’administration, à l’emprisonnement des cadres du pays, la contrainte à l’exil, le génocide du peuple Wè et leur expropriation économique.
Malgré ce bilan, Monsieur Ouattara veut que les Ivoiriens prolongent une telle politique pour une Côte d’Ivoire sans eux et contre eux.
Monsieur Ouattara, au vu de votre bilan, je me demande : pour quelles raisons les Ivoiriens vous mettront à la tête de leur pays en 2015 ? Que cela ne vous déplaise, une fois de plus, vous allez avoir besoin de la communauté internationale pour parvenir une fois encore à vos fins.   
Monsieur Ouattara, sous le Président Gbagbo, malgré le coup d'État échoué et transformé en rébellion grâce à la Françafrique, malgré le pays coupé en deux, malgré le simulacres sur les responsabilités du bombardement du camp militaire français de Bouaké, malgré le massacre des Ivoiriens par l'armée française devant l'Hôtel-Ivoire et sur les deux ponts, malgré les innombrables complots, la Côte d'Ivoire tenait debout, ses institutions tenaient debout, les fonctionnaires et les corps habillés étaient payés, sans apport de l'extérieur ; tous les partis politiques recevaient leur indemnité, conformément à nos lois ; les dettes intérieures et extérieures étaient payées ; les chantiers profitaient à toutes les entreprises ivoiriennes et l'argent circulait. Malgré cette rébellion, entretenue par la Françafrique, l’Etat était le reflet de la nation ivoirienne, les Ivoiriens se parlaient, riaient ensemble, dansaient ensemble, et mangeaient ensemble.
Monsieur Ouattara, sous votre règne, on nous dit que l'argent travaille, et pourtant nous ne voyons rien. Sous votre règne, la nation ivoirienne a été déchiquetée.  
Monsieur Ouattara, j'ai l'impression qu'une lumière s'est éteinte au-dessus de notre Pays.  
Vous avez déclaré, dans les premiers jours de votre prise de pouvoir par les bombes françaises, que vous alliez incarner Nelson Mandela pour la Côte d'Ivoire, afin de réconcilier les enfants de ce pays. De l'Afrique du Sud, vous avez importé le Vuvuzela et vous avez remplacé la réconciliation par le bruit sur la réconciliation.
La réconciliation, qui aurait dû être la colonne vertébrale des actions de votre gouvernement, a été une grosse fumisterie, pour endormir vos commanditaires, la communauté internationale et les ONG.   
Devant un tel bilan, pas de doute que si Monsieur Alassane Ouattara le souhaite, les Ivoiriens l'éliront, en 2015, par acclamation. Pas besoin de vote.  

A l’heure de la désillusion

Devant un tel bilan, on voit bien  que tous ceux qui ont fantasmé, en pensant que Monsieur Alassane Ouattara allait gérer la Côte d'Ivoire dans une parfaite démocratie sont désabusés. Tous ceux qui rêvaient que Monsieur Alassane Ouattara allait verser des milliards de Francs CFA pour en faire profiter à tous les Ivoiriens ont déchanté. Tous ceux qui…  
Alors, nous allons tourner la page sans lui, Monsieur Alassane Ouattara. Oui, en 2015, c'est sans vous Monsieur Ouattara.  
Nous allons construire une nouvelle Côte d'ivoire apaisée, sans exilés, sans prisonniers politiques, sans tortures, sans massacres impunis, sans justice à deux vitesses. Nous allons construire une nouvelle Côte d'ivoire avec un peuple réconcilié. Les Ivoiriens ont trop souffert et ne veulent plus souffrir.

Docteur Cheick DIABATE,  Enseignant Chercheur, Université de Colorado, USA. *

Source: Le Filament Magazine N°31




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !