Levée de Corps de Mamadou Ben Soumahoro: L’adresse des exilés présentée par le Ministre Justin Koné katinan

Mercredi 20 Avril 2016 - 11:28


Accra -Ghana le 19 avril 2016 à 16 H


Chers camarades


Nous voici réunis une fois encore , en un autre jour triste, pour porter un autre deuil. Oui,    il est là couché devant nous inerte, le Big, l’immense journaliste au talent mondialement reconnu, le député et tribun hors commun, le beau Ben Soumahoro, étendu dans la même position que naguère Paul Antoine Bohoun Bouabré, Gomont Jean Baptiste, Gnan Raymond, , le commissaire Gnahoua dit Kabila, Jérôme Bro Gregbé, le colonel Koulahi, le colonel Ahouman et plus d'une soixantaine d'autres Ivoiriens, tous morts loin de leurs terres natales. Tous ces ivoiriens et ivoiriennes ont un point commun. Ils sont pro-Gbagbo. Pour cela seul, ils focalisent sur eux une haine morbide de la part d'une coalition dont les membres ont décidé de vivre ensemble,entre eux, un bonheur familial et clanique en    expurgeant, aux pire par la mort et, au mieux, par des emprisonnements massifs, celles et ceux des Ivoiriennes et des Ivoiriens, qui ne sont plus membres de la communauté humaine ni nationale, ni internationale depuis un certain 11 avril 2011. 
Mais combien de temps et combien de morts faudra-t-il à cette coalition pour lui faire    prendre conscience de sa responsabilité devant l'histoire. Combien de temps il lui faudra pour comprendre également que la bonne mort, la mort idéale pour chaque soldat est la mort sur le champ d'honneur.    Ben Soumahoro est un soldat, un combattant de la liberté, il a glorifié sa vie en choisissant de mourir un 11 avril pour, nous rappeler que le 11 avril ne sera jamais une date banale pour les combattants de la liberté. Parfois la profondeur des sentiments se cache dans le symbolisme. Il faut parfois aussi un grand sacrifice pour remettre l'ordre là où le désordre est grand. Or, c’est faire preuve d'euphémisme que de dire que la société ivoirienne a emprunté un chemin    qui l'éloigne    de la morale et de la justice sociale. Tout est à l'envers dans ce pays. Une justice borgne qui ne voit que d'un seul œil et toujours du même côté, un gouvernement qui choisit à la fois ses amis et ses adversaires, une police ultra violente et une Armée aux allures d'une milice privée. Avec un tel tableau, il y a des gens qui continuent de s'interroger sur la raison de la présence de nombreuses personnes en exil. Le sacrifice pour remettre les choses à l'endroit sera énorme et notre bien aimé Ben, le Waraba,    notre grande panthère est un sacrifice majeur et chacun doit, à quelque position qu'il occupe dans notre société,    faire en sorte qu'il en soit le dernier. Il est de notre devoir d'élever Ben Soumahaoro au rang de héros national. C’est pourquoi, je nous demande humblement de nous lever, pour applaudir avec enthousiasme Ben Soumahoro.
Un vrai débat politique s'impose à notre pays. Nous ne pouvons pas faire l'économie de ce débat au détriment de    la cohésion nationale. La rancœur est vivace et l'onde de choc que provoque la mort de l'honorable Ben Soumahoro ne fera que renforcer cette rancœur; surtout que, de son vivant, il avait déjà publiquement désigné son bourreau    en ces termes et je le cite " si je meurs, même d'une piqûre de serpent, ou de celle d'une aiguille, c' est Alassane qui m'aura    tué".    Certains propos tenus par une seule personne que nous pouvons trouver caricaturaux et excessif    révèlent, en réalité, l'état d'esprit de toute une communauté. Il y a en effet quelque chose d'immoral et d'inhumain de soit laisser mourir, en les privant du fruit de leur labeur,soit emprisonner arbitrairement des personnes de référence nationale et internationale qui ont tant donné à la nation. 
Au moment où je prononce cette oraison, je vous prie d'avoir une pensée pour l'un de nos anciens et grand militant, le doyen KONÉ Minléh de Sinematiali. Celui-là même qui a donné gracieusement sa maison à notre parti pour en faire son siège à Sinématiali. Au lendemain du 11 avril 2011, il a été arrêté, emprisonné sans jugement, lui ses 3 enfants et son neveu pendant 4 ans. Libéré il y a quelques temps, des nouvelles rumeurs d'une nouvelle arrestation lui étant parvenues, il a préféré s'en aller. Il a rendu l'âme hier. Il est du nord tout comme le doyen Ben Soumahoro. 
Une nation à qui l'on ampute d'une partie de son élite    , qui par ailleurs, est bafouée,    perd ses repères. Cette nation est condamnée. C'est une vérité historique qui soumet toujours le cours de l'histoire des peuples. 
A vous madame Ben Soumahoro, merci, merci d'avoir été là quand notre papa, notre frère, notre ami et notre camarade avait le plus besoin de toi. don't be sorrowful at all. You    fill ful    your duty. Thank you very much.
Quant à vous mes petits frères et petites sœurs. Nous comprenons votre peine. Elle est légitime et vos larmes sont justes. En effet, vous traversez une autre épreuve difficile après celle relative au décès, il y a seulement quelques temps, de votre frère ainé. Mais n'oubliez pas que vous êtes nés purs et grands. A-t-on besoin de vous rappeler que votre père est à la fois un homme grand et un grand homme. Vous êtes nés d'une panthère, adoptez donc, en toute circonstance, la posture d'une panthère. Ne rampez jamais, c est la position des reptiles, des êtres sans dignité, sans élévation. Ils se confondent avec le sol. Vous, prenez la position qui vous élève. C est seulement en cela que  vous mériterez le grand héritage que vous laisse le big Ben. Sachez que son talent, son opiniâtreté, sa beauté combinés à son franc-parler ont conféré l'infinité à votre père. Or, par nature, tout ce qui est infini n'a pas de fin. Ben Soumahoro n'a donc pas de fin. Il survit à lui-même. Il est dans le panthéon des immortels. Et cela devrait être suffisant pour sécher vos larmes.
A vous tous, amis et diverses connaissances qui avez été avec notre doyen pendant ses moments difficiles , recevez la gratitude de la coordination du FPI.

Enfin à toi cher aîné Ben. Merci pour ton combat, merci pour ton amitié pour le Président Laurent GBAGBO, merci pour ton amour pour la justice et la vérité. Merci pour ta dévotion pour la Côte d'Ivoire. Merci pour l'héritage que tu laisses à la jeune génération .
Chers camarades du parti, quelle leçon tirons nous de tous ces malheurs qui nous accablent. Ben Soumahoro n'était pas un militant déclaré du FPI. Il a pourtant accepté le sacrifice de l'exil jusqu'à en mourir par solidarité et par amitié pour Le Président Laurent Gbagbo. Si donc Laurent Gbagbo fédère au delà des militants de son parti,    combien à forte raison devrait-il constituer le ciment qui nous solidifie, nous les militants de son parti. D'où vient il alors que nous disons tous nous battre pour lui et nous sommes incapables de nous fédérer autour de lui. Il y a quelque chose de très paradoxal. Pourquoi voulons nous nous contenter de petits tabourets fussent ils brillants alors que, unis, nous pouvons récupérer le fauteuil royal. Si nous sommes incapables d'unité d'action pour la bonne    cause, alors nous servirons individuellement la mauvaise cause jusququ'à y perdre vie. Ben Soumahoro a souffert de notre division. Il me l'a souvent signifié à chaque que j ai eu l honneur de le rencontrer. Profitant de cette occasion certes très douloureuse, comme c'est de coutume dans nos traditions diverses, j' en appelle au nom du Président Laurent Gbagbo, à notre union. Je vous en supplie. Faisons tous un examen de notre conscience. Rien n est définitivement perdu. Resserrons nous autour de notre Chef naturel pour mener le combat. L'adversité nous le recommande et notre responsabilité historique vis à vis du peuple qui souffre nous l'impose. Sinon alors il nous    rentrerons    au pays pour vivre une vie pâle, celle de la honte et de l'indignité. Le peuple trouvera forcément son salut ailleurs sans nous. C est le    message post mortem que nous laisse notre doyen Ben Soumahoro   
Maintenant Ben, je me permets, cher aîné,    de te confier une mission de la très haute importance au moment où tu t apprêtes à rentrer au pays. Vas dire aux gens qui gèrent le pays, de ta voix forte , que leur politique wouya wouya qu'ils mènent    détruit le pays. Il faut qu'ils arrêtent. Avant qu'ils n'arrivent à leur émergence, tous les ivoiriens seront morts par noyade dans la lagune des problèmes que leur politique leur cause. Mais apparemment ils sont incapables. Donc qu'ils dégagent et laissent la place à de vrais professionnels.
Retrouve en paix ton pays natal. Rentre dans le repos éternel et mérité des guerriers. Dis bonjour à tous nos camarades qui t ont précédé dans ce lointain voyage. Tu va intégrer certainement    la coordination FPI de l'au-delà composé des victimes de la nouvelle idéologie ivoirienne dans laquelle, pour rendre l'enfant heureux , il faut en faire un orphelin, la femme heureuse doit être veuve, des familles entières vivent heureuse en apatride et, enfin, les cadres de notre parti qui sont encore vivants sont en formation continue dans diverses prisons à travers le monde entier avec comme finalité cachée certainement, la transformation du FPI en forum des prisonniers ivoiriens, d'aucuns diront même internationaux. La grande coordination que tu vas intégrée est dirigée par le ministre Boga Doudou, et comprend des figures fortes de notre lutte. Désiré Tagro, Bohoun Bouabré, Gomon Jean Baptiste, Désiré Porquet    Miaka Oréto et j en passe. Nous osons espérer que vous les trouverez eux au moins unis. Dis leur que tout est devenu bizarre dans notre pays. Rappelle leur Que le Président Laurent Gbagbo est en prison chez les Blancs avec    Blé Goudé Charles, Simone Gbagbo est en prison pour 20 ans. Mais c est pas encore suffisant. Elle doit faire l'objet d'un autre procès pour augmenter son quantum, que    Assoa Adou, Hubert Oulaye, Lida Kouassi Moïse et les jeunes Koua Justin et Dahi Nestor sont en prison. Que pour services rendus à la nation Blaise Compaoré est devenu ivoirien. Ce sont de gentils petits cadeaux qu'on fait aux ivoiriens pour les convaincre ainsi d'aller, dans la joie, à une réconciliation avec eux. Dis    leur surtout que malgré ce tableau sombre, leur parti le FPI et leur Chef, le Président Laurent Gbagbo sont toujours débout. Aucune épreuve et aucune adversité ne pourront leur faire plier l'échine. Et que nous avons la certitude que nous vaincrons parce que nous n'avons pas d'autre alternative. Et Toi Ben , en éclaireur de conscience, tu avais déjà prévenu et je le cite, " Alassane, nous ne mourrons pas tous en exil" . Sacré Ben Mamadou Soumahoro. Une fois encore tu rétablis là une vérité. En effet, nulle part dans le monde, la violence est arrivée à étouffer l'idéal de liberté et de justice. 
Adieu Big Ben, Adieu Waraba.    Merci une fois encore. Nous ne t'oublierons jamais. Qu'Allah te reçoive dans son paradis. 


Pour la coordination du FPI et l' ensemble des exilés 

Ton petit frère 




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