Libre opinion/ Gbagbo doit revenir à la maison !

Lundi 14 Octobre 2013 - 12:42


Libre opinion/ Gbagbo doit revenir à la maison !
Depuis la dernière audience publique du procès Gbagbo c. le procureur, les analyses et les espoirs s’expri- ment par presses interposées. Pour les uns, il sera accueilli par un tiers pays, capable d’empêcher toute volonté de sa part de fuir la suite du procès. S’il est convoqué par la CPI. De toutes les façons, nous autres qui le soutenons envisageons le cas d’une autre convocation. Pourquoi ? Tout simplement parce que la chambre préliminaire, bien qu’ayant décidé que les preuves de l’accusation menée par la procureure Bensouda «sont insuffisantes», n’a pas jugé bon d’accorder la liberté provisoire ou même conditionnelle au Président Gbagbo. Il est par conséquent «présumé coupable» comme le note un édito bien de M. Sahissa Chauvin dans «Le Quotidien», journal ivoirien, n° 1011 du vendredi 11/10/13. En effet, on ne peut qu’être d’avis avec ce Monsieur, car, si les preuves sont insuffisantes, pour ne pas dire creuses, Gbagbo aurait en tout bon sens dû rejoindre son pays. Où compte tenu de la position du pouvoir actuel dans cette comédie juridico-politique, l’autorité se serait donnée tous les moyens de le garder disponible. Qui est Gbagbo et quel est son parcours jusqu’à ce triste 11 avril 2011 ? L’ancien Ministre Don Mello a fait un long papier sur son parcours et nulle part, Gbagbo n’a jamais choisi la voie de la violence pour arriver au Palais ivoirien. Il était au pouvoir après la présidentielle de 2000 parce que ses compatriotes lui ont démocratiquement confié la gouvernance du pays. Pendant plus de dix ans, il n’a fait que résister à l’ambition diabolique de l’actuel Chef de l’Etat pour conduire la Côte d’Ivoire. Oui, celui qui aujourd’hui se targue d’être le plu grand démocrate de Côte d’Ivoire, mais dont les hommes ne sont que des rebelles essayant de se reconvertir, a refusé le recomptage des voix. Il a fait appel à son ami Sarkozy alors président Français, pour bombarder la résidence officielle d’un Président en exercice. Gbagbo sera certainement libéré. Car de toute évidence, on ne peut ni ne doit maintenir une personne en prison lorsqu’il n’y a aucune preuve contre elle. Bensouda a eu deux ans et plus pour enquêter et confirmer ses accusations. Si au final, son travail est jugé insuffisant, la Cour qui décide de lui donner une seconde chance ne fait que dévoiler son parti pris pour l’adversaire de Gbagbo. Me. Altit l’a bien démontré à la dernière audition. Malgré cela, la CPI trouve encore le temps et le courage de vouloir statuer sur sa mise en liberté ou non. Parce que l’accusation fait des procès d’intention à Gbagbo. Du genre : il fuira. Il a un réseau très puissant qui pourrait l’y aider. Il est populaire et tutti quanti. Rien des bali- vernes. Quiconque prend une telle posture en considération, est contre la démocratie, la justice, et surtout le peuple ivoirien, bien décidé à défendre ces valeurs-là. Sachant qui sont Alassane Dramane Ouattara et ses suppôts, la joie qu’ils expriment en disant que Gbagbo restera en prison n’étonne personne. Leur objectif est de toute évidence, et bien mesquine - ment, de le maintenir loin de la vie poli- tique ivoirienne. Parce sa vision est dérangeante pour le grand capital. La raison de vivre de celui-ci n’est-elle pas la spoliation et l’accaparement des richesses des pays pauvres et faibles comme le nôtre ? Avec Gbagbo et l’échantillon de gouvernement qu’il avait mis en place, le tout adossé au peuple crânement engagé dans la lutte pour la souveraineté et le progrès, la Côte d’Ivoire se donnait les moyens de sortir de la mendicité, et de gagner en respectabilité au plan international. Mais que voulez-vous ? Lorsque l’eau coule dans la maison, c’est qu’il y a une fissure dans les murs. Le remède est de la fermer et non de charger un supposé sorcier. L’Afrique doit aussi se battre en interne contre les suppôts du grand capital. Il faut les éradiquer. Dans la résistance pacifique, seule moyen reconnu et mobilisateur à long terme. Aucune arme n’y peut rien. Même les dozos et autres FRCI, dont la victoire est éphémère et sans lendemain. Gbagbo doit sortir de la CPI. Ce choix s’impose de plus en plus, car c’est la meilleure solution au drame que Dramane Ouattara impose aux Ivoiriens. Même Kofi Annan et le PM Duncan n’ont rien contre cette éventualité. Encore moins Dramane Ouattara lui-même qui, par la force des choses, vient de libérer la direction du FPI. La formule «liberté provisoire» n’est qu’un cache-sexe pour se donner de la contenance. Il sait, malgré des griots comme le ministre Adjoumani, ou Joël N’guessan, que ces personnalités ne retourneront plus en prison. Se posera ensuite la question du point de chute de Gbagbo. Où ira-t-il ? Mieux dit, où veut-on l’expédier et pourquoi ? La question se pose inéluctablement. Car de deux choses l’une : puisqu’il serait indécent et hors justice de le garder indéfiniment pour permettre à Bensouda de trouver des «preuves additionnelles», il faut le relaxer. La CPI, appendice des puissances de ce monde peut, toute honte bue, le gar - der. A charge à elle de nous faire admettre que cette solution est la bonne parce qu’il est populaire dans son pays comme tous les hommes politiques de sa trempe et de sa vision. Nous comprendrons alors un peu plus que les Etats africains font bien d’envisager de se retirer de la CPI. Les Kofi Annan et autres griots pourront toujours soutenir que ce serait une honte pour l’Afrique. Que dit ce monsieur des pays comme la France et les Etats Unis qui n’en sont pas membres, eux qui refusent que leurs ressortissants y soient transférés ? Ce verdict ressemble fort bien à celui de Young Jin Choi qui voyait qu’il serait injuste de recompter les voix. La CPI doit libérer Gbagbo et lui donner les moyens de rentrer à la maison. La fuite ne fait pas partie de ses pensées. Il ne serait pas resté en sa résidence, pour supporter, onze jours durant, les explosions des missiles et bombes françaises lancées. Me. Altit, vous l’avez dit, ils ont fait semblant de n’avoir pas entendu. Gbagbo n’est pas comme Dramane Ouattara qui, au premier coup de pétard, saute les clôtures ou comme Bédié qui, de l’échelle de l’hélico qui l’emmenait en France, demanda aux populations de résister alors qu’elles jubilaient déjà dans les rues. Gbagbo était au Vatican quand notre pays a été attaqué par les hommes de main de Dramane Ouattara. Il est rentré en refusant l’offre indécente de Chirac de se mettre à l’abri en France. Gbagbo n’est pas un lâche et c’est pour cela qu’il a le soutien tant des Ivoiriens que de la galaxie patriotique de par le monde. Cette vérité indiscutable doit aider la CPI à mettre fin à une posture pour le moins incitatrice aux coups d’Etat et à la démocratie du plus fort. Gbagbo doit rentrer chez lui car le maintenir loin du pays alors qu’il est innocent serait contradictoire. On ne doit pas obliger un innocent à l’exil. Ce mot est synonyme de «bannissement», «exclusion», «ostracisme», «rejet», «déportation». Les Ivoiriens ne l’accepteront pas. Ils veulent leur Président. Ils ne veulent pas qu’il soit exclu, ni ostracisé, ni déporté, ni banni.

Dr. Guehoun
Source: Le Nouveau Courrier N° 902 Du Samedi 12 au Dimanche 13 Octobre 2013




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