Les élections dans la Côte d'Ivoire de Ouattara : Une grande trahison que d'y prendre part !

Jeudi 1 Décembre 2016 - 21:45


Youssouf Bakayoko, président de la Commission Electorale indépendante
Youssouf Bakayoko, président de la Commission Electorale indépendante

Les élections qui sont organisées en Côte d’Ivoire depuis avril 2011 ne sont que des parodies de consultation. Et comme telles, elles constituent une mise en péril de l’avenir du pays. S’inscrivant dans la logique du « tout au régnant», un régnant qui n’a de respect pour aucune justice, et qui est totalement installé dans l’illégalité, ces simulacres d’élection ne peuvent que détruire la nation ivoirienne. De ce point de vue, autant que ceux qui les organisent, les personnes qui y prennent part, sont coupables de haute trahison envers cette nation. En effet, au-delà du caractère non démocratique et illégal de ces élections, eu égard aux circonstances et aux nombreuses entorses aux lois de leur organisation, ces simulacres de consultations ne font qu’élargir la fracture sociale dans le pays. Des personnes animées d’une volonté de s’imposer par le mensonge, la falsification et toutes sortes de crimes, mettent à l’ordre du faux tous les rouages de l’État. Nous nous retrouvons dans une société où tricher, se mettre hors-la-loi, la falsification, sont devenus des vertus. Le drame s’amplifie lorsque des personnes a priori saines d’esprit se précipitent dans ce jeu de déconstruction de cette « Terre d’espérance », dans ce « Pays de l’hospitalité » où l’on aspire à une « Patrie de la vraie fraternité ». Les valeurs clé de notre hymne national se trouvent en péril avec cette déconstruction sans concession, qui s’opère sous nos yeux. Et lorsqu’on voit que des Ivoiriens se ruent dans le jeu avec l’espoir illusoire de « devenir quelqu’un », on ne peut qu’avoir très mal.

De fait, on peut comprendre qu’un régime arrivé au pouvoir par effraction, un pouvoir ne reculant devant aucun crime, ne puisse pas s’embarrasser de la légalité et de la démocratie! « C’est irréaliste de demander à la tortue d’avoir des rejetons poilus », dit l’adage. Mais comment ne pas avoir mal devant l’excitation, pour ce jeu malsain, de ces personnes qu’on a longtemps fréquentées et parfois admirées, des personnes qu’on croyait capables d’assez de sentiments positifs, des hommes et des femmes qu’on estimait au-dessus de l’attrait mesquin du profit égoïste pour s’inscrire dans des positions utiles ou favorables à la communauté nationale ? Ils se laissent gagner par la fièvre du « moi avant tout » ! Ils savent tous que c’est un jeu aux dés pipés d’avance, mais qu’à cela ne tienne ! « Et alors ?» se disent-ils. Que des Ivoiriens croupissent en prison juste parce qu’ils sont opposants ! Que des milliers de compatriotes soient contraints à l’exil pour le plaisir du régnant ! Que l’insécurité soit devenue endémique et que ce soit maintenant des gendarmes et des policiers qu’on assassine ! Pendant que la vie chez nous devient une galère chaque jour plus difficile à soutenir ! C’est sans importance ! Le « moi avant tout ! » l’emporte sur tout autre sentiment. Et on embouche lâchement la trompette de l’impuissance, pour se justifier, en déclarant que « de toute façon, qu’on y aille ou pas les choses se feront » ; comme si l’imminence d’un mal était une raison de s’y associe ! Il y a ceux qui s’inscrivent dans la tricherie, en inventant des discours du genre « c’est en se mettant dans le jeu politique par la participation aux élections qu’on mettra fin à la souffrance de notre peuple » ; puis Il y a les naïfs, qui répètent facilement des lieux communs du genre « il faut éviter la politique de la chaise vide », là où la « chaise » est minée ; et il y a enfin la bande de ces anciens partisans de Front Populaire Ivoirien (FPI), ces anciens membres du Parti créé par Laurent Gbagbo, qui refusent désormais de partager les souffrances du peuple, et qui ont partie liée avec le pouvoir Ouattara, pour « tourner la page Gbagbo » et permettre au régime de cacher ses dérives dictatoriales. Ces renégats recoivent en échange de pouvoir jouir des biens amassés sous le régime du FPI, en plus des récompenses matérielles sur le dos de leurs anciens camarades. Ils se sucrent au détriment de leurs frères d’hier, ces dignes fils et filles de notre pays, qu’Affi et sa bande d’ingrats n’hésitent pas à faire jeter en prison, comme les Assoa Adou, Lida Kouassi, Koua Justin, Dahi Nestor, pour ne citer que les plus connus ; puis il y a ceux que le jeu félon de la bande de traitres contraint à l’exil ; et finalement, ceux qui sont forcés de retourner en exil, alors qu’ils avaient pu en revenir, comme Lia Bi Douayoua... Ces anciens membres du FPI, qui clament malhonnetetment leur appartenance à ce Parti, tout en s’acharnant vainement à le détruire, sont les plus nauséeux, les plus exécrables : parce qu’en plus d’être des tricheurs éhontés, qui espèrent abuser du peuple en cachant leurs méfaits par des mensonges, ils sont animés d’un égoïsme sans pudeur et d’une ingratitude inqualifiable. Alors que tout le monde en Côte d’Ivoire sait qu’ils ne font plus partie du FPI, ce Parti créé par Laurent Gbagbo, ils se servent de la justice aux ordres du régime, pour confisquer les biens et autres attributs du Parti, se faire donner de l‘argent en lieu et place de ce Parti. Tous leurs actes félons servent à faire dire à l’international que le Parti de Laurent Gbagbo est en phase avec le régime en place en Côte d’Ivoire, ce régime qui n’aspire qu’à la disparition du président des Ivoiriens. Au bout du compte, rassasiés des retombées de leur trahison, ils prétendent que leurs actes sont de nature à libérer le président Laurent Gbagbo. Si ce n’est pas de la sorcellerie, ça y ressemble… ! Leur égoïsme et leur cruauté sont sans pareil. Généralement, il est absurde d’attendre d’un ennemi ou même un adversaire des comportements favorables à soi. Mais ils ne constituent pour nous, ni des ennemis, ni des adversaires. Nous avons une haute conscience de qui est notre ennemi et de qui sont nos adversaires. Ces traitres-là ne sont que des frères égarés qu’étouffe un égoïsme démoniaque : ils sont comme des malades, de l’une de ces maladies sociales passagères, dont l’issue dépend du cours des événements. Ils croient être heureux des fruits de leur trahison, mais l’histoire les juge déjà et le verdict sera sans appel. Leur ingratitude est inqualifiable ! C’est l’aspect sur lequel les Ivoiriens, même ceux qui rient avec eux, sont le plus unanimes. Et tout commentaire à ce propos est alors superflu.

Pour les élections législatives prochaines, ce qui va se passer, c’est que les partisans de cette bande de traitres ingrats et cruels, en tant qu’alliés spéciaux du régime, n’ont pas besoin, à l’instar de ceux qui règnent, de remporter les suffrages du peuple. De même qu’il serait déjà décidé que leur chef de file soit élu à Bongouanou, sa Sous-préfecture d’origine, de même il faut s’attendre à ce que quelques personnes de la bande soient désignées dans des circonscriptions choisies, pour qu’en soit obtenue une dizaine d’élus, de sorte que la bande en collusion avec le régime ait un Groupe Parlementaire, pour l’image à soigner faussement du régime en place. Un aspect attendu de la mascarade en perspective ! Les résultats des élections dépendent de Youssouf Bakayoko, sur la dictée de ses maitres. Ils ne seront pas, une fois encore, le fait des suffrages populaires. C’est pourquoi, ainsi que l’a décidé le FPI, le peuple digne de notre pays doit s’abstenir de participer à la mascarade. C’est une haute trahison à laquelle il ne faut pas prendre part. Laisser les gens jouer seuls cette tragicomédie au détriment de notre nation. Le jugement se l’histoire est implacable ! En attendant, continuons de rester dignes et forts, dans la foi et dans l’espérance. Le mal ne peut pas être éternel !

 

BEDI HOLY
 





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