Lycée d’Alépé Les Frci et les dozos font une descente musclée, 2 blessés graves

Vendredi 10 Janvier 2014 - 07:00


Image d'archives:Un groupe de Dozos
Image d'archives:Un groupe de Dozos
Les populations d’Alépé continuent de souffrir le martyre avec les Frci et leurs supplétifs dozos. Après la bastonnade à mort du jeune Gbocho Anin Saturnin et l’emprisonnement de Konan Fidèle, éducateur en charge des classes de 6ème au lycée moderne d’Alépé pour avoir uriné près du camp des Frci le 24 décembre dernier, les soldats de la nouvelle armée se sont illustrés  tristement encore hier au chef-lieu du canton Lépin. Selon des habitants joints sur place, des éléments des Frci et des chasseurs traditionnels dozos ont fait une descente musclée au Lycée moderne d’Alépé hier aux environs de 9h «pour rétablir l’ordre ». Et ce, à la suite d’une manifestation de protestation des élèves dudit lycée pour manque de copies de composition des examens blancs du Bepc et du Bac. Le bilan fait état de deux élèves blessés grièvement. Daya Toua    Octave, en 3ème, atteint à la tête par des coups de crosse des soldats et Anoh Auguste Théophane, en Tle D2, torturé au bas-ventre. « Les élèves de 3ème et de Tle étaient au drapeau et le proviseur du lycée a demandé d’entrer dans les salles pour composer. L’un d’eux s’est opposé au motif qu’il y a manque de copies. Et qu’il est inconcevable d’acheter des copies à 50 Fcfa avec un jeune venu de l’extérieur du lycée pour ce commerce pourtant interdit. Notre camarade a ajouté que ces copies qui portent la mention «A ne pas vendre » ont été envoyées gracieusement par la Deco. Mieux, celui-ci a demandé au proviseur d’acheter ces copies pour les élèves du lycée comme l’a fait M. Siby pour les élèves de son collège. Mais le proviseur n’a pas voulu entendre raison et des élèves en colère sont entrés dans des salles pour faire sortir les camarades »a expliqué un élève du lycée qui a requis l’anonymat. Quelques instants après, des éléments des Frci et des dozos armés jusqu’aux dents appelés par les autorités, ont assiégé le lycée moderne. Sans autre forme de procès,les soldats se sont mis à bastonner les élèves dans la cour et dans les salles de classe tandis que les dozos ont en- cerclé l’établissement pour ne pas laisser échapper un élève. Dans la confusion, des dégâts ont été causés dans les salles, perturbant fortement les compositions. « Un groupe d’élèves a réussi à se rendre au collège Les Erudits pour déloger leurs camarades qui composaient là-bas. Dans ce centre d’examens blancs, les élèves ont reçu les copies de composition sans débourser un sou. Un Frci qui a tenté de tirer pour repousser les élèves manifestants a été lyn- ché et laissé dans un piteux état sur les lieux. Ses collègues n’ont pas digéré cet affront. Les Frci se sont donc livrés à une chasse à l’homme» a témoigné un élève qui a ajouté que des élèves du collège privé Saint-Sauveur de Montézo, une localité voisine, sont venus en renfort de leurs camarades du lycée moderne. C’est dans cette folle ambiance que deux élèves du lycée, Daya Toua Octave et Anoh Auguste Théophane ont été pris à par- tie par des Frci qui les ont sauvagement battus à sang. Les infortunés ont été conduits à l’hôpital général d’Alépé par leurs camarades pout recevoir des soins appropriés. Des parents d’élèves indignés sont allés exprimer vivement leur désapprobation aux respon- sables du lycée moderne après ces événements qui se sont déroulés au moment où Mme le préfet du département recevait les vœux du nouvel an des chefs de service. Tous les élèves sont rentrés à la maison et les cours ont été suspendus. Dans l’après-midi, les activités ont repris peu à peu. « Le lycée est devenu un lieu d’affaires pour ses responsables. Tout est vendu ici et à des prix exorbitants. Des tenues scolaires au bandeau de sport en passant par les paquets de rame et les carnets de correspondance. Nous sommes fatigués de dépenser pour nos enfants car nous voyons en cela une escroquerie » a dénoncé C.L., un parent d’élève. Alors que la brigade de gendarmerie d’Alépé dispose de personnel suffisant et compétent mais confiné à des tâches administratives, ce sont plutôt les Frci et les dozos qui tiennent les corridors, font des contrôles d’identité, des patrouilles et des opérations de maintien d’ordre comme cela s’est passé hier et qui a débouché sur des drames.

Didier Kéi
Source: Notre Voie N°4613 du vendredi 10 janvier 2014




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