Les grandes révélations d'Agoh Marthe: "Ce que Gbagbo m’a dit lorsque je l’ai rencontré à La Haye "

Professeur de droit pénal à l’université nationale, Marthe Agoh Amon fut pendant dix ans vice-présidente de l’assemblée nationale de Côte d’Ivoire sous la gouvernance du président Laurent Gbagbo. Depuis cinq ans, elle se consacre à ses activités de secrétaire générale du congrès national pour la résistance et la démocratie (CNRD) présidé par Bernard Dadié, l’un des écrivains les plus populaires du pays. Madame Amon, du nom de son époux qu’elle a perdu, il y a quelques mois, après quarante années de mariage, nous a laissés entrer dans son intimité à l’occasion de cette rencontre. Femme affable au rire plutôt ravageur, Marthe Agoh qui ne supporte pas l’odeur du parfum parce qu’elle provoque chez elle un accès de toux, nous a surtout montré que ses convictions n’étaient pas à vendre. Il y a quelques mois, elle s’est rendue à La Haye, au PaysBas, pour y rencontrer Laurent Gbagbo dont elle nous livre, dans cette interview, les principales réactions à l’actualité nationale.

Dimanche 16 Août 2015 - 00:56


Marthe Agoh Amon, secrétaire générale du CNRD et ancienne vice-présidente de l’Assemblée nationale
Marthe Agoh Amon, secrétaire générale du CNRD et ancienne vice-présidente de l’Assemblée nationale
Vous avez rencontré le président Gbagbo il y a quelque temps à La Haye ; comment va-t-il et quel est son état de santé ?
Je ne peux pas parler de son état de santé parce que je ne peux faire qu’une appréciation physique. Et sur ce plan-là, le président Gbagbo va bien physiquement et moralement. Au niveau de son état psychologique, j’ai retrouvé le même lutteur déterminé. En somme, j’ai retrouvé le même personnage.
 
Comment reçoit-il ses visiteurs ? Quels sont ses premiers mots ?
 
Etant donné que c’est nous qui demandons à le voir, la première des choses est que c’est à nous de lui expliquer les raisons de notre visite. C’est ce que j’ai fait. Ce n’est qu’ensuite que lui m’a donné de ses nouvelles.
 
On dit généralement qu’il est le premier à encourager ses visiteurs. Est-ce que ce fut pareil avec vous ?
 
Je n’avais pas besoin qu’il m’encourage le premier parce que je suis parti le voir avec un moral de fer. Il savait que je venais de perdre mon mari mais lorsque je l’ai vu, j’ai sauté à son cou comme au village. Je lui ai fait le « atooouuuu » traditionnel à trois reprises. Ensuite, on a rigolé comme au bon vieux temps, puis on s’est assis. Il a été le premier à me demander les conditions du décès de mon mari. Il m’a dit qu’il a reçu ça comme un choc. Donc, ce fut moi qui fis tout pour le rassurer pour ne pas qu’il se lamente sur mon sort et pour qu’on puisse passer aux choses sérieuses. Donc, je lui ai expliqué brièvement comment j’ai fait mon deuil. Alors, voyant que j’avais le moral, on a vite mis fin à cet épisode pour passer aux choses sérieuses…
 
C’étaient quoi ces choses sérieuses ?
 
Il a commencé à « m’attaquer » tout de suite. Sa première phrase a été de dire : « mais vous à Abidjan, vous ne reconnaissez pas un acte notarié ? Je lui ai répondu monsieur le président, moi-même je suis juriste mais je ne comprends pas l’attitude du président du FPI (ndlr la visite a été effectuée avant le congrès de Mama qui a exclu Affi N’guessan alors président du FPI). Nous sommes tous dépassés au parti que le président Affi ait remis en cause votre acte notarié.
 
Je précise que c’était en prélude au congrès extraordinaire du FPI
 
Oui parce qu’Affi a porté plainte pour faire annuler l’acte notarié que le président Gbagbo a fait venir pour dire qu’il accepte d’être candidat à la présidence du parti. C’est quand même très grave ! Parce que c’est exactement ce que la communauté internationale nous a fait. A savoir, nier le droit au conseil constitutionnel de poser un acte conformément aux actes fondamentaux de notre état. Et c’est d’autant plus difficile à supporter que le premier représentant du FPI, un parti qui lutte pour le respect du droit, soit le premier à le nier de cette façon. Les gens ne perçoivent pas toujours la gravité, au plan politique, d’un tel acte posé par Affi N’guessan. Les gens s’arrêtent au caractère offensant d’une telle attitude envers le président Laurent Gbagbo alors qu’il y a plus grave au regard de l’éthique, au regard même de notre vie républicaine et de notre combat qui est de faire en sorte que notre société soit régalienne. Parce qu’en dehors du droit, c’est le chaos. Et c’est ce que nous reprochons à la communauté internationale de créer dans notre pays, à l’occasion de cette crise postélectorale.
 
Le président Gbagbo a donc gardé cet épisode comme une grande humiliation ?
 
Ce n’est pas l’humiliation qui est le problème. Le président Gbagbo s’est battu toute sa vie pour que la Côte d’Ivoire soit une société de droit, une société démocratique et souveraine. Il s’est battu et continue de se battre pour que la vie humaine soit respectée. Et c’est le président de son parti qui va contester devant une justice aux ordres l’acte notarié par lequel il accepte d’être candidat à la présidence du FPI !
 
Vous comprenez donc pourquoi il n’a toujours pas reçu Affi N’guessan ?
 
Je pense même que ce serait imprudent de la part du président Gbagbo de recevoir à Affi N’guessan. De quoi vont-ils parler alors que la confiance a été rompue ? C’est d’ailleurs parce que Gbagbo a voulu ôter tout doute qu’il a préféré passer par une structure adéquate pour faire authentifier sa volonté. L’acte notarié ayant été ignoré par Affi, je ne vois plus de quoi les deux personnes peuvent parler. Car ce n’est pas ce que Gbagbo va dire à Affi en prison que ce dernier va reconnaître.
 
Le divorce entre les deux hommes est donc consommé ?
 
Ce n’est pas une affaire de divorce. Les deux hommes étaient ensemble pour quel but ? C’était pour le combat politique. Dès l’instant où Affi N’guessan ne se sent plus disposé à poursuivre ce combat, il n’y a pas de raison à continuer de marcher ensemble. Car comme j’ai l’habitude de le dire, c’est la famille qu’on ne choisit pas. En revanche, chacun choisit les amis et les camarades de parti qu’il veut. Parce que ce qui nous lie c’est le combat commun. Dès lors que tu n’es plus dans cet idéal, tu as le droit d’aller de ton côté. De toute façon, moi je ne l’appelais plus camarade et heureusement, le parti a compris et, Dieu merci, Affi N’guessan a été radié depuis le congrès de Mama. Tant mieux ! Parce que si tu es militant du FPI, tu dois savoir qu’il est écrit noir sur blanc dans nos textes que le FPI combat pour obtenir un état de droit et contre toute domination à l’intérieur comme à l’extérieur de la Côte d’Ivoire.
 
Est-ce que le président Gbagbo vous a ensuite parlé d’Affi pour vous confier sa déception ?
 
Bien sûr que nous avons parlé d’Affi. Je viens de vous dire que ses premiers mots ont été consacrés au sort qu’Affi a réservé à l’acte notarié par lequel il acceptait d’être candidat du parti, à la demande des militants. Et en tant que juriste, j’ai estimé que ce qu’a fait Affi N’guessan était très grave pour l’ordre juridique.
 
Qu’a-t-il dit ensuite ?
 
Je ne peux quand même pas tout vous dire ! Mais je vous dis au moins ça parce que cela montre qu’Affi a touché à quelque chose de cher au président Gbagbo. Mais par la suite, le président a expliqué pourquoi il accepté d’être candidat, alors je lui ai dit : « on a tout compris président et on est tous d’accord à Abidjan que tu sois candidat ! » Parce que son parti était en train d’être empoisonné, en train d’être dévié de son idéal de combat. Mais je l’ai rassuré sur le fait que la majorité des militants est dans sa conception de la lutte. Et les faits m’ont donné raison, puisque les militants l’ont élu comme président du parti, réaffirmant la ligne de son combat.
 
C’est pour cela qu’il voulait être candidat ?
 
Oui, il me l’a dit clairement. Il a expliqué que, d’une part, c’est parce que les militants le lui ont demandé. Mais d’autre part, il a senti la nécessité de se porter candidat lorsqu’il a vu qu’Affi détruisait l’idéal de combat pour lequel toute sa vie a été consacrée.
 
Est-ce que le président Gbagbo vous a expliqué que le fait d’être président du FPI peut accélérer sa libération ?
 
Qui mieux que lui et ses avocats peuvent faire en sorte qu’il soit libéré ? Pour montrer à quel point l’acte d’Affi l’a choqué, le président Gbagbo m’a expliqué dans quelles conditions il a signé l’acte notarié. Il m’a dit « voici où j’étais assis, mon avocat était là et le notaire était ici » pour me montrer à quel point il était effarouché et eccoeuré. « J’ai lu l’acte lorsqu’on me l’a remis mais comme c’est du néerlandais qu’on a traduit dans un français approximatif, j’ai vu qu’il y avait des coquilles. Je les ai corrigées à la main. C’est la raison pour laquelle on a vu des corrections faites à la main sur le document original ». Mais c’est cela aussi l’authentification. « Donc, quand j’ai fini de lire, j’ai signé l’acte et vous à Abidjan vous ne le reconnaissez pas sous le prétexte que cet acte que j’ai signé devant le notaire ne vient pas de moi ?» C’est impensable !
 
Les pro-Affi assurent que cette situation va empêcher sa libération. Est-ce que vous lui avez donné cette explication ?
 
Je n’ai même cherché à lui faire connaître les explications d’Affi. Parce que pendant qu’il m’expliquait les raisons pour lesquelles il avait accepté d’être candidat, je lui ai dit que nous savons pourquoi nous t’avons proposé. Je reviendrai tout à l’heure sur le point juridique de sa libération pour montrer que c’est de l’intox qu’ils font. Et c’est cela qui est exécrable. Parce qu’Affi utilise la ruse et le mensonge pour liquider Gbagbo. Il ne cherche pas la libération de Laurent Gbagbo mais lui et son clan le savent bien. Je vais vous dire une chose et je vais vous parler en tant que spécialiste du droit pénal que j’enseigne à l’université. Une infraction est un fait qui trouble la conscience collective. Et en tant que telle, elle est sanctionnée pour apaiser le public. Le procès pénal est donc fait au nom du peuple ; ce n’est donc pas un procès civil qui vise l’indemnisation des victimes et de leurs intérêts. Lors d’un procès pénal, on poursuit donc le délinquant au nom du peuple. Si donc Laurent Gbagbo est populaire et demandé par le peuple de Côte d’Ivoire, cela prouve qu’il ne peut pas être l’auteur de ce qu’on lui reproche. Parce que si les actes qu’il a posés heurtaient la conscience du peuple de Côte d’Ivoire, personne ne l’aurait réclamé. Donc Fatou Bensouda devrait tirer les conséquences de la popularité de Gbagbo et arrêter les poursuites. C’est pourquoi en droit pénal, il existe ce qu’on appelle le principe de l’opportunité des poursuites. Donc si ce n’était pas un problème politique, le président Gbagbo aurait été libéré depuis longtemps.
 
Etant donné que le procès est politique, pourquoi ne pas faire ce que demande la communauté internationale pour obtenir la libération du président Gbagbo ?
 
Je vous ai donné une image lors de mon investiture
 
L’image de la femme qui se prostitue pour obtenir la libération de son mari. Cette image avait été très contestée par Marcel Gossio en particulier
 
Mais c’est lui qui le conteste ; en tout cas, le concerné, lui, est dans ce tempo et c’est la même raison qu’il donne pour justifier sa candidature. L’article 4 de nos statuts dit que « le Front populaire rassemble en une union volontaire les femmes et les hommes épris de justice et de liberté, engagés contre toute forme de domination sur la Côte d’Ivoire et en Côte d’Ivoire » c’est-à-dire contre toute domination à l’intérieur comme à l’extérieur de la Côte d’Ivoire ; donc vous voyez bien que le président Gbagbo s’est battu toute sa vie pour ça et vous voulez ruiner tout ce combat ? Il a lutté pour le multipartisme, pour que tous les Ivoiriens soient égaux parce que le parti unique était une domination intérieure. Et maintenant, il lutte contre la domination extérieure qu’exerce l’impérialisme sur notre pays. Vous avez entendu, lors de son investiture en 2010, que la souveraineté de la Côte d’Ivoire n’est pas négociable. C’est pour cela qu’il est à la CPI, c’est-àdire pour que le peuple de Côte d’Ivoire soit souverain. Pourquoi ? Parce que cela impacte notre quotidien. Parce qu’on ne pourra jamais créer des emplois et être un pays développé tant que nous ne serons pas souverains. Parce que, que vaut un pays dont la monnaie est bloquée par un autre pays et dont le sort est scellé à l’extérieur ? Qu’on me dise, dans l’histoire de l’humanité, l’esclave qui est riche. Parce que l’esclave ne s’appartient pas ; il travaille pour son maître. Donc quel que soit son rendement ou son courage, toutes ses productions appartiennent à son maître. C’est ce qui se passe. Et c’est parce que Laurent Gbagbo ne prenait pas ses ordres de l’Elysée, qu’il veut être indépendant pour faire sa propre politique, créer les richesses pour son pays qu’il se retrouve à la CPI. Les occidentaux ne veulent pas entendre parler d’industrialisation en Afrique qui pour eux doit produire la culture de rente pour qu’ils transforment euxmêmes nos ressources. Or, on ne peut continuer cette politique. Savez-vous qu’ils n’ont jamais voulu que l’AMU, assurance maladie universelle, soit mise en place ? Bref, vous avez quelqu’un qui porte ce combat et qui dit qu’on ira jusqu’au bout ; c’est cette indépendance ou rien et toi, Affi, tu veux saborder cette lutte ? Le général n’a pas abandonné la lutte comme dans certains pays et toi, l’homme de troupe, tu es prêt à vendre ce combat ? Parce que si Gbagbo n’avait songé qu’à lui, il aurait sabordé la lutte face à Houphouët-Boigny et les Affi, Gossio et autres ne seraient jamais arrivés au pouvoir. On ne serait pas là à parler d’égalité de chance pour des enfants qui ne sont pas ceux de militants de première heure. Mais aujourd’hui qu’ils sont arrivés au pouvoir et qu’ils se sont enrichis grâce à Gbagbo, ils ne sont plus prêts pour qu’il continue cette lutte. Quel avenir dessinons-nous pour tous ces jeunes sans travail et qui sont obligés de s’adonner à la drogue et au désespoir ? Beaucoup d’entre eux deviennent des « microbes » ; c’est grave, des êtres humains qu’on appelle des « microbes ». A titre personnel, ce que je reproche à Affi et à sa clique c’est de vouloir nous lier mains et pieds pour nous livrer. Parce qu’Affi nous a dit, il nous a pris cinq cinq en interne, qu’il veut s’aligner. On connait sa position mais c’est le peuple qu’il veut tromper. Heureusement que les militants sont vigilants.
 
Alors comment on obtient concrètement sa libération ?
 
Pour obtenir la libération de Gbagbo, c’est simple. Il faut faire en sorte que celui qui l’a pris en otage comprenne qu’on ne va jamais se soumettre.
 
Qui ? La CPI ou Ouattara ?
 
Je parle de la France qui a bombardé la résidence Du palais présidentiel de la République de Côte d’Ivoire pour en en extraire son président élu Laurent Gbagbo pour le prendre en otage.
 
Quelles sont les actions concrètes ?
 
Il faut faire comprendre au peuple que c’est pour lui que Gbagbo se bat pour qu’il puisse prendre en main son destin. C’est une question mentale. Quand celui qui veut vous posséder se rend compte que vous êtes nombreux à dire non, il ne peut plus rien. Et comment il vous possède ? Mais en vous donnant des dirigeants ! Mais le peuple a compris. On voit la manière dont il fait le boycott quand on a lancé le recensement général de l’habitat et de la population (RGHP) et récemment encore celui de l’enrôlement qui a été un véritable échec. Vous pensez que les Ivoiriens boudent le processus électoral parce qu’ils n’ont pas envie de voter ? Eh bien non, c’est parce qu’ils ont compris que ce n’est pas eux qui ont choisi ceux qui les gouvernent aujourd’hui. A quoi sert-il d’aller voter si le choix du peuple n’est pas respecté ?
 
ça prend du temps cette prise de conscience ?
 
Elle est déjà là cette prise de conscience et elle se manifeste. La résistance a duré parce qu’après le bombardement, les français ont fait en sorte que l’opposition s’aligne derrière ceux qu’ils ont imposés. En Côte d’Ivoire, si Affi avait réussi à prendre le FPI pour le faire entrer au gouvernement, c’en était fini. Parce que ça voudrait dire que l’ensemble des Ivoiriens acceptent la domination de l’impérialisme occidental ; en d’autres termes qu’on accepte toujours d’être des colonies n’ayant pas de politique propre. Voilà le combat.
 
Le président Gbagbo est-il toujours à ce point concerné, à 70 ans ?
 
Mais nous sommes engagés dans le même combat, malgré son âge. C’est un combat pour la vie. Et tant qu’on aura un souffle, nous serons toujours dans ce combat.
 
Vous a-t-il parlé du temps que ce combat peut prendre ?
 
On ne peut pas vous dire tout ce qu’il a dit. Mais nous sommes en harmonie avec lui. Et pour la poursuite du combat pour la résistance, nous irons jusqu’au bout. Moi, personnellement, j’ai dit à des responsables occidentaux : « si vous voulez que nous soyons vos esclaves avant d’avoir la paix, moi je n’en veux pas.
 
Nous sommes à trois mois d’une présidentielle de tous les dangers
 
De toute façon, ces élections n’ont aucune base juridique. C’est le conseil constitutionnel qui statue sur les candidatures et valide les résultats des élections en donnant les résultats définitifs. Voilà ce que dit notre loi fondamentale. Or le conseil constitutionnel qui est là a été formé de façon irrégulière en violation de la constitution. Parce qu’aux termes de la constitution, Paul Yao N’Dré a été nommé pour six ans. Il était à sa deuxième année lorsqu’il a été renvoyé alors que le président du conseil constitutionnel est inviolable. Donc, à partir de là, celui qui a été nommé n’est pas légal.
 
Comment vont-elles se faire ces élections présidentielles sans base juridique et dans un contexte assez lourd ?
 
Le contexte est toujours conflictuel. La crise n’a jamais cessé ; la crise institutionnelle est toujours là. Le président qui est là n’est pas un président de la République. Il est arrivé là, à l’issue d’un coup d’état. Et ses actes perpétuent la crise.
 
Faut-il aller à une transition pour régler tous les problèmes comme le demande l’opposition ?
 
Pour moi, il faut faire la réconciliation en organisant un forum national pour que tous les fils et les filles de ce pays acceptent de se réconcilier en présence de tous les acteurs politiques.
 
Dans le cadre d’une transition ?
 
Je ne rentre pas dans ces détails. Ils sont venus par un coup de force. S’ils veulent se faire réhabiliter par nos concitoyens, celui qui a été imposé par la force doit accepter de faire sortir au moins les victimes des prisons pour que le président légalement élu revienne ; que tous nos frères qui sont en prison soient libérés et que tous les exilés rentrent. C’est à partir de ce moment que nous allons nous asseoir pour nous réconcilier et décider quelque chose ensemble. Il faut que monsieur Ouattara dise qu’effectivement je sais que ce n’est pas moi qui ai été élu ; je vous ai frappés, mais je demande pardon. Alors si on estime qu’on est un peuple soudé, on peut décider de décréter cette transition.
 
Mais vous, quelle est votre position ?
 
Ma position est que si le régime actuel veut se réconcilier avec les Ivoiriens, c’est à lui de dire que je mets balle à terre. Là, encore, il faut qu’il arrive à se soustraire de sa tutelle en faisant revenir Laurent Gbagbo et tous les prisonniers politiques. Après quoi, on organise le forum de la réconciliation pour discuter entre nous. Notre peuple en est capable.
Interview réalisée par Sévérine Blé et Georgette Affi Photo : Stéphane G.




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