Massacre de Nahibly: Ce crime contre l’humanité oublié

Mercredi 23 Juillet 2014 - 14:32


image d'archives: Massacre de Nahibly
image d'archives: Massacre de Nahibly
20 juillet 2012-20 juillet 2014. Deux ans exactement que les populations du camp de déplacés de Nahibly à Duékoué, surprises dans leur sommeil, au petit matin, ont été attaquées par les FRCI et dozos. Aucune enquête sérieuse n’a été diligentée pour faire la lumière sur les tueries massives. Le régime Ouattara continue de nier ces crimes contre l’humanité et surtout de narguer les parents des victimes qui réclament toujours justice dans le silence et l’amertume. On se souvient même que le chef de l’Etat avait tenté de justifier à la limite ce crime en expliquant que c’étaient des braqueurs qui étaient poursuivis par les populations civiles pro-Ouattara, qui voulaient se ren- dre justice, qui sont réfugiés dans le camp de Nahibly, laissant croire que les centaines de personnes tuées ou blessées ont été des victimes collatérales. Cynisme. C’est le statu quo total depuis deux ans malgré l’indignation générale que ce massacre a suscité. Aujourd’hui, à la place de la logistique déployée par les enquêteurs que tout le monde aurait souhaité voir, c’est plutôt une opération immobilière, donc des maisons, qui trônent sur la petite colline sur laquelle vivaient les populations martyres de Duékoué, à la sortie de la ville en allant à Guiglo. Pourtant, les professions de foi pour élucider ce crime n’ont pas manqué dès les premières heures des tueries. La même rhétorique mensongère continue. Sans réelle volonté de le faire en réalité. Juste donner l’illusion, sans plus. On se souvient que le 17 avril 2014, le ministre de la justice, des droits de l’homme et des libertés publiques, Mamadou Gnénéma Coulibaly, annonçait la seconde phase de l’opération d’exhumation des corps de la crise postélectorale dans l’ouest du pays « avant la fin du mois du juillet ». Manifestement, Nahibly n’était pas concerné. Puisque le porte-parole du gou- vernement déclarait le 30 janvier 2013 que ces massacres n’étaient pas concernés par les exhumations.  En plus de n’avoir aucune volonté d’élucider ces crimes contre l’humanité, les tentatives d’étouffement de tout ce qui pour- rait contribuer à la manifestement de la vérité sont légion. Alex Gnonsian, témoin oculaire des tueries camouflées, a été exécuté à Duékoué par les FRCI dans la nuit du 30 au 31 décembre 2013. C’est son témoignage édifiant qui avait pourtant permis la découverte le 11 octobre 2012 au quartier Toguéhi (Duékoué) de 10 puits contenant des corps en putréfaction des personnes tuées sur le site de Nahibly.
Après la découverte de 6 corps dans un seul puits en présence de la Fédération internationale des ligues des droits humains (FIDH) et de l’ONUCI, le procureur de Daloa a curieusement mis fin aux fouilles. Aussi, les résultats de l’autopsie de plusieurs corps exhumés dans 3 fosses communes à proximité du site de Nahibly en novembre 2012 n’ont toujours pas été divulgués. Le régime continue de voiler les massacres de ces populations taxées de pro-Gbagbo…

Par Benjamin Silué

 Source: Le Nouveau Courrier N°1075 Du Lundi 21 Juillet 2014




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