Lettre de protestation contre la réception à l’Elysée d’Alassane Dramane Ouattara

Lundi 23 Juillet 2012 - 07:15


Lettre de protestation contre la réception à l’Elysée d’Alassane Dramane Ouattara
Balié Topla
2020 Pennsylvania Ave
N.W., Suite 162
Washington, DC 20006
Phone: 202 299 4892
Washington DC, le 20 juillet 2012
Monsieur François Hollande
Président de la République Palais de l'Elysée 55, rue du faubourg Saint-honoré 75008 Paris
France

Objet : Lettre de protestation contre la réception à l’Elysée d’Alassane Dramane Ouattara

Monsieur le Président,

Je viens très respectueusement vous signifier mon mécontentement de ce que vous recevrez bientôt Alassane Dramane Ouattara qui fait office de président de la république de Côte d’Ivoire. Vous avez reçu récemment Monsieur Bongo du Gabon. Des informations glanées çà et là, nous font comprendre que l’Elysée ne serait pas tout à fait étranger à la réception de Guillaume Soro par Monsieur Claude Bartolone, Président de l’Assemblée Nationale française. Je suis surpris par la qualité des personnes que vous venez de recevoir ou que vous allez recevoir. Je suis d’autant plus surpris que j’ai écouté ces derniers jours l’interview que vous aviez accordée à Jean Michel Aphatie le 22 décembre 2010 sur RTL : (http://www.youtube.com/watch?v=Kk5Yg1Ylwyg&feature=player_embedded)
Au cours de cette interview, Monsieur le Président, vous vous êtes déclaré « intraitable et implacable depuis 2004 quand vous avez vu ce dont il (Monsieur Laurent Gbagbo) était capable ». A la question du journaliste vous rappelant qu’en 2004, vous aviez déjà dit que Monsieur Gbagbo était infréquentable, vous n’avez pas démenti. Vous aviez déclaré aussi qu’il « fallait être d’une clarté parfaite et totale, sans compromission avec ceux qui utilisent la violence ». En faisant allusion à Monsieur Gbagbo, vous aviez aussi fustigé « ceux qui utilisent une élection de 2000 pour se maintenir au pouvoir depuis dix ans ». Vous aviez parlé aussi de dictature et d’escadron de la mort. En vous écoutant, Monsieur le Président, on se rend bien compte de votre haine viscérale pour Monsieur Gbagbo mais aussi de votre parfaite méconnaissance des réalités ivoiriennes et africaines. Sinon, comment comprendre que vous prétendiez vous éloigner de la Françafrique alors que votre premier visiteur est Monsieur Ali Bongo, celui-là même qui a hérité du père. Aujourd’hui les diplomates anciens et nouveaux en poste au Gabon, les services de renseignements français ainsi que certains médias, sont tous unanimes pour dire que les résultats des dernières élections présidentielles gabonaises ont été tout simplement inversés pour permettre à Ali Bongo, ami de la France, de succéder à son défunt père, lui aussi grand ami de la France : (http://www.dailymotion.com/video/xfo101_francafrique-extrait-1_news#). Cette vidéo sur la Françafrique corrobore cette thèse.
Monsieur le Président, vous refusez d’aller en Ukraine car un premier ministre est injustement emprisonné. En Côte d'ivoire, ce sont deux premiers ministres qui sont en prison, Affi Nguessan et Aké Ngbo. Vous voulez chasser le Président Hassad du pouvoir en Syrie parce qu’il tue son peuple ; en Côte d’Ivoire, on tue, on viole et ceux qui sont au pouvoir actuellement n'ont fait que ça avant, pendant et après les élections. Refuser de recevoir des dictateurs et accueillir Alassane Dramane Ouattara qui emprisonne son opposition, cela est difficile à comprendre.
Monsieur le Président, le changement a été le thème central de votre campagne présidentielle. Ce changement, il requiert beaucoup de courage et beaucoup d’humilité. Ce changement, il se fait d’abord sur soi-même, en changeant le prisme par lequel vous voyez les autres et la réalité non pas tels qu’ils sont mais tels que vous voudriez qu’ils soient. Ensuite seulement, Monsieur le Président, vous pourrez prétendre changer la France et le reste du monde.
Je vous le concède, Monsieur le Président, que le premier secrétaire du parti socialiste n’avait peut-être pas le même niveau d’information que le Président de la République que vous êtes aujourd’hui. A ce stade de mon propos, permettez-moi de faire trois remarques : la première est qu’il me semble, qu’à vos yeux, la vie d’un Noir ne vaut rien, seule la vie d’un Blanc a de la valeur. Sinon, comment comprendre que depuis 2002, les Ivoiriens meurent par milliers sous les balles de ceux qui sont en passe de devenir vos nouveaux amis et que vous, vous n’avez jamais élevé une quelconque protestation. Mais il a fallu la mort de neufs soldats français pour que vous vous indigniez tout à coup.
Monsieur le Président, vous avez une indignation sélective.
Deuxième remarque, des informations qui nous parviennent de l’instruction de cette malheureuse affaire de mort de neuf soldats français, il s’avère aujourd’hui que Monsieur Gbagbo soit complètement étranger à cette méprise inqualifiable ayant entrainé mort d’hommes. Troisième remarque, vous vous dites intraitable et implacable en parlant du Président Gbagbo comme s’il était tout simplement votre obligé. Devons-nous comprendre que, dans les relations entre la France et l’Afrique, même le premier secrétaire du parti socialiste est toujours supérieur à un chef d’état africain?
Monsieur le Président, vous fustigiez ceux qui utilisent la violence alors que vous recevez Guillaume Soro, chef rebelle et chef de guerre, qui est susceptible de poursuites devant le Tribunal Pénal International. Vous fustigiez la violence alors que vous vous apprêteriez à recevoir Alassane Dramane Ouattara, père et seul bénéficiaire des coups d’état et rébellion qui ont eu cours en Côte d’Ivoire depuis 1999. Monsieur le Président, vous fustigiez aussi « ceux qui utilisent une élection de 2000 pour se maintenir au pouvoir », allusion claire à Monsieur Gbagbo. Ce jugement définitif est aussi une autre preuve de votre méconnaissance profonde du dossier ivoirien. Au cas où cela vous aurait échappé, la Côte d’Ivoire est un pays souverain, dont la vie politique est rythmée, en principe, par les textes dont le peuple ivoirien s’est librement doté. Une des dispositions de la loi fondamentale ivoirienne stipule qu’aucune élection ne peut se tenir dans le pays si tout ou partie du territoire national est occupé. Et le Président Gbagbo a fait suffisamment de concessions pour que les rebelles déposent les armes mais c’était sans compter avec leur agenda secret et l’hypocrisie de la Communauté Internationale qui exigeait au Président Gbagbo d’organiser des élections sans jamais demander aux rebelles de désarmer.
Monsieur le Président, comment pouvez-vous déclarer Monsieur Gbagbo infréquentable, alors même que vous déroulez le tapis rouge aux pires crapules de la région ; faire recevoir Monsieur Soro Guillaume par le président de l’Assemblée Nationale française. Vous a-t-il fait parvenir par le canal de Monsieur Bartolone un exemplaire de son livre intitulé « pourquoi je suis devenu rebelle » ? Cela vous aurait certainement permis de mieux connaitre le personnage. Ayant à peine fini sa deuxième année d’université, Soro Guillaume est le chef de la rébellion qui ensanglante la Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002.
Monsieur le Président, au moment où la justice française lance un mandat d’arrêt international contre Teodoro Nguema Obiang pour biens mal acquis, vous recevez à l’Elysée Monsieur Bongo du Gabon. Il ne vous aura pas échappé non plus que le système Françafrique des valises d’argent vers l’Hexagone, c’est le Gabon. Pourquoi y a-t-il ceux que vous déclarez infréquentables à vie et ceux que vous tolérez ?
Monsieur le Président, celui que vous ne devriez pas fréquenter, c’est celui-là même à qui vous vous apprêteriez à ouvrir vos portes ce 26 juillet selon l’information dont nous disposons. J’espère seulement pour vous, Monsieur le Président, qu’une fois votre entretien terminé, vous prendrez bien soin de publier un communiqué de presse de sorte à annoncer clairement ce qui aura été dit et ce qui ne l’aura pas été pour éviter toute affabulation d’après visite car votre prochain invité est menteur, manipulateur et tricheur.
Pour vous présenter Alassane Dramane Ouattara, je vais recourir à un premier document que je vous joindrai en annexe de mon courrier (document 1). C’est le discours prononcé par l’ancien Président Bédié pour justifier le mandat d’arrêt qu’il avait lancé contre Alassane Dramane Ouattara, son allié d’aujourd’hui, pour nationalité douteuse. Ceci expliquant cela, Alassane Dramane Ouattara s’est résolu à recourir aux coups de force pour arriver à ses fins : la Côte d’Ivoire connait son premier coup d’état en 1999, s’ensuivent trois tentatives et le coup d’état du 19 septembre 2002 qui se transforme en une rébellion sanglante. Nous tenons de Koné Zakaria, chef de guerre et commandant de la zone de Bouaké la révélation qu’Alassane Ouattara est bien le père de la rébellion en Côte d’Ivoire. (http://www.youtube.com/watch?v=ZxZ6CURaqs4&feature=player_embedded#!). Dans cette vidéo réalisée lors d’un meeting qu’il tenait dans le nord du pays sous contrôle de la rébellion, Koné Zakaria demande aux populations de soutenir le MPCI non pas pour sa personne à lui, ni pour la personne de IB, mais bien pour Alassane Dramane Ouattara.qui leur a acheté les armes et qui, durant leur préparation au Burkina Faso, leur a fourni sacs de riz et 25 millions de francs par mois. Dans cette même vidéo, Koné Zakaria confesse aussi qu’il était chargé de recruter les gendarmes pour le compte de la rébellion. Cette débauche d’énergie lui vaut aujourd’hui d’être nommé directeur de la police militaire, bien qu’illettré. On comprend dès lors pourquoi la violence et l’insécurité ne baissent pas en Côte d’Ivoire, car ceux qui sont censés les combattre et protéger les personnes ne s’accommodent que très peu de subtilités en matière de droits de l’homme et des libertés publiques, parce qu’ils n’ont reçu aucune formation adéquate. J’en veux pour preuve ce témoignage poignant de notre compatriote, Monsieur Dominique Paillé, dont les bras du fils d’un proche ont été coupés.
(http://www.wat.tv/video/dominique-paille-fils-mes-3lfhr_2hpbt_.html)
Dans son témoignage, Monsieur Paillé cite nommément les FRCI d’Alassane Dramane Ouattara et se pose à haute voix la question de savoir si la France avait fait le bon Choix en soutenant Alassane Dramane Ouattara. Tout cela se passe de commentaires.


1/ En effet, Alassane Dramane Ouattara n’a pas gagné les élections en Côte d’Ivoire, c’est le soutien de la France qui lui vaut d’occuper le fauteuil présidentiel ivoirien. Grace à l’intervention personnelle de Monsieur Sarkozy, les ambassadeurs de France et des Etats-Unis conduisent Monsieur Youssouf Bakayoko, président de la Commission Electorale Indépendante au quartier général du candidat Alassane Dramane Ouattara pour y annoncer des résultats de l’élection présidentielle de Côte d’Ivoire devant la presse internationale, alors que, depuis minuit la veille, cette Commission Electorale Indépendante que dirigeait Monsieur Youssouf Bakayoko était forclose pour n’avoir pas été capable de donner les résultats dans le délai de trois jours qui lui était imparti, voire vidéo témoignage de France 24 . (http://www.youtube.com/watch?v=w3SJ0O-0EsQ&feature=relmfu)

2/ Les manipulations d’Alassane Dramane Ouattara qui ont conduit à l’intervention militaire de la communauté internationale. Alassane Dramane Ouattara est un tricheur et un menteur. La seule chose qu’il a trouvée à faire a été de créer l’émotion populaire qui oblige la Communauté Internationale, au nom de la protection des civils, à intervenir militairement en Côte d’Ivoire. La première étape de son plan diabolique se déroule via son journal de propagande « le Patriote » qui barrait sa Une avec l’image d’un homme en feu. La légende qui accompagnait cette scène affreuse disait que c’est Laurent Gbagbo qui brûlait ses opposants (Document3 page 1). Quelques semaines plus tard cette même photo était brandie sur France 24 (Document3 page 2), l’indignation populaire était immédiate. On apprendra plus tard que la scène de l’homme en feu a effectivement eu lieu, mais en Afrique du Sud avec l’intervention de policiers blancs pour sauver la victime (Document3 pages 3-6). Le deuxième élément de cette mise en scène macabre, c’est le cas des femmes tuées d’Abobo, qui auraient été victimes des armes lourdes du Président Gbagbo. Le livre-enquête de Leslie Varenne tend aujourd’hui à prouver le contraire (document 2). Toujours est-il que les mensonges d’Alassane Dramane Ouattara ont suscité l’entrée en guerre de la Communauté Internationale en Côte d’Ivoire pour, selon elle, détruire les armes lourdes du Président Gbagbo, alors même que cette même Communauté Internationale continuait à armer, entraîner et à transporter les rebelles d’Alassane Dramane Ouattara. Témoignage d’Odile Tobner, présidente de l’association Survie :(http://www.youtube.com/watch?v=hB0_ZXe9bbw). Bien sûr, tous ces montages réalisés par les officines d’Alassane Dramane Ouattara ont été diffusés largement par les médias européens, ce qui a tout naturellement faussé la perception de la crise ivoirienne au sein de la société française.

3/Politique de discrimination et de «rattrapage». Depuis qu’Alassane Dramane Ouattara fait office de président en Côte d’Ivoire, il n’a cessé de discriminer les Ivoiriens. Interrogé à Paris par la presse, il expliquera lui-même cette politique de discrimination qu’il appelle d’ailleurs « politique de rattrapage ». Au nom de ce rattrapage, tout le monde est licencié de l’Hôtel Ivoire, de la Sotra (Société des Transports Abidjanais) ou même de la Télévision Ivoirienne et j’en passe, et tout cela serait pour des raisons économiques. Mais après ces vagues de renvois, ces mêmes entreprises enregistrent immédiatement de nouveaux entrants. Au nom de cette politique de rattrapage, toutes les hautes fonctions dans l’administration sont occupées par des hommes et des femmes aux patronymes du Nord du pays (voire document 4)

4/ Une politique de terreur. Alassane Dramane Ouattara gouverne par la peur et la terreur. Il a lâché ses dozos et autres repris de justice à travers tout le pays. Que ceux qui veulent plaider la thèse de bandes incontrôlées comprennent que les rôles sont astucieusement partagés. Aux bandes armées de tétaniser et de maintenir les populations dans la peur et à Alassane Dramane Ouattara de parcourir le monde pour cultiver sa respectabilité. Et puis comment feraient-elles autrement ces bandes armées ?, Ces bons petits soldats qu’Alassane Dramane Ouattara n’a jamais payés, et qui ont gardé leurs kalachnikovs dont ils se servent cambrioler et tuer. La nuit venue, certains d’entre ces soldats s’érigent en chefs de gangs. Mais ils tuent surtout les populations qu’ils pensent être favorables au Président Gbagbo.
L’arrestation du personnel de la présidence, des dignitaires du régime du Président Gbagbo, la justice-vengeance en quelque sorte (document 3 pages 7-15)
Pourquoi les rebelles d’Alassane Dramane Ouattara se gêneraient-ils, ils ont les soldats français avec eux. Ces soldats, au lieu de protéger les victimes, ils sympathisaient plutôt avec les bourreaux (document 3 page16)
Que sont-ils devenus tous ces jeunes arrêtés par les milices d’Alassane Dramane Ouattara (document 3 pages 17-42)
Le rodéo meurtrier, la terreur dans la ville, des véhicules passant sur des êtres vivants, grand spectacle en plein jour (document 3 pages 43-49)
Tortures et exécutions sommaires sont monnaie courante sous Alassane Dramane Ouattara (document 3 pages 50-54)
Scènes de désolation au quotidien (document 3 page 55)
Tout cela ne se fait pas au hasard, on prend quand même soin de vérifier les pièces d’identité pour voir qui est-ce qu’on arrête. Ailleurs, on appelle cela «épuration ethnique» (document 3 pages 56-57), mais en Côte d’Ivoire, qui s’en préoccupe ; les Ivoiriens sont bien livrés à leur propre sort. Les biens pensants de ce monde sélectionnent les sujets pour lesquels ils veulent bien s’indigner
5/Les soldats Burkinabés ayant combattu pour Alassane Dramane Ouattara occupent aujourd’hui les terres de l’ouest de la Côte d’Ivoire. Ayant chassé les propriétaires Wê de leurs villages, les miliciens d’Alassane Dramane Ouattara exploitent leurs plantations, kalachnikovs en bandoulière (document 3 pages 58-61). Cette partie de la Côte d’Ivoire est devenue une colonie de peuplement pour les civils Burkinabés qui viennent occuper non seulement les plantations mais aussi les forêts classées, voir documentaire de TV5 Afrique : (http://www.youtube.com/watch?v=7jKK0Mnv4Gw).
Par ailleurs, règne sur cette partie du pays, Amadé Ouremi, un chef de guerre d’origine Burkinabé contre qui existent hélas une multitude de rapports de l’ONU, mais ce dernier continue de bénéficier de la protection d’Alassane Dramane Ouattara et de ses soutiens internationaux. Tous ces seigneurs de guerre bénéficient d’une impunité totale. Saviez-vous, Monsieur le Président, que les détenus de Korhogo, dans le nord du pays, sont tous aux mains du chef rebelle Fofié Kouakou, lui-même sous sanctions des Nations Unies ? Telle est la démocratie selon Alassane Dramane Ouattara. Saviez-vous que les chefs de guerre qui détiennent les pro-Gbagbo à Katiola ne sont même pas répertoriés dans l’armée d’Alassane Dramane Ouattara ?
Monsieur le Président, au lieu d’accabler Monsieur Gbagbo, et si organiser des élections présidentielles en Cote d’Ivoire était aussi vital pour votre propre survie, pourquoi n’avez-vous pas aidé à libérer le pays et alors le terrain aurait été plus propice à des élections sécurisées et transparentes. Se montrer intraitable, implacable, comme vous le dites, devant une victime déjà éprouvée par une rébellion injuste, c’est se donner bonne conscience à moindre frais. Le courage aurait voulu, Monsieur le Président, que vous affrontiez plutôt ceux qui sont indûment en armes et qui empêchent un retour à une vie politique normale. Monsieur Gbagbo n’a jamais refusé d’aller à des élections. La démocratie et le multipartisme se confondent en Côte d’Ivoire avec la personne de Monsieur Gbagbo et son parti, le Front Populaire Ivoirien. Vous ne le saviez peut être pas, mais les Ivoiriens lui en savent gré de son combat pour les libertés et la démocratie en Côte d’Ivoire. Il se définit souvent lui même comme un enfant des élections. En effet, le Président Gbagbo a passé 30 années de sa vie comme opposant politique. Il a connu plusieurs fois la prison et l’exil sous Houphouët Boigny. Laurent Gbagbo a échappé à un attentat le 18 février 1992 avant de connaitre à nouveau la prison, cette fois avec son épouse et son fils quand Alassane Dramane Ouattara était Premier Ministre Malgré toutes ces brimades qui ont jalonné la politique de Monsieur Gbagbo, il n’a jamais prôné la violence comme mode d’accession au pouvoir d’Etat. Il a au contraire rédigé un programme de gouvernement, et sollicité le suffrage de ses concitoyens. Quand Laurent Gbagbo est élu pour la première fois en 2000, à l’issue d’une élection qu’il n’a pas organisée, son premier geste a été de nommer un cadre du PDCI comme directeur de cabinet. Ensuite, il a convoqué un forum national de réconciliation avant de mettre en place un gouvernement de large union.
Monsieur le Président, Laurent Gbagbo est tout sauf un dictateur. Quand il accède au pouvoir, Monsieur Bédié était déjà en exil en France suite au coup d’état qui a emporté son régime en décembre 1999. Quant à Alassane Dramane Ouattara contre qui courait un mandat d’arrêt international lancé contre lui par Monsieur Bédié pour nationalité douteuse, il était aussi en exil en France. Monsieur Laurent Gbagbo a pris sur lui d’abroger ce mandat d’arrêt contre Alassane Dramane Ouattara et de le faire revenir au pays. Ensuite Monsieur Bédié et Alassane Dramane Ouattara ont été rétablis dans leur traitement d’ancien Président de la République et d’ancien Premier Ministre. Président, Monsieur Laurent Gbagbo a institué les conseils généraux non seulement pour partager la richesse nationale entre l’Etat et les collectivités locales mais aussi et surtout pour rapprocher l’administration des administrés. Sous la présidence de Laurent Gbagbo, le parlement a voté une loi de financement des partis politiques sur fonds publics. Il convient de signaler ici que même le parti d’Alassane Dramane Ouattara qui n’était pas représenté au parlement a pu bénéficier de ce financement. Par ailleurs, sous le Président Laurent Gbagbo, aucun journaliste n’a été mis en prison pour délit de presse. Non seulement, le Président Gbagbo a abrogé le délit de presse, mais il a aussi et surtout doté le Fonds de Soutien à la Presse de moyens conséquents : 1.6 milliards en 2009 et 1.9 en 2010. Mais les deux mesures phares de la présidence de Monsieur Gbagbo auront été l’instauration de l’école gratuite et l’assurance maladie universelle.
Monsieur Gbagbo infréquentable, quelle méprise, quelle mauvaise foi ! En Côte d’Ivoire, c’est Monsieur Ouattara, alors Premier Ministre qui a institué la carte de séjour pour les étrangers. En Côte d’Ivoire, c’est le PDCI de Monsieur Bédié qui a inventé le concept d’ivoirité, concept très éloigné de la tradition humaniste de Monsieur Gbagbo. C’est d’ailleurs Monsieur Gbagbo qui, en 2010, a abrogé la carte de séjour imposée aux étrangers.
Monsieur le Président, Monsieur Gbagbo n’a pas tué les militaires français de Bouaké, du moins ce sont les rumeurs qui nous parviennent du côté de l’instruction de ce dossier à Paris. Le Président Gbagbo n’est pas non plus à l’origine de la disparition de Monsieur Kieffer. Sinon, Comment expliquez-vous, Monsieur le Président, qu’une année après le départ de Monsieur Gbagbo du pouvoir, cette affaire ne soit toujours pas élucidée, comme si soudain plus personne n’y avait intérêt. Selon nos informations, il existerait des indices sérieux et concordants qui mèneraient vers le camp d’Alassane Dramane Ouattara dans la disparition de Monsieur Kieffer. Par ailleurs, les mots charniers et escadrons de la mort ne sont pas des réalités ivoiriennes, ce sont des inventions d’Alassane Dramane Ouattara, ce ne sont pas des concepts connus en Côte d’Ivoires avant qu’il ne les popularise. Il a toujours une longueur d’avance en matière de manipulation de l’opinion.
C’est pourquoi, Monsieur le Président, mon indignation est grande quant à la visite officielle d’Alassane Dramane Ouattara en France. Pendant votre campagne présidentielle, vous aviez dit que vous ne porteriez pas un chef d’état africain à bout de bras. De quoi allez-vous donc parler avec quelqu’un dont les Ivoiriens ne veulent même pas ? Sa dernière élection législative n’a rassemblé que 13% de la population? Voulez-vous parler de coopération militaire ? Voulez-vous donner quelques armes et munitions à ces bandes armées qui n’en font pas toujours bon usage.
Le changement, est-il toujours maintenant?
Je vous remercie
 

Balié TOPLA, DBA
Executive Director
Cote d’Ivoire Coalition, Inc.
Washington DC
 

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