Libération de Gbagbo: Y croire ou ne pas y croire!

Vendredi 1 Mars 2013 - 11:11


Libération de Gbagbo: Y croire ou ne pas y croire!
Huit jours d'audiences de confirmation ou d'infirmation des charges contre le président Laurent Gbagbo viennent de s'achever à la CPI. Huit jours pendant lesquels des patriotes ivoiriens, des partisans et sympathisants du Woody de Mama se sont mobilisés pour lui apporter leur soutien indéfectible . Huit jours pendant lesquels les médias occidentaux, pour la plupart, ont fait montre d'un silence moins suprenant sur ce qui se passait à la CPI. Après l'annonce du premier jour et la diffusion par quelques médias du premier jour d'audience, tout s'est passé dans ces médias comme si rien ne se passait à la Cour Pénale internationale. Cette posture médiatique n'est pas pour autant moins compréhensible. Après avoir intoxiqué le monde entier au sujet du régime Gbagbo et de la personnalité de l'homme pour justifier sa chute par le coup d'Etat du 11 avril 2011, ces médias occidentaux n'ont pas voulu servir d'instrument de désintoxication. En réalité, pendant les huit jours d'audiences à la CPI, l'équipe des avocats de la Défense de Gbagbo, dirigée par Maître Alatit, a effectué un véritable travail de désintoxication. Les avocats ont travaillé à la dédiabolisation du président Gbagbo, à le dépeindre, non pas selon une logique partisane d'avocat, mais selon qu'il est en réalité, en révélant aux yeux du monde, son authentique personnalité. Gbagbo n'est pas le dictateur, le va--t-en -guerre, le criminel, l'ennemi de son peuple, comme on a tenté ou réussi à le faire croire à tous ceux qui empruntent leurs opinions et leurs intimes convictions aux médias, à tous ces abonnés au prêt-à-opiner, au prêt-a-penser. Gbagbo, preuve à l'appui, a été présenté comme le démocrate, l'homme qui a voué toute sa vie, comme un sacerdoce, au combat pour les libertés et la démocratie. Il a été présenté comme le pacifiste, l'homme du dialogue, du compromis et de la paix, qui a tenté par tous les moyens d'éviter une guerre absurde et aux conséquences naturellement tragiques à son pays. Il a été présidenté comme celui dont la recherche forcenée de la paix n'avait pour but que de la mettre au service du développement pour le bien-être de son peuple.

Ses avocats y sont allés avec le tranchant du verbe, de l'argumentation et la fougue de la contre-attaque. Ils l'ont montré durant ces huit jours d'audiences. Leur objectif: en découdre définitivement avec le procureur aux allégations farfellues, aux arguments fantaisistes et saugrenus, aux preuves mensongères et ridicules. Avec la force de la réfutation, les avocats de la Défense ont mis à nue, point par par point, les tares substantielles du réquisitoire du Procureur. Ils ont montré leur professionnalisme et leur détermination à mener la bataille juridique jusqu'au bout, sans négliger le moindre détail.

Il leur fallait convaincre les juges de la Chambre préliiminaire I  de l'innonce de leur client et vaincre les Procurueurs dans cette bataille juridique. Pour y parvenir, les avocats de Gbagbo ont dû sortir la grande artillerie, l'artillerie lourdre pour mener la contre-offensive et faire effondrer l'édiffice argumentaire de l'Accusation, fondé en réalité sur du sable mouvant. Bon nombre de personnes qui ont pu suivre directement ou indirectement ces audiences ont constaté qu'effectivement, l'édiffice du réquisitoire du Procureur n'a pu résister à la force du discours déconstruisant de la Défense.

Les avocats ont joué toutes leurs cartes. Ils ont n'ont pas voulu faire les choses dans l'approximation, dans l'attente d'un quelconque procès avant de tout dire et brandir des preuves. Dans le but de confondre les détracteurs et ennemis du président Gbagbo, ils y sont allé à fond pour dévoiler le fond du problème et fondre ce qui jusque là était considéré comme vérité établie et apodictique émanant de l'Accusation et des médias occidentaux. Après le déploiement d'une telle force d'arguments juridiques par les avocats de la Défense, toute confirmation des charges contre Gbagbo pourrait être le prélude de sa condamnation à l'issue du procès qui en découlera.

L'équipe d'avocats de la Défense a montré, par la force de sa plaidoirie, que tout l'avenir de Gbagbo se jouait là, et que plus qu'une simple audience de confirmation ou d'infirmation des charges, il s'agissait d'un véritable procès dans lequel il ne fallait rien négliger, réserver et remettre pour plus tard. Elle a donc joué toutes ses cartes, afin que Laurent Gbagbo soit libéré hic et nunc, et que l'on tourne vite la page de cet épisode malheureux dans lequel la CPI joue gros en jouant sa crédibilité et son avenir. Au regard des arguments développés dans la plaidoirie de la Défense, il y a de bonnes raisons, des "raisons substantielles de croire" que Gbagbo sera libéré sur la base du droit et selon la justice, si la CPI est effectivement une Cour de justice et non de politique internationale, spécialisée dans le jugement des anti-impérialistes. Mais s'est-il agit d'un procès juridique? La vérité est indéniable, gbagbo fait face à un procès politique intenté contre lui par la "communauté internationale" controlant les institutions internationales politiques, éconiomiques, monétaires et judiciaires  de la planète, dont fait partie la Cour Pénale Internationale. Mais faut-il pour autant céder au pessimisme, au désespoir! Peut-être que non! "On ira jusqu'au bout", a dit le président Gbagbo lors de sa première audience publique du 5 décembre 2011 à La CPI. En attendant le verdict des juges, il faudra aussi y croire jusqu'au bout! Car comme le dirait le croyant, "Dieu n'a pas encore dit son dernier mot".

ZEKA TOGUI.




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