Libération sous caution de Koné Katinan: Et si Ouattara avait définitivement perdu la bataille juridique?

Mercredi 26 Septembre 2012 - 06:07


Libération sous caution de Koné Katinan: Et si Ouattara avait définitivement perdu la bataille juridique?
Il voulait la tête de Koné Katinan, porte-parole du président Gbagbo en exil au Ghana. Mais Ouattara pourrait ne jamais l‘avoir. L’État ghanéen pourrait ne pas vouloir se salir dans cette affaire pour faire plaisir à Ouattara. Ce dernier l’accuse d’être la base arrière de ceux qui veulent déstabiliser son régime. Cette accusation a été encore une fois exprimée par la annonce selon laquelle que les auteurs des attaques du jeudi dernier (20 septembre 2012) contre les FRCI postés à Noé sont venus du Ghana voisin. Fondé sur cette assertion, Ouattara n’a pas non plus manqué de la matérialiser en fermant toutes le frontières avec le Ghana. L’annonce de cette fermeture des frontières a été faite avec fracas pour attirer l‘attention de la «communauté internationale», si tel pouvait être le cas. Alors que nous soupçonnions les attaques de Noé comme étant l’œuvre d’un complot du régime dramanien pour obtenir l’extradition de Koné Katinan, celui-ci a été déjà pointé du doit comme étant l’un des commanditaires de l’attaque de Noé. Cette information a été donnée par RFI (Radio France Internationale) dans son journal Afrique de la matinée du mardi 25 octobre 2012. Les autorités d’Abidjan l’accusent, sans pourtant apporter la moindre preuve. Comment pourraient-ils ainsi obtenir l’extradition de leur «wanted» dont il veulent la tête à tout prix? Après avoir exposé le Ghana au yeux de sa très chère partenaire «communauté internationale», comme étant le pays d’où viennent tous ses malheurs, Ouattara espère-t-il que ce pays lui donne raison, contre la préservation de sa propre image, en extradant Koné Katinan sur la base d’une quelconque implication dans la déstabilisation de son régime? Et même si des preuves probants venaient à être brandies contre le porte-parole de Laurent Gbagbo, il y a fort à parier que les autorités ghanéennes n’en tiendront pas compte par souci de préserver leur image et pour ne pas donner raison à l’État ivoirien, dont ils ont déjà rejeté les accusations.

Après le rejet des accusations selon lesquels le Ghana est la base arrière de ceux qui veulent déstabiliser le régime d’Alassane Ouattara, il n’y a pas lieu d’espérer que les autorités de ce pays viennent à se dédire en ordonnant l’extradition de Koné Katinan, sur la base de ces mêmes accusations et d’une quelconque implication du porte-parole de Laurent Gbagbo dans une tentative de déstabilisation du régime né du coup d’Etat du 11 avril 2011. D’aucuns rétorqueraient que l’affaire Katinan est une affaire judiciaire. Et pourtant , dans une affaire de ce type, il n’y a pas de justice pure, qui ne recevrait aucune dose de politique, soit sous influence, soit par intérêt, soit par parti pris idéologique. En sus le juge ne saurait être politiquement castré, au point de ne pas faire prévaloir la Raison d’État dans une affaire de ce type.
La liberté sous caution accordée à Katinan pourrait être interprétée comme une volonté de ne pas exaspérer les autorités d’Abidjan en lui accordant une liberté définitive immédiatement. Car dans tout procès, quand la partie adverse manque de preuve contre un prévenu, comme c’est le cas dans cette affaire, celui-ci est libéré. Mais il s’agit pour l’État ghanéen de montrer sa « bonne foi» à la «communauté internationale» en la rassurant que Katinan est sous contrôle, et que Ouattara peut dormir en paix à Abidjan, si tant est-il qu’il troublait son sommeil.
 
ZEKA TOGUI.
 




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