Législatives du 18 décembre 2016) : « Le Pdci-Rda est en train d’être euthanasié dans le Nord »

CIVOX.NET
Samedi 26 Novembre 2016 - 15:11


Le Directeur Régional de Campagne Associé dans la région du Kabadougou, pour les élections « Présidentielles et Référendaires » Famoussa Kamara, par ailleurs Membre du Bureau Politique et Coordonnateur Régional du Grand Conseil du PDCI-RDA, n’est pas du tout content. Candidat à la candidature aux législatives du 18 décembre 2016, son parti a décidé de ne ni accepter sa candidature, ni celle d’un autre cadre du PDCI, laissant la voie royale au RDR pour le poste. Membre de la coordination départementale RHDP, il attire l’attention du PDCI-RDA sur les dangers de ce choix.


« Le parti fondateur de la Côte d’Ivoire, le PDCI-RDA va-t-il décidér de rompre avec le Nord du pays ? La collaboration étroite du fondateur du Pdci-Rda Félix Houphouët-Boigny avec les sages et intrépides chefs des contrées du nord-ivoirien dont Gon Coulibaly, Vamoutary Touré (pour ne citer que ceux-là) qui a permis le rayonnement de ce parti dans le grand nord, ne mérite-t-elle pas d’être poursuivie par leurs fils ?
Le choix des candidats pour les élections législatives du 18 décembre 2016 qui devrait se faire dans le cadre de notre alliance de groupement politique inquiète. Dans le Nord, particulièrement dans le Kabadougou, il n’y a pas de candidats PDCI-RDA pour conduire dans l’union et la solidarité une liste.
Pourtant, nous avons répondu présent aux différentes missions que nous a confié notre parti sur le terrain.
En soldats disciplinés nous avons sensibilisé les militants sur le terrain dans l’esprit de l’Appel de Daoukro. Les militants du Pdci-Rda requinqués par les messages du Président de notre parti que nous avons vulgarisés, s’attendaient à ce qu’ils soient représentés à l’hémicycle par le truchement de leurs cadres.
Pour nos militants, le Nord de la Côte d’Ivoire est PDCI-RDA, ils le réaffirment à chaque cérémonie avec grande fierté en rappelant l’histoire de ce parti.
Dans les grandes familles d’Odienné que sont : les Kabla Vacabala ; Sanissidougou ; Maméridougou ; Siguinani et Ngaranani, on retrouve des militants du Pdci-Rda. Ce parti a toujours existé dans le cœur des populations d’Odienné et est devenu une manière de vivre.
La décision souveraine de notre parti de ne pas présenter de candidat Pdci est ressentie comme un véritable coup de tonnerre dans un environnement marqué désormais par le doute. Les Militants du PDCI ne sont pas du tout contents. Et il est de mon devoir en tant que Personnalité cadre et porte-parole, d’extérioriser ce mécontentement en guise de catharsis.
A Odienné, nous aimons le Président Alassane Ouattara tout comme notre Président de parti le Président Aimé Henri Konan Bédié. Nous avons toujours manifesté une mobilisation exceptionnelle dans la solidarité lors de la visite du président ADO dans le Kabadougou. Nous en avons fait de même pour le Président Aimé Henri Konan Bédié lors de sa tournée dans notre région.
Ces mobilisations apparaissent à nos yeux comme l’expression de la matérialisation de notre attachement à l’alliance RHDP, si chers à nos dirigeants.
Nous l’avons également traduit dans les urnes. Pour la présidentielle du 25 octobre 2015, le taux de participation du Kabadougou était de 98% et ADO a obtenu 99,43% des suffrages exprimés.
Pendant la campagne référendaire, le taux de participation était de 85,75% et le OUI l’a emporté avec 99,84% des suffrages exprimés.
Ces résultats ne sont pas obtenus ex nihilo.
C’est le fruit de la conjugaison des efforts des fils et filles du Kabadougou et chacun au niveau de sa formation politique a fait son travail de sensibilisation avec engagement et abnégation pour la victoire du candidat du RHDP, Alassane Ouattara.
Le président Alassane Ouattara, lors de son investiture, le samedi 25 avril 2016 au stade Félix Houphouët-Boigny, nous a enseigné une chose que j’aime à citer : « Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui aurait pu nous diviser. Le mur RHDP n’est pas fissuré. Il est solide ! Nous formons un bloc solide, un roc. 
Nous avançons en rang serré, main dans la main, sous la houlette du Président Bédié. Parce que loin d’être seulement un appel de raison, l’Appel de Daoukro est aussi comme il le dit lui-même, un appel du cœur. Un appel d’amour.
L’amour que nous prônons entre les Ivoiriens pour une Côte d’Ivoire réconciliée ». Nous avons ainsi donc agi sur le terrain conformément aux préceptes édités par le Président ADO.
Aujourd’hui, avec le choix des candidats aux législatives de décembre, que dirons-nous à nos parents pour les convaincre. Que dirons-nous aux grandes familles pionnières du soutien et tuteur de FELIX HOUPHOUET-BOIGNY et du PDCI-RDA, dans le Nord ? Par cet acte, devons-nous comprendre qu’on vient de délivrer le certificat de décès du Pdci-Rda dans le Kabadougou ?
Pour rappel, en 1945 lorsqu’il fallait élire pour la première fois des députés devant siéger au Parlement français au titre de leurs colonies respectives, tous les candidats au poste de député de la Côte d’Ivoire ont sollicité le soutien des Patriarches nordistes, tous de grands stratèges politiques, Hommes de paix, et de dialogue. Il s’agit notamment des candidats Houphouët-Boigny, Sékou SANOGO (fils du nord), Tidiane DEM (fils du nord et « fils » du vieux GBON). De tous ses candidats, les patriarches ont décidé d’apporter leur soutien au candidat Houphouët AKAN qui remporta ainsi les élections en 1946 non pas dans une circonscription d’Abidjan ou du Centre du pays, mais bel et bien dans la circonscription de Korhogo donc au Nord dans l’ère coloniale. 


Les choix en politique, comme nous l’a enseigné le Patriarche GBON doivent 
essentiellement se baser sur le Programme et la personnalité du candidat à « faire ce qu’il a dit ou écrit ». 
Le président Félix Houphouët-Boigny a encouragé le brassage des cultures pour réduire certains particularismes régionaux et amorcer la construction de la nation. Avec les choix présents pour les législatives, nous assistons à une spécialisation et recomposition de l’échiquier politique en confiant tous les postes électifs à un seul parti politique fut-il membre d’une alliance de Groupement politique. Pourquoi cette rupture ?
Le danger d’un tel choix est un replis politique du nord. La sédimentation de cette vision politique et régionale risque de faire intérioriser des stéréotypes dévastateurs aux populations de cette partie du pays. Alors que nous sommes à l’ère du combat de l’exclusion afin de parler de dialogue des cultures et de nous ouvrir au monde.
L’option opérée, à mon avis est suicidaire pour nos progénitures. 
L’enjeu certainement du choix de Bédié est peut-être de construire la paix aujourd’hui, mais, la paix durable par l’ouverture de la culture sur les cultures risque d’être compromise.
Le Pdci-Rda ne s’est jamais départi des vertus que lui a légué le père fondateur, Félix Houphouët-Boigny. Le Pdci-Rda est resté un parti de dialogue, un parti de rassemblement, un parti prônant l’union entre les Ivoiriens. Cela est juste, mais qu’est-ce qui n’a pas marché au point où le Pdci se porte volontairement disparu dans le nord. A-t-on induit nos leaders en erreur ?
Pour ma part, tout en respectant les décisions de mon parti et sans m’inscrire dans une attitude plaintive, je voudrais interpeller mon parti sur les dangers de ce choix.
J’ai toujours défendu la thèse de la gouvernance intégrante dans la solidarité, l’union pour les prises de décisions dans le Kabadougou. Mais aujourd’hui, le Pdci-Rda est en train d’être euthanasié dans le Nord, sous nos regards impuissants ».




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