Michel Gbagbo : ‘’ Ouattara sait que les ivoiriens ne l’aiment pas’’ en meeting à Koumassi, Yopougon et Anyama

C’est la ferveur militante depuis l’annonce officielle de la candidature du président Laurent Gbagbo à la tête du Fpi. Plusieurs meetings et autres assemblées générales se sont tenues le week-end dernier pour marquer d’une pierre blanche le retour triomphal de Laurent Gbagbo dans le jeun politique ivoirien.

Mardi 2 Décembre 2014 - 00:06


Michel Gbagbo : ‘’ Ouattara sait que les ivoiriens ne l’aiment pas’’ en meeting à Koumassi, Yopougon et Anyama
Le week-end écoulé a été, particulièrement, harassant au plan politique pour le jeune leader de la JFPI, Koua Justin. En effet, à peine entré d’une tournée dans le Zanzan où il s’était rendu quelques heures plutôt pour porter aux militants le message de Laurent Gbagbo, qu’il a rallié la commune de Koumassi pour  répondre à l’invitation  de la section JFPI Akindéwa. Place Prozaro, c’est là exactement que les militants de la dite section et leurs invités se sont donnés rendez-vous le samedi dernier. Mais le secrétaire national chargé de la politique n’était pas seul, car sur place, l’attendaient également Abou Cissé, Michel Gbagbo et Soro Kelefohoua, initiateur de l’Appel de Mama. Avant  l’intervention de l’ex- secrétaire national par intérim de la JFPI, très attendue par les  militants qui avaient besoin d’informations relatives à la vie du parti, après la parenthèse tumultueuse de validation des candidatures de Laurent Gbagbo et d’Affi N’guessan, c’est Ello Wognin, secrétaire national chargé d’Abidjan Sud qui a planté le décor, demandant à ses paires de rester tout ouie. « Je vous invite à bien écouter ce que Michel Gbagbo et les autres vont vous dire… », a-t-il conseillé après avoir dit les mots de bienvenue, à ses invités. A sa suite, c’est le doyen Abou Cissé qui est monté au créneau pour contrarier les fossoyeurs  qui avaient prédit la mort du FPI : « Personne ne peut détruire le FPI. Gbagbo mort ou vivant, le FPI vivra », a-t-il martelé.  C’est pourquoi, dit-il « fêter le départ de Gbagbo à la Haye, c’est annoncer qu’il sera là, bientôt. Parce que plus ils nous l’arrachent, plus il devient populaire et si cher dans le cœur des ivoiriens. » Pour le sage Abou Cissé qui n’a jamais apprécié la gestion de Ouattara à la tête du pays, l’actuel chef d’Etat ne sera pas élu aux prochaines élections. Car pour lui, le président Ouattara ferait mieux de promouvoir la dynamique de développement, à travers la construction des ponts qui ont commencé sous Gbagbo que d’augmenter la haine. » Et d’ajouter « Au lieu de donner des milliards à des personnes qui n’ont pas d’emprise sur le parti de Gbagbo, allez payer l’argent des militaires qui nous surveil- lent. » Ouvrant  le ‘’volet Affi N’guessan’’, le septuagénaire af- firme : « Affi a failli tromper notre fils Michel Gbagbo en le mettant dans un bureau fantoche. Mais c’est un digne fils qui a compris très tôt. » Prenant la parole après le doyen Abou Cissé, l’initiateur de l’appel de Mama, Soro Kele- foha, lui s’est voulu bref : « Le combat est terminé, le débat est clos au moment où le président Laurent Gbagbo a donné son ac- cord pour sa candidature à la présidence du parti. » s’est-il réjoui avant de conclure : « A partir de lundi (Aujourd’hui : ndlr) des gens touchés par le remord vont changer de position. » Entré en scène à la suite de Soro, Michel Gbagbo révèle : «  C’est parce que  nous sommes importants que tout le monde entier s’intéresse à ce qui touche le FPI. Mais surtout parce que Laurent Gbagbo est incontournable. Avec lui et comme Mao, on ira jusqu’au bout pour récupérer la Côte d’Ivoire. » Se prononçant sur l’attitude du président du FPI, le fils de Gbagbo veut mettre cela sur le compte d’une faute de parcours : « Je suppose que le président Affi s’est trompé de bonne foi », a-t-il confié avant d’inviter l’ex-premier ministre de son père à la sagesse : « J’appelle Affi à la sagesse. Qu’il prenne des décisions courageuses qui vont le sauver et nous sauver, et qui nous amènent à nous concentrer sur l’essentiel. C’est son fils Michel qui le lui demande. Qu’il se ressaisisse. » A en croire le fils de père fondateur du FPI, tous ceux qui veulent aller aux élections de 2015 se trompent de combat. Parce que, pour lui : « Aujourd’hui le FPI n’est pas prêt à légitimer ce pouvoir …Celui qui est là sait très bien que les ivoiriens ne l’aiment pas. » Et le FPI, dira- t-il, ne dérogera pas à cette décision parce que « le FPI est toujours collé à la décision du peuple. Le président Gbagbo se bat pour ce peuple et il est en ce moment dans une posture de combat mais il a besoin de son instrument de combat qui est le FPI », soutient-il avant de promettre une fête au prochain congrès : « Le congrès sera une fête, le congrès sera une kermesse. Je voudrais donc dire aux aînés que le débat est clos. Concentrons nous à déboulonner l’indéboulonnable. » Mais dans le même temps, l’universitaire a condamné le silence coupable des ONG sur les nombreux morts, des prisonniers politiques : « Je voudrais condamner le silence des ONG internationales des droits de l’homme et les chancelleries sur la mort des prisonniers politiques », s’est-il indigné. Une situation loin de distraire l’orateur du jour Justin Koua qui a pris la parole à la suite de Michel : «  Je crois tellement en la victoire et au retour du président Laurent Gbagbo que personne ne peut me distraire. » Et koua Justin n’est pas allé du dos de la cuillère pour s’attaquer au président de son parti, Affi N’guessan : « Une fois qu’Affi a compris que le RDR ne peut pas l’utiliser pour humilier Gbagbo Laurent, moi j’ai fini pour moi », déclare-t-il. Pour lui, pas besoin de jeter la pierre à Affi mais dit- il, « le FPI refusera de marcher dans l’obscurité ». Pour le numéro 2 de la JFPI, le congrès du FPI qui aura lieu ce mois-ci consacrera la victoire du président Laurent Gbagbo : « Le 13 décembre 2014, après les décomptes, Gbagbo sera président. » Si le national chargé de la politique de la jeunesse est convaincu de la victoire de son mentor Laurent Gbagbo, reste maintenant à savoir « Comment Affi va rebondir », s’interroge-t-il. Une question qui pour lui est importante parce que, soutient-il, « en politique, il ne faut pas se retrouver seul. » Et déjà, à l’en croire, cette solitude a commencé à gagner Affi N’guessan. « Après avoir pris connaissance de la demande de candidature  du président Laurent Gbagbo, certifiée , signée et remise en main propre par le professeur Aboudramane Sangaré à Affi, le camarade Gossio qui est directeur de campagne d’Affi m’a appelé pour me dire qu’il se retire parce que selon Gossio quand le chef parle et que tu t’entête tu risque de te retrouver seul comme Lucky Luck. Il a été suivi par Voho Sahi, Amani N’guessan et tous les autres qui ne veulent plus manger de ce pain », a révélé Koua Justin qui invite par ailleurs les militants du FPI à se rassembler autour de Laurent Gbagbo. « Mobilisez- vous pour la victoire de Laurent Gbagbo. Je veux que le palais des sports soit noir de monde le 11 décembre. Gbagbo t’appelle le 11 décembre. Nous allons à ce congrès pour témoigner à Gbagbo que nous l’aimons. » Et d’insister : « Ne vous amusez- pas, Gbagbo porte l’espoir de la Côte d’Ivoire. Celui qui fait tout pour humilier Laurent Gbagbo trouvera malheur en chemin » Après ces paroles d’espoir, Koua Justin s’est rendu à la place CP1 à Yopougon à 14h. Ici, le jeune tribun  a bénéficié outre la présence de Soro et d’Abou Cissé, du soutien de Douati Alphonse, Odette Lorougnon, Laurent Akoun, André Kouassi, Tapé Kipré, l’honorable Mami Diomandé, Tiédé Gervais qui sont tous de la direction  du FPI. Là aussi, les premiers intervenants ont invité les militants venus en grand nombre à écouter religieusement l’orateur Koua Justin. « Que Dieu bénisse Laurent Gbagbo, que les yeux et les oreilles s’ouvrent… », a dit le mi- nistre Douati. Mais avant lui, l’honorable Marie Odette Lorougnon a voulu recadrer les choses : « C’est celui qui a mis son enfant au monde qui connait sa valeur… C’est celui qui a créé le FPI  qui connait sa valeur…Rendons à César ce qui appartient à César… ». Il n’en fallait pas plus pour que Koua Justin fasse le distinguo entre un disciple et un serviteur. «  Un disciple, dit-il, est celui qui est dans le secret du maître. Il le suit et met à exécution  ses projets. Par contre un serviteur  se contente de gadgets et des billets de banque. Et  le groupe de Douati est le groupe des disciples de Gbagbo restés fidèles à sa lutte.», a-t-il précisé avant de revenir sur le même discours tenu plus tôt à Koumassi. A Anyama Adjamé où Koua s’est rendu 24 h plus tard, il a donné des orientations aux 36 délégués présents afin que ces derniers ne se trompent pas de choix au soir du 14 décembre 2014. «  Gbagbo est le candidat du rassemblement, de la cohésion et de l’union , a-t-il dit à ses interlocuteurs avant de prendre congé d’eux.

PIERRE KALOU

Source: Aujourd’hui / N°779 du 1er décembre 2014
 




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