Licenciements abusifs à l’O.N.I (Office national d'identification): Citoyenneté et démocratie en danger en Côte d’Ivoire.

Mardi 17 Avril 2012 - 00:42


Licenciements abusifs à l’O.N.I (Office national d'identification): Citoyenneté et démocratie en danger en Côte d’Ivoire.

Après la présidence de la République, la RTI et la SOTRA, le régime de Dramane Ouattara vient encore de procéder à des licenciements abusifs d’honnêtes et honorables fonctionnaires de l’État. La machine du rattrapage ethnique est véritablement en marche. Elle est bien huilée et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Cette machine s’est attaqué cette fois-ci à l’ONI, l’Office nationale d’identification. Cet Organe étatique est chargé de l’identification des nationaux et des étrangers en Côte d’Ivoire. Il a donc pour mission de garantir la fiabilité des opérations d’identification des personnes, de les sécuriser et de lutter contre la fraude sur la nationalité. Son rôle est donc essentiel dans l’élaboration des listes électorales, et sa responsabilité engagée dans leur fiabilité.
Depuis le mardi dernier, 70 fonctionnaires de l’ONI, au nombre desquels de hauts cadres, ont été abusivement licenciés, sans préavis. Tous ont reçu un courrier leur notifiant une rupture unilatérale de contrat par l’État de Côte d’Ivoire. Les raisons officielles de leur licenciement sont la restructuration de l’ONI et la mise en œuvre d’une nouvelle politique managériale. 
Aucune indemnité de licenciement n’est pour l’instant à l’ordre du jour. Encore une fois, le régime Ouattara a décidé de tuer socialement des centaines de personnes, à travers ces licenciements abusifs. Mais il n’ y a pas que des problèmes sociaux que posent ces licenciements. Ils posent aussi des problèmes fondamentalement politiques, sur la base de suspicions légitimes qui pèsent sur les autorités actuelles. Deux faits légitimes ces suspicions.
Le premier fait se rapporte à la restructuration de l’ONI. Vu l’immensité du travail de cet organisme, il est clair qu’il ne peut être privés 70 fonctionnaires, sans que cela n’entraîne des défaillances du système, si les licenciés ne sont pas remplacés. Il est donc évident qu’il y a licenciements de fonctionnaires n’entraînant pas de facto des suppressions de postes. Il se pose dès lors la question de savoir qui occupera les soixante dix postes vacants. En se référant à la nouvelle règle de gouvernance basée sur le rattrapage ethnique, il est fort probable que des nordistes du RDR (Rassemblement des Républicains) occupent ces postes vacants. Le fait curieux est que ce rattrapage se fera en douceur, loin des regards indiscrets. Les licenciés ont été convoqués pour une passation de charges qui se fera avec leurs supérieurs hiérarchiques. Tout se passe comme si il était question d’empêcher les licenciés de connaître les identités de leurs remplaçants. Il semble de plus en plus que ces licenciements visaient à se débarrasser de personnes gênantes occupant des postes hautement et politiquement stratégiques. En quoi seraient-ils gênants? Cette interrogation nous renvoie au problème fondamentalement politique de cette affaire et au second fait légitimant la suspicion. Le RDR n’a jamais occulté son penchant, à des fins électoralistes, à défendre les fraudeurs de nationalité et d’identité. Nul n’ignore le parti pris du RDR, parti d’Alassane Ouattara, pour les fraudeurs d’identité en Côte d’Ivoire. Chaque fois que des fraudeurs ont été dénoncés ou interpellés, ils ont toujours eu le RDR à leurs côtés, pour les défendre. La raison: une grande partie des sympathisants du RDR se compose d’étrangers ressortissants de l’Afrique de l’ouest. Dans ces conditions la fraude sur la nationalité et sur l’identité de ces derniers profite électoralement au RDR. Il est évident que le jeu démocratique est faussé, lorsqu’il se joue sur la base d’une liste électorale fausse, marquée par de nombreuses fraudes sur l’identité. Ainsi la victoire totale dans les futures joutes électorales pourraient constituer, pour le RDR, l’enjeu de ces licenciements de fonctionnaires à l’ONI. L’on ne saurait donc exagérer en affirmant qu’un véritable danger plane sur la démocratie et sur la citoyenneté. La naturalisation massive des étrangers pouvant être de nature à scandaliser les ivoiriens, la voix de la fraude par l’ONI pourrait avoir été choisie. La fin discrédite les moyens et ne saurait les justifier dans ce cas précis.




 



Christophe Nèguê.



 



 






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