Les démocraties occidentales sont-elles par nature criminelles?

Mardi 25 Septembre 2012 - 08:08


Les démocraties occidentales sont-elles par nature criminelles?
La Nation des droits de l’homme et des libertés individuelles, celle de Rousseau de Voltaire et de Montesquieu, sous caution des Nations Unies, aura dans une cupidité et une avidité sans nom, pour s’attacher à des biens matériels et narcissiques, assujetti en profondeur au travers de son bras armé, un peuple ivoirien crédule et naïf.
Comment un Etat démocratique, porte-drapeaux des droits de l’homme, reconnu par le monde entier, peut-il en agissant au nom de la paix déclencher la guerre, comment peut-il arriver à appliquer des méthodes de terroriste pour satisfaire des idéaux de bien être ! Quel crédit doit-on apporter à cette démocratie moderne qui est selon Nietzche, la forme historique de la décadence de l’Etat ! Partant du principe qu’il vaut mieux se tromper avec tout le monde que d’avoir raison seul, les peuples constitutifs du premier des trois étages (dans notre exemple colonial) de la dynamique démocratique, dans un renoncement fataliste acceptent les tueries sans demander des comptes. Les démocraties occidentales expliquent dans une rhétorique insoutenable qu’il est bon et nécessaire d’employer la violence «temporairement» pour instaurer un droit à la liberté, et c’est toujours au nom d’un pseudo droit quelconque (droit de protéger, intervention humanitaire, euphémisme pour intervention militaire) que ces démocraties sous couvert de textes dépoussiérés voir falsifiés ou de résolutions grossièrement dictées imposent leurs diktats. Quelque part ces démocraties occidentales postulent que les peuples africains dans leur grande majorité ne sont pas compétents pour affirmer une opinion décente et réaliste, sur les affaires de l’Etat, quant à leur devenir et à leur auto-détermination. Souvenons-nous ! «Le drame africain, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire..»
Dans les valeurs cardinales de la démocratie, on notera la liberté individuelle d’expression qui se manifestera dans le suffrage universel. Or le suffrage universel s’il est le seul acte constitutionnel qui légitime la notion de pouvoir du peuple ne sera en aucune façon déterminant sur la conduite d’une politique nationale.
A mon sens seul le suffrage exprimé lors de municipales pourra venir en contrepouvoir d’une politique locale. Pour ce qui est de la politique nationale, le suffrage universel est un leurre, pire c’est un canular car il ne fait que répondre à une démarche clientéliste et démagogique d’individus qui une fois au pouvoir n’auront que faire des idéaux des inférieurs et des promesses électorales, c’est ça la démocratie, si on tente bien entendu de caricaturer les choses.
Ce qui veut dire que partout, mais surtout dans les régimes démocratiques, le peuple est instrumentalisé pour cautionner ultérieurement des dérives de dirigeants qui se muent très rapidement en dictateurs. Le peuple français n’a jamais donné un blanc-seing au Président Sarkozy, ni pour attaquer la Lybie, ni pour guerroyer en Afghanistan ni pour déclarer la guerre à Laurent Gbagbo (…) en Côte d’Ivoire que je sache ! Etre démocrate ou pas démocrate ne veut donc rien dire dans la mesure où nous ne savons pas dire ce qu’est la démocratie et en tracer les contours et les limites. En démocratie, c’est à dessein qu’il n’y a aucune traçabilité dans son mode opératoire. La démocratie plurielle est un mythe auquel on veut croire, par désir d’y croireparce que nombre de cultures qui ont éduqué les Occidentaux, dont la culture judéo-chrétienne, ont toujours sacralisé ses fondements qui partaient de bons sentiments jusqu'à ce que nous en transcendions leurs applications, mais nous nous sommes toujours faits berner, parce que partout le supérieur suppose l’inférieur et la force la faiblesse.

Cela dit, il existe encore des hommes et des femmes sur cette terre qui pensent qu’un jour la démocratie dans son application ne sera plus schizophrène, et que le peuple aura son droit de véto sur toute action qui ne serait pas conforme à ce sur quoi s’est engagé celui ou celle qui a bénéficié d’un suffrage majoritaire. Laurent Gbagbo qui me disait un jour lorsque nous dissertions justement sur cette notion de démocratie, «il faut vouloir ce qu’on ne peut empêcher», est de cette trempe-là ! Il tentait d’idéaliser des discours et des convictions généreux qu’il avait puisés dans ses traditions, dans ses racines, dans son éducation.
Ironie du sort, au nom de la démocratie ivoirienne qui n’aura rien fait pour Laurent Gbagbo, la démocratie occidentale l’aura fait incarcérer pour le bien de celle-ci ! On ne sait plus trier le bon grain de l’ivraie ni même dire si cette incarcération est une bonne ou une mauvaise chose, car il y a fort à parier que si Laurent Gbagbo était resté en détention à Korhogo il ne serait peut-être aujourd’hui plus de ce monde.
En réalité la démocratie n’est qu’un idéal théorique, et comme le disait Churchill, c’est le pire des régimes à l’exception de tous les autres déjà essayés dans le passé. En effet, l’histoire obéissant à des lois immuables, une démocratie quelle qu’elle soit qui impose le terrorisme de sa vérité, sera toujours criminelle, mais ses crimes seront toujours de «bons crimes», exécutésau nom d’une souveraineté, au nom d’une hégémonie, au nom d’un ordre moral, au nom d’intérêts supérieurs et le pire c’est au nom d’elle-même, c'est-à-dire au nom du mensonge et d’intérêts particuliers !
 
Si «les dictatures se nourrissent du désespoir des peuples» les démocraties, peut-être plus perverses nourrissent d’espoir des peuples asservis qui ont cependant l’impression d’exister.
 
La politique est une drogue dure qui soumet les peuples pour peut-être un jour les rendre libres, mais comme disait De Gaulle, «nous ne dissimulons pas la longueur des étapes». D’un autre côté, dire qu’une démocratie, occidentale ou pas est forcément criminelle me paraît sémantiquement faux, car au final n’existant pas par elle-même on ne peut la charger de tous les maux de la terre. En effet elle n’est, dans ses mécanismes qu’un pâle mélange d’oligarchie de monarchie et de démocratie qui trouve son essence dans l’l’indifférence d’un peuple impuissant dont le mal est inscrit, selon Saint Augustin, dans ses propres penchants. Nous le répétons, ça n’est cependant pas la mécanique démocratique française en tant que telle qui a poussé la France à intervenir en Afghanistan, c’est son exécutif autoritaire et tout puissant qui l’a décidé, pour faire allégeance, toujours au nom des pseudos droits de l’homme, au suzerain américain, ça n’est pas le peuple français qui a décidé de déclarer une guerre sournoise et «sans panache» à la Côte d’Ivoire, mais son chef des armées à l’égo surdimensionné qui voulait être le maître du monde, mais n’est pas maître du monde qui veut ! Quand ces types d’ingérences «s’imposent» c’est le peuple, par le truchement du référendum, qui doit autoriser ou pas l’intervention, alors on pourrait parler effectivement de démocratie ! Les grands seigneurs, disait Shakespeare, sont ceux qui peuvent faire le mal mais qui ne le font pas.Si «les dictatures se nourrissent du désespoir des peuples» les démocraties, peut-être plus perverses nourrissent d’espoir des peuples asservis qui ont cependant l’impression d’exister.
Quand les dictatures détruisent les rêves, les démocraties vendent du rêve, et dans les deux cas il ne restera rien de ce luxe qui corrompt la nature humaine.
Alain Cappeau, Conseiller spécial du Président Laurent Gbagbo
Source : lynxtogo.info, samedi, 22
Septembre 2012
Via le Nouveau Courrier N°614 du lundi 24 septembre 2012




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