Les Francs-maçons dans la république des connivences

Vendredi 15 Août 2014 - 07:53


La cité hévéa se trouve dans la commune de Bingerville dans la Côte d’Ivoire actuelle. Les résidents de cette cité pavillonnaire sont en conflit depuis l’année dernière avec leur voisin qui est un pharmacien bien connu et bien pensant. Il est membre de nombreuses organisations caritatives et philosophiques dont la franc- maçonnerie. Le litige porte sur la construction d’une clôture sur la voie d’écoulement des eaux pluviales. Effectuer à douze mètres au-delà des limites cadastrales du terrain du pharmacien franc- maçon, qui sait lui-même qu’en le faisant, il met ses voisins en situation d’inondation en cas de pluie, rendant ainsi leur domicile inhabitable. Les riverains qui ont porté plainte devant le tribunal de première ins- tance d’Abidjan. Ils croient sans doute à l’Etat de droit et c’est tant mieux pour eux. Nous fûmes les premiers à leur dire qu’ils perdent leur temps et leur argent car le tribunal d’Abidjan malgré les preuves flagrantes de violation du cadastre ne laissera pas un juge condamner le pharmacien franc- maçon, qui postule au grade de grand maître de la loge maçonnique de Côte d’Ivoire. Ils nous disaient que le cadastre montre que la clôture du pharmacien à douze mètre au-delà des limites de son terrain et que le voisin n’avait pas à boucher le caniveau d’évacuation. Notre raisonnement ici est simple pour qui connaît la justice ivoirienne, le juge sera dessaisi en faveur d’un autre qui trouvera les artifices nécessaires pour installer le pharmacien franc-maçon dans une victoire judiciaire sur vous. Quand les relations initiatiques priment sur le droit il faut craindre la faillite morale de la nation et l’abaissement du droit au profit des connivences occultes et mafieuses. Le résultat est sous nos yeux : un premier juge, une femme courageuse, fut dessaisie et le second a débouté le 02 juin 2014 dernier les résidents de leur plainte, eux qui avaient les pieds dans l’eau. Nous disons simplement ici que ce n’est pas la franc-maçonnerie comme organisation philosophique et initiatique qui est en cause ici, c’est beau- coup plus le comportement de certains frères des lumières qui ne sont en réalité que des copies conformes des compagnons assassins d’Hiram qui est la cause de notre intervention ici devant vous. Nous ne laisserons pas faire cette fois-ci. Le monde entier découvrira leur vrai visage que nous ne mentionnons pas pour l’instant car nous allons les pousser à sortir des bois. Nous ne sommes que dans le premier épisode de ce qu’ils ont cherché et trouvé. Ils ne savent même pas qu’une liste des francs maçons ivoiriens au plus haut niveau de l’état ivoirien est en circulation sous les manteaux dans le pays.
La cour de cassation française, faut-il le dire ici, avait estimé entre 2005 et 2006, dans deux décisions historiques, que l’appartenance (ou non) à la franc- maçonnerie était protégée par le droit au respect de la vie privée ; il n’en est plus question lorsqu’un maçon occupe des responsabilités importantes au niveau profane ou s’il appartient à la hiérarchie maçonnique. Ainsi donc : << la révélation de l’exercice de fonction de responsabilité ou de direction au titre d’une quelconque appartenance, politique, religieuse, ou philosophique ne constitue pas une atteinte à la vie privée.>> Selon le journal confidentiel «La lettre du continent» le pharmacien voisin des résidents de la cité hévéa est le troisième personnage de la grande loge maçonnique de Côte d’Ivoire. Dont le second est un éminent membre du conseil constitutionnel du pays. Nous fûmes dès le début le premier à dire aux riverains de cette cité que la justice ivoirienne qui est truffée de francs-maçons leur donnera tort. Ils doivent se préparer à aller en cassation car ils perdront aussi en appel. Le temps où le juge prend le parti de la veuve et de l’orphelin est passé, dépassé et surpassé dans la justice ivoirienne. Le cadastre qui n’est pas respecté, les maisons inondées, les souffrances des familles, le juge n’en a cure. Dans la république des connivences, vous perdrez tous les procès. Voilà pourquoi votre voisin affiche son arrogance et sa certitude d’une immunité maçonnique.

Les Francs-Maçons et nous

 Ceux qui comme nous épousent les voies d’un dialogue constructif avec les maçons ne seront jamais écoutés. Les francs-maçons sont dans la position du pharaon Ramsès, très sûr de lui et loin des signaux qui convergeaient vers lui pour que le pire soit évité. Ils pensent tous aujourd’hui que la république est à eux et ceux qui les critiquent ne sont que des aigris, ils ne sont rien. C’est ce mépris qui a tou- jours été leurs malheurs. (…) Ce qui est navrant ici, c’est l’image de nombreuses familles obligées d’abandonner leurs maisons inondées pour aller chercher refuge ailleurs, parce que celui qui veut être à la tête de la grande loge maçonnique de Côte d’Ivoire n’a aucune compassion et pousse sa clôture au-delà du périmètre cadastral parce qu’il a des connivences dans l’appareil judiciaire et au sommet de l’Etat. (…) Les maçons ne le savent pas mais la société africaine les observe, le moindre mépris, la moindre arrogance ou une parole déplacée venant d’eux est perçu comme de la méchanceté guidée par l’orgueil et l’insolence de leur appartenance maçonnique. << Voilà, c’est comme ça qu’ils sont. Ils ne vivent pas dans le même monde que nous. Ils n’ont aucune attention pour nous. Ils veulent mettre notre pays sous influence maçonnique par le détournement de la justice. Ils nous regardent de haut parce que nous ne sommes pas des leurs. >> voilà ce qui se dit.
(…) Il faut mettre fin à cette angoisse qui s’empare du citoyen ivoirien chaque fois qu’il est en face d’un des frères des lumières. (…) Il faut éviter de développer des peurs et des hostilités inutiles contre la Franc-maçonne- rie. La Côte d’Ivoire après les faux com- plots et le procès de 1963, les condamnations à mort de francs- maçons, on croyait avoir fini avec un anti-maçonnisme dans la mémoire collective des Ivoiriens. Cela avait failli coûter la vie à des innocentes personnes au nom de considérations de basses politiques politiciennes et des peurs inutiles nées du comporte- ment des maçons eux mêmes. Mobutu avait interdit la Franc-maçonnerie dans le Zaïre qui était sa propriété, Félix Houphouët-Boigny s’en méfiait et tenait les francs-maçons ivoiriens à l’œil à travers ses différents réseaux. Qu’en est-il aujourd’hui où les francs maçons sont confortable- ment installés au sommet de l’Etat de Côte d’Ivoire?
I l faut refuser ici comme hier dans l’Allemagne nazi et dans l’Italie fasciste de Mussolini, de ressembler à l’Espagne de Franco, au Portugal de Salazar, au Chili de Pinochet et bien sûr de rééditer la chasse à l’homme qui s’empara de Monrovia dans la république voisine du Liberia du 12 au 20 avril 1980 au lendemain du putsch sanglant qui renversa le président William Tolbert, qui était aussi le grand maitre de la grande loge maçon- nique libérienne. Les images vidéo montrent qu’en allant sur les lieux avec des loubards acquis à sa cause pour menacer les riverains, le pharmaciens franc-maçon est allé trop loin dans la certitude de son impunité et pour des intérêts égoïstes. Cela a contribué à approfondir un litige de voisinage qui aurait pu trouver une solution à l’amiable sans passer par un conflit de plus dans un pays qui n’en finit plus de se relever de sa propre tragédie. C’est ici qu’il faut rappeler au pharmacien franc-maçon, ce qui est écrit dans le chapitre VI des << constitutions d’Anderson>> : N’ayez jamais recours à un procès en justice, sinon quand l’affaire ne peut être traitée autrement, et écouter patiemment les conseils du maitre et des compagnons lorsqu’ils veulent vous éviter de comparaitre en justice avec des profanes ou vous inciter à mettre un terme rapide à toutes procédures, ceci afin que vous puissiez vous occuper des affaires de la Maçonnerie avec plus d’alacrité et de succès. Le Franc-maçon est obligé d’obéir aux lois de son pays et le code pénal fait obligation aux magistrats de dénoncer tout fait délictueux dont-ils auraient connaissance. Certains dysfonctionnements comme le rejet de la plainte des victimes devant un mur construit à douze mètres des limites du cadastre laisse une impression de malaise, devant un tribunal de république cacaoyère. Il provoque un ressentiment et une méfiance du citoyen qui, lassé par une justice à deux vitesses, finit par se faire justice lui-même. (…) Cela nous amène à poser la question de la compatibilité du serment de magistrat et du serment maçonnique. Voilà pourquoi dans certains pays l’opinion exige que dans certaines professions comme la magistrature, le barreau d’avocat, la police, la douane, les services secrets ou la gendarmerie, les postulants déclarent leurs appartenances, sexuelles, philosophiques ou religieuses. Le magistrat doit aux justiciables de ne pas appartenir à des associations occultes. La justice doit être un exercice de lumière si non elle tue la confiance du citoyen envers l’Etat qu’il considère comme la source de ses malheurs. Il faut en finir avec les pouvoirs occultes qui finissent toujours par pourrir l’Etat en développant des tensions, des antagonismes inutiles dans le corps social de la nation qui, totalement affaibli, perd ses anticorps et s’écroule au moindre coup de vent. Comme une poutre pourrit de l’intérieur.

L’opinion africaine et la Franc-maçonnerie

Le jugement négatif de l’Eglise catholique sur la franc-maçonnerie demeure jusqu’à ce jour inchangé. Pour le Vatican c’est une secte malfaisante. Parce que ses principes sont toujours considérés comme incompatibles avec la doctrine de l’Eglise ; c’est pourquoi il reste interdit par l’Eglise de s’y inscrire. Les catholiques qui font partie de la franc-maçonnerie sont en état de péché grave et ne peuvent s’approcher de la Sainte Communion. On le sait aujourd’hui en Côte d’Ivoire, feu le général Robert Gueï fut initié à la Franc-maçonnerie et son chef adjoint de cabinet était un membre très influent de la grande loge ivoirienne. Aujourd’hui, presque tous des chefs d’Etat membres de la CEDEAO sont des francs-maçons. En Afrique centrale, certains chefs d’État assument même la fonction de grand maître de la grande loge de leur pays. Nous voulons simplement que les frères des lumières participent pleinement au renouveau de l’Afrique. Plus de cinquante ans après les indépendances, une grande partie de nos populations n’a pas accès à l’eau potable, la justice sociale est un rêve inaccessible, pour beaucoup de nos compatriotes. Nos hôpitaux sont sans médicaments, nos routes sont impraticables quand elles existent, nos universités délivrent des diplômes qui ne servent plus à rien quant à l’école, il y a longtemps qu’il ne donne plus d’horizon à personne. Quel est la contribution des frères des lumières à l’amélioration de notre destin commun ? Pourquoi tant de souffrances alors que les francs- maçons sont dans les allées du pouvoir ? Qu’est ce qui explique leur silence devant l’injustice et le désespoir des plus démunis ? Ou alors sont-ils au service de leur petit confort personnel ? Les loges sont-elles des endroits pour construire des relations afin de faciliter des affaires juteuses, l’ascension sociale et professionnelle de quelques-uns, toujours les mêmes ? Si tel est le cas, les profanes se sentiront menacés par la solidarité maçonnique et auront le droit de se méfier des francs-maçons. Voilà pourquoi les frères des lumières doivent plus rassurer au lieu de jeter de l’huile sur le feu dans cette période fragile et délicate de la société ivoirienne, à la recherche des équilibres nécessaires pour renforcer la cohésion nationale et le vivre ensemble entre Ivoiriens. Les maçons doivent savoir que la multiplication des affaires et la manière dont certaines sont étouffées laissent la société perplexe. Les mauvais compagnons existent, mais il n’est pas facile de les repérer. Les maçons doivent faire le ménage dans leur rang afin qu’on ne rappelle plus la terrible phrase de Bakounine : << la maçonnerie est l’internationale de la combine. >> C’est ici qu’il faut rappeler que l’affairisme et la combine renforcent chaque jour un courant antimaçonnique dans l’esprit du profane. (…) Il appartient aux frères maçons de nous éviter un traumatisme supplémentaire, par un comportement exemplaire et non des attitudes de belligérance.

Postulat de conclusion

Le vendredi 17 octobre prochain, le tribunal d’Abidjan statuera en appel sur l’affaire opposant les riverains de la cité Hévéa au pharmacien franc-maçon dont la maison voisine ressemble étrangement à une loge maçonnique. De nombreuses personnes pensent déjà que la justice, couchée à plat ventre devant les puissants, donnera tort aux riverains, malgré le cadastre et plusieurs maisons rendues inhabitables par la clôture du voisin qui empêche l’évacuation des eaux de pluie. Ils seront nombreux à observer le juge dans les considérants sur lesquels il s’appuiera pour rendre son verdict. Ils observeront le pharmacien franc- maçon. Se croisera t-il le bras en équerre sur sa poitrine devant le président du tribunal ? Celui-ci tiendra t-il un maillet en main, comme dans les tribunaux anglo-saxons ? Curieuse situation qu’on aurait pu éviter avec un minimum de discernement, de retenue et de tolérance. Le Franc-maçon - en introduisant des loubards dans ce qui est un litige de voisinage - n’a fait qu’envenimer les antagonismes et pousser au désespoir ceux qui n’ont pas les moyens et la capacité de cette forme de violence et d’intimidation. Entre temps, certains riverains sont obligés de déménager en continuant de faire face aux traites bancaires des maisons inhabitables. Comme dans le cas de la démolition des maisons de la cité RAN à Marcory zone 4, les riverains ne trouveront jamais une oreille attentive auprès des autorités. Le ministre de la Défense est allé sur les lieux, mais le statu quo demeure. L’image du pharmacien entouré de ses loubards apparaît aujourd’hui comme celui d’un homme vindicatif, belliqueux, sûr de lui et insouciant des malheurs qu’il provoque autour de lui. Bien sûr qu’il aura raison car les riverains seront déboutés. Ils iront en cassation. Ne sommes nous pas là devant la force et la méchanceté gratuite transformées en arguments de droit ?
Nous les profanes souhaitons que la franc-maçonnerie soit exemplaire. Dans la longue crise que la Côte d’ivoire traverse, nous voulons tous que les Francs- maçons au gouvernement, au parlement, dans la haute administration comme dans la vie civile, aident les Ivoiriens à se reconnaître les uns dans les autres, qu’ils aident notre société malade à retrouver les valeurs qui ont contribué à l’avènement des lumières. Qu’ils retrouvent le chemin des forces positives des droits humains pour construire une société ivoirienne plus juste, parce que solidaire, digne et vivable pour tous, société dans laquelle le faible est protéger par le fort et non le contraire. (…)

Dr Serge-Nicolas NZI, Chercheur en communication Lugano (Suisse)
Mail : nicolasnzi@bluewin.ch
Source: Le Nouveau Courrier N°1090 du Jeudi 14 Août 2014




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