Mauvaise gouvernance: La Côte d’Ivoire sous tutelle financière du FMI

Vendredi 6 Décembre 2013 - 11:51


Kablan Duncan, premier Ministre du Gouvernement ivoirien
Kablan Duncan, premier Ministre du Gouvernement ivoirien
Le président du FPI a fait un certain nombre de révélations sur l’état des comptes de la Nation, lors de sa conférence de presse. A cause de la mauvaise gouvernance sous Ouattara, le Fonds monétaire international (FMI) a décidé de mettre les finances publiques sous sa tutelle et de tout surveiller. Les décaissements, les paiements, l’endettement… tout passe entre les fourches caudines de l’institution financière où Ouattara a été l’ancien directeur général adjoint. «Au jour d’aujourd’hui, l’Etat de Côte d’Ivoire a été dessaisi de la gestion des finances publiques à cause de la mauvaise gestion. Et les finances publiques sont sous la tutelle du FMI. On ne peut pas décaisser un seul sou sans l’accord du FMI. On ne peut prendre un franc de crédit sans l’accord du FMI. Et le gouvernement s’est engagé officiellement et publiquement par un courrier du ministre des finances au FMI pour dire qu’il accepte d’être mis sous tutelle et par la même occasion, ils [le régime] ont demandé des mesures dérogatoires par rapport au plafond des emprunts parce qu’ils [le régime] sont en train de percer le plafond des emprunts concessionnels», a révélé hier Affi N’Guessan.
«Une gestion familiale, clanique, clientéliste, informelle» Le président du FPI soutient que la mauvaise gestion et l’assèchement des caisses de l’Etat ont obligé le régime à recourir à plusieurs reprises au marché financier pour emprunter depuis le début de l’année. L’endettement est excessif à cause de la mauvaise gestion de ressources publiques, constate-t-il : «C’est la catastrophe à cause de la gestion, une gestion familiale, une gestion clanique, une gestion clientéliste, une gestion informelle. Figurez- vous que c’est le petit frère du président, directeur administratif et financier de la prési- dence, qui est en fait devenu le Trésorier- payeur général de l’Etat. C’est-à-dire toutes les dépenses. Si chaque jour, il y a 15 factures à payer sur 50 fournisseurs, la liste des 15 vient de la présidence signée du petit frère du président, par ailleurs trésorier du RDR. C’est quelle gestion ça ? Le Trésor se trouve à la présidence. Les marchés publics se trouvent à la présidence. Quand on veut donner un marché, c’est à la présidence qu’on choisit les entreprises puisque l’autorité des marchés publics est sous sa tutelle. Ouattara a tout centralisé, a tout récupéré à la présidence. La présidence n’est plus une instance de pilotage, de réflexion, d’analyse et de conception. Elle est devenue une instance d’exécution. Et quand il dit que lui il aime les actes, c’est ça. Il aime exécuter. Il n’aime pas les positions de réflexion et d’analyse. Sa femme interfère dans le fonctionnement de l’Etat. On ne sait pas quel ministère elle gère mais elle distribue de l’argent ici. Elle a récupéré les attributions du ministère de la famille, de la femme et de l’enfant. Elle est nommée à la tête du comité national de la lutte contre la traite des enfants. Ça c’est quelle gestion ça ? Des structures parallèles sont mises en place pour étouffer les services. La primature est devenue une coquille vide. Même le programme prési- dentiel d’urgence, c’est le même système».
Les voyages de Ouattara ont déjà coûté au moins de 50 milliards francs Cfa Le FMI et la Banque mondiale notent que le déficit budgétaire est très élevé sous Ouattara à cause de l’endettement excessif, de l’opacité dans la passation des marchés publics ainsi que la situation désastreuse de nos comptes courants dans les opérations avec l’extérieur. «Au niveau de l’Uemoa la norme est que ce défit ne dépasse pas 3% du PIB. Mais pratiquement depuis 2013, la Côte d’Ivoire est largement au dessus de ce plafond. Et là l’heure actuelle, nous sommes à – 3,4% et ce déficit se creuse», a indiqué Affi N’Guessan. Il a également souligné que chaque voyage de Ouattara fait en moyenne 500 millions francs Cfa. Alors, ses quelques 89 voyages déjà effectué ont coûté environ 50 milliards francs Cfa au contribuable. «C’est excessif et puis c’est inopportun». Les Ivoiriens ont besoin que Ouattara se consacre à la résolution des problèmes du pays, a-t-il fait remarquer.

Anderson Diédri

Le Nouveau Courrier: N° 943 Du Jeudi 05 Décembre 2013




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