Malgré un « rééquilibrage tactique »: Les mensonges incorrigibles de Human Rights Watch

Samedi 6 Avril 2013 - 06:10


Malgré un « rééquilibrage tactique »: Les mensonges incorrigibles de Human Rights Watch
Même lorsque les ONG comme HRW s'attaquent à Ouattara — et elles ont des motifs innombrables de le faire —, elles continuent de répandre des faussetés à propos de Gbagbo. Aux pages 23 et 24 du rapport «Transformer les discours en réalité», publié par Human Rights Watch le 4 avril 2013, se trouve le passage suivant:
Personne ne sera traduit en justice pour les crimes graves commis lors du conflit armé de 2002-2003 et dans sa foulée. En dépit de liens évidents entre l’impunité profondément enracinée dont jouissent les groupes armés et les atrocités généralisées, le gouvernement Gbagbo ne considérera jamais la lutte contre l’impunité comme une priorité. Le 18 avril 2003, le gouvernement Gbagbo reconnaît officiellement la compétence de la Cour pénale internationale (CPI) « aux fins d’identifier, de poursuivre, de juger les auteurs et complices des actes commis sur le territoire ivoirien depuis les événements du 19 septembre 2002 ». Néanmoins, au cours des années qui suivent, lorsqu’il devient évi- dent que la CPI enquêtera tant sur les crimes perpétrés par les forces pro-Gbagbo que sur ceux commis par les Forces Nouvelles, le gouvernement ne cessera de contrecarrer les efforts déployés par la CPI pour se rendre en Côte d’Ivoire pour mener des enquêtes préliminaires. »
Or, les auteurs de ce rapport omettent de dire qu'à partir des accords de Marcoussis, en 2003, les rebelles et assimi- lés faisaient partie du gouvernement et y détenaient même des ministères clés, notamment celui de l'Intérieur, qui leur aurait permis de faire toutes les enquêtes qu'ils voulaient sur les prétendus crimes des forces de sécurité. Les rebelles et assimilés détenaient aussi le ministère de la Défense. Au lendemain des accords de Linas-Marcoussis, le ministère de la Justice est tombé entre les mains d’Henriette Diabaté, alors numéro deux du parti d’Alassane Ouattara. Après les accords de Ouagadougou, en 2007, le chef de guerre Guillaume Soro a été nommé Premier ministre par Laurent Gbagbo. Les rebelles ont obtenu, en plus de la primature et des ministères importants qu'ils détenaient déjà, le ministère de la Justice et des Droits de l'homme. Donc, si les enquêtes étaient contrecarrées, ce n'était pas à cause de Laurent Gbagbo, mais à cause des rebelles qu'il avait accepté d'intégrer à son gouvernement, dans un esprit de réconciliation nationale. Ce sont les rebelles qui ont fait obstacle à la justice. Pas Laurent Gbagbo. Et les auteurs du rapport de HRW omettent aussi de dire que, depuis que Ouattara a pris le pouvoir, il y a deux ans, les enquêtes sur les prétendus crimes des forces de sécurité, pendant le mandat présidentiel de Gbagbo, n'ont aucunement progressé. Rien sur le fameux charnier de Yopougon.
Rien sur les prétendus escadrons de la mort, au sujet desquels, d'ailleurs, le journal Le Monde et son journaliste Stephen Smith ont été condamnés pour diffamation à l'endroit de Laurent et Simone Gbagbo. Le jugement en appel a été prononcé en 2006. Les escadrons de la mort de Gbagbo sont une invention macabre du camp des rebelles pro- Ouattara et des médias et ONG qui agissent constamment comme leurs porte-voix. Depuis qu'il est au pouvoir, le gouvernement Ouattara n'a pas progressé non plus dans la fameuse affaire Guy-André Kieffer, dont HRW s'est abondamment servi pour accabler Laurent Gbagbo. Pire encore, le 28 mars 2012 vers 2 heures du matin, un rebelle repenti, du nom d'Adama Champion, a été assassiné au camp Eagle Star, à Elubo. Les assassins ont mis le feu à sa tente en pleine nuit. Pourquoi? Parce qu'Adama Champion avait témoigné dans Le Nouveau Courrier à propos de l'affaire Guy-André Kieffer. Adama Champion avait livré une version totalement différente des faits de celle qu'aimait répandre HRW et les médias français. Il accusait des responsables du RDR, le parti d'Alassane Ouattara, d'avoir fait assassiner Guy-André Kieffer. Ceux qui avaient intérêt à faire disparaître Adama Champion y sont arrivés, et ce, en plein camp de réfugiés. Pourquoi les enquêtes à charge sur les supposés crimes des «forces de sécurité de Gbagbo» ne progressent-elles pas, même deux ans après la prise du pouvoir par Ouattara? Pourquoi des témoins disparaissent-ils? Pourquoi Gbagbo a-t-il été envoyé à la CPI pour être jugé par des gens qui ne connaissent strictement rien à la Côte d'Ivoire? Parce qu'en Côte d'Ivoire, les gens honnêtes et bien informés savent très bien que Gbagbo n'a jamais fait tuer personne. C'est le camp Ouattara qui a commis tous les crimes et qui passe son temps à accuser le camp adverse de les avoir commis. Il ne faut pas compter sur HRW pour nous l'expliquer.

Par Bernard Desgagné, journaliste canadien

Source: Le Nouveau Courrier N°768 du Vendredi 05 Avril 2013




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !