Libertés et démocratie: Le sens du combat du Président Laurent Gbagbo

Lundi 11 Février 2013 - 00:05


Libertés et démocratie:  Le sens du combat du Président Laurent Gbagbo
Si les récentes  extraditions de Blé Goudé, Abéhi et Dibopieu semblent avoir plongé bien de démocrates et de patriotes convaincus dans un certain désarroi-et on comprend leur ressentiment-, il faut rappeler le sens du combat du président Laurent Gbagbo, engagé depuis 40 ans pour les libertés, les droits humains et la démocratie en Côte d’Ivoire. Pour comprendre qu’il n’y a aucune raison de douter. Nombre de patriotes et de dé - mocrates ivoiriens  semblent ébranlés depuis quelques temps, par la vague d’extradition des exilés ivoiriens sur le sol ghanéen. Ils ne s’expliquent pas que des leaders déterminés et des militaires charismatiques soient tombés aussi facilement dans le traquenard des kidnappeurs entretenus à grands frais, aux frais de l’Etat, par Ouattara sur l’axe Abidjan-Accra. Comme si le combat était pour eux, «perdu». Parce que le «salut» attendu des exilés était définitivement compromis. «Blé Goudé, le Commandant Abéhi et Dibopieu extradés, que pouvons nous espérer encore» ? Question que certains ont donné l’impression de se poser. Mais le salut de la Côte d’Ivoire et l’espoir de la libération du joug de la tyrannie ne se trouvent-ils vraiment que hors du pays, sur les chemins de l’exil. ? Chemins qu’ont dû emprunter, pour échapper au pire, des Ivoiriens qui ne demandent qu’à vivre chez eux ? Si les choses devaient être envisagées comme telles, où allons-nous donc et que pouvons nous espérer ? La boussole du combat pour la libération de Gbagbo de la résistance face à  la dictature se serait –elle égaré à Accra, dans le tumulte provoqué par les ravisseurs ? Pour trouver les réponses qui nous permettent de nous dégager du doute et des confusions circonstancielles,  il nous faut fixer droit l’horizon de la lutte et ne par perdre de vue l’idéal qui sous-tend le combat du président Laurent Gbagbo. Idéal pour lequel nous avons eu la force de continuer le combat, bien qu’il ait été arrêté et fait prisonnier à La Haye.  


«Si je tombe, enjambez mon corps pour continuer la lutte»


Pourquoi n’avons-nous pas arrêté le combat dès lors que le guide était dans les liens de l’ennemi ? Parce que l’exhortation fait en son temps par l’illustre prisonnier poli - tique résonne encore dans nos es - prits : «Si je tombe, enjambez mon corps pour continuer le combat» , nous avait-il dit, de façon prophétique. Et la vision de l’homme, chargée de symbole, ne s’arrête pas à sa seule personne physique. C’est la Côte d’Ivoire toute entière qui est tombée le 11avril 2011, sous les bombes de l’Armée française. Il y a eu Désiré Tagro, courageusement tombé le jour-même, à la résidence officielle du chef de l’Etat à Cocody, sous les balles assassines des forces coalisées contre le président Gbagbo. Le président Gbagbo lui-même tombée entre les mains des légionnaires français qui l’ont remis aux ex-rebelles de Guillaume Soro pour l’humilier de façon choquante à la face du monde entier, en direct sur les chaines de télévisons françaises. Avant de le torturer dans un goulag à Korhogo et de le déporter illégalement à Cpi. Simone Gbagbo, Michel Gbagbo, Affi n’Guessan et tous les autres…,  tombés entre les griffes des «vainqueurs» et transférés dans «les camps de la mort», au nord. Tous les démocrates,  les pro Gbagbo, les cadres de l’Etat et du fpi, les civils et les militaires tombés dans le sous-sol de l’humanité, à la Maca, à la Mama et dans les autres prisons. Il y a eu  ces innocents, tombés dans les champs et les villages, sur les routes, dans les camps de torture, sous les fusils et les machettes des frci et Dozos… Il a eu Bohoun Bouabré, Gnan raymond, Gomont Diagou jean Baptiste. rendus indigents par le gel de leurs avoirs et tombés sous la maladie, ils nous ont quittés. Paix à leurs âmes. Il y a eu Akoun Laurent et Alphonse Douati, tombés dans les filets des hommes en armes de Ouattara et placés en détention. Sans compter ces militants fpi et Lmp, sommairement exécutés sans témoins ou  battus à mort lors des meetings du fpi pour avoir scandé le nom de Laurent Gbagbo et porté des tee-shirts à son effigie. Mais les patriotes et les démocrates ont-ils pour autant  renoncer à la lutte ? non. Au contraire, les Ivoiriens, révoltés par tout cet arbitraire, ont redoublé d’ardeur et de détermination dans la lutte. Pour mettre fin à la tyrannie. Pour exiger la libération de Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers politiques. Pour obtenir le rétablissement de la démocratie et de l’Etat de Droit.


Une lutte âpre contre la dictature


Et aussi pour le retour en toute quiétude des exilés qui n’entendent pas rester indéfiniment loin de leur mère patrie. «Nous menons, depuis longtemps, une lutte âpre pour les libertés et la démocratie aux côtés du président Gbagbo, contre les représentants locaux des impérialistes» , nous avait dit Eugène Djué. Aussi, après les récentes  extraditions de Blé Goudé, Abéhi et Dibopieu qui semblent avoir plongé bien de démocrates et de patriotes convaincus dans un certain désarroi, faut-il rappeler le sens du combat. Le président Laurent Gbagbo nous demande de lutter avec lui, non pas pour vouer un culte à une personne physique-quoi que se sont les hommes qui portent la lutte-mais pour un idéal. Celui des libertés, des droits de l’Homme, de la dé - mocratie, de la souveraineté de la Côte d’Ivoire, du bien -être des Ivoiriens et de la prospérité d’une nation où les peuples frères sont unis dans la paix. C’est le sens de notre lutte qui est une quête permanente. Si 10 démocrates et patriotes tombent, il se trouvera 100, voire 1000 arriveront de partout, pour reprendre et poursuivre le combat. Ainsi va la noble cause qui doit guider nos convictions pour renforcer notre détermination. C’est pourquoi la cascade d’extraditions d’exilés ne doit pas entamer le moral des combattants de la liberté. La prison et les humiliations que Blé Goudé, Abéhi et Dibopieu expérimentent aujourd’hui, Laurent Gbagbo et beaucoup de compagnons de lutte les ont connus dès leurs premiers pas dans l’arène. Le régime Ouattara est sans doute tenté de se réjouir d’avoir sapé le moral du camp Gbagbo par son acharnement sur les exilés. Mais là réside la plus grosse erreur du dictateur. Car le combat des démocrates ne se limite guère, comme Ouattara le croit, aux personnes physiques emprisonnées. Le régime peut faire arrêter et extrader 1000 autres exilés pour les torturer et les humilier. Qu’ils s’appellent Blé Goudé, Abéhi, Dibopieu, Koné Katinan, Damna Pickass ou autres. nous le dénoncerons. Mais la lutte continuera. jusqu’à la fin du ré - gime Ouattara qui n’est plus qu’une question de temps. D’autres exilés reviendront certainement, torturés, menottés ou non par leurs bourreaux.  Avant et après tout, c’est ici, en Côte d’Ivoire, que tout a commencé.  Et c’est ici que tout finira. Qui plus est, le Président Gbagbo prophétisait : «On peut quitter la prison pour le pouvoir et le pouvoir pour la prison». Pourquoi cela ne serait- il pas un jour valable pour Ouattara ?  Continuons la lutte, avec courage et foi en la victoire, en dépit des extraditions, de la prison et des humiliations ! Patriotes, démocrates ivoiriens et Africains dignes, restons mobilisés à travers le monde. Le combat nous réserve des  surprises. «jusqu’au bout», avec le président Laurent Gbagbo.

K. Kouassi Maurice

Source: Le Temps N° 2821 du jeudi 07 février 2013




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