Mauvaise gouvernance : Ouattara cache les chiffres de la corruption

Pourquoi tant de mystère pour communiquer les chiffres sur les marchés publics alors que le conseil des ministres du vendredi 18 octobre a dressé un bilan pour ce qui concerne le premier semestre de l’année ? Difficile de comprendre les motivations du régime.

Lundi 28 Octobre 2013 - 07:16


Mauvaise gouvernance : Ouattara cache les chiffres de la corruption
Un bilan de la passation des marchés publics a été fait le vendredi 18 octobre en conseil des ministres. Prétextant d’une mission, le porte-parole du gouvernement Koné Bruno s’était alors furtivement éclipsé, laissant le soin à son adjoint d’entretenir les journalistes à l’issue du conseil des ministres. Mais curieusement, Affousiata Bamba-Lamine ne donnera aucun détail sur les marchés publics concédés en termes d’investissements, de gré à gré et d’appels d’offres. La ministre a préféré la fuite en avant plutôt que de livrer des chiffres certainement effrayants.  «J’ai un document, je l’ai sorti en souriant un peu, qui est épais, vous le voyez, qui concerne donc l’exécution de la passation des marchés publics à fin juin 2013. Ce que nous allons faire, je vous promets que toutes les parties qui concernent effectivement les taux d’exécution vous seront remis pour que vous puissiez en faire bon usage. Parce que je pense que le document est effectivement volumineux et si je devais rentrer dans le détail des choses, on ne finira pas aujourd’hui», a-t-elle botté en touche. On n’aura aucun détail sur ce document de 140 pages. Du moins, jusqu’au conseil des ministres suivant prévu le mercredi 23 octobre, avait rassuré la ministre de la Communication.

Cacophonie au gouvernement

Une semaine après, la cacophonie dans la communication gouvernementale l’emportera à nouveau. Koné Bruno ayant repris du service, il soutient n’avoir pas été saisi de cette préoccupation des journalistes. «Vous demandez les chiffres. Si je ne suis pas prévenu, malheureusement, je peux difficilement vous les donner. Je n’avais pas cette information donc je ne suis pas venu avec ce dossier. On me dit que vous pouvez vous adresser éventuellement au service communication de madame la ministre pour avoir ces chiffres là», a-t-il esquivé. Là encore, fuite en avant. Alors qu’il avait promis de nous donner ces informations depuis le 18 octobre dernier, sans jamais le faire, nous avons contacté à nouveau, hier vendredi, un conseiller technique d’Affoussiata Bamba- Lamine. Notre interlocuteur nous a ramené au discours de sa patronne. «Le détail de la situa - tion est consultable auprès du ministre auprès du premier ministre, chargé de l'Economie et des Finances», a-t-il ajouté. Une autre fuite en avant qui finit de convaincre du mystère qui entoure les chiffres de la passation des marchés publics.
 
Que cache-t-on aux Ivoiriens ?

 «Dénoncée par tous les observateurs, de la Banque mondiale à l'Union européenne, l'inflation des marchés octroyés de gré à gré est devenue phénoménale. L'an dernier, ils représentaient 40 % du montant des contrats publics et ont même atteint 60 % au premier trimestre 2013. Dans une économie saine, cela ne dépasse pas 10 % à 15 %, selon un expert du FMI», publiait le 5 août dernier le site inter - net de Jeune Afrique. Ce sont ces chiffres alarmants de l’explosion des marchés gré à gré qui traduisent la mauvaise gouvernance, la corruption, le clientélisme, le favoritisme, le népotisme, les conflits d’intérêts dans la course à l’enrichissement illicite que le régime Ouattara refuse de dévoiler au grand jour.  En tout cas, l’on a des raisons de le penser, au regard des scandales qui ont enseveli la gestion des affaires publiques sous Ouattara. En effet, la charte d’éthique que Ouattara a fait signer à ses ministres le 9 août 2011 n’aura été que de la poudre aux yeux. Alors ministre de la Salubrité urbaine, Anne Ouloto avait confié la gestion des déchets aux sociétés Saterem et Greensol. Alors que cette dernière entreprise appartenant aux «Bictogo» avait seulement été créée en novembre 2011, soit un mois après l’ouverture de l’appel d’offres. La ministre avait été déboutée par l’Autorité nationale de régulation des marchés publics en février 2012. Kandia Camara avait également attribué le marché de l’inscription en ligne des élèves à la société Celpaid, propriété du camarade de parti, le ministre de la construction Sanogo Mamadou. Et ainsi de suite… Vivement donc que ces chiffres soient publiés.

Par Benjamin Silué

Source: N° 913 Du Samedi 26 au Dimanche 27 Octobre 2013




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !