Libération imminente de Simone Gbagbo: Les raisons cachées de son audition à Odienné

Vendredi 7 Février 2014 - 09:49


Simone Gbagbo, toujours arbitrairee=ment détenu par le régime d'Alassane Ouattara
Simone Gbagbo, toujours arbitrairee=ment détenu par le régime d'Alassane Ouattara
L’ex-Première dame de Côte d’Ivoire pourrait recouvrer la liberté dans les jours qui suivent. L’audition de Mme Simone Ehivet-Gbagbo annoncée illico presto et tenue, mardi 4 février 2014 dans sa résidence surveillée d’Odienné, par une équipe du tribunal d’Abidjan Plateau conduite par le procureur Adou Gérard, comprenant le doyen des juges d’instruction et des greffiers et en présence de ses avocats, ne serait pas fortuite, selon des sources diplomatiques. Ce serait une procédure qui ouvrirait une nouvelle page dans la décrispation de l’atmosphère politique du pays. A savoir sa libération annoncée «imminente» de sources concordantes judiciaires. Cette libération de l’ex-Première dame va précéder celle de son époux. En effet, confirment nos sources anonymes, ce n’est plus qu’une question de temps, Simone Gbagbo va être libérée et les semaines qui suivent, adviendra la libération de Laurent Gbagbo détenu à la prison de la Cour pénale internationale (Cpi) à La Haye depuis le 30 novembre 2011.

Simone d’abord, Laurent ensuite

Un dossier particulièrement bouclé au plan politique, à en croire des voix écoutées qui précisent que les choses pour- raient se précipiter de façon inattendue. «Quand le Président Gbagbo sera libre, il faudra que sa femme soit sur place pour l’attendre, c’est ce qui est d’ailleurs logique. On ne va pas guerroyer tout le temps sur son cas. On ne va pas libérer son époux et se retrouver encore dans les mêmes situations pour chercher la libération de l’épouse. Donc, il faut qu’elle soit libérée», a révélé, hier mercredi 5 février, une source ministérielle à Abidjan à LG Infos. Qui précise que «l’audition de Mme Gbagbo est la seule façon de faciliter la tâche aux autorités ivoiriennes, la seule façon de couvrir d’un vernis légal sa sortie de prison». Le stratagème juridico-politique aurait été soufflé par «les pressions extérieures», aux dirigeants ivoiriens qui ne savent plus quoi faire du couple Gbagbo séparé depuis trois ans. Des personnalités dont la détention empoisonne toute la vie politique et impacte négativement la vie économique du pays. La libération de  dix (10) officiers de police, le lundi 3 février 2014 rentre dans un schéma global de détente de la vie politique. Après avoir été accusés «d’atteinte à la sûreté de l’Etat, trouble à l’ordre à public, violences, viol, vol en réunion, non-respect de consignes»,ces officiers ont été libérés, trois ans après, parce que déclarés par les mêmes autorités ivoiriennes qui les accablaient, «non coupables pour les faits de violation de consignes pour délits non établis».Dans la foulée, la justice a déclaré «une main levée sur les mandats de dépôts puis leur remise en liberté immédiate s’ils ne sont détenus pour une autre cause». Pour comprendre l’accélération des procédures judiciaires de ces derniers temps, il faut remonter en 2013. De fait, le 20 septembre 2013, le gouvernement refusait de collaborer avec la Cour pénale internationale (Cpi) qui continue de réclamer l’ancienne Première dame ainsi que Charles Blé Goudé, ancien ministre du dernier gouvernement du Président Laurent Gbagbo. Une décision qui préparait déjà les esprits sur ce qui se passe depuis une semaine. A savoir cette vague de libérations de plusieurs dizaines de prisonniers politiques civils et militaires proches de l’ancien président ivoirien et qui étaient détenus à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca).

Une vague de libération qui blanchit Gbagbo et discrédite la Cpi

Sortir par le haut. Cet esprit de détente de la situation politique nationale avec la couche de vernis juridique qui est don- née de voir ces dernières semaines, ne sera pas sans rapport avec ce qui se passe à la Cour pénale internationale (Cpi) où est détenu le Président Laurent Gbagbo. Etant entendu que des officiers de la police qui ont travaillé sous l’ancien régime, accusés par le nouveau pouvoir «d’atteinte à la sûreté de l’Etat, trouble à l’ordre à public, violences, viol, vol en réunion, non respect de consignes», sont libérés après avoir été reconnus «non coupables», ce qui a occasionné «une main levée sur les mandats de dépôts  puis leur remise en liberté immédiate s’ils ne sont détenus pour une autre cause», il y a lieu d’envisager une même issue, à la Cpi, pour la future audience de Laurent Gbagbo accusé d’être «co- auteur indirect de crimes contre l’humanité, génocide, etc.»Du moment que l’Accusation dirigée par la procureure de la Cpi Mme Fatou Bensouda peine toujours à trouver et à réunir «des preuves suffisantes permettant d’établir la véracité des faits de crimes allégués». Mais avant que la procédure de libération de l’ancien Président ivoirien n’intervienne et ne soit définitivement enclenchée, il y en a d’abord celle intermédiaire de son épouse, l’ancien Première dame Simone Ehivet-Gbagbo détenue dans une résidence surveillée à Odienné (Nord ivoirien) et du ministre Charles Blé Goudé détenu lui quelque part à Abidjan dans «une résidence protégée». Ces différentes personnalités de l’ancien régime, en leurs qualités, fonctions, grades étant poursuivis pour quasiment les mêmes crimes, il est clair que l’on s’achemine vers un schéma global de libération par un «non lieu»en ce qui concerne particulièrement l’ancien couple présidentiel.  
Quand François déporte ses pressions sur Ouattara
La visite du Président français à Abidjan ce mois de février 2014, aurait été conditionnée par la décrispation politique exigée en Côte d’Ivoire par les partenaires historiques de ce pays et de nouveaux prospecteurs qui continuent de croire en son avenir. François Hollande ne viendra pas en Côte d’Ivoire «à la je m’en fous», en ignorance de ce qui s’est passé dans ce pays phare de la sous-région ouest-africaine, pays qui continue d’être la vitrine de la politique étrangère de l’Hexagone. «Il est tiraillé de part et d’autre, surtout entre les rapports de ses Conseillers du palais de l’Elysée, les différentes communications des services secrets français, les rapports de la chancellerie mais aussi les récriminations des chefs d’entreprise français en Côte d’Ivoire», confiait la semaine dernière un opérateur économique français basé à Biétry quartier chic d’Abidjan sud. A cela, il faut nécessairement ajouter les derniers rapports accablants faits par les organisations internationales de défense des Droits de l’Homme sur les autorités ivoiriennes. Dans ces rapports, ils ont expressément noté le «silence de la France contrairement aux autres pays de la communauté internationale dont les Etats-Unis d’Amérique»dans le drame ivoirien. Toutes choses qui auraient fouetté l’orgueil du dirigeant français.

Ces rapports onusiens qui font regretter Laurent Gbagbo

En effet, la tragédie ivoirienne fait l’objet de plusieurs rapports dont celui de l’Onu qui date du  vendredi 26 avril 2013. Une compilation de méfaits à l’actif des ex-rebelles du Nord ivoirien de 300 pages documentés par un panel d’experts onusiens, cite nommément  Issiaka Ouattara dit wattao, Shérif Ousmane, Koné Zacharia, Ben Laden. Dans son paragraphe 4, il est dit ceci : «D’anciens chefs rebelles ivoiriens intégrés dans l’armée nationale après l’arrivée au pou- voir du Président Alassane Ouattara profitent aujourd’hui de leurs fonctions pour contrôler des trafics illicites en tout genre portant sur des millions de dol- lars.  L’administration ivoirien- ne a progressivement intégré  ces anciens commandants rebelles dans les forces armées nationales sans que ceux-ci aient abandonné leurs activités économiques et leurs méthodes de prédateurs et de chefs de guerre….Ils ont éten- du leur  réseau militaro-économique sur tout le pays pour se livrer à de fructueux trafics», accuse le rapport qui incrimine aussi Hervé Touré, alias «Vetcho» et Martin Kouakou Fofié. «Par exemple, selon les autorités ivoiriennes, pour la saison 2011-2012, la contrebande de cacao, essentiellement à destina- tion du Ghana, a été de 153 000 tonnes, engendrant des pertes de plus de 300 millions d'euros pour l'économie nationale et une chute des recettes fiscales de 58 millions d'euros. Si le gouvernement a pris des mesures pour contrer ces agissements, celles-ci se révèlent inefficaces», étaye le rapport de l’Onu. Lesquels, très accablants, se sont succédé sur la tête des dirigeants ivoiriens. Il y a particulièrement la lettre datée du 16 septembre 2013, adressée au Président du Comité du Conseil de sécurité créé par la Résolution1572 (2004) par le Groupe d’experts sur la Côte d’Ivoire. Puis celle, à ne surtout pas négliger du 11 octobre 2013 portant n° S/2013/605 13-51282 3/83, adressée au Président du Conseil de sécurité par le Président du Comité du Conseil de sécurité créé par la Résolution 1572 (2004) concernant toujours ce pays et signée par Raymond Debelle, Eugene Fatakanwa, Joel Salek, Roberto Sollazzo et Manuel Vásquez-Boidard, tous membres du Groupe d’experts de l’Onu. Aux points 6 et 7 de leur rapport, ceux-ci interpellaient la communauté internationale sur le climat politique délétère et surtout l’insécurité ambiante qui règne dans le pays d’Alassane Ouattara depuis avril 2011. «6. S’agissant du processus de désarmement, démobilisation et réintégration, le Groupe d’experts pense qu’il est fort peu probable que le Gouvernement soit en mesure d’atteindre les objectifs énoncés dans la Résolution 2112 (2013), à savoir le désarmement et la réintégration de 30 000 ex-combattants d’ici à la fin de 2013. D’après des sources dignes de foi, 9 422 soldats ont été démobilisés le 5 septembre et 9 600 armes collectées. Le Groupe d’experts constate que les commandants de zone continuent d’exercer une forte influence sur le processus de désarmement, démobilisation et réintégration dans la mesure où ils désignent les soldats à prendre en considération dans les opé- rations de démobilisation et de désarmement. Ces comman- dants sont donc en mesure de maintenir leur contrôle sur les réseaux militaires à l’intérieur et à l’extérieur des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) et servir ainsi leurs propres intérêts financiers, militaires et poli- tiques. Le Groupe d’experts s’inquiète de cette situation, car ces structures influent sur la gestion des conditions de sécurité et ne font pas systématiquement rapport aux Frci par les voies hiérarchiques. 7. Les armes et le matériel connexe transférés dans le Nord de la Côte d’Ivoire au lendemain de la crise post-électorale demeurent une source de vives préoccupations pour le Groupe d’experts, qui mène actuellement une enquête pour déterminer si les armes se trouvant dans les arsenaux, dont il est question dans le rapport qu’il a présenté en avril 2013 (S/2013/228, par. 75), ont depuis été transférés ailleurs.»Lit-on dans ces deux paragraphes.

Le schéma probable du vrai retour de la communauté internationale en Côte d’ivoire

Le tableau étant dressé, pas du tout rassurant pour le futur de la Côte d’Ivoire, nos sources révèlent qu’il va «falloir reposi- tionner»le pays. Un axiome énigmatique que se plait à décrypter pour LG Infos, un politologue très introduit en Côte d’Ivoire. Pour ce dernier, vu le climat délétère entretenu par les nouvelles autorités ivoiriennes, «la révision du paysage politique s’avère nécessaire pour rassurer les bailleurs de fonds et autres partenaires de la Côte d’Ivoire». Pour ce dernier, «Alassane Ouattara n’est plus en mesure d’assurer la paix dans ce beau pays». D’autres sources concordantes auraient même évoqué «le schéma qui a eu lieu dans un pays africain tout récemment.»Quel est ce pays ? Mystère et boule de gomme. Certains milieux d’affaires abidjanais évoquent déjà le régime Ouattara au passé. Quant à l’avenir de l’aile mili- taire du pouvoir ivoirien, nos sources nous renvoient à ce qui se passe depuis le début de la semaine en France. Où malgré sa fuite et la nouvelle identité qu’il s’est donné pour fuir la justice internationale, le Rwandais Pascal Simbikangwa, 54 ans et ancien officier acteur majeur dans le génocide rwandais qui a fait 800.000 morts, a été débusqué aux Iles Comores et mis aux arrêts puis transféré à Paris où il devra répondre de ses actes. Comme quoi, l’histoire n’oublie jamais, quelles que soient les années.

Simplice Allard sallard05@yahoo.fr

Source: LG Infos N°654 DU JEUDI 6 FÉVRIER 2014





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