Massacres de Nahibly (Duekoué): Un témoin gênant exécuté par les hommes du Lt Konda

Alex Saint-Joël Gnonsian, rescapé des tueries massives de Nahibly (Duekoué), également témoin compromettant pour les hommes du régime impliqués dans cette affaire, a été cruellement tué dans la nuit du 30 au 31 décembre 2013.

Vendredi 3 Janvier 2014 - 08:33


Image d'archive: Après le massaccre des réfugiés dans le camp de Nahibly
Image d'archive: Après le massaccre des réfugiés dans le camp de Nahibly
Dans la nuit du 30 au 31 décembre 2013, Alex Saint-Joël Gnonsian, rescapé des exécutions sommaires des déplacés du camp de Nahibly à Duekoué, mais qui avait surtout grâce à son témoignage permis la découverte de 10 puits contenant des corps au quartier Toguéhi a été tué par les FRCI qui le traquaient depuis lors. En effet, après l’avoir capturé après plusieurs mois de poursuite, et pour justifier l’injustifiable, des soldats des FRCI ont fait croire que le jeune homme âgé d’environ 25 ans avait une cache d’armes (la même rengaine) qu’il devait les conduire à découvrir au cimetière du village de Dahoua. Une fois sur les lieux, ont confié au Nouveau Courrier des sources militaires, une balle a été tirée dans son tibia puis il a été asphyxié avec du sachet plastique. Pour camoufler la forfaiture, les auteurs du crime tentent par la suite de faire croire que le jeune Gnonsian tentait de s’enfuir dans le noir à l’occasion de cette interpellation. Il est conduit tout agonisant à l’hôpital. Mais il succombe cette nuit même avant d’y arriver. Le corps est toujours à morgue. Ses parents demandent pour leur part une autopsie car les FRCI tentent de faire croire qu’il est décédé à la suite de la balle reçue dans le pied. Actuellement, c’est la tristesse et la consternation dans la ville.
Tué sur ordre du Lieutenant Konda ? Selon les informations recueillies, le Lieutenant Koné Daouda alias Konda aujourd'hui membre du Centre de coordination des décisions opérationnelles (CCDO) à Abidjan, anciennement commandant FRCI de Duekoué au moment des massacres de Nahibly, a n’est pas étranger à ce drame. Lui qui depuis le témoiugnage de l’infortuné l’incriminant veut vaille que vaille en finir avec lui, selon des témoignages recueillis sur place. Le Lt Konda aurait même confié à ses proches qu’il se rendrait à Duekoué dans les jours à venir avec une unité du CCDO. Certainement pour féliciter ses hommes pour avoir éliminé ce témoin oculaire encombrant.
Alex Gnonsian n’a pas été protégé par les Ong de droits de l’homme Alex Gnonsian avait en effet permis la découverte de six corps en état de putréfaction dans un puits à Duékoué le 11 octobre 2012, précisément au quartier Toguéhi en présence de membres de la Fédération internationale des droits humains (FIDH), du procureur de la République de Man, de l’Onuci et du commissaire de Duekoué. Des puits au nombre de 10 contenant des corps (non encore découverts, les fouilles ayant été suspendues pour les 9 autres puits) qui sont surveillés par l’Onuci depuis leur découverte. Alex Gnonsian avait donné tous les détails et des noms des auteurs et avait indiqué avoir fait le mort pour échapper lui-même à la mort ce jour.  Citant nommément le Lt Konda comme le principal artisan du massacre. Malheureusement, Alex Gnonsian n’a pas bénéficié de la protection des Ong de défense des droits de l’homme, notamment la FIDH, encore moins du gouvernement. Il était donc livré à merci des hommes de régime qui n’ont cessé de le traquer. Ainsi, les hommes de main du Lt Konda restés sur place, avec à leur tête le chef des Frci de Guezon, ont mis aux arrêts le jeune homme ce 30 décembre aux alentours de  13 heures. Pour protester contre cette forfaiture, la population s’est déportée au camp Frci pour réclamer sa libération. Policiers et gendarmes en provenance de Duekoué ont dissuadé la population et il a finalement été transféré à Duekoué avant d’être froidement assassiné. Trois autres jeunes gens, arrêtés au même moment que lui, sont toujours portés disparus.
Témoignage du défunt lors de la découverte des puits : «Nous avons été transportés jusqu'à l’usine de traitement d’eau de la Sodeci par les gardes du corps du commandant des FRCI Konda. Il s’agit du caporal alors chef de sécurité des de Konda, du caporal Ben qui est au CCDO maintenant, du caporal Tout petit. Arrivée sur place, les militaires ont demandé aux dozos de leur montrer un puits perdu. Le dozo a montré le puits perdu, nous avons été alignés sur les bords, nous étions 7, ils ont ouvert le feu et je me suis jeté dans le puits faisant le mort. Quand ils sont partis je suis sorti du puits pour me cacher dans la brousse. De là, je voyais les aller et venues des hommes de Konda ; lui-même est venu à bord de sa voiture. Plusieurs corps ont été jetés dans les puits environnants. 10 puits ont été répertoriés et l’Onuci garde l’endroit depuis octobre 2012. Je souhaite que justice se fasse, c’est pourquoi j’ai décidé de montrer ces puits où mes amis d’infortune de Nahibly sont enterrés».

Par Benjamin Silué

Source: Le Nouveau Courrier N° 964 Du Jeudi 02 Janvier 2014




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