Libération des prisionniers politiques en Côte d'Ivoire: « Réjouissons-nous, mais ne soyons pas naïfs. »

Lundi 26 Août 2013 - 07:11


Michel Gbagbo, après sa libération
Michel Gbagbo, après sa libération
Cher ami,

Comme je me réjouissais après la libération des prisonniers de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, tu as bien voulu attirer mon attention sur la vigilance à observer dans nos rapports avec les occidentaux et leurs vassaux africains.
 L’histoire est là qui nous enseigne que depuis 5 siècles, nous Africains, connaissons les occidentaux à travers la traite négrière, le colonialisme et le néocolonialisme. Quand ils font semblant d’abandonner un système d’exploitation, c’est qu’ils ont mis au point un nouveau pour maintenir leur domination. C’est de bonne guerre, pourquoi renonceraient-ils à tous ces biens dont ils profitent depuis des siècles si les exploités continuent à s’y complaire ? Je ne suis pas dupe.
Je sais que la majorité de la classe politique africaine, issue de la colonisation, au lieu de chercher à libérer les peuples, a plutôt contribué à leur exploitation en se faisant complice de ceux qui les oppriment. Les Africains qui ont voulu résister à la domination ont été, soit corrompus soit combattus, voire éliminés physiquement.
Qui ne connait pas les causes de nos maux qui ont pour noms, division, exploitation, pauvreté, guerres et insécurité ? Il nous faut leur trouver des remèdes et pour trouver ces remèdes, nous devons chercher par nous-mêmes ; d’où la nécessité de mobiliser le maximum de personnes pour engager et réussir cette mission.
C’est dans la mobilisation des consciences que réside le succès. En effet, plus nombreux seront les Africains décidés à se battre pour la libération de l’Afrique dans l’unité, plus vite notre continent sera libéré. Compte tenu des obstacles en face, il y aura des hésitations, des erreurs, des traitrises aussi. Mais il faudra obstinément continuer la lutte avec ceux qui sont là sachant, qu’à un moment donné, il y aura des défaillances. Et puis nous sommes capables de tirer les leçons de l’histoire.
C’est pourquoi, je pense que la libération de tous ces citoyens en prison ou en exile pourra nous faire avancer. La crise a fait hâter la prise de conscience et, à mon sens, tu as joué un rôle important grâce à ton Cercle Victor Biaka Boda.
Rassure toi, ceux à qui tu envoies les documents ne les gardent pas pour eux, ils les diffusent.  
Réjouissons-nous, mais ne soyons pas naïfs. Nous devons nous préparer à parer les prochains coups.  Nous pouvons nous attendre à un jugement et une condamnation rapides, puis à la proclamation d’une amnistie générale afin de sauver les rebelles et tous leurs complices. Mais le plus dur sera peut-être l’activation d’un conflit entre les Ivoiriens et les étrangers, en particulier les Burkinabés qui occupent les terres de culture.
Beaucoup d’Ivoiriens sont actuellement dressés contre les Burkinabés et sont prêts à leur faire la guerre pour récupérer leurs terres. Les Burkinabés et les autres étrangers sont, eux aussi, décidés à faire la guerre pour conserver ces terres. Les multinationales en profiteront pour continuer à exploiter les paysans ivoiriens et burkinabés. Beaucoup pensent que Ouattara défend les intérêts des Burkinabés alors qu’il défend la haute finance (Banque Mondiale, Fonds Mondial International et multinationales).
Comment faire comprendre que tous nos paysans sont les victimes de l’impérialisme occidental. C’est là une des équations à résoudre.
Si toi et moi n’avons plus beaucoup de temps pour apporter notre pierre à la lutte, nous continuerons à participer selon nos compétences et nos moyens. D’ailleurs, le temps n’est rien en lui-même, c’est son contenu qui importe.
Voilà, cher ami, quelques réflexions que je soumets à ton jugement.
Amicalement,

YOUKELI, ce 21 août 2013.
Publié par CERCLE VICTOR BIAKA BODA à 8/23/2013




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