Le talon d’Achille du pouvoir Ouattara.

Dimanche 3 Août 2014 - 18:15


Peuple ivoirien, ton avenir est entre tes mains, parce que la liberté se prend ; elle ne s’octroie pas. Il y a quelques jours, nous avons écrit avant la visite de François Hollande en Côte d’Ivoire, que ce dernier ne venait pas pour résoudre les problèmes des Ivoiriens. Nous avons même précisé que le premier des français ne verrait que ce que le pouvoir voudra lui montrer et n’entendrait que ce que l’on voudra lui dire. Peut-être que beaucoup d’entre nous n’ont pas compris le sens de ces deux phrases. A l’évidence, les faits sont là.
Primo, parce qu’Hollande est arrivé dans un pays certes  divisé, mais calme. Par conséquent, il ne lui appartenait pas de dire qu’il y a du grabuge et de l’insécurité dans ce pays.
Secundo, dès lors qu’il n’a pas entendu le peuple, pour lui, tout va bien. Ouattara a réussi à mettre le calme dans le pays et l’a pacifié pour ne pas dire sécurisé.
En tout état de cause, si le jour «  j  », simultanément dans toutes les villes de Côte d’Ivoire, s’il y avait eu du bruit de protestation  partout, il est sûr et certain que F. Hollande n’aurait pas tenu le même discours que celui que vous avez entendu. La raison  ?
La France, pays dit des droits de l’Homme, se mobilise devant la violence d’un certain degré pour  jouer les pompiers.  Parce que le monde est devenu un gros village  ; tout ce qui se passe  dans un  des endroits les plus reculés,  provoque de l’émotion. Un exemple qui a bien marché est celui des gens mal intentionnés qui ont mis  en ligne, les images malheureuses d’une scène filmée en Afrique du Sud ou au Kenya.  Le monde entier est tombé dans le panneau et vola au secours des bandits du RHDP. Alors, pourquoi les Ivoiriens ne comprennent-ils pas que le pouvoir ivoirien a peur de subir le même coup qu’il a fait au régime Gbagbo  ? Par ailleurs  au début, face aux rodomontades du pouvoir, le parti de Laurent Gbagbo s’est montré intransigeant. Malgré la présence des FRCI et leur supplétifs dozos, le pouvoir était sur le point de se déculotter. Il allait reculer de toutes les façons. Pourquoi  ?
Parce que devant la détermination d’un peuple souverain, aucune force fut-elle brutale ne peut résister plus longtemps. Même le général Robert Guéï a reculé. Aucun pouvoir ne peut tuer tout le monde. Certes on ne peut faire des omelettes sans casser des œufs. L’idée de la mort fait peur à tous y compris les FRCI. Même Ouattara a peur de mourir. C’est pour cela d’ailleurs, sous prétexte de chercher des armes cachées, ils ont sévit longtemps après la fin des hostilités. Cependant, la détermination  d’un peuple a plus de force que toutes les armées du monde.
La Côte d’Ivoire est le seul pays au monde où le résultat réel d’une élection se fait attendre depuis plus de trois ans. Or quand on dîne avec le diable, fut-il avec une longue cuillère, il faut toujours rester sur ses gardes. La corruption dont le pouvoir a usé reste toujours d’actualité pour venir à bout de son opposition. A preuve, beaucoup de nos dirigeants (de l’opposition) ont été séduits par l’idée de négocier avec le pouvoir et voila comment nous avons donné le flanc pour nous laisser distraire. Sans la sécurité, à quoi sert-il à un pouvoir de prétendre gouverner si personne ne vient y investir son argent. Le talon d’Achille du régime  Ouattara est la finance. Si pour un déficit sécuritaire, toutes les portes des crédits se ferment, comment Ouattara pourra-t-il faire  ? Même s’il fait semblant d’être un monstre sans foi ni loi, il est souvent ébranlé par certains faits divers.  Quand dame Madjara Ouattara  s’est immolée par le feu, ADO a été secoué.  Le pouvoir portera désormais au milieu de son front  les stigmates de cette mort brutale. Si le peuple reste debout sans violence, mais avec une forte détermination pour exiger le rétablissement de la vérité des urnes, les Occidentaux auront marre du pouvoir Ouattara. Il y avait la guerre, c’est pour cela que les FRCI et les dozos pouvaient tirer à vue sur la population aux mains nues, sans que cela ne provoque d’indignation internationale. Maintenant que tous ont été convaincus qu’il n’y a pas d’arme cachées dans le pays  ; c’est le moment de rendre à Ouattara, la monnaie de sa pièce. La résistance pacifique l’aura  à l’usure. Il verra que son sort politique est déjà scellé  quant à la prochaine présidentielle de 2015.
 Pour que la cohésion sociale ait droit de cité dans ce pays, il faut que justice soit faite et dite au propre comme au figuré. Exigeons la vérité des urnes et en tant que démocrates, nous reconnaîtrons le pouvoir sorti du choix populaire. Prenons le pouvoir au mot, puisqu’il dit être pour la justice, allons y donc.  
Une chose est sûre, Ouattara le sait bien qu’en Côte d’Ivoire, il n’a jamais gagné d’élection, même ne serait-ce qu’une municipale qui n’a qu’une portée réduite. Alors  s’il refuse le verdict des urnes,  alors commencera la protestation silencieuse, ensuite le boycott actif de son autorité. En allant crescendo, si tout est bloqué, il sera obligé de s’asseoir pour écouter le peuple. Ce personnage de la communauté internationale réduite à Nicolas Sarkozy,  ne peut tout le temps s’imposer à tous  ;  d’autant plus que la malhonnêteté de son mentor,  est aujourd’hui avérée. Sarkozy a peur d’aller en prison, mais il ne peut lutter contre son destin.
On pouvait objecter que protester actuellement ne ferait que retarder le développement du pays. Mais est-ce que faire avancer réellement le pays est-il dans la mission d’Ouattara  ?  Son agenda est bloqué sur le Burkina. Combien d’accord a-t-il signés ces derniers jours avec ce pays voisin dont il est originaire  ? Au moins près d’une trentaine…  Ses amis français et autres viennent de temps en temps faire de la communication pour duper les Ivoiriens, tandis que les vrais économistes ne cessent  de tirer la sonnette d’alarme que ça ne va pas. Lui-même le confesse quand il dit que l’argent ne circule pas parce qu’il travaille. Or c’est l’inverse qui est vrai. Parce que quand l’argent circule, en tant que moyen conventionnel d’échange, c’est qu’il travaille.
Exiger la vérité des urnes est le début du commencement de la réconciliation nationale. Quand la preuve est palpable qu’Ouattara a gagné, pourquoi les Ivoiriens refuseraient-ils de le reconnaître comme tel  ? Mais pourquoi se contredirait-il en disant qu’il veut la justice et refuserait-il le minimum qui conduit à cette justice  ? Dans toutes les élections au monde, le report des voix n’est jamais arithmétique. Le penser c’est commettre une grossière erreur, car ce n’est pas parce que Konan Bédié a appelé à voter Ouattara que tout le monde l’a effectivement fait. Par ailleurs, rien ne dit d’emblée que Laurent Gbagbo a gagné, mais seule la vérité apaise les cœurs. Ouattara a menti au peuple, car il a dit de lui donner cinq ans de pouvoir pour rendre le pays émergent. Voici trois ans qu’il gouverne sans entrave et rien ne pointe à l’horizon. Pourtant,  Laurent Gbagbo en vingt trois mois de gouvernance socialiste a renoué avec les bailleurs de fonds et réalisé  beaucoup de progrès malgré toute l’adversité.
A partir de maintenant, on proteste pacifiquement puis, si nous ne sommes pas entendus, nous passerons à une phase de boycott des produits français puis au sabotage des entreprises françaises. En Côte d’Ivoire, c’est  la volonté du peuple qui doit primer et non celle des Occidentaux.  ----En Palestine, le Hamas a gagné de même qu’en Egypte, les frères musulmans ont triomphé, mais les occidentaux sont allés y imposer leur démocratie criminelle comme ce fut le cas contre le FIS (Front islamique du salut) algérien. Actuellement, ils partent de la Libye sur la pointe des pieds,  parce que ça sent le soufre. Drôles de démocrates à ne pas du tout écouter ni suivre.
                                                                                                 

  Julius Blawa Aguisso




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