Malaise au sein de la famille Rhdp: Le Rdr inscrit le Pdci sur la liste de ses ennemis

Le président du Pdci-Rda est dans le collimateur du Rdr. Secrétaire général par intérim, Amadou Soumahoro, qui n’a pas apprécié la dernière sortie de Konan Bédié, vient d’inscrire le vieux parti sur la liste des ennemis des pro-Ouattara.

Mardi 22 Octobre 2013 - 13:18


Bédié à gauche, à droite, Alassane Ouattara, respectivement présidents du RDR et du PDCI-RDA
Bédié à gauche, à droite, Alassane Ouattara, respectivement présidents du RDR et du PDCI-RDA
Il y a malaise au Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp). Le groupement politique créé en France, le 18 mai 2005, en soutien à la rébellion armée, dans le seul but d’évincer Laurent Gbagbo du pouvoir, est aujourd’hui en train de prendre l’eau de toutes parts. En tout cas, c’est ce que laissent entrevoir les récents développements de l’actualité politique en Côte d’Ivoire. En témoigne la dernière sortie musclée du secré - taire général par intérim du Rassemblement des républicains (Rdr). Recevant le jeudi 17 octobre dernier, à la Rue Lepic, les maires et présidents des conseils régionaux issus de son parti, Amadou Soumahoro a décidé de régler ses comptes à Henri Konan Bédié, président du Pdci-Rda, son allié au sein du Rhdp. «Vous avez écouté Bédié lors de son discours d’ouverture ? Alors qu’ils disent que nous sommes alliés, il n’a pas été tendre avec nous. Il a accusé le Rdr d’avoir réalisé un découpage électoral en sa faveur au nord. Il a aussi dit qu’on lui a volé 600.000 voix lors de l’élection présidentielle de 2010. On ne sait pas si c’est le Fpi ou le Rdr qui les lui a volées. Que Bédié nous dise donc qui lui a volé ses voix !» , a-t-il notamment exigé. Si Henri Konan Bédié s’est permis de parler ainsi malgré leur alliance, pour Amadou Soumahoro, il ne fait aucun doute que le président du Pdci-Rda a regagné le camp ennemi qui est celui du Front populaire ivoirien (Fpi). «On savait que notre ennemi, c’est le Fpi, mais, après cette sortie de Bédié, on ne sait plus vraiment qui est notre ami ou notre ennemi, en plus du Fpi» , dira-t-il évidemment.

Bédié est averti

Des propos qui traduisent aisé - ment comment le parti d’Alas - sane Dramane Ouattara conçoit ses rapports avec son opposi - tion dont la plus significative est incarnée par le Fpi. Le Rdr assimile ses adversaires politiques à des ennemis et leurs partisans à des «microbes qu’il faut aseptiser par tous les moyens» . Tout le monde sait ce que sont devenus tous ceux qui ont refusé de s’aligner sur les positions du Rdr. Les populations de l’ouest de la Côte d’Ivoire payent, depuis 2002 à ce jour, le prix cher de leur engagement politique aux côtés du président Laurent Gbagbo. Jugées de pro-Gbagbo ou soupçonnées comme telles, ces populations restent les proies faciles des milices tribales pro-Ouattara. Ces dernières, suivant ainsi à la lettre les directives du secrétariat général du Rdr, ont plus ou moins réussi à «aseptiser» ou à chasser les autochtones Wê de la quasi-totalité de leurs terres fertiles. Plus de 60.000 d’entre eux sont aujourd’hui réfugiés au Libéria voisin. Le président Henri Konan Bédié est donc averti. Le Pdci-Rda également. Ils doivent tous prendre la menace du parti d’Alassane Dramane Ouattara au sérieux pour des raisons bien évidentes. Et Bédié ne le sait que trop. En son temps, il avait préféré se murer dans un silence coupable alors qu’il s’était vu spolier de quelque 600.000 voix au premier tour de l’élec - tion présidentielle de 2010. Expliquant qu’il avait ainsi voulu éviter de passer pour «un mauvais perdant».

Ceux qui pressent Bédié au silence

Si le président du Pdci-Rda s’est finalement ouvert aux militants, à l’occasion du 12ème congrès du Pdci-Rda, au Palais des sports de Treichville, en dénonçant la fraude et le découpage électoral partisan du Rdr, le but était juste de contenter ses nombreux partisans pour ne pas perdre le Pdci-Rda. Le seul instrument qui lui permet encore de traiter avec le pouvoir Ouattara. Les militants Pdci soupçonnent Bédié, à raison d’ailleurs, de rouler pour Alassane Dramane Ouattara. Se basant sur le deal qui le lie au président du Rdr, Bédié était loin d’imaginer les conséquences de ses révélations sur ce parti membre du Rhdp. Un parti dont il s’était jusque-là gardé de dénoncer les dérives dont les fraudes massives dans le nord où les milices tribales pro-Ouattara armées (Dozos et Forces nouvelles) se sont illustrées par une violence inouïe lors de l’élection présidentielle de 2010. Les menaces du secrétaire général par intérim du Rdr lèvent un peu plus le voile sur l’identité de ceux qui ont toujours exercé des pressions sur Henri Konan Bédié pour l’obliger à se taire sur la vaste fraude dont il dit au - jourd’hui avoir été victime pendant l’élection présidentielle. Et Amadou Soumahoro est certainement de ceux-là. Il ne supporterait surtout pas que le président du Pdci-Rda, en voulant dénoncer la fraude et le découpage électoral au profit du Rdr, ne dévoile en réalité tout le complot qui a visé à renverser Laurent Gbagbo par tous les moyens. N’excluant pas la solution militaire. Amadou Soumahoro a surtout peur que Bédié n’étale sur la place publique le rôle joué, en son temps, par le parti d’Alassane Dramane Ouattara. Et qui justifie les menaces deux semaines après le 12ème congrès ordinaire du Pdci-Rda au cours duquel Henri Konan Bédié s’est exprimé sur la vaste fraude de 2010 et le récent découpage électoral en vue des législatives et des élections locales.

Robert Krassault ciurbaine@yahoo.f

Source: Notre Voie N°4549 du lundi 21 octobre 2013




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