Lettre ouverte à Affi N'Guessan, président du FPI

Mardi 1 Avril 2014 - 06:07


Quand, le 11 avril 2011, le président GBAGBO a été arrêté par les militaires français qui ont ainsi mis fin, anti-démocratiquement, à  son pouvoir.
Quand tu as  été mis en prison, en compagnie de bon nombre de cadres FPI et d’Ivoiriens ayant décidé de servir loyalement la république démocratique de Côte-D’ivoire.
Donc quand tu n’étais pas à même de le diriger, le parti dont tu es le chef, a réussi –en ton absence-à résister à toutes les tentatives:
 
-de sabordage et/ou de récupération avec le malheureux dessein de se l’approprier ou, à tout le moins, d’en tronquer l’idéologie (Mamadou Koulibaly)
   -d’intimidation, de répression tous azimuts, de chantage sur les cadres du parti et sur les alliés démocratiques du FPI  : gel des avoirs  ; suppression de la subvention de l’état aux partis politiques représentatifs afin de leur retirer tout moyen de s’opposer. ( le pouvoir Ouattara et ses allies du RHDP)
-de subornation, de récupération politique des cadres flottants de ton parti.
 -d’élimination en masse, de génocide  des alliés pour la démocratie du président GBAGBO  ;  et de tous ceux qui sont de son côté, qui  épousent sa conception de la politique.
   -raser les régions décrétées pro GBAGBO et qui sont les zones agricoles les plus fertiles de la Côte-D’ivoire pour en remplacer  les propriétaires terriens dont les plantations sont redistribuées aux mercenaires ouest africains ayant aidé à la prise du pouvoir par Ouattara.
Tout cela n’a eu aucune incidence notable sur le parti que tu diriges actuellement.
Au contraire, ce passage forcé, par le feu de la dictature, du rattrapage ethnique, de la haine pour tout ce qui est pro GBAGBO, de l’ingratitude et de la méchanceté gratuite qui semblent  être une tare génétique de ces hommes qui dirigent pour le moment notre pays  ; ce passage au fer de ce qu’il n’est pas inconvenant d’appeler la résistance patriotique ivoirienne, a permis aux résistants d’être aguerris et de s’organiser autrement pour continuer la lutte.
Ils ont ainsi pu vaincre la peur du Dozo et des FRCI déversés, disséminés dans tous les coins et recoins de la Côte-D’ivoire pour étouffer toute velléité de révolte.
Ils ont également réussi –malgré l’épée de Damoclès d’un CNP aux ordres-        à remettre en selle les  journaux  bleus, porte-voix de nos souffrances quotidiennes.
Maintenant, grâce à eux, l’air  politico-socio-économique du pays est légèrement plus respirable.
Maintenant, dire, écrire et faire publier la vérité sur les  résultats
du scrutin présidentiel de 2010 n’est presque plus un crime automatiquement passible de la cour martiale.
 En tant que président du FPI, parti créé par le président LAURENT GBAGBO pour défendre les intérêts des Ivoiriens, tu es le  négociateur en chef  pour le compte:
- des pro-GBAGBO
-de tous les hommes  politiques ivoiriens  qui aspirent à un ordre social démocratique en Côte-D’ivoire
-de tous les militaires incarcérés, humiliés, conduits à un exil intérieur ou extérieur pour avoir servi les institutions républicaines
-de l’ensemble des Ivoiriens dépossédés de tout à cause de leur adhésion aux idéaux de ton parti, des hommes et des femmes épris de paix, de liberté, de justice.
Et tu constates toi-même que malgré «  le bon ton  » que tu t’efforces d’utiliser dans tes rapports avec les hommes au pouvoir
 Malgré les ouvertures sur la voie de la réconciliation que le FPI fait au parti au pouvoir, le parti de Ouattara reste droit dans ses bottes de dictateur.  
Rien ne l’émeut. Rien  ne le fait fléchir.
 Rien ne nous permet de comprendre, dans son attitude, qu’il est sensible à la souffrance que les Ivoiriens acceptent de continuer d’endurer en espérant que va enfin l’assagir, l’usage du pouvoir après lequel il a couru pendant tant de temps  et pour lequel il a tué tant de gens  pendant plus d’une décennie  !
   Il vient de décider de conduire Charles Ble Goudé à la CPI, et, il faut s’attendre à ce qu’il en soit de même pour Simone GBAGBO  -pour ne parler que d’elle.
   Tu constates donc que rien, absolument rien, ne peut l’attendrir ni le ramener à la raison  :  
     -ni la raison d’état qui impose que la recherche démocratique de la paix soit le moteur et le préalable à tout développement social et économique d’une nation. (ils ont pourtant vu ce que le président LAURENT GBAGBO a dû demander au peuple ivoirien comme sacrifices pour espérer aller à la paix avec les rebelles qu’ils ont toujours été).
    -ni les rapports incriminants des organisations internationales  de défense des droits de l’homme qui, dans une belle unanimité, reconnaissent enfin s’être trompées lorsqu’elles  couvraient le pouvoir Ouattara des épithètes les plus flatteuses et clouaient au pilori le pouvoir du président LAURENT GBAGBO  qu’elles  n’ont pas hésité à vouer aux gémonies  !
    -ni les déclarations du FPI pour attirer l’attention de la communauté internationale, celle du pouvoir Ouattara lui-même et celle des Ivoiriens sur les dérives du pouvoir, sur la bonne foi de ton camp, pour prendre tout le monde à témoin, ne sont suffisantes pour le faire fléchir  !
Tu comprends que d’un tel pouvoir, qui s’est établi dans le sang des  Ivoiriens,  qui attend encore de soumettre individuellement les Ivoiriens jusqu’au dernier au lieu de faire amende honorable pour toute la sauvagerie qui a caractérisé son accession au pouvoir  ;
Tu as dû voir toi-même que d’un tel pouvoir, qui ne comprend rien  à la démocratie, pour lequel la gestion du pouvoir d’état est une aubaine pour s’en mettre plein les poches, pour distribuer les richesses nationales à tous ceux qui l’ont établi, qui gouverne dans l’insouciance et/ou le dessein bien pensé de détruire notre pays car ne s’employant qu’à laisser exsangue notre économie avec sa politique d’emprunts tous azimuts  et de pillage familial  ; s’efforçant à réaliser la désorganisation  totale des institutions de notre pays   avant de s’évanouir dans le néant d’ou il a été malencontreusement tire par les prédateurs occidentaux;
Oui, d’un tel pouvoir aussi peu enclin à t’accompagner dans ta recherche de la paix, de la stabilité  pour un développement harmonieux et salvateur de la société ivoirienne;
D’un tel pouvoir dont l’unique souci est de laisser notre pays à feu et à sang, malgré la présence, en son sein, d’Ivoiriens authentiques, tu ne peux rien attendre de bon  !
         Alors, laisse tomber tout scrupule démocratique et romps le «  dialogue politique  » que tu as initié avec lui  !
Arrête de discuter avec Ouattara  et exige carrément, ouvertement, officiellement et publiquement la libération du président GBAGBO, celle de tous les démocrates et militaires loyalistes qui croupissent dans les prisons de Ouattara et le retour de tous les ivoiriens qui ont dû fuir sa dictature  !
      Romps le dialogue avec ce pouvoir génocidaire, tortionnaire,  et ne le rétablis que lorsqu’il aura fait droit entièrement à toutes les exigences démocratiques des combattants de la liberté  dont ton parti est le porte-flambeau momentané.
        Personne ne t’en voudra d’avoir longtemps tergiversé en croyant que ce pouvoir de Ouattara pouvait changer de nature, qu’il finirait par  comprendre le besoin de paix et de réconciliation des Ivoiriens meurtris puisque, arrivé au pouvoir dans la barbarie, le peuple de Côte –D’ivoire pacifique l’a quand-même laissé le diriger pendant trois ans. Vaine espérance  !
      Tu finiras par comprendre  :
   -que le seul langage qui soit compréhensible par ce pouvoir, ce n’est pas celui de la courbette, de l’hésitation et de la présomption de bonne foi que tu lui concèdes si facilement mais plutôt celui qui, dit-on, utilisé par le FPI  a permis hier la libération de Koua Justin et Martial Yavo arrêtés au palais de justice lors de l’audition de Charles Blé Goudé avant son transfèrement à la Haye.
   -que  c’est l’inversion du rapport de forces en notre faveur,  qui, seule, peut le faire reculer  !
    -que pour arriver à cette étape, il te suffira –comme l’a dit Koffi Koffi Lazare-  de te débarrasser de ton comportement policé afin de donner aux militants, sympathisants et aux démocrates ivoiriens des mots d’ordre clairs de libération de celui en qui plus de la moitié des Ivoiriens et des Africains démocrates se reconnaissent  : le président LAURENT GBAGBO et tous ceux qui se trouvent en prison ou en exil pour l’avoir suivi.
    -qu’il te faut abandonner cette posture que l’on te colle –à tort ou à raison- qui te fait passer pour un équilibriste politique.  
    -qu’il t’utilise comme il le fait avec la CDVR de Konan Banny pour mettre une couche de vernis de démocrate sur son blason terni même au près de ses amis occidentaux.
   -qu’avec ou sans toi, son plan est déjà arrêté  :
il doit encore être le prochain dirigeant de la Côte-D’Ivoire, réconciliée de force ou pas, même si pour cela il ne doit être élu que par Henri Konan Bédié, Mabri Toikeusse et Gnamien Konan seuls  !
       Tu comprendras que la poursuite de l’opération de recensement de la population maintenue malgré ton interpellation publique participe de cela, puisque les chiens aboient, la caravane passe  !
                                        Ce dimanche 23 mars 2014 .
                                                                                      GUIPIGOU KRIBLOS.




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !