Manifestation du 24 septembre à La Haye: Plusieurs leaders de la résistance patriotique indignés par le reportage vidéo. Ils passent à la riposte. Les raisons de leur colère.

Le 24 septembre dernier, quelques patriotes ivoiriens se sont retrouvés à La Haye pour manifester. Leur manifestation visait à soutenir le président Laurent Gbagbo dans le cadre de son audience à huis clos à la CPI. Une vidéo reportage de cette manifestation a été produite par Philippe Kouhon. Ce reportage a suscité le tollé de plusieurs leaders de la résistance patriotique. Blaise Pascal Logbo, Brigitte Kuyo, Topo Léntine, Zap Krasso, Willy Bla, Anicette Mepi, et Anne Gnizako ont tenu à exprimer leur indignation par rapport au contenu du reportage, à travers une déclaration commune. Une déclaraton dont nous proposons en exclusivité la lecture.

Jeudi 27 Septembre 2012 - 04:00


Manifestation du 24 septembre à La Haye: Plusieurs leaders de la résistance patriotique indignés par le reportage vidéo. Ils passent à la riposte.  Les raisons de leur colère.
DECLARATION DES LEADERS DE LA RESISTANCE PATRIOTIQUE SUITE AU REPOTAGE VIDEO DE LA MANIFESTATION DU 24 SEPTEMBRE 2012 A LA HAYE
 
 
Le lundi 24 septembre 2012, des patriotes ivoiriens au nombre d’une cinquantaine ont manifesté devant la CPI, suite à un appel lancé à cet effet depuis Paris, par la patriote Christine Zékou. Il s’agissait, selon la principale organisatrice, d’une manifestation ayant pour objectif de soutenir le président Laurent Gbagbo, à l’occasion de la première journée d’audience à huis clos dans le cadre de la procédure pouvant éventuellement aboutir à son  procès. Nous avons suivi avec attention la vidéo reportage, qui a cependant été le cadre choisi pour s’adonner à un procès incongru, aux arguments saugrenus, contre certains leaders et la grande majorité des patriotes ivoiriens qui n’ont pu se rendre à La Haye.
Tout en saluant l’initiative de cette manifestation, nous leaders de la résistance patriotique, cosignataires de la présente déclaration, tenons à marquer notre vigoureuse désapprobation relative à certains propos contenus dans ce reportage, ainsi qu’à faire quelques mises au point importants à l’attention de l’ensemble des ivoiriens militants pour la cause de la résistance patriotique.
 
Des accusations de sabotage.
 
1-Certains leaders de la résistance, sans être nommés, ont été accusés d’avoir saboté la manifestation du 24 septembre 2012 à La Haye, au profit de celle prévue le 6 octobre prochain à Genève. Il sont accusés d’avoir mené un sabotage actif en démobilisant par des appels téléphoniques toutes les personnes qui avaient été mobilisées pour prendre part à la manifestation devant la CPI.
 
2-Cette accusation farfelue tente de présenter ces leaders comme ceux qui s’opposent au soutien qu’aurait pu apporter les patriotes ivoiriens au président Gbagbo. Une telle accusation simpliste, dénuée de tout fondement, et sans la moindre preuve, n’est rien d’autre qu’une intoxication qui n’honore pas ses auteurs, une tentative malsaine de livrer ces leaders accusés à la « vindicte populaire », de susciter contre eux une déception de leurs sympathisants et des militants de leurs Associations respectives, très attachés à la libération du Président Gbagbo.
 
3- En vilipendant ces leaders par une telle accusation, les accusateurs donnent l’impression de mener une résistance de courbette pour séduire particulièrement certaines personnes, desquelles ils espèrent un gain, dont eux seuls savent la nature. Et si tel était leur intention, mieux, l’enjeu de leurs agitations, ils devront comprendre que la résistance patriotique des ivoiriens n’est pas le lieu d’un marchandage, au service d’intérêts personnels. Il ne s’agit pas de proclamer qu’on est la plus belle du royaume pour séduire le prince, afin d’être son élue. Sa faculté élevée de jugement suffit à déterminer ses choix.
 
4-Il y a lieu de souligner que les ivoiriens savent le poids d’engagement et des actions de chaque leader dans la résistance patriotique. Ils sauront, en toute intelligence et indépendance, ne pas se laisser intoxiquer et distraire par des accusations dont les auteurs, animés par la mauvaise foi, n’ont pour objectifs que le dénigrement.
 
Des raisons du fiasco de la mobilisation
 
5- Il importe de souligner également que les circonstances d’organisation de la manifestation de La Haye le 24 septembre 2012 rendaient prévisible le fiasco de la mobilisation, contrairement à certaines manifestations antérieures.

6- Il y a une raison organisationnelle du fiasco de la mobilisation. C’est le lieu de rappeler que l’audience à huis clos dans l’affaire Gbagbo à la CPI a été annoncée officiellement depuis le 12 septembre 2012. Dès le lendemain de cette annonce, un appel à manifester à La Haye à été lancé, via des sms, à plusieurs patriotes ivoiriens. Cette spontanéité de l’appel, loin de faire montre d’un zèle et d’une détermination dans le combat commun, avait plutôt l’allure d’un fruit d’émotion mal contenue. La responsable de cette décision solitaire n’a pas jugé bon d’y associer les autres leaders, afin d’engager ensemble l’opération de mobilisation nécessaire à la réussite de celle-ci. En ne cherchant pas l’association des autres leaders, les organisateurs de la manifestation étaient rassurés de faire le poids en matière de mobilisation. Ils doivent donc seuls assumer leur fiasco, sans toutefois chercher des bouc émissaires, afin de détourner les regards de leur «échec» relatif. Mais s’agit-il vraiment d’un échec?
 
7-La cinquante de personnes qui ont participé à la manifestation n’étaient-elles pas suffisantes pour porter le message de soutien au président Gbagbo? Le 16 septembre 2009, la première manifestation du COPACI (aujourd’hui rebaptisé NPR) devant la CPI a été faite à deux, notamment par Blaise Pascal Logbo, président de ce Parti, et son proche collaborateur Florentin Bobia. A deux, ils ont pu manifester devant la CPI pour réclamer justice pour toutes les victimes des graves violations des droits de l’homme depuis le 19 septembre 2002, consécutives à la tentative de coup d’État et à la longue crise qui s’en est suivie. Par conséquent, le nombre( une cinquante) de manifestants à La Haye était bien suffisant pour faire l’essentiel, sans susciter le dénigrement de tous ceux qui n’ont pu effectuer le déplacement.
 
8- Le fiasco de la mobilisation devra être aussi mis au compte de difficultés financières. Cela fait près de deux mois que nos compatriotes sont sensibilisés pour une manifestation à Genève le 6 octobre. En plus de cette sensibilisation, ils ont été appelés à prendre part à la manifestation du 24 septembre à La Haye, alors que seulement un intervalle de 11 jours sépare les deux manifestations. Vu cette réalité, l’argument de sabotage de la manifestation de La Haye par certains leaders peut être aussi retourné contre ceux qui l’avancent. Mais, prenant de la hauteur et considérant le caractère multiforme et multi- spatial de la résistance patriotique, les Organisateurs de la manifestation de Genève n’ont pas crié au complot et au sabotage, après l’annonce de la manifestation de La Haye.

 
9- Il importe également de faire remarquer que seulement 11 jours séparant les deux manifestations, les ivoiriens n’avaient pas suffisamment de temps et de moyens financiers pour marquer de leur présence effective ces deux rendez-vous de résistance, en dépit de leur engagement fort remarquable dans le combat pour la libération de la Côte d‘Ivoire et du président Gbagbo. Leurs difficultés financières contingentes s’expliqueraient par cette période de crise généralisée, les dépenses de la rentrée scolaire, l’insuffisance de ressources particulièrement liée à cette période du mois (24 septembre) où les poches sont très éprouvées. Dans une telle situation, il était naturellement difficile, sinon impossible pour ceux qui ont fait le choix de manifester à Genève de se rendre à La Haye.
 
10- A toutes ces raisons il faudra ajouter le jour de la manifestation qui est un jour ouvré, où la plupart travaillent et n’ont pu disposé du temps nécessaire pour obtenir une permission, contrairement aux manifestations antérieures, notamment celles du 18 juin et du 13 août 2012. De façon contradictoire, cette raison a été reconnue et soulignée dans le reportage, juste après avoir accusé les leaders de sabotage. Nous sommes donc en droit de poser la question de savoir si ce sont ces leaders qui établissent les plannings de travail de leur compatriotes résistants ou qui les embauchent au point de leur refuser une permission pour manifester?
 
11- Il est nécessaire de considérer toutes les raisons sus-évoquées pour comprendre le fiasco relatif de la mobilisation destinée à la manifestation du 24 septembre 2012 à La Haye. Par conséquent, nous sommes fondés à condamner énergiquement cette tentative d’infantilisation des patriotes, qui consiste à dire qu’ils ont été démobilisés par des appels téléphoniques des organisateurs de la manifestation de Genève. Les patriotes ivoiriens sont assez matures pour opérer leur choix en toute liberté et indépendance. Les infantiliser, comme c’est le cas dans certains esprits, est une entreprise indécente, une injure à leur endroit, que nous jugeons inacceptable.
 
De l’accusation contre les patriotes résistants.
 
12-Quand on échoue à faire passer les patriotes résistants comme un troupeau prêt à prendre la direction donnée par le berger, au mépris des circonstances, quand on échoue à obtenir d’eux une plus grande mobilisation que celle du 24 septembre 2012 à La Haye, la sagesse recommande de se garder de les accuser à tort et à travers. De quoi les organisateurs de la manifestation du 24 décembre 2012 à La Haye accusent-t-ils les patriotes résistants? Le réquisitoire contre les patriotes résistants émane principalement de Christine Zékou. Il est ainsi formulé:
«Ah bon! c’est le report qui les intéresse alors? Mais quand il est jugé ça ne les intéresse pas! Personne n’est là! On laisse Laurent Gbagbo, le président de leur pays, le président élu seul! Parce qu’on dit c’est huis clos. .. Un jour ouvrable où tout le monde peut nous voir. C’est un sacrifice que tout ivoirien pouvait faire. On a tous les mots et tous les arguments pour dire que je vais pas au travail aujourd’hui. Ah donc! Laurent Gbagbo est moins important que leur journée de travail? Leur propre pays est moins important? (..) On juge un président que nous voulons, et nous disons il est l’élu du peuple, et personne n’est là… Le jugement secret de Gbagbo sans les ivoiriens, sans le peuple…»
 
13-Les patriotes ivoiriens sont accusés de ne s’être pas mobilisés pour se rendre plus nombreux à La Haye, d’avoir refusé de demander une permission à leur employeur à cet effet, et de considérer par ce fait même leur travail plus important que le président Laurent Gbagbo.
Que veut-on prouver à travers un tel réquisitoire? Que les manifestants du 24 septembre à La Haye aiment plus Laurent Gbagbo et sont plus patriotes que ceux des leurs qui y étaient absents? Il y a un pas dans le ridicule qu’il faut se garder de franchir en prononçant de telles accusations. Des accusations que le Président Gbagbo lui-même, par sagesse et hauteur d’esprit, se garderait bien de faire, au regard de tous les soutiens dont il a été l’objet antérieurement au 24 septembre 2012 et depuis son incarcération à Korhogo.
 
15-Pourquoi ces accusations des patriotes ivoiriens émanant de ceux qui se disent leurs leaders? Qu’ont-ils réellement fait pour mobiliser un grand nombre de manifestants? Pourquoi sont-ils allé à La Haye sans être suivis par leur sympathisants et les membres de leurs Associations respectives? Pourquoi accusent-ils les autres d’avoir provoqué le fiasco de la mobilisation, alors qu’eux-mêmes n’ont pas été suivis par leurs sympathisants et les membres de leurs Associations? Pourquoi tentent-ils d’occulter leur incapacité de mobilisation en nous accusant à tort et à travers? Ce déficit de mobilisation ne vient-il pas remettre en cause le titre de leader dont-ils se vantent? Un leader, n’est-ce pas celui qui est écouté et suivi dans ses actions par ses sympathisants et tous ceux qui, comme lui, défendent la même causes?
 
16- Nous tenons par ailleurs à souligner que les ivoiriens n’étaient pas absents au procès de Gbagbo, puisqu’il n’y a fondamentalement pas eu son procès le  24 septembre 2012. Il importe, en l’occurrence, de faire la distinction entre une question subsidiaire, sans influence réelle sur l’audience de confirmation ou d’infirmation des charges, et le procès proprement dit, dont la tenue sera déterminée par cette audience. Sur la base de cette distinction fondamentale, nous tenons à rejeter vigoureusement cet amalgame entre l’audience à huis clos et le procès proprement dit de Laurent Gbagbo. Sur cette base, nous désapprouvons l’accusation faite aux patriotes ivoiriens d’avoir abandonné Gbagbo seul à son procès, étant donné qu’aucun procès du président Gbagbo n’est pour l’instant inscrit à l’ordre du jour à la CPI, et que le Statut de Rome de la Cour pénale international, en son article 61 intitulé «confirmation des charges avant le procès», fait bien dans le fond une distinction entre l’audience de confirmation de charges et le procès proprement dit.
 
De la nécessité pour les «donneurs de leçon» de réapprendre leur leçon.


17- Dans le reportage en question, il a été également donné d’entendre d’abord: «On a choisi de faire le don de notre vie, de notre existence», puis «Il y a des privilèges dans les combats qu’on mène.»
Veut-on travestir l’histoire en tenant de tels propos? Veut-on se montrer bon élève du président Gbagbo, alors que l’évidence du contraire est plus frappante?
 
18-«On a choisi de faire le don de notre vie, de notre existence» (propos de Christine Zékou) Dans le combat contre l’impérialisme et les puissances néo-coloniales dressés contre la Côte d’Ivoire, les seuls qui ont fait don de leurs vies et de leurs existences sont Laurent Gbagbo, son épouse Simone et tous leurs proches et collaborateurs qui étaient à leurs côtés dans la Résidence présidentielle de Cocody jusqu‘au jour de leur arrestation, sans oublier tout ces braves guerriers militaires, gendarmes, policiers et autres patriotes qui ont pris les armes pour défendre la république, la nation contre l’assaut des forces rétrogrades, des forces du mal. Face à la véracité des faits historiques, un minimum de sérieux permet de ne pas tenir de propos fallacieux du genre «On a choisi de faire le don de notre vie, de notre existence», quand on a vécu à 6000 km de la guerre dévastatrice, et qu’on demeure à cette même distance loin du régime de terreur d’Alassane Dramane Ouattara, sans être en aucun cas menacé en France. Il y a bien des actes et des postures qui montrent et démontrent le don de soi, et non des propos sans emprise sur la réalité et en total déphasage avec celle-ci. Le don de soi ne saurait en aucun cas être confondu avec une oisiveté qui permet de disposer pleinement de son temps pour participer à toutes les manifestations de la résistance patriotique. Les patriotes lucides et avertis sauront faire la différence à ce niveau.

 
19-«Il y a des privilèges dans les combats qu’on mène.» (propos d’Abel Naki). L’auteur de ce propos tentait de faire comprendre que la manifestation du 6 octobre à Genève, ne méritait aucun «privilège», aucune priorité vis-à-vis de celle de La Haye. Après avoir tenu de tels propos, peut-il véritablement se vanter d’avoir servi Laurent Gbagbo, d’avoir été en conformité avec l’esprit de son combat politique. Gbagbo a mené un combat sacrificiel pour le peuple ivoirien. Il a décidé de sacrifier sa vie et non de la privilégier. Ce combat sacrificiel l’a conduit plusieurs fois en prison et en exil. Il a fait la prison suite au complot du 18 février 1992, la prison à Korhogo après le coup d’État du 11 avril 2011, et est en prison à La Haye depuis le 30 novembre 2011. Pour son peuple il n’a reculé devant aucun sacrifice, devant aucun appel du devoir pour résister et dire non, pour mener le combat dignement, le combat pour la démocratie, la justice et le respect des droits de l’homme, le combat pour les libertés et la souveraineté du peuple ivoirien, sans faire le choix de privilégier sa vie.

20-Notre engagement pour la libération du président Gbagbo et tous les autres prisonniers politiques n’est plus à prouver. Seuls les amnésiques, les ignorants et les personnes de mauvaise foi peuvent nous en demander des preuves. Alors il est incongru de faire croire que les leaders et patriotes, qui ont plus privilégié la manifestation de Genève, ont péché par leur acte. Car cette manifestation de Genève, s’inscrit dans le cadre de la résistance patriotique, et a pour but de dénoncer la complicité de l’ONU, à travers l’ONUCI, dans tous les crimes et graves violations des droits de l’homme commis en Côte d’Ivoire par le régime tyrannique et sanguinaire d’Alassane Ouattara. Il s’agira par ailleurs de demander la fin de tous ces crimes et violations des droits de l’homme. Faille-t-il ne pas accorder de l’importance à une telle manifestation plaidant pour les libertés et le respect des droits des millions d’ivoiriens, victimes de génocide, toujours tués, torturés, opprimés, terrorisés et menacés de mort, là où Laurent Gbagbo lui-même aurait pu se sacrifier pour le faire comme il le fit par le passé? Gbagbo a donné la leçon selon laquelle sa vie et sa liberté comptent peu comparativement à ceux de ses compatriotes. Quand on n’a pas appris cette leçon, il est très aisé de se faire donneur de leçon en contradiction avec celui qu’on se vente de défendre.
 
Conclusion.
 
Que des ivoiriens se soient mobilisés pour le 24 septembre 2012 à La Haye, que d’autres ivoiriens se mobilisent davantage pour le 6 octobre 2012 à Genève, c’est la même face d’un même combat qu’il faut comprendre ainsi. Cela ne devrait en aucun cas être l’occasion rêvée pour vilipender et mépriser d’autre ivoiriens patriotes qui mènent le combat de la résistance patriotique.
Nous, signataires de la présente déclaration, appelons solennellement les ivoiriens à demeurer débout et dignes pour continuer de mener le combat multi- dimensionnel pour la libération de la Côte d’Ivoire et du président Gbagbo.
 
Fait à Paris le 26 septembre 2012.
 
Ont signé la présente déclaration les leaders dont les noms et prénoms sont ci-dessous mentionnés:
1- Blaise Pascal Logbo (NPR)
2-Brigitte Kuyo (FPI-France)
3-Zap Krasso (Cojep-France)
4- Willy Bla (Cri panafricain)
5-Anicette Mepi (Cri panafricain)
6- Topo Léontine (Femmes patriotes)
7- Anne Gnizako (Maman Kini) ( 3000 Femmes pour la libération de la Côte d’Ivoire)


                   VOIR CI-DESSOUS  LA VIDEO REPORTAGE DE LA MANIFESTATION







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