Les dozos accusés de graves violations des droits de l’homme: L’Onuci doit aller jusqu’au bout

Jeudi 12 Décembre 2013 - 07:22


Ban Ki-Moon, Sécrétaire Général de l'ONU
Ban Ki-Moon, Sécrétaire Général de l'ONU
L’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) pointe ainsi du doigt les dozo, cette confrérie de chasseurs traditionnels originaires du nord du pays, pour leurs exactions sur les populations civiles. A travers le rapport conjoint de la Division Droit de l’Homme et le Haut commissariat aux Droits de l’Homme, document publié vendredi dernier, l’organisation internationale dénonce des vio - lations graves de Droits de l’Homme commis par les dozo. « Pendant la période couverte par ce rapport (Ndlr : mars 2009-mars 2013), les dozo ont été responsables de multiples violations des droits de l’homme. Ces abus et violations incluent des exécutions sommaires, des actes de tortures et des traitements cruels, inhumains et dégradants, des arrestations illégales et des détentions  arbitraires, des actes de pillages et de confiscations de biens etc. » , mentionne le rapport. Les chasseurs traditionnels ont poussé le pion plus loin en allant jusqu’à violer des femmes. Plus gtrave encore : « Les dozos ont souvent utilisé des cordes, des chaînes munies de cadenas afin de ligoter et d’immobiliser leurs victimes avant de les transférer aux forces de l’ordre », rapporte le document des enquêteurs. Les dozo, faut-il le souligner, ici, sont les bras séculiers du régime Ouattara. Dans le renversement de Laurent Gbagbo, ils ont pris une part très active en participant aux affrontements du côté des forces rebelles pro-Ouat - tara. Le rapport de l’Onuci a d’ailleurs fort bien évoqué cette collusion pouvoir-dozo en soulignant l’impunité dont jouis - sent ces hors-la-loi.  « Depuis la fin de la crise, l’équipe a observé que dans l’ex-zone Cno par exemple, les forces de l’or - dre et certains Frci sollicitent systématiquement les dozos pour partager les informations sécuritaires et pour les assister lors de leurs opérations dans les zones criminogènes. Cette observation a été faite dans plusieurs autres régions et localités au sud, à l’est et à l’ouest du pays dans lesquelles les responsables administratifs, traditionnels, et des services des forces de l’ordre sont pro- dozo» , indique le document. Pour les observateurs attentifs de la scène politique, l’attitude des dozos, n’est pas nouveau. Depuis le 11 avril 2011, date du renversement du régime Gbagbo, la situation des Droits de l’Homme est critique en Côte d’Ivoire. Les dozos, mais aussi les Frci, ont jeté leur dévolu sur les partisans de l’ex-chef de l’Etat. Plusieurs rapports d’organisations sérieuses des Droits de l’Homme l’ont relevé plus d’une fois. La dénonciation de l’Onuci n’arrive que tard. Mais si cela est fait, on se demande quelle sera la suite. La logique aurait voulu tout de suite que des sanctions tombent contre le régime qui soutient les dozos. Dans des cas similaires de non respect des Droits de l’Homme plusieurs pays africains ont été frappés de sanctions  de tous ordres. Les exemples du Zimbabwe et du Nigéria sont édifiants à cet égard. Le premier cité a connu une inflation record en raison des sanctions économiques imposées. Dans d’autres cas, l’on est allé jusqu’à intervenir militairement pour chasser les hors-la-loi. L’actualité, c’est la République Centrafricaine où l’Onu a pris une résolution pour demander aux forces françaises de rétablir l’ordre. Au Mali, pays voisin de la Côte d’Ivoire, l’on a encore en souvenir, l’intervention militaire française pour chasser les islamistes. En Côte d’Ivoire, c’est à croire que la Communauté internationale soutient les massacres et autres violations des Droits humains commis par les dozos. Sinon comment comprendre que jusque-là, aucune sanction n’ait été prise contre le régime Ouattara alors que depuis bientôt trois ans, ses hommes  massacrent, tuent et violent ? A côté des rapports accablants des ONG, il y a le Fmi et la Banque mondiale pour ne citer que ces deux bailleurs de fonds qui signent des accords de coopération avec la Côte d’Ivoire sans la contraindre au respect des droits des civils. Comme s’ils avaient à cœur de mettre de l’eau au moulin du régime ivoirien. Cette attitude, évidemment, conforte ceux qui soutiennent qu’en Côte d’Ivoire, les Nations unies ont ouvertement pris position en faveur du camp Ouattara.
En 2011, l’Onuci est intervenue militairement contre le pouvoir Gbagbo sous prétexte que celui- ci violait les Droits de l’Homme. L’organisation mondiale l’accu - sait de tuer les populations civiles. Si ce n’est pas deux poids deux mesures, ça y ressemble fortement en tout cas.


César Ebrokié ebrokie2@yahoo.fr
Source: Notre Voie  N°4589 du mercredi 11 décembre 2013




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