Marche pacifique et disciplinée de l’opposition : De quel côté se trouve alors la violence en Côte d’Ivoire ?

Jeudi 1 Octobre 2015 - 08:38


’opposition a marché, samedi sur six (6) kilomètres, de l’hôtel communal de Cocody à la CEI au 2 Plateaux. Il n’y a eu ni casse de véhicules, ni agression physique. La chienlit annoncée par le pouvoir n’a pas eu lieu.

Qui incarne vraiment la violence en Côte d’Ivoire ? Cette question retrouve tout son sens face à la recrudescence de la violence politique en Côte d’Ivoire. ‘’Nous n’allons pas tolérer la chienlit en Côte d’Ivoire ‘’, ‘’nous voyons ceux qui s’agitent, nous les prendrons le moment venu’’ etc. Ce sont là quelques menaces émanant du pouvoir en direction de la CNC après l’annonce de ses activités. En agissant ainsi, le régime veut donner l’impression que l’opposition est abonnée à la violence et à la terreur. Mais pendant les rares occasions que la CNC a eu pour s’exprimer sur le terrain, elle a démontré le contraire. Place FICGAYO le 20 juin dernier, la place Inch Allah de Koumassi le 27 juin et enfin le 28 septembre à Cocody, la CNC et des candidats ont démontré qu’ils ne peuvent pas incarner la violence. Charles Konan Banny, Abou Drahamane Sangaré, Mamadou Koulibaly, Kouadio Konan Bertin, Kabran Brou, ont démontré qu’ils ne sont aucunement habités par un esprit de violence. Samedi 28 septembre, les Ivoiriens ont vu, la main dans la main, ces leaders politiques marcher pacifiquement pour exiger la ‘’décaporalisation’’ de la RTI et de la CEI.

Plusieurs milliers d’Ivoiriens ont marché avec eux dans la discipline et l’ordre dans un esprit civique. Quel cinglant démenti à toutes ces mauvaises langues annonçant l’apocalypse à chaque fois que l’opposition veut s’exprimer. Un adage ne dit-il pas que quelle que soit la durée de la nuit, le jour finit toujours par arriver ? Voici qu’après cette marche qui, même si du point de vue de la mobilisation, n’a pas satisfait les attentes, reste cependant une belle victoire politique. Désormais, les communautés nationales et internationales savent que la CNC n’a aucunement la culture de la violence. Cette plate-forme a de tout temps revendiqué les armes démocratiques comme moyens de combat pour parvenir à ses fins. Et à trois reprises, la CNC a fait effectivement usage de ces armes démocratiques pour se faire entendre. D’où cette interrogation. Si l’opposition n’est pas violente, alors à qui imputer ces violences constatées chaque fois que l’opposition organise ses activités ? On se souvient des marches éclatées de la CNJC du 9 juin dernier, marches au cours desquelles il y a eu des morts et des blessés ainsi que de nombreuses arrestations dans les rangs des jeunes. Dahi Nestor, Zagol Durand, Cissé Mariam croupissent encore dans les geôles du pouvoir pour avoir organisé lesdites marches alors que les tueurs et autres agresseurs sont en liberté sans être inquiétés. Pourquoi aucune enquête n’a été initiée pour situer les responsabilités et pourquoi ceux sur qui pèsent les soupçons jouissent d’une impunité ? Sont-ils intouchables ? Les 10 et 11 septembre, les marches de la même CNJC ont été violemment attaquées par des personnes soupçonnées être proches du régime avec encore des morts, des blessés, des disparus et des arrestations dans les rangs des manifestants. Samba David, Gbalou Sosthène etc.

Rodolphe Flaha

Publié le jeudi 1 octobre 2015  |  Le Quotidien d’Abidjan




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