Mauvaise gestion, flambée des prix, pauvreté… / Abou Cissé charge son neveu Ouattara : «Vous nous conduisez tout droit en enfer»

Face à la situation chaotique dans la laquelle la Côte d’Ivoire est plongée, Abou Cissé, l’oncle de Ouattara donne encore de la voix pour tirer sur la sonnette d’alarme. Il parle sans porter de gants.

Mardi 15 Janvier 2013 - 13:25


Mauvaise gestion, flambée des prix, pauvreté… / Abou Cissé charge son neveu Ouattara : «Vous nous conduisez tout droit en enfer»
Depuis quelques semaines,  les prix du carburant et du gaz ont augmenté. Quel commentaire vous en faites ?

C’est une injure faite à la population ivoirienne qui a été meurtrie au lendemain du drame du Pla - teau. C’est une injure qu’on ne peut pas  pardonner au régime actuel. On s’attendait à la baisse du prix des denrées alimentaires. Afin de permettre à la population de vivre décemment.  Mais que constatons nous, c’est une autre augmentation. C’est un drame que vient de subir les populations ivoiriennes. On se demande si ceux qui ont pris cette décision ont mesuré les conséquences. Avant de prendre une telle décision, il faut voir son opportunité. Le panier de la ménagère se limite aujourd’hui à un sachet. Ceux qui croyaient qu’Alassane Ouattara pouvait les sauver doivent être petits dans leurs souliers. Ils n’ont que leurs yeux pour pleurer. Il ne faut pas jouer  avec  la souffrance des populations. Si Alassane Ouattara ne peut pas résoudre leurs problèmes, alors qu’il n’en rajoute pas à leurs souffrances. Il se fout de la population.

Comment ?

Ses ministres ou conseillers vont dans les supermarchés.  Ils ne pratiquent pas nos marchés. Quand ils sont dans ces supermarchés, ces derniers ont au moins,  trois ou quatre chariots bien remplis.  Si eux, ils ont la possibilité de le faire, le petit peuple se bat comme un beau diable pour se nourrir. C’est la même politique qu’il a pratiquée en 1990 lorsqu’il était Premier ministre.

Le Fmi a approuvé cette augmentation…

Partout où le Fmi passe, c’est qu’il y a un drame qui arrive. On a vu en Grèce, en Italie, en  Espagne et au Portugal. Le Fmi soutient qu’il y a une croissance de 8%. Ce n’est pas vrai, c’est une décroissance de 30 à 40%  du pouvoir d’achat. Le Fmi n’a qu’un seul objectif : la diminution des salaires et l’augmentation des crédits. Le Fmi crée toujours dans nos pays sous-développés  des crises sociales. Christine Lagarde n’a rien compris. Le peuple est fatigué des promesses tapageuses qui n’ont jamais abouti.
Et pourtant, ils ont critiqué le pouvoir du Président Laurent Gbagbo.
Nous étions tous dans ce pays quand on nous annonçait des miracles et des prodiges économiques. Que n’a-t-on pas dit sous le régime du Président Laurent Gbagbo à propos de l’augmentation du prix du carburant. Aujourd’hui, «l’homme solution» est devant le fait accompli. Cette augmentation du prix du carburant est la conséquence de la gestion improvisée et approximative des ressources énergétiques. La flambée des prix des denrées alimentaires est souvent tributaire de l’augmentation du prix du carburant. Le mythe et le mystère qui entourent l’argent en Côte d’Ivoire plongent les Ivoiriens dans une situation de précarité inqualifiable. Et c’est dans cette situation économique drastique que le gouvernement Duncan procède à une augmentation inadmissible du prix du carburant. Le panier de la mé - nagère ne constitue certainement pas une préoccupation majeure pour ce gouvernement allergique aux critiques, qui passe son temps à emprisonner les pro-Gbagbo et à allonger la liste des personnes capables de leur apporter la contradiction. je m’associe à la douleur des Ivoiriens et j’espère que l’argent qui est allé travailler reviendra bientôt dans les foyers.

Etes-vous d’accord avec ceux qui soutiennent que «Gbagbo kafissa»

 Ils n’ont pas tort. C’est une réalité. Entre le Président Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, il n’y a pas match. C’est le jour et la nuit. On ne peut prendre la photocopie pour remplacer l’original. En plus, c’est dans le camp d’Alassane Ouattara qu’est venu ce slogan «Gbagbo kafissa» . Ce ne sont pas les pro Gbagbo qui le disent. Ce sont ses partisans. Le temps est vraiment le second nom de Dieu. Il est en train de faire son effet. Et ce n’est pas fini. Aujourd’hui c’est une chanson dans les différents marchés. Le peuple veut du concret. Et non des promesses en à point finir. Ce ne sont pas les promesses qui vont ra - viver le panier de la ménagère. Au lieu de subvenir aux besoins des Ivoiriens, le régime s’atèle à arrê - ter des pauvres citoyens pour leurs opinions et leur appartenance poli - tique. Ce qui contribue à créer un climat de haine, une tension inutile dans le pays. L’économie n’est pas la politique. Parce que la politique est la gestion minutieuse de l’homme par le contact. Cette décision d’augmentation des prix du carburant et du gaz est inopportune dans cette situation difficile que traverse le peuple. On nous envoie tout droit dans l’enfer. Et c’est le début de l’enfer que nous sommes en train de voir. L’arrivée d’Alassane Ouattara nous montre réellement qu’il n’a pas la capacité de répondre aux attentes des populations.
L’argent ne circule pas parce qu’il travaille… On aura tout entendu avec ce régime. L’argent ne circule. Mais il travaille pour les Institutions financières internationales. Telles que le Fmi et la Banque mondiale.  Nous avons toujours dit que l’arrivée d’Alassane Ouattara ne fait qu’ar - ranger ces deux institutions. Selon Alassane Ouattara, l’économie est dynamique quand l’argent se fait rare et qu’il travaille. Cette assertion économique suicidaire conduit les Ivoiriens tout droit dans le gouffre. Nous sommes seulement cho - qués d’entendre le «meilleur» économiste d’Afrique donner une telle affirmation apocalyptique. Vous savez, dans la famille des économistes il y’a plusieurs branches comme en droit, et en médecine...  nous avons par exem - ple  les banques. Elles partent sur le marché financier pour faire des placements ou acheter des titres qui souvent sont à risque. Il n’en demeure pas moins que les salariés perçoivent leur paie et que l’argent circule dans la banque pour le bonheur des clients. En dépit des placements, l’argent ne se fait pas rare  dans l’établissement financier. S’il se fait rare, parce que ne circulant plus, c’est que la banque est en cessation de paiement et on lui appliquera une procédure de liquidation judiciaire. Cette procédure a pour but de mettre fin à l’activité de l’entreprise ou à réaliser le patrimoine du débiteur par une cession globale ou séparée de ses droits et de ses biens. On ap - pelle cela, la faillite. Dans le cas d’un pays  comme le nôtre,  on ne peut pas voter un budget de près de 4000 milliards de Fcfa et parler de rareté de l’argent. C’est insoutenable. Et ce n’est même pas digne d’un chef d’Etat et d’un Premier ministre qui sont des économistes. Ou alors le budget 2012- 2013 a été surévalué.  La gestion d’un Etat est différente de celle d’une banque. On ne prend pas tout l’argent de l’Etat pour le pla - cer sur le marché financier et dire après  de façon péremptoire qu’il travaille. Quand on dit que l’argent travaille, c’est qu’on l’injecte dans l’économie à travers les grands travaux de l’Etat qui sont de gros œuvres pourvoyeuses d’emplois jeunes. Les jeunes bénéficient également de lignes de crédits qui leur permettent de créer des emplois générateurs de revenues. Voici un des  agrégats de l’économie moderne qui impulse le levier économique à un niveau exponentiel. Dans ce cas d’espèce, l’on peut sans se tromper dire que l’argent travaille. Et c’est parce qu’il travaille qu’il doit circuler dans tous les secteurs d’activité. Ceux qui travaillent en jouissent et le font circuler à partir des dépenses qu’ils effectuent. Et s’il se fait rare, c’est que l’argent ne travaille pas, donc il y’a problème. On ne peut pas soutenir l’insoutenable. Nous demandons à Ouattara de nous dire où il a mis exactement notre argent ? En fait, cher ami, il vient d’annoncer à travers sa déclaration, la faillite qui guette la Côte d’ivoire. Le régime vient de nous dire qu’il est en réalité le  problème. Alassane Ouattara «le chercheur d’argent» ne le trouve toujours  pas.  Ceux qui y ont cru n’ont que leurs yeux pour pleurer. La réalité est implacable. En plus, il faut dire que la majorité des personnes qui sont autour de lui sont en train de construire des châteaux à Angré, rivierra….

Ah bon !

 C’est la vérité. Faites un tour dans ces quartiers. Les châteaux poussent comme des champignons. Et pourtant, ils ont critiqué le pouvoir du Président Laurent Gbagbo dans ce sens. L’agent circule dans leurs mains. Il faut arrêter de distraire les Ivoiriens.
Quelle est votre réaction suite aux évènements douloureux qui se sont produits au plateau à la veille du nouvel an ?

Nous présentons encore nos condoléances aux familles des victimes et je souhaite un prompt rétablissement aux blessés. Ces morts sont des  morts de trop. Cela doit cesser,  car les ivoiriens souffrent trop et ont besoin de quiétude. Il faut que  que les responsabilités soit situées et que les mesures coercitives soit prises. Cette tragédie m’emmène à m’interroger sur l’état spirituel du pays.  Pourquoi tant de morts ? Qu’est ce qui se passe dans mon pays ?  C’est un message spirituel que Dieu est en train de lancer à l’encontre du régime. Il a intérêt à le comprendre. Sinon,  notre pays court à sa perte.

Que faut-il faire alors ?

 Nous invitons le régime à favoriser un climat de paix dans le pays en acceptant un dialogue direct et sincère avec l’opposition. Le dialogue que Houphouët- Boigny leur a incul - qué ne doit pas être une vue de l’esprit, mais plutôt un moyen de règlement des crises. Nous sommes obligés de nous parler, parce que nous avons la Côte d’ivoire en commun. Houphouët a parlé de dialogue comme l’arme des forts et Gbagbo a dit : «Asseyons- nous et discutons». Allons donc à la table du dialogue pour nous asseoir et discuter franchement pour une sortie heureuse de la crise. Si nous voulons, nous pouvons nous donner les moyens de le réaliser pour le bonheur du peuple de notre pays.  rien n’est éternel sur la terre des hommes. Les hommes passent mais le pays demeure.

Vos vœux pour la nouvelle année…

Nous souhaitons à toute la Côte d’Ivoire, une bonne heureuse année 2013. Que cette année soit une année de bonheur et de joie pour tous. Que 2013 apporte la vraie lumière pour que la réconciliation ne soit pas un vain mot. Mais des actes concrets. C’est-à-dire la libération totale des prisonniers politiques. En plus, il ne faut pas  que cette année soit une année de pauvreté, de chômage, de licenciement, de rattrapage…
Dans le journal LG Infos , vous avez marqué votre insatisfaction suite à la libération d’Aké N’Gbo et autres…
Nous sommes restés sur notre faim. Si on veut donner un signal, il faut libérer tout le monde. On ne doit plus avoir des prisonniers politiques. Nous ne serons satisfaits que lorsque nous verrons tous les prisonniers politiques et d’opinions libérés. Nous ne sommes pas d’accord avec ceux qui soutiennent que cette libération augure un lendemain meilleur. Ce n’est pas vrai. C’est la même chose qu’ils ont soutenue au lendemain de libération de certains prisonniers. rien n’a changé. On est resté à la case de départ. Cette  libération n’a rien apporté à l’apaisement et à la réconciliation nationale. Il faut qu’on nous prenne au sérieux. Les Ivoiriens ont soif de liberté. Alassane Ouattara a intérêt à lancer un message fort à l’endroit de la population ivoirienne en ce début d’année nouvelle.
Qu’entendez-vous par un signal fort ?
Un signal fort, c’est la libération totale de tous les prisonniers politiques et d’opinion. Un signal fort, c’est l’arrêt des enlèvements ; des arrestations des cadres et militants du Front populaire ivoirien. Un signal fort, ce n’est pas les lumières que l’on nous présente. Le peuple souffre de liberté. Il est dans le désespoir. L’horizon est sombre. Aucune lisibilité. Tout le monde veut se réconcilier. Alors, que le régime mette tout en œuvre pour le jeu démocratique. Et laisser l’opposition jouer son rôle. Qu’on nous permettede jouer notre rôle. La place de l’opposition, ce n’est pas en prison. C’est sur le terrain. Les cadres et militants de l’opposition sont en prison pour leur opinion. Que dire de la justice ? Mettre fin à l’instrumentalisation de la justice. Alassane Ouattara ne doit pas se servir de la justice pour régler des comptes. Gérer le pouvoir, ce n’est pas seulement se faire justice ou rendre justice à ceux qui vous soutiennent. La justice, elle est  pour tous. Mais si on devait mettre en prison tous  ceux qui s’opposent à un pouvoir, monsieur Ouattara aurait fait la prison au moins 15 fois. Lui qui voulait rendre la Côte d’Ivoire ingouvernable. Mais  il l’a ren - due ingouvernable pour tout le monde et pour lui aussi. Toujours les mêmes pro - messes. Ses premières promesses n’ont ja - mais été tenues. Ce n’est pas les promesses en à point finir que les Ivoiriens attendent. Ils sont rassasiés des promesses. Alassane Ouattara n’a aucune solution pour résoudre les problèmes des populations ivoiriennes. Si Alassane Ouattara a un cœur, alors qu’il libère les prisonniers politiques. Il faut qu’il ait un sursaut national pour se mettre à la lumière divine pour libérer la Côte d’voire. Les Ivoiriens veulent la réconciliation vraie, la paix et la sécurité.

Entretien réalisé par : Yacouba Gbané yacou06336510@yahoo.fr
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