Le suicide politique du président Bédié

Mardi 12 Janvier 2016 - 07:30


Henri Konan Bédié
Henri Konan Bédié
Si un jour, lui-même ou un de ses « suiveurs » voudra écrire ses  mémoires politiques, peut-être saurons-nous la raison fondamentale qui fait courir Konan Bédié. Le professeur Vangah  Wodié, ex-président du conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire, a eu le mérite d’avouer avoir échoué en tant qu’homme politique. Bédié en fera –t-il autant ? Voici un homme qui a tout eu de la Côte d’Ivoire : fortune, postes prestigieux et tutti quanti, quoique toujours médiocre dans les résultats obtenus pour la Côte d’Ivoire par opposition à ce qui est à son bénéfice personnel. Même le président Houphouët-Boigny  ne s’est pas vite aperçu de l’erreur qu’il commettait en propulsant ce Monsieur au devant de la scène politique. En ce qui concerne le ministre ivoirien de l’économie et des finances du premier gouvernement postindépendance, Raphaël Salaire pour ne pas le nommer, l’on ne s’est aperçu de rien. Mais c’est à propos d’un autre ministre  d’origine étrangère que Jacques  Baulin* dans un opus stigmatisera le comportement de l’homme Bédié. Cet ex-conseiller en communication d’Houphouët-Boigny a dénoncé le mauvais comportement de Bédié en disant que non seulement il a triché à la thèse de doctorat en économie qu’on lui attribue, mais conscient de sa médiocrité, il s’en prend toujours à ceux qui sont plus brillants que lui, de crainte de lui faire ombrage. C’est ainsi que le brillant technocrate qu’était Mohamed Diawarra, ex-ministre ivoirien du plan, a subi les affres de la concurrence d’ailleurs déloyale de M.
Bédié. Quelques années plus tard, ce fut le cas d’Alassane Ouattara. Bédié l’a martyrisé au point de mettre Interpol à ses trousses. Peut-être que le président Bédié ne savait pas que son nouveau concurrent avait une feuille de route en venant en Côte d’Ivoire ; à savoir servir les intérêts français en déstabilisant la Côte d’Ivoire et surtout empêcher  ce pays de rester une oasis dans un désert parmi les Etats de la sous-région.  
Lui qui a revendiqué la paternité de l’ivoirité plutôt militante que mortifère, dirons-nous, a oublié qu’il est et demeure l’ennemi à abattre du parti appelé Rassemblement Des  Républicains (RDR), dont justement Alassane Ouattara est le mentor. Mais Bédié ne peut pas ne pas savoir que le RDR est devenu depuis belle lurette, l’organe de la lutte de la charte du Nord. D’ailleurs, le RDR est né par césarienne* des entrailles du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Par conséquent, quel que soit alpha, quelqu’un comme Bédié serait toujours dans le viseur du RDR. Il a suffi que Jacques Chirac,  président de la république française, mû par la haine de Laurent Gbagbo,  dise à Bédié de rassembler l’opposition d’alors afin que la coalition issue d’elle puisse battre, celui que lui Chirac abhorre, pour que toute honte bue, sans retenue, Konan Bédié se jette dans les bras d’ADO. Lui qui a pendant son règne voulu « déhouphouétiser » la vie politique dans notre pays, a eu pour dernière trouvaille l’ambition de réunir les enfants d’Houphouët-Boigny avant de tirer définitivement sa révérence. Pour ce faire, il a benoîtement cru qu’ADO avait oublié l’humiliation qu’il lui a infligée, il a ignoré que la charte du Nord est toujours en marche, pis encore,  une politique de rattrapage ethnique déroulée à sa barbe, ne l’a point alerté.  Alors, non content d’avoir piétiné les résolutions du dernier congrès de son parti,  Bédié continue de multiplier les turpitudes qui finiront par l’enfoncer. Une idée saugrenue des Houphouétistes réunifiés dans un parti comme au temps du parti unique. Le rêve est beau, mais hélas, on ne fait pas la passe à l’adversaire en politique.  On ne voit pas pourquoi le RDR se renierait  pour faire plaisir à Bédié qui a agi contre les intérêts du PDCI...
Aux dernières nouvelles, le RDR a planté tout le décor pour un troisième mandat d’ADO. Une fois la Constitution révisée ; rien n’empêchera le RDR de se maintenir durablement au pouvoir, car d’ici là, les suiveurs de Bédié auront compris qu’ils n’ont rien à tirer de ce vieillard. Ils se lasseront de le suivre. A preuve, les deux appels de Daoukro ont été suivis in extrémiste. Ce ne sera pas après la volte-face du RDR que les suiveurs seront nombreux à écouter leur mentor.
Cependant, réviser la constitution pour faire sauter le verrou de la limitation des mandats et de l’âge,  reviendra pour le RDR à se faire hara kiri. Le gros de la troupe du PDCI auquel le FPI et les deux autres rescapés du RHDP se joindront, auront plus de force pour barrer la route à ADO. Tout le monde sait que le FPI tendance AFFI N’Guessan, seul allié du RDR, ne pèse pas lourd sur l’échiquier politique ivoirien. Dans ces conditions, c’est La Haye qui déterminera l’avenir de notre pays. Dans l’état actuel des choses, on voit mal Laurent Gbagbo, libéré puis poussé par la houle (du peuple), refuser de monter au créneau. Alors nous dirons vox populi, vox dei.


Julius Blawa Aguisso




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