Libération provisoire de Gbagbo: Un pays se porte candidat pour l’accueillir

Un pays s’est-il porté candidat pour accueillir le président Laurent Gbagbo dans le cadre d’une prochaine mise en liberté provisoire sous condition ? En tout le propos tenus vendredi dernier par le porte-parole de la CPI qui séjourne à Abidjan sont révélateurs.

Mardi 10 Décembre 2013 - 05:56


Laurent Gbagbo
Laurent Gbagbo
«La chambre d’appel remarque en ce qui concerne la période de détention en question, la chambre préliminaire n’a pas considéré de nouvelles propositions d’Etats hôtes potentiels, étant donné qu’aucun candidat ne s’est présenté», avait déclaré à l’issue de l’audience du 29 octobre dernier la juge-présidente de la Chambre d’appel de la CPI, rejetant l’appel interjeté par Maître Emmanuel Altit de la décision du 11 juillet dernier de la Chambre préliminaire I de maintenir Gbagbo en détention. Selon toute vraisemblance, la situation a évolué. Un pays s’est-il porté candidat pour accueillir le président Laurent Gbagbo dans le cadre d’une prochaine mise en liberté provisoire sous condition ? En tout cas, le porte- parole de la Cour pénale internationale (CPI) Fadi El Abdallah a révélé vendredi dernier au cours d’une conférence de presse à l’Hôtel Pergola à Marcory qu’un pays «a parlé» de la possibilité d’accueillir sur son territoire le président Laurent Gbagbo. Sans plus de détails, estimant que cette information reste pour l’heure «confidentielle».

Piste sérieuse : l’Afrique du Sud

A ce sujet, l’on se souvient que Jeune Afrique évoquait déjà dans un dossier publié dans son édition du 27 octobre au 9 novembre 2013 une liste de pays qui se portent candidat pour accueillir Gbagbo s’il bénéficiait d’une libération provisoire. «Une liste des pays susceptibles d’accueil - lir l’encombrant suspect a été établie par les avocats de Gbagbo – au premier rang desquels Me Altit – et soumise à la Cour. Mais elle est confidentielle et c’est aux juges qu’il appartiendra de prendre une décision.  À Abidjan pourtant, les supputa - tions vont bon train. La Côte d’Ivoire ? Inenvisageable compte tenu des relations entre Gbagbo et les autorités ivoiriennes. L’Ouganda ? Pourquoi pas. Yoweri Museveni a promis à Gbagbo de lui faire bon accueil. Mais il n’a jamais fait mystère de son aversion pour la CPI (même si l’Ouganda en est membre) et la Cour exige que les pays d’accueil s’engagent à trans - férer leur hôte à la Haye chaque fois que celui-ci sera convoqué pour une audience. Pas sûr que Kampala lui inspire cette confiance. L’Afrique du Sud est une autre possibilité – sans doute la plus sérieuse à l’heure actuelle», avançait l’hebdomadaire panafricain.

L’état de santé de Gbagbo pourrait consti- tuer le déclic En outre, dans sa décision rendue le 11 novembre dernier, la chambre préliminaire I envisageait une «mise en liberté provisoire sous condition» pour Gbagbo pour des raisons médicales. La chambre préliminaire avait à cet effet ordonné au Greffe et à la Défense de soumettre au plus tard le 2 décembre 2013, un «rapport» sur l’état de santé de Gbagbo qui permettra de réexaminer la possibilité d'accorder une mise en liberté provisoire sous conditions au plus célèbre prisonnier de la Haye. A quand la décision de la Chambre d’ap - pel? Mais pour l’heure, Fatou Bensouda, don le document contenant les charges est jugé «insuffisant» refuse de revoir sa copie. Elle a fait appel de la décision de la Chambre préliminaire I qui avait ajourné en juin dernier le verdict de l’audience de confirmation ou d’affirmation des charges tenue en février 2013 et qui demandait au procureur de fournir de nouveaux éléments de preuve s au regard de la vacuité de son dossier. «Pour le moment, le calendrier qui a été établi par la Chambre préliminaire est suspendu. Nous attendons la décision de la Chambre d’appel qui va déterminer si le bureau du procureur doit présenter ces éléments supplémentaires ou non et quelle sera la suite», a indiqué vendredi Fadi El Abdallah. Quand pourrait intervenir cette décision de la Chambre d’appel qui a été saisie à la mi-août ? «Il faudra recevoir les observations de la défense et des représentants des victimes. Peut-être, une nouvelle donne d’observation. Et puis, la Chambre d’appel va faire sa délibération et va rendre une décision sans retard non justifié dans un délai raisonnable. Mais, il n’y a pas encore une date qui a été déterminée pour rendre cette décision», précise le porte-parole de la CPI.

Par Anderson Diédri


Le Nouveau Courrier N° 946 Du Lundi 09 Décembre 2013




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