Levée de boucliers contre le président de la Cdvr: Pourquoi Banny fait peur à Ouattara

Le très probable futur ex-président de la Cdvr, Charles Konan Banny, puisqu’il est jusque-là pas demandeur d’une pro- longation de mandat, semble s’être mis à dos les ADOrateurs, parce qu’il a osé donner sa position sur un certain nombre de faits en Côte d’Ivoire. Si Banny s’attire déjà le courroux et la fureur du camp Ouattara, c’est justement parce que l’homme fait visiblement peur au camp Ouattara. Pourquoi donc, l’ex-gouverneur de la Bceao donne déjà des sueurs froides aux ADOrateurs ?

Mercredi 25 Septembre 2013 - 01:22


                                                                                                                                                                    Levée de boucliers contre le président de la Cdvr: Pourquoi Banny fait peur à Ouattara
Nommé à la tête de la Commission, dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr) en mai 2011, alors même que les bruits de kalaches retentissaient, Charles Konan Banny est dans les derniers instants de son mandat de deux ans. Mais à mi-parcours déjà, le président de la Cdvr n’avait pas souhaité rempiler pour un second mandat, même s’il le dit tout le temps, que la réconciliation est un processus de longue haleine. Déjà à l’occasion de sa nomination, certains observateurs de la vie politique avaient vu en cela une manière de le tenir loin de l’arène politique si d’aventure il avait des ambitions «présidentielles». Mais de bonne foi, l’ex-premier ministre n’avait jamais voulu voir les choses de cette façon (comme étant un piège visant à le neutraliser politiquement). Et s’était engagé entièrement, en tout cas pour ce qu’il était donné de constater, à sa nouvelle cause : réconcilier les Ivoiriens. Les moyens financiers, humains et politiques conséquents ont-ils été dégagés pour atteindre cet objectif ? Là réside toute la question. Pour sa part, Banny affirme avoir mouillé pleinement le maillot.  Et à ceux qui estimaient que sa nomination procédait du piège, Charles Konan Banny avait répondu : «Chacun apprécie ça comme il veut. Il y a une mission qui s’impose à nous, c’est un impératif. Il faut quelqu’un pour la diriger en réalité. Si c’est un piège, on verra bien. Si c’est un piège, nous allons tous tomber dedans, parce que s’il y a la paix, la Réconciliation, c’est toute la Côte d’Ivoire qui va tomber dans le piège. Je n’ai pas de problème avec qui que ce soit».
Banny prend position, le camp Ouattara panique.  Depuis 48 heures, le camp Ouattara semble trouver en la personne de Charles Konan Banny une nouvelle cible sur laquelle tirer à bout portant. Pour la simple raison que Banny a «osé» donner sa position sur un certain nombre de sujets autour du thème «Côte-d’Ivoire terre d’espérance», lors d’une causerie-débat organisée par une structure, le week-end dernier. Profitant de cette tribune, Banny a mis les pieds dans les plats quant à son agenda personnel. «Je ne conçois pas qu’on puisse considérer, en dépit de mon expérience, qu’il me soit interdit d’avoir une ambition pour la Côte d’Ivoire. J’ai la passion d’agir», glisse-t-il. Et de marteler : «Je suis un fier ivoirien. Je voudrais participer à rendre demain la Côte d’Ivoire plus juste, plus forte, plus prospère». Il stigmatise la situation dans laquelle la Côte d’Ivoire se trouve aujourd’hui, surtout la pauvreté qui sévit en ce moment chez les Ivoiriens. Selon Charles Konan Banny, la Côte d’Ivoire est meurtrie. Autant de vérités de l’ex-gouverneur de la Bceao sur la situation sociopolitique nationale et la crise au Pdci qui ont soulevé la furia du camp Ouattara. Qui voit désormais en Banny un adversaire politique de taille à leur mentor, Alassane Ouattara, qui s’est précipité à se déclarer candidat aux prochaines présidentielles. Si Ouattara a réussi à «apprivoiser» Henri Konan Bédié qui jure lui offrir l’appareil Pdci pour se maintenir au pouvoir, l’énigme Banny peut constituer l’élément trouble-fête. Et pour cause, si Banny dévoile ses «cartes présidentielles», c’en serait quasiment fini pour un «vote aveugle» du Pdci, du moins du «V» baoulé, sur lequel avaient misé Bédié et Ouattara. Déjà que les chefs baoulé ruminent une colère contre Bédié. De plus, c’est un secret de polichinelle. En tout cas,  l’éventualité de la candidature ou de la «concrétisation» des ambitions politiques de Banny, pourrait sérieusement contrarier les plans (déjà conçus) de Bédié et Ouattara. Après avoir tiré sans discontinuer sur Djédjé Mady et le jeune KKB, le camp Ouattara semble avoir trouvé une nouvelle cible à abattre, en la personne de Banny.

Par Frank Toti
Le Nouveau Courrier N° 886 Du Mardi 24 Septembre 2013




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