Les vérités du FPI à Ouattara: "Les peuples ont toujours le dernier mot sur les gouvernants qu’ils éjectent quand la coupe de leur misère est pleine et déborde."

Mercredi 6 Juin 2012 - 00:43


Les vérités du FPI à Ouattara: "Les peuples ont toujours le dernier mot sur les gouvernants qu’ils éjectent quand la coupe de leur misère est pleine et déborde."
Déclaration du Front Populaire Ivoirien (FPI) à la cérémonie de rentrée politique de la plate forme :"Agir pour la Paix et la Nation" (APN)
 
Abidjan – Treichville. Bourse du
Prof Bruno Gnaoulé-Oupoh
Secrétaire National du FPI
Chargé des relations avec les
partis politiques et la société civile
Distingués invités ;
- Camarades membres de la direction de l’APN ;
- Camarades militantes et militants de l’APN ;
- Mesdames et messieurs les journalistes ;
Le Front Populaire Ivoirien, parti au nom duquel je prends la parole pour m’adresser à vous, s’honore d’avoir été invité à cette cérémonie, marquant la rentrée politique de l’A.P.N. sous le thème fort opportun "Agir pour la paix, maintenant".
Camarades militantes et militants de l’APN, qu’il nous soit permis dès l’entame de notre propos, de vous proposer notre lecture du thème de cette manifestation qui se structure autour de trois vocables : Agir, Paix, et Maintenant. Après avoir défini le sens de ces vocables, nous tenterons par la suite de répondre à trois interrogations qui nous semblent déterminantes dans l’examen du thème. Pour qui agir ? Pourquoi agir, et in fine comment agir ?
 

1- Commençons par définir ces vocables
 
D’abord, Agir, verbe intransitif, issu du latin "agere" qui signifie faire, accomplir une action, procéder à l’exécution de quelque chose, Agir s’oppose souvent à parler, de la même façon que l’action s’oppose à la parole. De cette antinomie découle l’expression courante "Assez parlé il faut agir". Le vocable agir peut aussi signifier "intervenir dans l’intérêt de quelqu’un" c’est-à-dire en faveur d’une personne morale ou physique dont on assure la défense.
S’agissant du vocable Paix. Paix, du latin "pax" désigne "la situation tranquille d’un peuple", "d’un pays qui n’est pas en état de guerre". L’épithète tranquille a pour synonyme paisible, calme, sans inquiétude, sans souci. La question qui vient immédiatement à l’esprit est de savoir si le peuple ivoirien et notre pays la Côte d’Ivoire sont en paix ? La réponse est assurément non ! C’est parce que l’APN est convaincu de cette vérité tangible, qu’il a choisi pour thème "Agir pour la Paix" c’est-à-dire, poser des actes pour l’avènement de la paix.
 


2- Pour qui agir ?
 
 
Pour qui agir ? Agir dans l’intérêt du peuple ivoirien et de notre pays la Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire n’est pas en paix parce que, d’abord et surtout, le pouvoir a été arraché par les armes et dans le sang, au président Laurent Gbagbo, dont le pays a été ensanglanté depuis 2002 par une rébellion. Et Laurent Gbagbo, de victime, se retrouve en prison, déporté à l’étranger, en position de bourreau. Avec lui des milliers d’autres fils et filles de notre pays sont en prison ou en exil, dépouillés de leurs biens, à la merci des maladies et de la mort.
Oui le peuple ivoirien n’est pas en paix, il est inquiet du fait de la violence introduite dans notre pays depuis plusieurs années par une rébellion, qui est maintenant au pouvoir et qui mais ne veut toujours pas désarmer.
Les citoyens ivoiriens sont inquiets du fait de l’état quasi permanent de guerre, de belligérance, avec la justice des vainqueurs, l’insécurité galopante et rapprochée dans les villes et campagnes. Cela dans un climat de terreur, entretenu par des meurtres et rafles au quotidien, à l’aide de couvre feux inavoués parce que inavouables. Cela mettrait mal à l’aise les parrains du régime.
Les Ivoiriens ne sont pas en paix parce qu’ils vivent au quotidien avec la peur au ventre, ils craignent pour leurs vies, que les soldats FRCI, débridés c’est-à-dire sans commandement, peuvent leur ôter en tout lieu et en tout temps, et cela en toute impunité parce que ces soldats n’obéissent qu’à leurs propres volontés et désirs.
Les Ivoiriens sont traumatisés, meurtris dans leur chair par la situation qui prévaut. Il est courant de voir nos concitoyens, hommes et femmes, sursauter au bruit banal d’une porte qui claque brutalement ou d’une tôle que le vent fait grincer, redoutant les coups de feu. Les Ivoiriens ne sont pas en paix parce qu’ils ont trop de soucis au nombre desquels la cherté de la vie, la faim, le chômage et ses multiples conséquences désastreuses.
Enfin, la Côte d’Ivoire n’est pas en paix parce que sa Constitution est foulée aux pieds en permanence, avec la confiscation des libertés d’expression (les journalistes détenus arbitrairement, la presse bâillonnée, les medias audiovisuels caporalisés).
Confiscation aussi des libertés d’association et de manifestations. Tous les meetings du Front Populaire Ivoirien ont été systématiquement réprimés dans le sang avec mort d’hommes.
 


3- Pourquoi agir ?
 
 
Partis dans l’opposition, nous étions, pour la plupart d’entre nous à la rencontre le 21 mai dernier avec la délégation du Conseil de Sécurité de l’ONU, où nous avions tous quasiment fait ce même constat, en faisant des propositions pour sortir de cette situation.
C’est pourquoi le Front Populaire Ivoirien s’accorde avec l’APN qu’il faut agir pour la paix maintenant. Cet adverbe de temps se décompose en deux vocables "main" et "tenant". C’est-à-dire la main tenant la situation présente, en d’autres termes, "à présent", "à cette heure", "au temps où nous sommes", "tout de suite". Maintenant signifie qu’il y a urgence à agir, à ne pas différer l’action en la renvoyant aux calendes grecques. Il y a donc lieu d’agir vite, selon l’expression latine "hic et nunc" qui signifie "ici et maintenant, sans tarder".
Poser des actes pour la tranquillité du peuple ivoirien et de la Côte d’Ivoire au temps où nous sommes, ainsi peut être reformulé le thème de votre rentrée politique.
 
L’enjeu est de taille, et la responsabilité immense. Il s’agit de préserver un peuple, une nation de la guerre. Sur le plan politique, dans une République les tenants du pouvoir ont beaucoup plus intérêt à ce qu’il y ait la paix, que ceux de l’opposition.
C’est le lieu pour le Front Populaire Ivoirien, d’interpeller le RHDP, principalement le RDR et le Président de la République sur leur responsabilité première dans la mise en œuvre de la paix ici et maintenant dans notre pays.
Cela d’abord parce que – et les exemples de pays abondent, qui le révèle – on peut être au pouvoir, en détenir les rênes, sans avoir la possibilité de gouverner véritablement, quand les conditions de la paix, c’est-à-dire de tranquillité du peuple ne sont pas réunies.
Les peuples ont toujours le dernier mot sur les gouvernants qu’ils éjectent quand la coupe de leur misère est pleine et déborde. La paix est donc une condition incontournable pour d’abord l’exercice du pouvoir dans une République, ensuite pour le développement durable du pays et la prospérité des citoyens.
Nos gouvernants débordent ces temps-ci d’énergie pour exécuter sans rechigner les treize conditionnalités pour l’atteinte du point d’achèvement du PPTE qu’ils croient être à tort, le sésame du bonheur de la Côte d’Ivoire.
Or la paix fait partie des conditionnalités non écrites mais déterminantes du PPTE. Et cette paix, sans laquelle gouverner la Côte d’Ivoire actuelle, risque de demeurer un mirage, une vue de l’esprit, a elle-même aussi ses propres conditionnalités qui se déclinent en deux points principaux.
 
Le respect de la Constitution de la deuxième République dont s’est dotée la Côte d’Ivoire le 1er Août 2000, précisément en son chapitre premier des libertés et droits,
- article 2 relatif au caractère sacré de la personne humaine, et l’égalité des citoyens devant la loi,
- article 4 l’inviolabilité des domiciles,
- article 9, la liberté de pensée et d’expression qui sont garantis à tous,
- article 12 aucun Ivoirien ne peut être contraint à l’exil,
- article 22 nul ne peut être arbitrairement détenu. Tout prévenu est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été établie, à la suite d’une procédure lui offrant les garanties à sa défense.
En application de toutes ces dispositions de notre Constitution qui sont un gage pour la paix, le Front Populaire Ivoirien pense que tous les fils et filles de notre pays, à commencer par le premier d’entre eux le Président Laurent Gbagbo détenu depuis treize mois, arbitrairement sans que leur culpabilité aient été établies, doivent être libérés. Et que des dispositions soient prises pour le retour apaisé des exilés.
 
Deuxième conditionnalité de la paix, la réconciliation ; réconcilier, le verbe qui en découle signifie faire la paix entre deux parties qui étaient brouillées. La fracture sociale et politique consécutive à la crise post électorale, fait obligation à ceux qui gouvernent la Côte d’Ivoire de rassembler les fils et les filles de ce pays afin qu’ils fassent la paix, pour que le pays ne sombre pas dans le chaos.
Voilà les deux tâches principales qui sont les conditionnalités que se doivent d’accomplir ceux qui dirigent, pour la paix. Voici treize mois que le pouvoir Ouattara s’est installé. Aucune avancée significative ne s’observe dans le sens de l’instauration de la paix. Le discours reste guerrier, vindicatif, menaçant.
Le Front Populaire Ivoirien estime, qu’en tant que partis d’opposition, notre tâche est immense et notre responsabilité lourde devant l’histoire, mais nous devons savoir nous montrer à la hauteur du devoir qui nous incombe.
Là se pose la question du comment agir ?
 


4- Comment Agir ?
 
D’abord et avant tout, par souci d’efficacité et de crédibilité, allons en rangs serrés. Unis nous ne pouvons naturellement qu’être plus forts. Cela passe par des concertations périodiques en vue de s’accorder sur ce que nous considérons comme fondamental, qui nous rapproche, au-delà des différences de sensibilité.
Dans cette alliance, il nous semble également essentiel que chacun d’entre nous fasse l’effort de faire la différence entre les inévitables contradictions entre amis qui sont secondaires et les contradictions avec les détenteurs du pouvoir, qui sont de nature antagonique, bien souvent inconciliables. En lavant notre linge sale en famille au lieu de le faire sur la place publique, nous serons davantage respectés par nos adversaires, et nous apparaitrons comme une alternative politique crédible.
Des offres alléchantes de collaboration nous sont ou seront faites pour nous fragiliser. Mais comme les faits l’ont déjà révélé, non seulement les promesses faites ne seront pas tenues, comme toutes leurs promesses de campagne, mais aussi et surtout, ce n’est pas en se mettant dans cette posture que nous pouvons donner une chance à la paix. Ils n’en ont ni la volonté, encore moins la possibilité en raison du fait que les FRCI échappent à leur contrôle au plus haut niveau.
C’est en posant ensemble des actes forts, avec intelligence et doigté pour exercer la pression nécessaire sur les gouvernants, que nous pouvons faire bouger les positions.
C’est aussi en rassemblant tous les démocrates de tous bords de notre pays, autour de cette paix qui nous est si chère, que nous pourrons faire bouger les lignes politiques autour de nouvelles alliances fortes.
Voilà la quintessence du message que le Front Populaire Ivoirien voudrait lancer à vos militants, au pouvoir en place, aux démocrates, à tous ceux de nos concitoyens épris de paix et de justice dans notre pays.
C’est par ces mots que tout en vous remerciant de nous avoir invité à votre rentrée politique, le Front Populaire Ivoirien, par ma voix souhaite plein succès à vos travaux.
 
Vive l’APN
 
Vive le Front Populaire Ivoirien
 
 
 
 
 
 




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