Lettre ouverte à la Justice Ivoirienne : le cas de «l’Albinos de Mme Delaclé»

Lundi 30 Juillet 2012 - 06:20


Lettre ouverte à la Justice Ivoirienne : le cas de «l’Albinos de Mme Delaclé»
Un sujet a déferlé la chronique ces derniers jours : c’est le cas de Mme Delaclé, accusée de tentative d’enlèvement d’un albinos à Toumodi, en complicité avec d’autres personnes…
Je ne connais ni de près ni de loin la concernée ; encore moins ses supposés complices. Néanmoins, après avoir suivi les nombreuses interventions sur cette triste affaire, après avoir lu l’interview de l’Albinos « miraculé » et après avoir entendu le verdict de la justice, il y a lieu de donner son point de vue.
Je ne suis pas juriste et ne saurait dire en tant que profane, quelle sentence mérite Mme Delaclé et les autres condamnés à la place de la Justice. Cependant, il y a le bon sens qui nous aide à voir les choses dans la même direction ou dans la direction contraire à celle du jugement rendu, selon qu’il est partial, impartial ou corrompu…
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Partant sur la base d’une justice impartiale et non corrompue
 
Bien que je sois contre les sacrifices bizarres qui nous fatiguent en Afrique, on ne peut prêter d’autres intentions à Mme Delaclé dans le cas du jeune albinos et la condamner sur la base desdites intentions. Par contre, on peut la juger, voire la condamner par rapport à ce qui s’est réellement passé…
Selon le jeune-homme que je choisis ici d’appeler « l’albinos de Mme Delaclé », les envoyés de Mme Délaclé sont allés dans l’atelier où il travaille. Ils ont demandé la permission à son Patron pour qu’il(l’albinos) vienne avec eux chez Mme Delaclé qui l’attendait avec un sacrifice, qu’elle devrait lui remettre (le sacrifice devant être remis à un albinos selon ce que nous avons lu).
D’abord dans nos cultures, il n’est pas interdit de remettre un sacrifice à quelqu’un…
Certes Dieu condamne cela dans les saintes écritures, mais nous ne sommes pas dans le cadre religieux ici, donc on peut faire fi de cela dans cette note.
Et après avoir lu l’interview de « l’albinos de Mme Delaclé », il est clair que Mme Delaclé avait l’intention de faire un sacrifice… Or, faire un sacrifice en remettant quelque chose à un albinos est bel et bien différent de sacrifier un albinos… Ce sont deux catégories de sacrifice différentes. J’espère que tous comprenons que c’est deux choses différentes.
Remettre quelque chose à quelqu’un, à un vieux clair ou noir devant une mosquée, à une femme forte (grosse) et petite (courte) à un carrefour, à des jumeaux ou à des triplés en train de mendier avec leur mère au bord de la route, à un albinos qui a du mal à voir sous le soleil (et j’en passe) est bien le quotidien de nombreux Africains à la recherche du bien être social, que nos réalités spirituelles en Afrique nous empêcheraient d’avoir.
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Le sacrifice hors du cadre religieux et dans le cadre religieux

 
Ceux qui comprennent qu’il vaut mieux prier Dieu et attendre sa grâce, ne vont peut-être pas remettre quelque chose à un albinos, mais sont le plus souvent abusés par certains faux pasteurs qui ternissent l’image du corps du Christ. Le sacrifice se transformant en offrande dans le cadre religieux est conseillé voir quémandé par certains soi-disant hommes de Dieu. D’autres s’arrangent pour faire plusieurs quêtes par culte, soi-disant pour « augmenter la puissance du Saint Esprit », ou pour « solliciter l’arrivée du Saint Esprit »; comme s’ils paieraient le transport du Saint Esprit en première classe depuis le siège de Dieu…
Pour finir, la population traumatisée et confuse entre les mensonges et la cupidité de certains « hommes de Dieu » et ceux des faux marabouts et féticheurs, ne sait plus à quel saint se vouer…

Est-ce que la justice peut pour autant nous sauver par son intransigeance sur les cas isolés, tel que celui de Mme Délacle?

Dans tous les cas, cette pratique qui consiste à donner quelque chose à quelqu’un de spécifique en guise de sacrifice, dans l’espoir de voir débloquer une situation ou de se voir atteindre un objectif, fait partie du quotidien africain.
Néanmoins, il faut déplorer le fait que les sacrifices ne se limitent pas à remettre quelque chose à quelqu’un, mais vont au-delà des pires bassesses de l’homme, lorsque son âme est à la merci du Diable qui le guide à sa guise. C’est ce qui explique les nombreux crimes odieux dans notre société qui ne produisent qu’un « plaisir satanique »,
loin de la paix et du vrai bonheur que seul Dieu sait donner.
Dans le cas de « Mme Delaclé et de son albinos », on peut apporter toutes sortes de spéculations, toutes sortes d’imaginations, mais la vérité ne sera jamais sue. Et ce n’est pas en s’imaginant ce qui aurait pu arriver que cela deviendrait vérité…
NB : Alors il y a tout simplement le bénéfice du doute dans ce contexte.
La seule vérité certaine est la version officielle qui dit que Mme Delaclé voulait remettre quelque chose au jeune albinos. Ne pouvant se déplacer pour aller chercher un albinos en ville puisque les albinos ne courent pas les rues, des personnes autour de cette dame ont voulu lui faire plaisir en lui faisant venir un jeune albinos pour recevoir son sacrifice. Ces personnes ou émissaires ont demandé la permission au Patron du jeune albinos pour venir avec eux afin que Mme Delaclé lui remettre son sacrifice; ce qui veut dire que le patron saurait qui est venu chercher son employé en cas de disparition. La seule question qui reste posée ici, est de savoir pourquoi Mme Delaclé ne s’est-elle pas déplacée à l’Atelier pour remettre son « cadeau sacrificiel » au jeune albinos.
Si ces gens avaient l’intention de sacrifier le jeune albinos plutôt que de lui remettre un sacrifice, ils ne se seraient pas présentés à visage découvert dans l’atelier du patron, on peut bien penser. (Ce n’est qu’une hypothèse).
Ils tendraient un piège à cet albinos la nuit dans le noir et le kidnapperaient pour aller le sacrifier discrètement.
Dans cette hypothèse, imaginer autre chose que la remise d’un sacrifice à « l’albinos de Mme Delaclé » ne relèverait-il pas du doute tout simplement ?
Y-a-t-il lieu de prendre des décisions juridiques pour satisfaire les suppositions de la population? Car ces suppositions restent à vérifier. La seule « vérité » c’est que Mme Delaclé voulait remettre un sacrifice au jeune albinos…

La Loi Ivoirienne sur les sacrifices, les pratiques occultes et leurs dérivés

Y a-t-il une loi en Côte d’Ivoire désormais qui condamne la remise de quelque chose en guise de sacrifice à quelqu’un, fut-il à un albinos ?
Si tel est le cas, il faut alors condamner Mme Delaclé sur cette base. Au cas où il n’y aurait pas de loi pour condamner le sacrifice (remise de quelque chose à quelqu’un, servir un repas aux enfants du quartier, casser un œuf à un carrefour ou y verser des grains de maïs, de mil ou d’arachide, verser du lait dans la lagune ébrié ou dans la mer, donner des os aux genis de la forêt du Banco ou de Sebroko, après avoir manger la viande, s’assoir sur le « klouaba » de la rivale etc); on ne saurait alors prononcer une condamnation si lourde au bénéfice du doute.
Il faut donner au « bénéfice du doute » sa raison d’être.
Il est vrai que des mesures doivent être prises pour mettre fin aux pratiques criminelles qui satisfont le diable à travers les sacrifices odieux, la sorcellerie, vraie source de la misère africaine, que nous faisons l’effort d’ignorer ou même de nier la pratique. Mais cela ne doit pas être fait dans la complaisance.
Pour parvenir à une solution véritable à ce phénomène, une vraie politique doit être menée à cet effet. Une décision politique doit être prise pour sensibiliser la population afin d’abandonner ces pratiques pour le bonheur de tous, n’en déplaise aux nombreux démons et esprits sataniques qui exigent des sacrifices bidons par la voix des agents qui travaillent à leur compte.
Les Occidentaux ont utilisé des moyens très durs pour combattre la sorcellerie, conscients du fait qu’aucune société ne peut se développer dans les pratiques occultes...
Chez nous, on ne songe à prendre de telle décision car ceux mêmes qui doivent les prendre sont plus sorciers qu’on se l’imagine. Et ce n’est pas le prophète Joël Krasso entre autres qui me dirait le contraire, lui qui réussit à faire avouer les grands sorciers de leurs forfaits et certaines de leurs stratégies de sorciers.
Condamner si sévèrement Mme Délaclé dans un jugement qui devrait faire prévaloir la présomption du doute, semble un signal fort pour décourager les adeptes du « sacrifice »; mais là aussi, on a l’impression que notre justice choisit de « sacrifier » Mme Delaclé (malgré le doute dont elle bénéficie), pour vouloir se donner une crédibilité ternie par le dictat des politiciens… Et pourtant, aussi longtemps qu’on ne prendra pas des lois sérieuses qui s’appliquent à tout le monde, les crimes de sacrifices ne prendront jamais fin dans nos pays d’Afrique noire. Et ce n’est pas en condamnant sévèrement une citoyenne malgré le doute dans son cas, qu’on serait sur la voie de la solution.
La vraie solution serait de prendre une décision politique qui s’applique à tout le monde dans le pays, sans exception; allant du Président de la République au citoyen le plus ordinaire (cultivateur, pousseur d’aut(r)o, vendeurs de gnamakoudji etc ).
Une telle décision politique doit être codifiée dans notre constitution, afin qu’elle soit appliquée à la lettre. Cela permettrait de sauver des vies humaines. Tous savons que beaucoup de crimes odieux sont commis à l’approche des élections, mais aucune décision sérieuse n’est prise pour mettre fin à ces pratiques d’une autre époque. La forêt du Banco, ce DON d’un ancien colon à la ville d’Abidjan est le QG (quartier général) des nombreux marabouts et féticheurs qui y défilent avec leurs clients pour y faire des sacrifices bizarres ou toutes sortes d’adoration, attirant ainsi tous les démons de la sous région dans notre pays. Le résultat n’est autre que le règne des esprits de guerre, de violence et de crimes sacrificiels.
C’est su de tous mais rien n’est fait… Ce n’est pas avec des verdicts aux fins de séduction (avec le cas de Mme Dalaclé) qui va sauver notre pays des pratiques occultes qui ne conduisent qu’à la désolation généralisée dans nos pays africains.
Les esprits démoniaques si bien entretenus par les pratiques occultes font souffler le vent de guerre d’un pays à un autre sur le continent africain, mais on refuse de voir et de comprendre.
Vivement que la distraction prenne fin et que des décisions sérieuses soient prises dans l’intérêt du développement vrai de notre pays en particulier et du continent africain en général.
On pourrait déployer des hommes (policiers, gendarmes…) pour surveiller les endroits stratégiques tels que la forêt du Banco, nos plages, les alentours des lagunes etc, contre les pratiques occultes…
La sorcellerie est un fléau au même titre que les maladies endémiques (peste, sida, choleras, paludisme, cancer etc) si elle n’est pire. Et ce que la population aimerait entendre, c’est par exemple le déploiement d’une police spéciale pour la sorcellerie qui serait en train d’enquêter sur les nombreux crimes occultes; un ministre de la lutte contre la sorcellerie qui serait en train d’exposer son programme de lutte au parlement ; organiser un forum de lutte contre la sorcellerie où des sociologues, des magistrats, des intellectuels, des prophètes… seraient en train de réfléchir à la manière d’endiguer cette nébuleuse… LA SORCELLERIE…
Ce que la population aimerait entendre, c’est des décisions et une réelle volonté de punir tous ceux qui seraient coupables du délit de sorcellerie codifié dans notre constitution. Voici ce que veut le peuple de Côte d’Ivoire et non des actions isolées entreprises pour amuser la galerie, se donner bonne conscience…
La meilleure condamnation pour Mme Delaclé est d’avoir été exposée au grand public pour un acte qu’elle aurait souhaité très discret. Si cela peut l’aider à entendre la voix de Dieu et à comprendre que le sang de Jésus a coulé sur la croix pour la racheter, c’est tant mieux.
Que tous comprennent qu’aucun albinos ne peut sauver qui que ce soit, et que Dieu ne les a pas créés pour que nous leur remettions des sacrifices de tout genre ou pour que nous les sacrifions dans le but d’avoir un succès éphémère sur terre. Vanité des vanités, tout est vanité dit Ecclésiaste chapitre le deuxième verset… Comme vous et moi, les albinos sont eux aussi des créatures de Dieu qui méritent vivre en paix comme tout le monde.
Dieu ait pitié de nos pratiques des ténèbres…
Dieu protège les Albinos d’Afrique! Dieu nous protège et que sa lumière nous éclaire !
Soyez richement béni !
Copenhague, 27 Juillet 2012
Rosalie Kouamé «Roska»
Ambassadrice de l'EDUCATION, de la CULTURE, de la JUSTICE, de l'AMOUR du prochain et de la PAIX.
Présidente Fondatrice - Fondation Roska
roska_net@hotmail.com roska_net@yahoo.com
Blog: http://roskanews.africaview.net
 




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