Les Mensonges pernicieux du dictateur d'Abidjan et de son ami, Ex-diplômate chasseur de démons. Par Ben Zahoui-DEGBOU

Mardi 1 Septembre 2015 - 09:47


Avec ses mensonges habituels, Alassane Dramane Ouattara est venu précipitamment à Paris, à la mi-août, pour essayer de convaincre les autorités françaises de l’inopportunité de mettre en place une transition politique en Côte d’Ivoire. Le dictateur d’Abidjan a tapé en vain, à toutes les portes, au bord de la Seine. Seul, son ami Nicolas Sarkozy l’a écouté. Mais malheureusement, il n’a plus les clés du palais de l’Elysée. Les deux amis ont donc fait appel à second couteau. La sortie hasardeuse de Jean-Marc Simon, avec ses mensonges sur RFI, est un aveu d’impuissance. Il a essayé de sauver les meubles. De toutes les façons, tout le monde sait que la Côte d’Ivoire est assise sur une bombe à retardement avec l’improbable élection présidentielle d’octobre prochain.
 

Les Ivoiriens n’accepteront jamais que leur constitution soit violée. Ils vont forcément imposer une transition politique au dictateur d’Abidjan qui prépare un passage en force avec son armée tribale ses mercenaires centrafricains. On a vu la célérité avec laquelle il est venu ici à Paris pour répondre à la convocation expresse de l’Elysée qui a déjà une idée claire de la situation sociopolitique en Côte d’Ivoire. Selon une source digne de foi, François Hollande maitrise maintenant parfaitement le dossier ivoirien. Dans ce sens, il se passerait désormais des conseils orientés de Laurent Fabius, ministre français des Affaires Etrangères et ami de longue date du dictateur d’Abidjan. Le patron de l’Elysée serait agacé par Ouattara. Celui-ci n’en fait qu’à sa tête avec la mise à l’écart des entreprises françaises dans la distribution gré à gré, des marchés publics et le nombre de prisonniers politiques qui ne fait que croitre en Côte d’Ivoire.
 

Le président imposé aux ivoiriens, a fini par faire découvrir son double jeu et ses mensonges pernicieux par l’Elysée et les médias européens notamment français. Dernièrement en Italie, il a encore grossièrement menti sur la situation sociopolitique et sécuritaire en Côte d’Ivoire. Pour Ouattara, comme d’habitude, tout va bien au pays où justement une jeune étudiante de 23 ans venait d’être assassinée par ses « microbes » qu’il a déversé au bord de la lagune Ebrié, après son coup d’Etat du 11 avril 2011.
 

La Côte est un pays dangereux. Elle occupe en ce moment, selon l’IEP (Institute for Economic and Peace), le 151 ème rang sur 162 pays. C’est-à-dire que notre malheureuse Côte d’Ivoire, sous Oauttara, est le 3ème pays, le plus dangereux au monde après l’Afghanistan et la Centrafrique. Dire que tout va bien en Côte d’Ivoire de façon arrogante, est un gros mensonge.
 

Les populations du Nord et les transporteurs ne diront pas le contraire. Ils subissent les attaques quotidiennes des « coupeurs de routes », des ex-rebelles qui refusent de désarmer. L'Autorité ivoirienne pour le Désarmement, la Démobilisation et la Réinsertion (ADDR) affirme avoir réinséré "60% des 74.000 ex-combattants", soit plus de 44.000 personnes. Selon des experts de Human Rights Watch (HRW), ces chiffres sont largement exagérés par les hommes de Ouattara, ceci pour des raisons politiques évidentes. A l’image de leur mentor, toute l’administration Ouattara maitrise parfaitement l’art du mensonge et de la manipulation.
 

Sur la question de l’insécurité en Côte d’Ivoire, on peut retenir qu’après « une légère amélioration en 2013, la situation a progressivement et considérablement empiré en 2014 et 2015 », selon des personnes interrogées par HRW, sur toute l’étendue du territoire national. Elles font « état d'attaques quasi-quotidiennes menées par des groupes armés de kalachnikov, de pistolets et, dans certains cas, de lance-grenades ».
 

Pour Ouattara tout va bien dans le pays et pourtant encore, les perspectives de croissance qu’il annonce partout (9,8%), ne sont pas suffisantes pour garantir une stabilité économique durable selon la Banque Mondiale. Elle constate que « la situation politique s’est stabilisée, mais les tensions sociales et de fortes inégalités géographiques (pauvreté dans les campagnes), persistent ». Même ici, le constat de la Banque Mondiale sur la situation politique en Côte d’Ivoire est largement discutable. Il y a également une tension visible sur la scène politique.
 

La corruption a atteint un niveau record. Selon Transparency Internatinal, la Côte d’Ivoire est classée 115ème sur 175 en 2014. Naturellement, cette corruption galopante empêche les investisseurs étrangers de venir en Côte d’Ivoire. Personne ne peut se réjouir de la situation que vit en ce moment le pays mais il faut seulement un peu de vérité aux Ivoiriens. Il ne sert à rien de continuer à leur mentir parce que les chiffres et analyses du FMI et de la Banque Mondiale sont accessibles à tout le monde. Malheureusement pour les Ivoiriens, le dictateur d’Abidjan est un menteur professionnel.
 

LE MENSONGE EST UNE MALADIE DE L’AME.
 

A chaque fois qu’il apparait sur un écran de télévision pour un entretien avec des journalistes, c’est avec beaucoup de tristesse et de pitié que je le regarde en ma qualité de modeste témoin privilégié de la scène politique ivoirienne. Toutes mes petites analyses de contenu et d’études séméiologiques des entretiens et des interventions du dictateur d’Abidjan, dans les médias, montrent bien qu’il y a toujours un fossé énorme entre ce qu’il dit et la réalité sur le terrain. Depuis ses premières interventions devant les micros de la RTI en 1991 jusqu’à aujourd’hui, Ouattara continue de mentir au Ivoiriens et au monde entier.
 

De façon générale, tout le monde dit que les politiciens sont des menteurs ceci, parce qu’ils ne tiennent pas toujours leurs promesses. Ce jugement négatif, en leur encontre, est devenu banal et presque tolérable. Regardez par exemple, en 2010, Ouattara a promis des milliards à toutes les régions de Côte d’Ivoire et cinq universités à la jeunesse. Il n’a rien fait de ce qu’il a promis. D’ailleurs, il a recommencé à faire les mêmes promesses en cette année électorale. Ouattara ne fera encore rien, si par miracle, il arrivait à se maintenir au pouvoir. Ce qui est plus grave, c’est de dire de façon délibérée des mensonges, en dénaturant des faits vérifiables sur la situation sociopolitique et économique de la Côte d’Ivoire.
 

Cette façon de communiquer par les mensonges, mérite une petite réflexion. Notre « Président » dit tout le temps des mensonges. On peut les citer et la liste est très longue. Vous le savez. Mon problème n’est plus à ce niveau. Je cherche à comprendre comment Ouattara est arrivé à maitriser l’art de mentir avec une rhétorique irréprochable, sans qu’aucun signe visible sur son visage, qu’aucun geste mal contrôlé, ne rende son discours suspect. Il est trop fort dans l’art du mensonge qui peut-être qualifier comme une maladie de l’âme. Le philosophe Benjamin Constant déclare justement que « cette maladie de l’âme est liée à un comportement social qui reflète une certaine instabilité, un manque de confiance en soi, une crainte de la transparence, en bref, un manque de sincérité ». Le dictateur d’Abidjan n’a jamais été transparent. Il a toujours menti sur tout, son origine, son identité, les actes qu’il pose et ce qu’il dit.
 

Je suis très souvent émerveillé par ses prouesses mensongères sur les plateaux de Télévision. On se rappelle, il y a deux ans, sur TV5, Ouattara disait de façon sereine, qu’il n’a jamais parlé de   « rattrapages ethniques » ; sur CNN, que l’Emission Raison d’Etat de la RTI, attisait la haine tribale en Côte d’Ivoire ; sur France 24, qu’il n’y aura pas d’impunité dans son  « pays », que le défunt président du Ghana, le Professeur John Atta Mills était son ami. Cette dernière affirmation avait fait sourire plus d’un, à Accra, au sommet de l’Etat. Le dictateur d’Abidjan a dit un jour que « Simone refusait de venir à Abidjan » pendant qu’elle était en prison à Odienné. Inutile de faire des commentaires sur tous ces mensonges historiques.
 

Voyons seulement la connotation du dernier. Ouattara parle de Simone Gbagbo comme si, elle est son amie et comme si, elle a le choix du lieu de sa détention. Simone Gbagbo est la femme de Laurent Gbagbo pour qui Alassane Dramane Ouattara a une haine viscérale et maladive. C’est formidable de l’entendre dire ces paroles superficiellement gentilles, voire sournoises, à l’endroit de Mme Gbagbo qui était en prison à Odienné. Ouattara est un grand menteur doublé d’un manipulateur, la preuve, une parmi tant d’autres : après une parodie de procès, aujourd’hui, Simone Gbagbo est en prison à l’école de la gendarmerie nationale à Abidjan, si mes informations sont exactes.
 

Tout le monde ment autour de Ouattara et il a fallu qu’il vienne à Paris pour que son ami, Jean-Marc Simon, Ex-Ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, prenne quelques virus de mensonge pour les déverser sur RFI avec la complicité de Christophe Boisbouvier. Vous savez, Paris que je fréquente depuis 1978 est comme Abidjan. A un certain niveau de la hiérarchie (sociale et administrative) et dans le milieu des journalistes, ce sont les mêmes personnes qui se rencontrent partout dans les mêmes restaurants et dans les cérémonies heureuses ou malheureuses. L’information circule comme dans un système de vases communicants et je vous assure que le rapport dont parle Jean-Marc Simon, n’a jamais fait l’objet d’un démenti, même officieux en haut lieu.
 

Ce sont des personnes crédibles et sérieuses, triées sur le volet qui travaillent à la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE) dont les missions sont claires. Selon son décret de création « cette structure est placée sous l'autorité du pouvoir exécutif. Elle opère dans un cadre juridique et déontologique très strict. Son objectif exclusif consiste en la protection des intérêts et citoyens français partout dans le monde. Pour cette mission spécifique, elle œuvre en partenariat étroit avec l'ensemble des services de sécurité nationaux et souvent avec des personnes ressources extérieures au service ».
 

Revenons à l’histoire de Jean-Marc Simon qui a menti sur RFI. Conformément à la déontologie et la méthode de travail de la DGSE, la fuite du document que le quotidien ivoirien « Aujourd’hui » attribue à l’ami de Ouattara, ne peut venir que de l’extérieur du service, peut-être même de son auteur ou des opérateurs économiques frustrées par le dictateur d’Abidjan, dans le partage « du grand gâteau ivoirien ». Il n’y aurait aucun doute sur l’authenticité de ce document qui a couté une semaine de prison au jeune confrère Joseph Titi.
 
 

UN EX-DIPLOMATE DEVENU CONSULTANT : SPECIALITE CHASSEUR DE DEMONS.
 
 

L’intervention tardive de Jean-Marc Simon sur RFI entre dans le cadre de l’exécution d’une stratégie de communication mise en place, pour sauver son ami Ouattara. Inutile de s’attarder sur le contenu de son intervention où il dit, entre autres contre-vérités, que les démons ont été chassés de la Côte d’Ivoire. Qui sont ces démons, pourrait-on demander à l’ex-ambassadeur de France à Abidjan, principal maitre d’œuvre, du coup d’Etat du 11 avril 2011, qui renversé le régime de Laurent Gbagbo ? Ces paroles n’honorent pas son auteur, devenu consultant, anciennement diplomate et chasseur de démons au bord de la lagune Ebrié. Rappelons à juste titre que Jean-Marc Simon était dans le bois sacré, avec les marabouts et les Dozos de Ouattara pendant le coup d’Etat de fin 2010 début 2011 en Côte d’Ivoire. Il a été initié donc « il voyait et continue de voir ». Comme quoi, la diplomatie mène à tout. A travers son art mystico-diplomatique et mercantile, dont lui seul a le secret, Jean-Marc Simon, voit à travers sa boule de cristal, un deuxième miracle ivoirien sous Ouattara, après avoir chassé les démons de la Côte d’Ivoire.
 

En vérité, il est ridicule et démagogique de parler de deuxième miracle ivoirien pendant que les Ivoiriens se regardent en chien de faïence avec une fracture sociale abyssale et une économie qui bat de l’aile malgré le taux de croissance à 9,8%. Un Ivoirien sur deux vit dans la misère, le taux de chômage est de 25% selon le gouvernement de Ouattara. Pour coller à la réalité sur le terrain, il faut multiplier ce chiffre par deux. L’indice de développement est de 0,452 sur une échelle de 0 à 1, celui de la liberté de la presse est de 35 sur une échelle 7,52 à 84,86, d’après les chiffres de Reporters Sans Frontière, (ces statistiques sont disponibles sur le site Internet : statistiques mondiales.com).
 

Avec ces indices qui parlent d’eux-mêmes, point n’est besoin de faire des commentaires. Pour qu’un deuxième miracle s’accomplisse en Côte d’Ivoire il faut d’abord que les Ivoiriens fassent la paix entre eux. Le sage de Yamoussoukro disait toujours à juste d’ailleurs que « la paix est le préalable à tout développement » Cette paix, en l’état actuel de la situation du pays, ne peut que passer par une transition politique. C’est à ce niveau que les Ivoiriens attendent la France de François Hollande.
 

Les nouvelles générations retiendront que le successeur de Nicolas Sarkozy, a réparé ce que ses prédécesseurs ont détruit. Il faut bien que notre pays retrouve la paix pour continuer son développement sur des bases sociales solides de cohabitation pacifique des populations et de démocratie avec des institutions républicaines fortes. La Côte d’Ivoire a besoin de partenaires internationaux et dans cette optique, la France occupe une place de choix, compte tenu de ses liens historiques avec notre pays. Avec sa puissance militaire, elle devrait protéger notre pays sans parti pris, à avancer sur la voie de la démocratie et du développement.
 

Aujourd’hui, dans le contexte de mondialisation qui génère de nouvelles relations internationales, la France doit accepter d’accompagner la Côte d’Ivoire, dans un partenariat gagnant-gagnant, humanisé et pérenne. Une transition de trois ans, la libération de Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers politiques, mettraient le compteur à zéro pour que notre pays reparte sur de nouvelles bases consensuelles. C’est la seule voie irréversible qui s’impose à la Côte d’Ivoire. La France doit appuyer cette voie à la veille d’une élection présidentielle qui constitue déjà une source de guerre civile.
 


 
 

BEN ZAHOUI-DEGBOU 
Géographe, Journaliste Spécialiste de Géopolitique et de 
Médiation Institutionnelle. Ancien Directeur de TV2 / RTI

 


 
 

 
 

 





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