Mes regrets à Aïchatou Mindaoudou Souleymane (Représentante du Secrétaire Général de l'ONU en Côte d'Ivoire)

Jeudi 23 Avril 2015 - 05:49


Aïchatou Mindaoudou Souleymane (Représentant du Secrétaire Général de l'ONU en Côte d'Ivoire)
Aïchatou Mindaoudou Souleymane (Représentant du Secrétaire Général de l'ONU en Côte d'Ivoire)

Ma très chère sœur Aïchatou, le 12 avril 2015, je t’ai adressé une lettre personnelle. Celle-ci portait sur la vie de la Nation ivoirienne et le rôle combien important qui t’y incombe là-dedans. Je suis convaincue qu’en remplissant ce rôle, selon les codes prescrits par l’ONU, cette Nation-mienne sortira du cycle des violences qui l’éprouve depuis décembre 1993 avec des milliers de morts, de déshérités et d’handicapés à vie que nous déplorons tous. A l’intérieur de la lettre, je t’ai exprimé mon admiration et ma fierté de te voir désignée à une si prestigieuse mission que je considère, d’ailleurs, comme un fleuron pour la gent féminine dont je fais partie. Ta réponse du 13 avril 2015 est essaimée de menaces et de mots très incisifs du genre : « l’ONUCI déplore, dénonce, (…) écrits tendancieux, (…)mensonger et diffamatoire à l’endroit de la Chef de l’ONUCI (…) rejette catégoriquement ces allégations fallacieuses (…) pratique aux antipodes des règles élémentaires d’étique et de déontologie (…) métier de journalisme professionnel (…) il ne s’agit ni plus ni moins (…) manipulation de l’opinion publique (…) de manœuvres visant à distraire la mission dans la mise en œuvre de son mandat qu’elle conduira à son terme sans désemparer (…) invite le CNP à prendre les mesures qui s’imposent (…) », proférés à ma personne. Cette réponse dis-je, me prouve que mon initiative n’a pas été du goût à te plaire. Pis, elle aurait même écorché ta personnalité. Je te le concède et t’en présente mes sincères regrets sans faiblesse. Par avance, je te sais les avoir acceptés, merci donc pour ta grandeur d’âme. Cependant, l’avenir de ce pays central en Afrique de l’Ouest, et celui de ses vaillantes populations qui sont de loin au-dessus de ta seule personne m’invitent à te préciser le fond de ma pensée, à cette veille de la consultation présidentielle.

 

Conduire le mandat de l’ONUCI à son terme

 

Mon souci ma très chère sœur, c’est que tu conduises le mandat de l’ONUCI à son terme sans désemparer. Je me félicite alors de notre identité de vue et voudrais, en même temps que je t’y encourage, t’inviter à prendre la juste mesure des choses dans ta détermination ainsi affichée. Car, les Ivoiriens ont des yeux de lynx. Ils ne sont pas prêts, aujourd’hui ni demain, à te laisser conduire ta mission à son terme, sans désemparer, à n’importe quel prix. Comme du lait sur le feu, ils t’observeront, te jugeront à chaque étape et te dénonceront en tant que de besoin !

 

Questions de fond

 

« Révision de la liste électorale 2015 Sidi Kagnassi (Safran): 22 milliards / INS : 10 milliards. Etat: on veut Kagnassi, il coûte moins cher ! » Telle est la UNE du bihebdomadaire satirique l’Eléphant déchainé N°341 paru du mardi 14 au jeudi 16 avril 2015. Il a complété son titrage de façon amusante : « On ne change pas une société qui vide les caisses de l’Etat ». Cette UNE résume toutes les dérives antidémocratiques du régime actuel. Il ne s’agit pas d’écrits tendancieux ; c’est de cela que je veux te parler en t’invitant à jouer les arbitres sans parti-pris et sans désemparer, ma chère Mindaoudou.


 

  • Pour la petite histoire, c’est l’opérateur technique SAGEM sécurité avec à sa tête, monsieur Mohamed Sidi Kagnassi qui a confectionné les cartes nationales d’Identité et les cartes d’électeurs pour l’élection présidentielle et suivantes en 2010 ; en parfaite intelligence avec la CEI. Le coût de cette opération est d’environ 400 milliards de Francs CFA. Ce travail a été si mauvais qu’il a débouché sur une guerre postélectorale totalisant officiellement 3000 morts. Une fois le régime Ouattara installé, un contrat de dupe sous la forme de récompense a été passé entre l’Etat et monsieur Mohamed Sidi Kagnassi. Il s’agit du marché de gré à gré des Universités d’un montant d’environ 150 milliards de Francs CFA. L’exécution du marché n’a jusque-là pas connu son terme; d’où les mouvements d’humeur des étudiants condamnés à végéter. Il ne s’agit pas d’écrits mensongers ; c’est de cela que je veux te parler en t’invitant à jouer les arbitres sans parti-pris et sans désemparer, ma chère Aïchatou Mindaoudou.


 

  •  Lien de causes à effets: monsieur Mohamed Sidi Kagnassi et sa structure technique, SAGEM sécurité, sont rappelés au service et de façon unilatérale, par le régime, pour confectionner tout ce qu’il faut, listes électorales et consorts, en rapport avec les élections de cette année 2015 encore. Ce choix fait en excluant toutes les parties prenantes dans le processus électoral au détriment de l’INS et du Groupe Canadien qui ont les meilleures offres de sécurité met une pellicule d’opacité sur les objectifs réels du régime. L’appellation ‘’SAFRAN-MORPHO’’ n’est que de la poudre aux yeux des naïfs pour ne pas que ceux-ci sachent qu’il s’agit bel et bien de SAGEM Sécurité. Cette collusion entre l’Etat et monsieur Kagnassi éveille, chez l’opposition et chez les candidats déclarés, l’écho des germes d’une fraude électorale en préparation qui sera préjudiciable à la vie de nombreuses populations. Monsieur Youssouf Bakayoko, le président controversé de la CEI est nommé pour un mandat de 6 ans non renouvelable. Même si son mandat n’était pas encore échu, le sens élevé de préserver la paix sociale par une élection inclusive, ouverte, transparente et sans persécutions exercées sur les différents acteurs et leurs militants doit nous habiter tous. De même qu’il doit nous incliner à ne plus reconduire l’Opérateur Technique et la personne de Youssouf Bakayoko à la tête de la CEI. Ces deux entités ont été la source de la guerre postélectorale de 2010 ayant eu pour prime officielle 3000 morts. Il ne s’agit pas d’écrits diffamatoires ; c’est de cela que je veux te parler en t’invitant à jouer les arbitres sans parti-pris et sans faiblir, ma chère Mindaoudou Souleymane.


 

  • Sécurisation des élections: le Chef de l’Etat-candidat, Alassane Ouattara demeure le président du RDR, de ce fait, il est anormal qu’il soit impliqué étroitement dans les mécanismes du processus électoral. Car, cela entraine un conflit d’intérêts ‘’ très défavorables à ce principe, les Anglophones l’appellent « conflict of interest »’’. ma sœur, un tel cas de figure t’interpelle-t-il ? Il ne saurait et ne doit être juge et partie. Le samedi 11 avril 2015, en marge de l’inauguration du boulevard Mohamed VI, le chef de l’Etat a rencontré pour la seule fois, 4 ans après leur tribulation, ses militants d’Abobo. A la suite du récit de leurs épreuves endurées, le chef de l’Etat s’est lancé dans une envolée d’accusations (à l’encontre de qui ?) aux relents de colère mal étouffée. Si éloquente a été cette partie de la rencontre que le bihebdomadaire satirique, cité plus haut, en a fait son éditorial. Il ne s’agit pas d’écrits fallacieux ; c’est de cela que je veux te parler en t’invitant à jouer les arbitres sans parti-pris et sans désemparer, ma chère Aïchatou Mindaoudou.


 

  • Justice aux ordres : alors que le pardon est naturel et volontaire, monsieur Alassane Ouattara, du haut de son magistère, l’impose et l’exige à tous ceux qu’il qualifie de bourreaux mais qui se conduiraient comme des Anges. L’amnistie ne leur sera accordée qu’en échange de ce pardon, par ailleurs, la justice fera son travail sans discriminer, personne n’ira à la CPI; n’en déplaise aux grandes nations donneuses de leçons, a-t-il conclu. C’est vrai que l’argent et le pouvoir donnent le vertige. Il ne s’agit pas d’écrits teintés d’allégations ; c’est de cela que je veux te parler en t’invitant à jouer les arbitres sans parti-pris et sans désemparer, ma chère Aïchatou Mindaoudou Souleymane.


 

  • Petits rappels: qui a annoncé que le régime de Bédié sera frappé et tombera en 1999 ; qui a promis de rendre la Côte d’Ivoire ingouvernable en 2000 ; qui a créé la charte du nord en 1994 ; qui a invoqué la religion musulmane et son appartenance au Nord du pays comme les raisons de son exclusion de la course présidentielle de 2000 ; qui a fait la guerre postélectorale avec Gbagbo Laurent en 2010 ; qui a divisé le pays en deux durant cette période ; qui a provoqué la casse des succursales de la BCEAO, l’avion de monsieur Guillaume SORO a été canardé à Bouaké ; jusque-là les enquêtes n’ont pas livré leurs résultats, qui l’a fait faire, les tueries des femmes d’Adjanou de Sakassou et les tueries des gendarmes du camp commando de Bouaké avec leurs familles à Bouaké en 2002 ; qui a été installé au pouvoir par les Grandes Nations donneuses de leçons en 2010 ??? Celui-là ou ceux-là qui se pavanent et roulent carrosse, aujourd’hui, sont-ils les symboles parfaits de la colombe du saint esprit, si les autres sont des loups sanguinaires ? Est-il besoin de rappeler qu’une guerre oppose forcément et au moins deux camps !? Celui qui a triomphé du camp ennemi, dans cette guerre, est celui qui a plus tué d’hommes et commis les pires crimes contre l’humanité que le camp vaincu. Ne réécrivons pas l’histoire récente de la Côte d’Ivoire avec des clichés déformants ! Faire injonction à la justice face à son devoir régalien prouve que cette Institution du droit est aux ordres et que ses jugements rendus ne reflètent pas le droit. Se braquer, aussi, contre la Communauté Internationale et la CPI transpire la fébrilité d’un régime agonisant, dégage une pointe d’oubli prématuré et la volonté de faire prospérer la justice des vainqueurs. Le grand peuple ivoirien attend que la vraie justice soit rendue afin de lui permettre de faire son deuil et d’amorcer le processus de sa réconciliation inclusive et sincère. Il ne s’agit pas d’écrits aux antipodes des règles basiques de l’éthique du métier de journaliste professionnel ; c’est de cela que je veux te parler en t’invitant à jouer les arbitres sans parti-pris, ma chère Aïchatou, conformément à ton mandat.


 

  • Effectifs de l’armée: en 2010, selon des sources du milieu, l’armée compterait 10 000 hommes, ce jour elle compterait 30 000 hommes dont 20 000 rebelles. A cela, il faut faire remarquer que l’ADDR qui a lamentablement échoué est le nid d’anciens combattants du même clan. Les gardiens de prison, les élèves douaniers ne sont que 2000 rebelles introduits dans cette école en privant les diplômés admis d’y préparer leur avenir. Les élèves des eaux et forêts appartiennent aussi à la même écurie. Ils y ont été introduits avec fracas au mépris de toute éthique socio académique. Les rebelles n’ont pas été désarmés, mieux des supplétifs non immatriculés et les chasseurs traditionnels, appelés dozos, de la tribu du Nord du pays sont en armes (alors que les forces régulières sont désarmées et exposées aux blessures d’un simple coton). Ceux-ci se délectent à terroriser les villageois des zones prétendues non favorables au chef de l’Etat. Il ne s’agit pas d’écrits qui violent les règles de déontologie du journalisme professionnel ; c’est du factuel que je veux te parler en t’invitant à jouer les arbitres sans parti-pris, ma chère Aïchatou Mindaoudou.


 

  • Problématique de l’appel de Daoukro : c’est un engagement personnel antidémocratique de monsieur Bédié qui, à la limite, fait fi de l’existence des autres composantes du RHDP, des militants de son parti politique en général et les cadres du parti qui sont déclarés candidats en particulier. Il a pour objet, cet appel, de s’aligner derrière Ouattara parce que son bilan est bon mais surtout, pour l’empêcher de reprendre la guerre. Est-ce à dire que Ouattara est un seigneur de guerre, avide de pouvoir, qui est prêt à créer des tombes partout, même dans sa salle de séjour pour se maintenir au pouvoir et gouverner des mausolées ? Des audiences foraines unilatérales ont cours en ce moment. Elles ont été précédées d’une large distribution de certificats de nationalité à tout va. La raison inavouée est de constituer un bassin d’électeurs pour le clan du président-candidat jurisprudentiel. Ce généreux bradage de la nationalité ivoirienne vise à renverser les statistiques démographiques en faveur du Nord du pays. Dans le cadre des audiences foraines, les ressources humaines et matérielles y afférentes affichent complet et suivent rigoureusement l’agenda prescrit dans les fiefs favorables au RDR. Par contre, dans les zones que le pouvoir ne juge pas favorables à lui, tout manque et le travail se fait par intermittence et à un rythme très nonchalant. Il ne s’agit pas de manipulation de l’opinion publique, ces faits sont avérés, il suffit de te rendre dans l’arrière-pays pour le constater de visu ; c’est de cela que je veux te parler en t’invitant à jouer les arbitres sans parti-pris et sans faiblir, ma chère Mindaoudou Souleymane.


 

  • Démission du Président du Conseil Constitutionnel : le chef de l’Etat a voulu contraindre, à trois reprises dit-on, le professeur Francis Wodié à tordre le coup du droit, à travers l’article 35 de notre loi fondamentale qui le rend de facto inéligible à toutes les consultations en Côte d’Ivoire. Cette sortie de l’Institution de monsieur Wodié, de son cabinet et des trois autres membres dont le mandat était fini, laisse la place à 100% au RDR en ce qui concerne le contrôle de cet appareil électoral. Le pouvoir étouffe certains partis membres du RHDP, il les démantèle à coup de corruption, de brimades physiques ou morales et en fait de même dans l’opposition. Je citerais les cas anachroniques de Lider, du FPI et du MFA où les dissidents sont légaux et protégés par un essaim de policiers armés. Celui du PDCI-RDA où la grande majorité des femmes et hommes qui défendent la résolution consensuelle de son 12ème congrès sont des traités de renégats à abattre. Cependant, Bédié et ses suiveurs, les vrais violateurs des textes de ce parti créé par Houphouët-Boigny sont dans les cocons du pouvoir. Ces exemples sont édifiants sous un régime qui se dit démocratique. les militants majoritaires du FPI vont à la résidence de Gbagbo Laurent pour tenir leur réunion, le pouvoir envoie les Forces de l’ordre les déloger (une violation grave de domicile et des libertés individuelles). Les candidats déclarés du PDCI-RDA sont persécutés et font l’objet d’ostracisme sous le regard amusé et complice de la patronne de l’ONUCI. Les média d’Etat sont confisqués, ils n’ont pour seuls programmes que la diffusion des propagandes et la campagne prématurée du chef de l’Etat. Cela s’appelle du non-droit. Ce qui est un déni de l’expression plurielle. La sécurité rapprochée du président Charles Konan Banny lui a été retirée, es-tu passée chez lui pour constater cela, en tant qu’arbitre devant concilier les parties ? Que dis-tu aussi des avantages de Mamadou Koulibaly ex-président de l’Assemblée Nationale qui lui ont été abusivement retirés pour lesquels il a adressé plusieurs courriers restés sans suite ? Il en va de même du fumeux financement des partis politiques le PIT, est laissé pour compte, du fait de son rejet de la forfaiture de ce pouvoir despotique. Sur la base de leur RHDP traficoté qui ne fait que 35% des populations électrices, on attribue des chiffres fallacieux de 80% au RHDP ainsi pour préparer l’opinion à la fraude électorale au 1er tour de la présidentielle. Les travailleurs sont étranglés par la flambée du coût de la vie. Ils le sont d’avantage avec les salaires misérables qui leur sont servis. Il leur est interdit de l’exprimer à travers les grèves syndicales et corporatistes, alors que la loi ivoirienne les autorise. En somme, il est intaillé une dictature de type monarchique basée sur la tribu, la religion et la répression militaro judiciaire. Toute chose qui fait le lit d’une élection présidentielle de 2015 avec un passage en force, mais aussi, qui fait profiler un bain de sang plus gargantuesque que celle de 2010. Il ne s’agit pas de manœuvres visant à distraire la mission de l’ONUCI ; c’est de cela que je veux te parler en t’invitant à jouer les arbitres sans parti-pris et sans désemparer, ma chère Aïchatou Mindaoudou.


 

  • Petites attitudes de Aïchatou Mindaoudou : ton manque de soutien aux organisations de la société civile significatives qui œuvrent pour les droits humains ainsi que celles qui œuvrent avec rigueur dans le processus électoral. Tu es indifférente face à la composition de la CEI centrale et des CEI locales qui ne sont occupées que par les militants du camp du pouvoir. Tu ne fais rien pour appuyer les femmes qui luttent pour la parité dans les prises de décisions au niveau de l’Etat. Que fait l’ONUCI quant à son devoir d’appuyer les organisations de la société civile dans leur éducation civique (apprendre à voter, à scruter les bulletins de vote, à tenir les bureaux de vote, à superviser …) ? Les organisations de la société civile que tu privilégies et invites à des réunions périodiques, fais-tu attention aux membres exclusivement du RDR qui les composent ? Par exemple le WANEP. Que dis-tu et que fais-tu du problème de l’article 35 de la Constitution que le chef de l’Etat veut saborder alors qu’il ne peut être modifié que par voie référendaire ? Que dis-tu des écoutes téléphoniques des particuliers, surtout ceux de l’opposition et ceux proches des candidats déclarés, en pratique en ce moment ? Des arrestations arbitraires des personnes, de l’Etat policier qui plombent les libertés individuelles quelle réaction entends-tu avoir face à ces dérives ? Prêtes-tu attention aux en-dessous du Reggae-Festival tenu à Abidjan ? De source policière, il semblerait que des cargaisons de produits qui ressembleraient à des excitants et/ou stupéfiants auraient été convoyés et seraient en stock quelque part. Ils serviraient à faire encanailler des miliciens qui entraveraient le vote des militants des autres bords que le RDR pendant les élections. Pourquoi te rends-tu si inaccessible ? Il ne s’agit pas d’allégations mensongères contre ta personne ; c’est de la vie des populations ivoiriennes en danger de mort que je veux te parler en t’invitant à jouer les arbitres sans parti-pris, ma chère Aïchatou Mindaoudou Souleymane.


 

  • Quid du bilan de la gouvernance : il reste un sujet tabou ; le PIB croît de 8 à 10% mais il entretient une pauvreté gravissime du fait du coût de la vie qui flambe à une allure vertigineuse. En plus de ce tableau sombre sur la misère des populations, s’ajoute un grand panel d’insuffisances en matière de santé et d’éducation, d’où les arrêts de travail dans ces secteurs. La plus grosse aberration découle de la super promotion des travaux d’infrastructures financés sur fonds étrangers. Ces entreprises étrangères viennent, pour la plupart, exécuter les travaux avec leurs matériels et leurs ressources humaines. Cet état de fait laisse le problème du chômage de la jeunesse entier tout en favorisant les vices tels que l’alcoolisme, la prostitution, la délinquance et la criminalité. L’invitation des membres de la diaspora à rentrer au pays pour prendre une place dans l’eldorado qu’il serait devenu n’a été qu’une grosse illusion. Seuls ceux qui appartiennent au clan ont eu droit au salut. C’est de cela que je veux te parler en t’invitant à jouer les arbitres sans parti-pris, ma chère Aïchatou.

     

Sonnette d’alarme

 

  • En visite officielle en Côte d’Ivoire le 17 juin 2014, le Président Français François Hollande a dit que les pays africains sont confrontés à trois défis : « -la sécurité-la réconciliation-l’économie ; que la justice doit passer où que ce soit car, nul ne peut s’y dérober, tous doivent répondre de leurs actes de plus, à quoi sert un parti politique si ce n’est pour aller aux élections et conquérir le pouvoir d’Etat ». Le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, à l’ouverture du 13ème congrès des Nations Unies sur les crimes, à Doha au Qatar, a dit ceci : « Il ne peut y avoir de développement durable sans droits de l’homme et Etat de droit ». Le Président Américain Barack Obama a exprimé, quant à lui, sa désapprobation aux régimes qui emprisonnent leurs opposants. Qu’en est-il en Côte d’Ivoire ? Bien sûr que toutes ses dérives sont notre marque de fabrique ! Il ne s’agit pas d’écrits aux antipodes des règles basiques de l’éthique ; c’est de cela que je veux te parler en t’invitant à jouer les arbitres sans parti-pris, ma chère Aïchatou.

     

Quoi de neuf ?

 

  • On en est à gloser et à s’extasier devant des infrastructures supposées grandioses faites seulement en trois ans par Ouattara. Quels efforts y-a-t-il à faire quand tous les billons sont préparés et qu’il ne reste plus qu’à y mettre des grains de semences ? C’est l’image qui colle bien à ce rôle de pompier-pyromane en Côte d’Ivoire. Y-a-t-il lieu de s’enorgueillir quand aucune entrave du genre tentatives de coup d’Etat en 1995 ; Coup d’Etat en 1999 ; rébellion de 2002 à 2010. Pour qui, au nom de qui et pourquoi des femmes enceintes ont été écrasées, égorgées, éventrées, des fœtus extraits et leur sang bu dans les Zones Centre-Nord-Ouest de la Côte d’Ivoire ? Pour la mère porteuse de vie que je suis, mère d’enfants et couveuse et femme au foyer que je suis, j’ai des démangeaisons, il me faut du vermifuge sinon j’attends mes plats de vers promis par les tiens ma chère Aïchatou. Des travaux d’infrastructures aussi pharaoniques soient-ils ne sauraient faire revenir ces nombreux morts à la vie, et qui plus est, devenir une absolution pour des criminels à cols mouchetés d’écarlate. J’ai le mal de mon pays. Bédié et Gbagbo seraient-ils assez irresponsables pour ne pas faire mieux que cela ; s’ils avaient eu la tranquillité nécessaire (ne serait-ce que pour un an) de conduire leurs mandats à terme ? Ça suffit, qu’on arrête de nous rabattre les oreilles avec ces démagogies nauséeuses ! Rien ne vaut une vie humaine et partant ne peut justifier une mort d’homme ! L’Expert Indépendant International pour l’ONU, monsieur Doudou Diène qui est droit dans sa mission sur le processus électoral en Côte d’Ivoire a été victime d’un rapport du régime ivoirien pour qu’il parte d’ici. Celui-ci décriait les dérives du régime ivoirien sur les droits de l’homme, c’est lui qui a forcé pour aller voir madame Gbagbo Simone à Odienné que fais-tu dans ce sens, Aïchatou Mindaoudou ? Il ne s’agit pas de manipulation de l’opinion publique, ces faits sont avérés ; c’est de cela que je veux te parler en t’invitant à jouer les arbitres sans parti-pris et sans faiblir, ma chère Mindaoudou Souleymane.

 

Côte d’Ivoire, cette terre généreuse et nourricière

 

À l’analyse de ton CV, ma chère Aïchatou, la Côte d’Ivoire t’a offert gîte et couvert. Tu y as passé tes années d’étudiante, le Professeur Francis Vangah Wodié, le Maître t’a enseignée ; puisque tu as fait des études de droit. As-tu bien assimilé les leçons de droit administrées par le Maître Wodié ? As-tu bien intégré sa droiture, sa rigueur inflexible qui découle des sciences juridiques ? N’as-tu pas été interpellée par la démission du Président du Conseil Constitutionnel, le plus grand constitutionnaliste de Côte d’Ivoire et qui tient le Haut du pavé à l’International, à 7 mois de l’élection présidentielle ? Tu sais que Wodié, ton Maître, ne blouse pas avec les rigoureux principes du droit, dans leur lettre comme dans leur esprit. J’irais même plus loin pour dire que tu as dû le rencontrer pour connaître des raisons de sa démission. Qu’en as-tu fait alors, en tant que Représentante Spéciale du Secrétaire Général de l’ONU pour faire tomber la tempête et faire triompher la vérité? Par ailleurs, pure démagogie oblige, dans le rang du RDR, on relève l’échec de la CDVR pour pourfendre son Président. Si tel était le cas, sous quel rapport de l’intelligence humaine peut-on reconduire toute une équipe qui a échoué, comme l’exemple de la CDVR muée en CONARIV et présidée par un ancien Vice-Président de la CDVR ? Actuellement, l’ONU est en train de mettre des mécanismes en place pour la défense et la protection de la femme. Lors de ta dernière sortie d’audience avec le chef de l’Etat, en faisant savoir à tous que tu as rencontré le président de la République pour lui rendre compte des initiatives que tu prends sur les questions d’intérêt national et recueillir, en retour, ses conseils ; que subodore une telle déclaration ? Veux-tu nous vraiment faire rater le train de l’émancipation des femmes dans la conduite des débats sur des tribunes mondiales ?Veux-tu vraiment laisser cette terre, qui t’a tout donné hier et grâce à laquelle tu vis dans l’opulence avec un salaire confortable, tomber en déconfiture par tes allures indécises à la limite de la compromission tacite ? D’autre part, mon sens féminin me prévient que tu feras des comptes-rendus parcellaires et erronés, sur la situation ivoirienne, au prochain sommet du Conseil de Sécurité de l’ONU qui se tiendra bientôt. Que fais-tu des idéaux de l’ONU et du sens de rigueur des Institutions Internationales, pour une fois que les femmes ont voix au chapitre à ce niveau en Côte d’Ivoire, à travers ta personne ? En tous les cas, ta sortie interroge sur la personnalité à qui tu réponds, entre le chef de l’Etat ivoirien et le Secrétaire Général de l’ONU, ton patron et ton mandant. Il ne s’agit pas de manœuvres visant à distraire et empêcher la mission de l’ONUCI dans la mise en œuvre de son mandat qu’elle conduira à son terme sans désemparer. Il ne s’agit pas non plus d’empêcher l’invitation du CNP à prendre les mesures qui s’imposent pour exercer le déni de presse ; mais, c’est de cela que je veux te parler en t’invitant à jouer les arbitres sans parti-pris et sans désemparer, ma chère Aïchatou Mindaoudou.

 

Elan de solidarité au vernis d’accointance tendancieuse à Aïchatou

 

Après la parution de ma lettre ouverte à ma chère Aïchatou, un bien fébrile élan de solidarité s’est mis en place pour le sauvetage de leur très chère en alerte de noyade. Je comprends, cette solidarité instinctivement naturelle et humaine. L’équipe de sauvetage comprend Kadidia Ledron, porte parole de l’information publique de l’0NUCI et Eliane Hervo-Akendengué. Cette solidarité naturelle entre personnes partageant les mêmes intérêts est bien illustrée par ce morceau de Michel Polnareff, un chanteur Français de haute référence : « Je suis un Homme, quoi de plus Naturel ? En somme, que mon Immense Style corresponde bien à mon Anatomie ! ».

 

Qu’en conclure ?

 

Aujourd’hui, pour toi, tout baigne dans l’huile d’olive. La démocratie en Côte d’Ivoire est totale, personne n’est exclue ni opprimée. Il n’y a plus aucun couac, tous les Ivoiriens applaudissent les faits et gestes des dirigeants. Ta vigilance échappe au fait que tous les ingrédients de la déflagration sociale sont réunis pour la terre brûlée que le chef de l’Etat prépare pour son égo. Tu aurais pu te mettre au-dessus et faire des réglages démocratiques, pour sauver ce pauvre pays et ses populations, en ta qualité de Mère de l’humanité. Malheureusement, tu as choisi le raccourci, fait de lait et de miel, pour t’engluer dans cette patinoire du régime monolithique et totalitaire que la Côte d’Ivoire n’aurait jamais dû connaître. Tu t’abreuves des instructions de son chef à sa meilleure convenance. Alors, tu appelles l’ONU à accompagner seulement les élections sans les arbitrer ni les valider. As-tu une autre vision des réalités ivoiriennes qui sont pourtant bien visibles ? Au regard de ton parti-pris dangereux et anxiogène pour ce beau pays et ses habitants, il y a deux nécessités qui jurent contre toi : celle d’en appeler aux démocrates et à la communauté internationale pour commencer à engager les actions préventives et celle de déposer ta démission parce que le peuple te récuse, tu as trahi la gent féminine. Tu n’es pas à la hauteur de ta mission que tu as trucidée avant terme.

Fait à Abidjan, le 20 avril 2015

 

 

Bécan Tiékpa Alice-Rosine

Ampliations à :

  • Monsieur Ban Ki-Moon, Secrétaire Général de l’ONU,

  • IBN Chambas Mohamed, Représentant Spécial du SG de l’ONU et Chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest,

  • Doudou Diène, Expert Indépendant International pour l’ONU,

  • Chancelleries accréditées en Côte d’Ivoire,

  • Intéressée

  • Partis d’opposition et Candidats déclarés

  • Conférence Episcopale

  • Cosim

  • Association Nationale des Rois et Chefs traditionnels

  • Organisations de la Société Civile

 

 

 





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