Libération du Président Gbagbo/ La motion déposée ce jour par la résistance patriotique ivoirienne et panafricaine au Parlement français

Ce samedi 23 novembre 2013, la résistance patriotique ivoirienne et panafricaine a manifesté devant l'Assemblée nationale Française. Pour cette autre manifestation devant l'institution française, les manifestants ont déposé une motion pour exiger la libération du président Gbagbo. Cette motion, signée par différentes Associations et Représentations de politiques en France, a été lu publiquement. Nous publions l'intégralité de cette motion.

Samedi 23 Novembre 2013 - 19:30


MOTION ADRESSEE A L'ASSEMBLEE NATIONALE FRANCAISE POUR LA LIBERATION DU PRESIDENT GBAGBO.


"Honorables députés, indignez-vous! Et crions à l'unisson: "Libérez Gbagbo !""


Nous réalisons et nous convenons que les Etats n'ont pas d'amis, mais des intérêts. Cependant nous tenons à marquer un refus énergique au fait que les intérêts des Etats, et même des individus, soient essentiels et suffisants pour la justification de toutes les frustrations, de toutes les injustices et de tous les crimes commis sur des peuples qui n'aspirent à vivre qu'en peuples souverains, libres et maîtres de leurs propres destins. Peuples qui, cependant, restent ouverts à d'autres peuples pour entretenir avec eux des rapports francs d’amitié basés sur le respect mutuel, les principes d'égalité et de liberté, dans l'effectivité ou la perspective d'actions mutuelles accordées sur la base de la communauté d'intérêts les liant ou susceptible de les lier .

Par conséquent,
Nous, résistants ,
Nous, peuple digne de Côte d'Ivoire,
Nous, Associations issues de la Société civile,
 Nous, représentations de partis politiques ivoiriens en France,
Nous, Africains panafricanistes,
 Nous, Français et amis de la Côte d'Ivoire,

Estimons que l'heure est venue pour la France d'ouvrir grandement les yeux pour voir de quel côté se trouve véritablement son intérêt.
Elle doit en effet voir si son intérêt effectif se trouve du Côté du soutien d'un pouvoir despotique en Côte d'Ivoire ou du côté de la démocratie.
La France doit voir si son intérêt se trouve du côté des injustices et des graves violations des droits de l'homme en Côte d'Ivoire, dont l'une des plus marquantes est le génocide des WE à Duékoué ,en mars 2011, et dont la plus récente est l’assassinat par des FRCI (Forces Républicaine de Côte d'Ivoire) à son domicile du journaliste Désiré Gnonssio Oué, ou du côté de la justice et du respect scrupuleux des droits l'homme.

La France doit voir si son véritable intérêt  se trouve du côté de l'entretien d'une coopération économique déséquilibrée et inégalitaire au détriment du peuple ivoirien ou du côté d'une juste coopération tenant compte des véritables intérêts du peuple ivoirien voulant légitimement jouir de ses richesses.

La France doit voir si son intérêt se trouve du côté de l'encouragement des conditions d'une paix durable profitant économiquement, socialement et politiquement aux ivoiriens, aux entreprises françaises et aux français vivant en Côte d'Ivoire ou du côté de l'encouragement des frustrations et des injustices, dont l'une des plus marquante est l'incarcération du Président Gbagbo par la Cour Pénale internationale. Car ces frustrations et injustices, poussées à leur paroxysme, sont susceptibles de créer un sursaut populaire  révolutionnaire sans appel ruinant à jamais les intérêts de la France en Côte  d'Ivoire, étant donné qu'il s'agit d'une Côte d'Ivoire bien entrée dans l'Histoire pensée comme Mouvement dialectique de la liberté des peuples.

Considérant ce qui précède et ce qui suit, Nous, signataires da la présente motion, exigeons la libération du Président Gbagbo. Nous demandons par conséquent aux illustres parlementaires, Représentants du peuple français, de peser de tous leur poids pour que cette exigence soit satisfaite, sans brandir le prétexte d'une non- ingérence dans les affaires judiciaires d'une Cour Pénale internationale. Car nous restons convaincus de la politisation de cette Cour particulièrement dans l'affaire le Procureur contre Gbagbo.

En effet, élu  le 22 octobre 2000, le Président Laurent Gbagbo, guidé par son esprit républicain, a marqué sa volonté de gouverner une Côte d'Ivoire apaisée, rassemblant toutes les couches de la société et tous les partis politiques avec leurs principaux leaders. Cette volonté à été traduite en acte par l'organisation du forum pour la réconciliation nationale du 9 octobre au 18 décembre 2001, le retour d'exil de l'ex-président Henri Konan Bédié (Président du PDCI: Parti démocratique de Côte d'Ivoire) et d'Alassane Ouattara, président du RDR (Rassemblement des Républicains), actuel Chef de l'Etat ivoirien.  Toujours guidé par son esprit républicain, le président Gbagbo  n'a pas voulu gouverner la Côte d'Ivoire avec des Ministres issus exclusivement de sa formation politique, le FPI (Front Populaire Ivoirien), bien que celle-ci  regorge de cadres compétents pour assumer des tâches ministérielles. De 2000 à 2010, le Président Gbagbo  a marqué son attachement à gouverner la Côte d'Ivoire avec ses principaux opposants et des personnalités issues de la Société Civile, comme le prouvent les différentes formations du gouvernement qui ont marqué son exercice du pouvoir.

Attaqué le 19 septembre 2002 par une horde de criminels ayant opéré la partition du pays, après l'échec de leur coup d'Etat,  pour faire prospérer leurs entreprises rebelles dans la partie Centre-nord-ouest du pays, Gbagbo a toujours privilégié le recours au dialogue, au compromis pour résoudre la crise ivoirienne. En constituent des preuves essentielles, les différents accords signés avec la rébellion  du MPCI (Mouvement Patriotique de Côte d'Ivoire), ses différentes branches armées que sont le MPIGO (Mouvement Populaire Ivoirien du Grand Ouest) et le MJP (Mouvement pour la Justice et la Paix), et ses soutiens politiques constitués du PDCI, du RDR, de l'UDPCI (Union pour la démocratie et la Paix en Côte d'Ivoire) et du MFA (Mouvement des Forces de l'Avenir). De Lomé à Ouagadougou en passant par Marcoussis, Accra et Prétoria, le Président Gbagbo, à travers tous les accords signés et respectés par lui, a marqué sa détermination à résoudre pacifiquement la crise ivoirienne, alors que l'armée loyaliste avait la capacité nécessaire de mâter la rébellion. A contrario, la communauté internationale et l'armée onusienne soutenue par la force française Licorne n'ont pu imposer le désarment aux rebelles, afin de créer sur toutes l'étendue du territoire les conditions d'un scrutin sécurisé, libre, transparent et démocratique.  La complicité de la communauté internationale et de l'armée onusienne dans le non désarmément des rebelles avant la présidentielle, contrairement au dernier Accord de Ouagadougou, a été à l'origine des violences ayant marqué le scrutin du 28 novembre 2010 dans la zone sous occupation de la rébellion.  Démocratiquement réélu et regulièrement proclamé et investi Président de le République par le Conseil Constitutionnel, Gbagbo a cependant dû faire face à un contentieux électoral, conséquence du complot de la Communauté internationale, de l'ONU et de la France sarkozienne contre son régime, s'inscrivant dans la poursuite de l'objectif itinitial du 19 septembre 2002, à savoir le renversement du régime de Gbagbo par la force des armes. Alors qu'en démocrate invétéré, le Président Gbagbo préconisait vivement le recomptage des voix pour évacuer le contentieux électoral, comme c'est le cas en toute bonne démocratie, ni l'ONU ni la France ne voulaient entendre raison. Bien au contraire, l'on assista à une levée de boucliers contre la sage proposition du recomptage des voix. L'ONU, la France, les Etats Unis et leurs  Etats-valets africains n'ont pas voulu sauver la paix et la démocratie par le recomptage des voix. Ils ont au contraire préféré la guerre pour chasser le Président iconoclaste Gbagbo. La présidentielle de 2010 a été un prétexte pour faire la guerre qui a conduit à la chute du Président Gbagbo.

Nous savons cependant pertinamment que Gbagbo n'a jamais été contre les intérêts français en Côte d'Ivoire. Sous son mandat, aucune entreprise française n'a été nationalisée. En 2004, il a octroyé au Groupe Bolloré le monopole des activités sur le port de conteneurs d'Abidjan. Sous son mandat, le 12 octobre 2005, a été reconduit le contrat  liant la Côte d'Ivoire à la Société de distribution d'eau de la Côte d'Ivoire-Compagnie ivoirienne d'électricité (Sodeci-Cie), propriété du groupe français Bouygues. Sous le mandat du Président Gbagbo, le Groupe pétrolier Total a fait son entrée en Côte d'Ivoire pour l'exploration et la production.

Sur la base de ces faits, il est clair que le coup de la France sous Nicolas Sarkozy n'a été que l'instrumentalisation du pouvoir d'Etat  pour un installer en Côte d'Ivoire un ami, Alassane Dramane Ouattara, au nom des intérêts personnels, et non pour y protéger les intérêts français qui, loin d'y être menacés, prospéraient parfaitement. Or l'insécurité généralisée et la paupérisation croissante de la population, engendrées par la situation chaotique générée par la guerre et le coup d'Etat du 11 avril 2011 et surtout par la politique désastreuse des actuels dirigeants du pays , menacent de plus en plus cette prospérité des entreprises françaises en Côte d'Ivoire.

Honorable Députés, dignes Représentants du peuple français, sans aucune prétention de vous apprendre l'histoire, vous sachant être au fait de ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire depuis l'accession au pouvoir du Président Gbagbo, nous avons tenu à faire ce bref rappel historique selon les convenances de la forme.

Après des mois de détention dans des conditions inhumaines à Korhogo, dans le nord de la Côte d'Ivoire, le Président Gbagbo, depuis le 30 novembre 2011, est incarcéré à Scheveningen, dans le centre pénitencier de la Cour Pénale Internationale. Gbagbo est la victime d'un procès politique, c'est la déduction rationnelle et objective que nous faisons de la décision de la Chambre Préliminaire I de la CPI en date du 3 juin 2013. Gbagbo est accusé de crimes contre l'humanité. Cependant, depuis plus deux ans la Procureure Fatou Bensouda fait montre de son incapacité à apporter la moindre preuve des crimes allégués, malgré tous les moyens dont elle dispose. Cette situation montre bien qu'il n'existe aucune preuve des charges contre le Président Gbagbo. Sa détention relève désormais de l'arbitraire et est contraire à l'article 9 de la Déclaration universelle des droits de l'homme stipulant que "Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé."

C'est pourquoi,
Nous, résistants ,
Nous, peuple digne de Côte d'Ivoire,
Nous, Associations issues de la Société civile,
 Nous, représentations de partis politiques ivoiriens en France,
Nous, Africains panafricanistes,
 Nous, Français et amis de la Côte d'Ivoire,

Restons convaincus et crions haut et fort que le Président Gbagbo est un prisonnier politique, victime d'une grave injustice qui , évidemment , porte fondamentalement atteinte à ses droits, et qui choque la raison humaine.
Parlementaires français, le cas Gbagbo doit vous indigner. Parlementaires français, indignez-vous! Indignez-vous pour encore une fois de plus faire retentir dans les consciences l'écho d'une France, patrie des droits de l'homme, d'une France capable de corriger ses fautes, ses erreurs pour faire prévaloir  son honneur.

Oui, Parlementaires français, dans un sursaut d'indignation commune, vous devez dire à la CPI "Libérez Gbagbo! Il n'a rien fait! ",  nous devons, à l'unisson, dire à la CPI: "Libérez Gbagbo! Il n'a rien fait !". Certes, le 5 décembre 2011, devant les juges de la CPI, évoquant sa chute et son arrestation, il déclara urbi et orbi: "c'est la France qui a fait le travail". Ce travail marquera à jamais négativement les consciences des générations présentes et futures, et ce au détriment des intérêts français, si la France refuse de faire à nouveau le travail pour que le Président Gbagbo soit libéré. Que perdrait la France si  Gbagbo était libéré ? Elle ne perdrait absolument RIEN, comme elle n'a absolument rien perdu pendant ses dix années d'exercice du pouvoir d'Etat. Bien au contraire, sa libération contribuera essentiellement à la réconciliation nationale et à une paix durable en Côte d'Ivoire,  facteurs garantissant la bonne marche des intérêts français dans le pays.

Honorables députés français, l'Occident s'était tromper sur le cas Nelson Mandela, et a implicitement cautionné ses 27 années de vie passées en prison. Que l'Occident ne se trompe pas encore une fois sur le cas du Président Gbagbo. C'est pourquoi nous interpellons vos consciences et vous invitons à user, en toute responsabilité, de toute votre influence pour que le prisonnier politique Gbagbo soit libéré.

Fait à Paris le samedi 23 novembre 2013


Les signataires:

Le CRI- Panafricain (Conseil de la Résistance ivoirienne et panafricaine)
Le NPR (Nouveau Parti pour le Rassemblement)
Le FPI (Front Populaire Ivoirien)
Les Enfants de Côte d'Ivoire.
Le CODESCI ( Comité de Défense des Institutions et de la Souveraineté de Côte d'Ivoire)




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