Législatives françaises/ Les ivoiriens à la rencontre du Front de gauche: Un rendez-vous de vérités et d’espoir.

Lundi 4 Juin 2012 - 06:19


Législatives françaises/ Les ivoiriens à la rencontre du Front de gauche: Un rendez-vous de vérités et d’espoir.
A une semaine des législatives en France, les franco-ivoiriens ont décidé de se faire entendre, comme ce fut le cas pour la présidentielle. Ils avaient pesé de tout leur poids, avec plusieurs français d’origine africaine, pour rendre possible l’élection de François Hollande. Mais pour les législatives prochaines, bon nombre d’entre eux manifestent leur volonté de détourner leurs regards des socialistes. Ces derniers ne les rassurent pas quant à leurs attentes de la politique étrangère française en Afrique et particulièrement en Côte d’Ivoire. Laurent Fabius, nouveau ministre français des Affaires étrangères ne déclarait-il pas récemment dans une interview que «La question principale n'est pas de savoir s'il faut ou non rompre avec nos prédécesseurs, mais de conduire la politique qui est la bonne pour la France»? (source: lemonde.fr) Cette déclaration n’est sans doute pas tombée dans des oreilles de sourds. Et son sens a été bien compris par ceux qui saisissent les non-dits et qui scrutent les profondeurs des mots.
En se tournant vers le front de gauche de Jean- Luc Mélenchon, les ivoiriens n’ont pas été conduit par le hasard. Leur choix est un choix de raison et témoignage, selon eux de leur gratitude envers Mélenchon. Il a été l’un des rares hommes politiques français à défendre la cause du peuple ivoirien, sa souveraineté, et à dénoncer le complot international contre le président Laurent Gbagbo. Les adhérents au discours révolutionnaire du Front de gauche et à sa vision de la politique étrangère de la France en Afrique, se disent pour la plupart prêts à lui accorder leurs voix aux prochaines législatives. Il l’ont fait savoir sans ambiguïté au cours de la rencontre qu’ils ont eue ce week-end avec des responsables du Front de gauche dans le département Val-De-Marne (94), précisément à Villejuif. Les ivoiriens estiment que la position défendue par Jean Luc Mélenchon sur la situation en Côte d’Ivoire pourra être défendue par les députés du Front de gauche, dans l’espoir que cela contribue à un changement politiquement positif en Côte d’Ivoire. Mais encore faut-il que la Realpolitik ne leur fasse pas voir les choses autrement.

Mme Paret Adélaïde, une Franco-ivorienne, militante du Front de gauche, Charles Zadi,le patriote et excellent maître de cérémonie, et Abel Naki du Cri-Panafricain font partie des initiateurs de la rencontre. Le dernier cité a été le premier à intervenir pour situer le cadre de la rencontre et en donner quelques raisons.
«Nous sommes arrivés à moment fatidique où il faut maintenant constituer l’assemblée nationale, où il faut élire les députés, là où les décisions se prennent, là où les lois se votent, là où l’appareil politique se met en marche. Les africains citoyens français vont encore parler, et vont encore s’imposer. Cette fois-ci nous avons mis la gauche au pouvoir mais dans la gauche, il y aussi le Front de gauche. Il y a la gauche qui est constitué du PS (Parti socialiste français), il y a la gauche qui est constituée du Front de gauche. Aujourd’hui nous nous entretenons avec le Front de Gauche. Nous ne voulons pas donner carte blanche au PS, nous ne voulons pas donner carte blanche à qui que ce soit, parce que nous avons notre mot à dire, parce que nous avons été meurtris, parce que celui que nous aimons, celui que nous avons voté, celui par qui nous avons la démocratie en Côte d’Ivoire (…)n’a pas sa place là où il est (à La Haye)., parce qu‘il a gagné les élections(..) Nous avons envie que, dans toutes les circonscriptions où va se présenter le Front de gauche, le candidat du Front de gauche puisse être élu. C’est pour cela que nous sommes là, parce qu’il faut un contrepoids à l’Assemblée nationale, même dans la gauche elle-même. Et ce contrepoids que nous voyons, c’est le Front de gauche de Jean Luc Mélenchon.(…) Nous pensons que Jean- Luc Mélenchon peut être pour nous l‘homme de la situation»
Abel Naki, n’a pas manqué de présenter des «doléances». Comme doléances il a demandé la libération de Michel Gbagbo, retrait de la base militaire française et de l’ONUCI de la Côte d’Ivoire.
A la suite d’Abel Naki, Zap Krasso, président du Cojep- France, Blaise Pascal Logbo, président du NPR(Nouveau Parti pour le Rassemblement), ex- COPACI, et Alain Toussaint sont successivement intervenus.
Zap Krasso a fait remarquer l’espoir que suscite la vision politique de Jean Luc Mélenchon. Selon lui, «La Côte d’Ivoire vit encore des moments plus atroces que ce que croyait soigner Sarkozy. Alors, lorsqu’un homme s’élève (contre cette situation créé par Sarkozy en Côte d‘Ivoire), homme comme Mélenchon, s’élève, nous pouvons dans son discours entrevoir l’espoir, qu‘il y a des hommes qui ont au moins le cœur qui est juste.»

A la suite de Zap Krasso, Blaise Pascal Logbo a fait une doléance au Front de gauche, en lui demandant de tourner, le 18 juin prochain, son regard du côté de La Haye, où aura lieu selon lui «le procès de la honte de la Françafrique» Poursuivant son intervention, le président du NPR a exprimé son souhait de voir tous les ivoiriens soutenir Jean Luc Mélenchon. Car «Il a été le seul et le plus courageux à évoquer la Côte d’Ivoire pendant les Campagnes électorales.» A l’adresse de l’auditoire et des Représentants du Front de gauche, Blaise Pascal Logbo a fait savoir que «Ce monsieur (Jean Luc Mélenchon) évoque l’avènement d’un autre monde, un monde de partage, un monde humain, un monde où il fait bon vivre, un monde de respect des autres, pour l’avènement d’une autre Afrique, pas une Afrique entièrement à part, mais une Afrique à part entière. Lorsque un parti politique mène ce combat, on ne peut que le soutenir, c’est pour cela que nous sommes là pour soutenir le Front de gauche. (…) En retour il faut soutenir l’Afrique, en retour il faut soutenir la Côte d’Ivoire. C’est de cela qu’il s’agit, parce que la politique internationale c’est du gagnant-gagnant.». Le président du NPR n’a pas manqué de lancer un appel à la mobilisation des patriotes ivoiriens pour le 18 juin prochain à La Haye.
Quant à Alain Toussaint, Ex-Conseiller du président Gbagbo, il a dans son intervention fait un exposé critique du fonctionnement du système de la Françafrique.

Suite à ces différentes interventions, ce fut le tour du Représentant du Front de gauche. A cette rencontre le Front de gauche était principalement représenté par M. André Déloucha et Mme Anne Ressio. Le premier cité est Maire Adjoint de Cheville la rue, Co -secrétaire départemental du parti de gauche du Val-de-marne, et membre du Conseil national du parti de gauche au collectif du Front de gauche. La seconde citée est attachée territoriale et Responsable du parti de gauche à la Fédération du Front de gauche à Thiès.
Parlant au nom du Front de gauche, André Déloucha a fait savoir que cette Coalition politique est internationaliste. Il a critiqué le droit d‘ingérence et l‘attitude paternaliste de la France en ces termes: « Ce que l’on considère c’est de ne pas avoir à intervenir dans chaque pays. Le droit d’ingérence (..) n’est pas acceptable. Je pense que la France ne s’est jamais départie de sa démarche colonisatrice. On pense pour ces peuples qui sont l’ensemble des anciennes colonie françaises. Dans ce cas là on peut leur dire, on est leur grand frère, on va leur dire ce qu’il faut qu’ils fassent. on va les aider à pouvoir aujourd’hui régler leurs problèmes. Ici nous on est à plusieurs siècles de la réalité.». M.André Déloucha a également fustigé le pillage des matières premières des pays africains par les multinationales occidentales. Répondant aux doléance d’Abel Naki, il s’est incompétent pour répondre à celles qui concernent la libération des prisonniers et le retrait des troupes françaises de la Côte d’Ivoire, renvoyant cette compétence à Jean Luc Mélenchon.
Il faut dire que les ivoiriens ont été nombreux à cette rencontre. Rencontre au cours de laquelle le FPI (Front populaire Ivoirien) était également représenté par deux de ses Responsables, en l’occurrence par Boni Anselme et François Guina.
Cette rencontre entre les franco-ivoiriens et le Front de gauche fait naturellement et normalement partie du commerce politique, dans lequel des promesses sont vendues pour des bulletins de vote. Encore faut-il que le contrat commercial ne porte pas la marque de la duperie. En cas de contrefaçon ou d’avarie des promesses électorales, le service après vente n’est pas malheureusement assuré.

ZEKA TOGUI.


QUELQUES IMAGES DE LA RENCONTRE

 

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