Le témoin clé de Blé Goudé démasqué ! Comment le procureur se couvre de ridicule

De manière très méthodique, les avocats du fondateur du COJEP ont mis en évidence les actes de leur client qui contredisent le portrait global qu'en brosse le bureau du procureur. Tout en relevant les incohérences et les mensonges que charrient les témoignages brandis par leurs contradicteurs. Et en insistant sur le fait que Blé Goudé ne saurait être responsable des faits et gestes de l'ensemble de mouvements indépendants constituant la « galaxie patriotique ».

Jeudi 2 Octobre 2014 - 08:48


Fatou Bensouda, procureur de la CPI
Fatou Bensouda, procureur de la CPI
Pas de grande surprise. Au deuxième jour de l'audience dite de confirmation des charges dans l'affaire Charles Blé Goudé contre le procureur auprès de la Cour pénale internationale, l'Accusation est restée fidèle à la ligne de conduite qu'elle s'est donnée. C'est- à-dire procéder par amalgames pour mieux imposer sa thèse et enfoncer le fondateur du COJEP. Elle a énormément développé autour de pseudo- preuves, tentant de faire admettre aux juges de fausses évidences. Par exemple, elle a voulu faire du registre des visites de la présidence une « preuve ». Charles Blé Goudé est venu à plusieurs reprises à la Résidence présidentielle de Cocody pendant la crise post-électorale, ce qui signifie qu'il était partie prenante du « plan commun ». Ne venait-il donc pas à la Résidence avant ces événements ? Faut-il en déduire que la régularité des visites à la Résidence est un critère de suspicion légitime ? Et les autres qui y étaient encore plus réguliers, doivent-ils eux aussi se retrouver sur le banc des accusés à la CPI ? Absurdités...

La plaidoirie poignante de Maître N'Dry L'Accusation a une fois de plus ins- tallé une confusion conceptuelle entre le fait de soutenir le président

Gbagbo (qui n'est en rien illégal), le fait de contester haut et fort l'attitude des Nations unies en Côte d'Ivoire et de la considérer comme complice de la rébellion (ce qui est un droit démocratique)... et le fait de commettre ou d'appeler à commettre des crimes contre l'humanité. Elle tente d'agir sur le subconscient et les représentations profondément « occidentales » des juges pour faire passer tout opposant aux grandes puissances comme quelqu'un de fondamentalement dangereux ! Les avocats de Charles Blé Goudé ont remis en cause les arguments de la Défense en abordant plusieurs points. Maître Claver N'Dry a brossé le portrait d'un Charles Blé Goudé qu'il connaît. Il a évoqué ses multiples initiatives en faveur de la concorde dans son pays : les accords du café de Versailles qui ont évité une guerre civile au pays au moment de la bataille des audiences foraines en 2006 ; la caravane de la paix qui a permis de faire accepter les accords de Ouagadougou ; son séjour à Bouaké à la résidence du chef rebelle Issiaka Ouattara dit « Wattao », l'audience avec le représentant spécial de l'ONU durant laquelle il lui demandait d'appliquer le point de l'accord de Ouagadougou appelant au désarmement de tous types de milices et de mouvements rebelles, etc... «C'est un homme de paix. Il ne faudrait pas qu'on essaie de réécrire l'histoire des hommes. Qu'est-ce qu'il a fait ? Depuis que je suis venu ici, je m'attends à une démonstration claire et nette du bureau du procureur qui dirait « voici les actes de violences commis par M. Charles Blé Goudé ». (…) Purement et simplement, il n'aurait pas fallu faire venir le monsieur ici. Vous avez tous les éléments pour vous convaincre qu'il ne s'agit pas d'un homme violent », s'est indigné, très en verve, Maître N'Dry.
P 44, un témoin-clé qui ment comme un arracheur de dents ! Un autre défenseur de Blé Goudé, Seth Engel, s'est lancé dans des développements très précis sur l'organisation des différents mouvements indépendants les uns des autres constituant la « galaxie patriotique ». Une « galaxie » où ce n'était pas toujours le grand amour et qui était traversée de contradictions idéologiques, les uns prônant la méthode « Malcolm X » et les autres, comme Blé Goudé, la méthode « Martin Luther King », quitte à être moqués et raillés pour leur mollesse. Charles Blé Goudé n'était pas le chef incontesté auquel obéissait toute personne estampillée « jeune patriote ». Nick Kaufman, avocat principal de l'accusé, n'est pas passé par quatre chemins pour « détruire » la crédibilité du témoin P44, témoin central de l'Accusation dans ce dossier comme dans le dossier Gbagbo. Un P44 qui a fait gonfler son importance dans le système Gbagbo afin de mieux jouer à celui qui a tout vu et tout entendu mais qui n'est rien d'autre, selon le défenseur de Blé Goudé, qu'un « rat de palais » insignifiant. Nick Kaufman a pointé le ridicule d'un certain nombre d'affirmations de P44, notamment la présence prétendue de... 7 000 miliciens que Blé Goudé aurait fait entraîner dans la forêt du Banco, sans que personne ne voie leur trace et sans qu'aucun d'entre eux ne puisse témoigner. L'Accusation a réussi à se saisir de l'agenda de la Première Dame Simone Gbagbo (agenda supposé en tout cas!) et du registre des entrées et des sorties à la Résidence.
Et ces documents se retournent contre elle vu que son témoin-clé, P44, qui dit avoir tout vu et tout entendu, n'était présent à aucune des réunions dont il parle et dont il fait un compte-rendu tendancieux. Un témoin-clé qui ment comme un arracheur de dents, cela vous détruit un argumentaire ! Nick Kaufman a aussi évoqué l'absence de Blé Goudé à des réunions présentées comme importantes par l'Accusation dans la mise en place du soi-disant « plan commun ». Quasiment tous les témoins de l'Accusation évoquent par ailleurs les « incidents » que l'on veut imputer à Blé Goudé sans pour autant parler de l'implication de jeunes relevant de Blé Goudé, sauf un ancien membre du GPP mis en cause par la DST, qui a témoigné sous pression, on l'imagine... et qui procède par ouï-dire vu qu'il n'a été témoin direct de rien.

Les témoins de la Défense démontent les allégations du Procureur

Dans cet extrait de la plaidoirie de Me Claver N’dri, les témoins de la Défense ridiculise les allégations du Procureur contre Charles Blé Goudé « Le document qui contient les charges est révoltant. Un excellent document qui n'a qu'un mérite : celui d'avoir su résumer les articles tant de la presse nationale que de la presse internationale dont les lignes éditoriales ne sont pas en faveur de monsieur Charles Blé Goudé et de l'Alliance de la Jeunesse pour le Sursaut National (AJSN). Le procureur dans son désir farouche de faire de monsieur Blé Goudé ce qu'il n'est pas va même jusqu'à la limite de l'intolérable et présente monsieur Charles Blé Goudé comme celui qui incitait ses concitoyens à avoir de la haine contre les ressortissants du Nord de la Côte d'Ivoire et contre les musulmans. Le procureur pré- sente Charles Blé Goudé comme un xénophobe qui détesterait les étrangers notamment les Burkinabés. Madame le Président, Madame et Monsieur les Juges, je veux ici faire parler trois témoins qui vont contredire les allégations du procureur. Il s'agit premièrement, du témoin numéro CIV-D25-P-0001. Elle est musulmane. Elle vient du Nord de la Côte d'Ivoire. Lors de son audition, elle a dit ceci et je cite: "Depuis 2004, toutes les fois qu'il (Charles Blé Goudé) a été sollicité par notre communauté, il a été présent. Il offrait des billets d'avions pour le pèlerinage à la Mecque à certains membres de la communauté dont moi-même. Toutes les fois qu'un membre de la communauté ou quelqu'un de sa famille avait un problème, il n'hésitait pas à faire intervenir son ami médecin... et prenait en charge tous les frais médicaux. Que ce soit à Abobo ou à Yopougon. Quelqu'un qui n'aime pas les Dioulas ne peut pas avoir de Dioulas dans son staff...Je lui ai dit une fois mais tu es souvent avec les musulmans, alors il te faut apprendre la "FATIHA". Il a accepté et il a appris la sourate. Quand il est allé à Soubré après avoir fait réparer la Mosquée, il a récité la "FATIHA" devant les Imams et tout le monde était surpris. Il m'a même dit par la suite que la "FATIHA" est un peu comme la prière "Notre Père" des chrétiens". Le second témoin référencé sous le numéro CIV-D25-P-0006 est une Burkinabée. Elle vivait chez Charles Blé Goudé. Plus tard, comme elle l'affirme elle-même lors de son audition, à sa demande Charles Blé Goudé lui a ouvert un magasin de pagnes à Yopougon. Elle est Burkinabée de nationalité. Charles Blé Goudé la présentait aux visiteurs comme sa sœur. Ce fait dément l'affirmation du procureur qui fait de Charles Blé Goudé un homme qui détesterait les étrangers principalement les populations de l'Afrique de l'Ouest.    Le troisième est un membre de l'Alliance de la Jeunesse pour le Sursaut National. Le témoin numéro CIV-D25-P-0010 dit ceci: " Moi, je m'appelle [...] (c'est un nom d'un ressortissant du nord de la Côte d'Ivoire). Nous faisons partie de l'équipe de Blé Goudé. Ce n'est pas possible qu'on aurait accepté un plan contre nos parents du nord. Nous aurons dénoncé cela" ».
 Par Philippe Brou

Source: Le Nouveau Courrier N°1121 Du Mercredi 1er Octobre 2014






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