Menaces de mort et intimidations : Ouattara et ses suiveurs se comportent comme s'ils sont immortels. Par Ben Zahoui-Degbou

Lundi 18 Juillet 2016 - 00:35


« Si tu parles, tu meurs. Si tu ne parles pas, tu meurs. Alors, parle et meurs », disait mon ami et confrère, Tahar Djaout, journaliste et écrivain algérien, quelques jours avant d'être assassiné par les islamistes, le 2 juin 1993 à Alger. Tahar est né en Kabylie le 11 janvier 1954. Il est l’un des premiers intellectuels algériens qui ont été menacés et tués par les Islamistes algériens dont ils dénonçaient justement la dictature et l’obscurantisme religieux.

Depuis le 11 avril 2011, la Côte d’Ivoire, mon pauvre pays que le Président Houphouët Boigny a construit pendant trois décennies, sur les bases d’un véritable vivre ensemble, est tombée dans les mains sanglantes d’une caste mystico-politique dont les pratiques relèvent d’un autre âge. Pendant que Ouattara, demande du bout des lèvres, aux Ivoiriens de rentrer dans leur pays, ils se trouvent des personnes dans son entourage qui, à juste titre, rament à contre-courant. Les menaces de mort et les intimidations de personnes bien ciblées viennent contredire son appel. N’oublions pas que la torture, la justice des vainqueurs, les parodies de procès, les emprisonnements, les exécutions extrajudiciaires (228 prisonniers politiques ont disparu), le rattrapage ethnique, l’opposition interdite de manifestation et de s’exprimer dans les médias publics, constituent déjà l’essentiel du schéma directeur du « Dictateur doux d’Abidjan ». Celui-ci continue de mentir aux Ivoiriens et de piller les ressources du pays avec sa famille et la complicité d’un certain Henri Konan Bédié qui utilisent malheureusement le PDCI / RDA, le parti créé par le Président Houphouët Boigny, il y a soixante-dix ans, pour défendre les intérêts et la dignité des Africains.

Comme mon ami et confrère, Tahar Djahout que j’ai connu à Paris en 1983, je ne cèderai jamais au chantage, aux intimidations et aux menaces de mort que je recevais déjà au Ghana, mon pays adoptif. Je vais continuer, modestement à faire mes émissions et à écrire pour dénoncer les travers de la gouvernance du régime de Ouattara. A ceux qui se cachent derrière des coups de fil et messages anonymes, je voudrais seulement dire qu’ils ne sont pas immortels et n’ont pas le monopole de la violence. Je garde jalousement ma dignité et mes convictions que je défendrai jusqu’au bout. J’ai été formé pour écrire et parler, et si je dois mourir, alors je mourrai, parce que, je vais continuer à faire mon travail de journaliste dans les règles de l’art. Et puis, entre nous, j’ai déjà réservé ma place au cimetière de Kaneshie, à Accra au Ghana, pour mon enterrement.

Les coups de fil et messages anonymes de menaces de mort et d’intimidation, ne me feront jamais changer d’avis. Leurs initiateurs peuvent toujours continuer à me les envoyer. Ils oublient qu’un pouvoir politique n’est jamais éternel. Tout peut changer brusquement en un seul jour. L’exemple récent du Capitaine Blaise Compaoré qui a fait 27 ans au pouvoir et qui est aujourd’hui avec eux, devrait en principe leur servir de leçon vivante.

En avril 2011, la chose la plus facile pour moi aurait été de passer par mes nombreuses connaissances autour de Ouattara pour lui faire allégeance. J’ai refusé de le faire et je ne le ferai jamais. Je resterai à l’étranger le temps qu’il faudra. La raison est simple. Le Président Houphouët m’a dit devant témoins que « ce monsieur n’est pas Ivoirien, ni sociologiquement, ni juridiquement. Il est en mission pour les occidentaux ». A mon petit niveau, son problème de nationalité n’est pas réglé bien qu’il soit à la tête de mon pays. Le décret du Président Laurent Gbagbo qui a utilisé l’article 48 de la constitution pour l’autoriser à compétir en 2010 et « sa candidature dérivée » en 2015, sont totalement contraire au juridisme.

 

En plus, Ouattara n’a aucun sentiment humain dans sa posture de vengeance. Il n’a pas, non plus, la culture du pardon et l’éducation des Ivoiriens du Nord ou du Sud. Ne dit-on pas que le linge sale se lave en famille ? Un digne fils d’Eburnie, même Henri Konan Bédié qui a une haine viscérale pour Laurent Gbagbo, n’aurait jamais franchi les portes de la Cour Pénale Internationale (CPI) pour régler les problèmes de notre pays. Je rêve peut-être un peu ! Une fois installé au Palais présidentiel, un vrai et digne fils de la Côte d’Ivoire, serait même allé rendre visite à son frère Laurent Gbagbo à Korhogo pour mettre en place un véritable processus de réconciliation nationale. Des Chefs d’Etats africains et Hommes de Dieu ivoiriens ont proposé cette démarche à Ouattara. Il l’a refusée parce qu’il n’a aucune attache sociétale et sociologique en Côte d’Ivoire. Il s’en fout éperdument des Ivoiriens, de leurs intérêts et envies pressants de revivre ensemble dans la paix et la confiance. Et c’est pour cette raison que les « Blancs » l’avaient imposé au Président Houphouët Boigny en 1989 et que Sarkozy l’a installé à la tête de la Côte d’Ivoire en 2010 pour continuer sa mission de « Gouverneur noir » au profit des occidentaux.

Aujourd’hui, contrairement aux apparences, les Ivoiriens se regardent en chiens de faïence, en silence et dans l’inquiétude. Les gouvernants, quant à eux, au sommet de leur gloire et de leur art de « grilleurs d’arachides », continuent de mentir à leurs soutiens internes et externes. Devenus très arrogants et suffisants, certains menacent de mort tous ceux, qui sans avoir la science infuse, attirent leur attention sur le danger que coure la Côte d’Ivoire avec Laurent Gbagbo toujours en prison, avec, par conséquent, une réconciliation nationale boiteuse. Sur le terrain, l’insécurité est galopante. Des « microbes » ont envahi la ville d’Abidjan et le système socio-sanitaire est en déliquescence. Le quotidien devient de plus en plus cher.

Les procès de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, et Simone Gbagbo, viennent alourdir, davantage encore, l’atmosphère déjà très morose avec l’injustice et la pauvreté qui gagnent du terrain. Pendant ce temps, le « Dictateur doux d’Abidjan » et ses suiveurs continuent de nier l’évidence. Pour eux, tout va bien. Il parait même que Ouattara veut changer la constitution par un référendum pour se maintenir au pouvoir. Mais alors, pourquoi ne prend-t-il pas un décret, dans ce sens, pour se proclamer président à vie ? Il pourrait ainsi économiser des milliards pour construire d’autres ponts ??

Lui et son clan, se comportent exactement, comme si leur régime est éternel. Il faut tout simplement savoir que chaque course a sa fin et cette fin arrivera forcément un jour, malgré les lamentations prémonitoires de Amadou Soumahoro, Secrétaire Général du Rassemblement des Républicains (RDR), qui prépare déjà son exil avec femmes, enfants et petits-enfants. De toutes les façons, les gouvernants actuels, seront rattrapés par la justice impartiale et implacable de demain, celle de la Nouvelle Côte d’Ivoire. Ils seront jugés pour des vrais crimes contre l’humanité. C’est la loi de la nature.

 

Ben ZAHOUI-DEGBOU

Directeur Fondateur de L’AGENCE GLOUZILET (Production Films et Programmes Tv, Conseil en Communication et Evènementiel). Géographe, Journaliste Spécialiste de Géopolitique et de Médiation Institutionnelle. Ancien Directeur de RTI/TV2.

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 





Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact




 

Les Filles de Saïoua au Palais de Congrès de Montreuil (France) le samedi 16 décembre 2017