Le rôle de la presse dans le monde.

Dimanche 8 Avril 2012 - 11:01


Le rôle de la presse dans le monde.
Les informations dans trois parties du monde reposent sur certains critères. Dans le monde industrialisé, les caractères, puis la presse à imprimer révolutionnèrent l’Europe du XVème siècle et « donnèrent naissance à la communication de masse ». Le terme de presse à cette époque est employé pour désigner tous les médias. La presse a fait de la diffusion de masse de l’information une possibilité concrète et lucrative. Le contenu des journaux de l’époque ressemble à celui de l’époque actuelle. Un journal allemand datant de 1609 avait pour titre« Rapport sur ce qui s’est passé en Allemagne et en Italie , en Espagne , aux Pays-Bas, en Angleterre, en France, en Hongrie, en Autriche, en Suède, en Pologne, dans toutes les provinces, aux Indes orientales et occidentales, etc. au cours du VVII ème siècle, on admit la nécessité d’un contrôle autoritaire de la presse impliquant des restrictions de contenus. Les souverains de l’époque, Tudors en Angleterre, Bourbons en France, et Habsbourg en Espagne, soumirent les feuilles à une stricte censure. Mais le XVIII ème siècle fut une période révolutionnaire qui mit l’accent sur la liberté religieuse, les droits politiques, le libre-échange et les libertés individuelles, dont la liberté d’expression. Ce siècle vit également l’essor du rationalisme et de la pensée scientifique. Au attachait une plus grande valeur au fait brut, on appréciait l’information objective. Au XIX ème siècle, des facteurs économiques vinrent étayer les aspects philosophiques de l’objectivité. La création de certaines agences de presse et d’autres efforts coopératifs rendit l’objectivité essentielle. En 1835, Charles Havas envoyait des informations financières par pigeon voyageur. En 1851, un employé de Havas, Paul Julius Reuter, établit à Londres une liaison par télégraphe électronique. L’année 1848 vit la création de la New York Associeted Press, concurrencée en 1907 par l’United Press Association. Les agences de presse du monde occidental ont exercé un effet direct sur les populations. Les critères de l’information du monde industrialisé reposent sur l’actualité. En effet, les nouvelles doivent être nouvelles et récentes, en cours et constituent souvent la suite de ce qui s’est passé la veille, ou un instant plutôt. Il s’agit de « donner la priorité à une information qui est actuelle, indispensable à une mise au point constante».Il ne fait aucun doute que les médias du monde industrialisé sont en mesure de courir les événements, vingt quatre heures sur vingt quatre, car dans une société qui évolue, ne pas être à jour, c’est ne pas être dans le coup. Dans le monde industrialisé, les lecteurs veulent savoir ce qui se passe sur leur continent, dans leur pays, leur région, leur ville, leur quartier, leur rue et surtout chez leur plus proche voisin. Pour Diamond, la réaction des médias américains repose sur une série immuable d’équations. « 10000 morts au Népal, 100 morts au Pays de Galles, 10 morts en Virginie occidentale, 1 mort dans la maison d’à côté ». L’information, ce sont des gens importants, des hommes publics. Dans l’ensemble du monde industrialisé, les politiciens, les membres des familles royales, les champions sportifs, les vedettes de cinéma monopolisent les gros titres. Comme le souligne Rubin, la personnalité fait l’information, car « les informations télévisées sont des images, plus du texte, plus une personnalité». L’information, c’est aussi ce qui est étrange et bizarre, car l’insolite fait l’information dans le monde industrialisé. Ce qui fascine c’est l’évènement et non ce qui provoque l’évènement. Elle repose aussi sur le critère humain dans le monde industrialisé, car ce sont des gens ordinaires, leurs particularités, leurs points communs, leur générosité, toute la gloire et toute la faiblesse de l’humanité qui sont matières à information. Le conflit est aussi à la source de l’information dans les pays industrialisés. Dans le monde industrialisé, l’information ce sont les luttes et les querelles, que ce soit dans les réunions des conseils municipaux ou dans les parlements, dans les rues ou sur les champs de bataille. Les critères de l’information dans les pays industrialisés. De nombreuses étapes se succèdent entre la décision du journaliste quant à la valeur informationnelle d’un évènement, la rédaction de son article et l’application de celui-ci dans un journal ou un bulletin d’information. Selon John Hartley quatre hypothèses de base étayent la transformation par le journaliste des critères de l’information en catégories commodes, qui s’intègrent les unes aux autres telle que la politique, les questions internationales, le sport, les loisirs etc…car la société est composée d’individus susceptibles de faire l’information. Elle a en outre un caractère consensuel qui reconnait les intérêts de chacun. Aussi, convient-il de souligner que l’information du monde industrialisé change. Certains responsables de journaux américains ont réclamé l’humanisation des critères de l’information. Michael J. O’Neill, rédacteur de New York Daily News soulignait que « notre devoir est-il d’informer avec une telle rigueur que nous renonçons à notre humanité ». Les critères de l’information dans le monde communiste, ce monde qui est aligné sur le bloc soviétique. Cela n’a pas grand-chose à voir avec ce qui se passe dans le monde occidental. Dans ces pays, au milieu du XIXème siècle, l’information suivait les mêmes modèles que celle des pays industrialisés. En Russie dans les années 1860, après la censure draconienne qui marqua le règne de Nicolas 1er, la presse connut un grand essor. Les quotidiens étaient remplis d’informations sur la guerre et les scandales sociaux certains journaux allaient jusqu’à critiquer le gouvernement en termes voilés. La presse était très comparable en Pologne, en Allemagne et dans d’autres pays d’Europe de l’est. Mais les révolutions politiques ont entrainé une revolution de l’information, comme en Russie où le mouvement réformateur de la fin du XIX ème siècle s’est fait entendre bruyamment. En 1912, les bolchéviques publièrent la Pravda à Saint Petersburg, bravant les tracasseries de la censure. Lorsque la revolution de 1917 amena les bolchéviques au pouvoir, la Pravda devint l’organe officiel du parti. le concept révolutionnaire de l’information devint une théorie institutionnelle de l’information. Lénine avait assuré le succès d’une revolution avec le soutien de la presse, il était donc conscient du poids que celle-ci représentait. Trois jours après son entrée en fonction, Lénine interdit les journaux d’opposition. Son raisonnement était clair : « si un gouvernement croit bien agir justement, pourquoi devrait-il accepter la critique ? Il ne tolérerait jamais une opposition armée ; or « les idées sont beaucoup plus meurtrières que les fusils ». Pour lui, la presse ne doit pas seulement servir à la propagande collective et à l’organisation collective ; elle doit être un organe d’agitation collective. Les critères de l’information dans le monde communiste sont qu’éléments clés de la légitimité de l’Etat, la presse et son rôle sont analysés de manière appropriée, ce qui permet d’établir certaines caractéristiques essentielles. L’information, c’est avant tout ce qui est dans la ligne idéologique. Toute décision en matière d’information qu’il s’agisse du choix d’une anecdote ou de la préparation sur l’écran répond à des critères idéologiques. Tous les ans, la Pravda consacre un certain nombre de première page sur l’analyse du rôle de la presse dans les sociétés socialistes. L’engagement idéologique et le talent, tels sont les deux critères qui portent la presse dans ces pays. L’information dans ce monde, c’est l’interprétation du mode de vie, en termes idéologiques,« les activités et les préoccupations quotidiennes qui sont celles du parti et de l’ensemble du peuple soviétique recouvrent l’essentiel du contenu de notre presse ». L’information, c’est le parti communiste de l’époque ; ce que le parti dit, ce que le parti fait, ce que la parti pense et ne pense pas, voila ce qui fait l’information dans le monde communiste. Ce lien entre le parti et les médias est illustré, même glorifié dans les statuts de l’Association des journalistes de l’Allemagne de l’Est « Militants fidèles et sûrs du parti de la classe ouvrière et du gouvernement, ils contribuent par leur travail journalistique passionnant et convaincant, relief de la vie concrète à la poursuite de l’essor d’une société socialiste développée ». L’information est responsable devant la société du monde communiste, elle est constructive, positive, captive et vigilante, et contribue au renforcement des convictions socialistes. La Pravda approuve ouvertement ce critère de l’information ;« la presse a pour devoir et pour mission de soumettre au verdict de l’opinion publique les questions qui préoccupent la population et de faire un usage audacieux de la critique dans la lutte contre les entraves à nos progrès ». Dans le monde communiste, l’information c’est l’instruction, l’information enseigne, l’information prêche. Elle répond à un dessein et ce dessein c’est bien souvent l’éducation. Cette éducation peut prendre plusieurs formes : des articles sur des innovations agricoles, des conseils de santé, des cours de langue télévisés, des brochures et des livres sur Lénine, des explications et des dénonciations des activités impérialistes. Le critère de l’information est très proche des critères que l’on rencontre dans le monde industrialisé. L’information est transmise par des hommes, elle concerne des hommes et est destinée à des hommes. A l’instar du monde occidental, l’information du monde communiste met l’accent sur l’actualité, la proximité et le caractère spectaculaire. Dans le monde communiste, l’information est aussi déterminée par des facteurs idéologiques. Elle cherche à susciter u sentiment de passion et d’engagement. Par leur nature même, les critères d’information du monde communiste ont résisté au changement. Car « l’une des taches les plus importantes que le parti ait confiées aux journalistes soviétiques est de se préoccuper constamment de mettre en valeur le caractère exemplaire des nouvelles ; il faut pour cela s’appuyer sur la spécialité, la vigueur, le caractère immédiat et l’amour du parti contenus dans les sujets d’information». S’agissant du tiers-monde, les critères d’information sont nombreux et variés que ce soit de la Chine au chili en passant par le Libéria. Néanmoins, il est possible de relever certaines sources. Beaucoup de pays du tiers-monde ont engagé la lutte contre le colonialisme qu’au XXème siècle. Mais cela faisait déjà de longs siècles que les pays du tiers-monde possédaient des systèmes de communication importants et actifs. En inde, avant le Xème siècle, les moines et les missionnaires se déplaçaient déjà de villages en villages, transportant avec eux des cotes moraux et des manuscrits illustrés. Quelles étaient les nouvelles transmises par les ancêtres des correspondants de presse ? « Ils prêchaient l’égalité entre les hommes et parlaient de collaboration, d’amour, de coopération et de vérité ». Au VIIIème siècle, un service de presse gouvernemental fonctionnait irrégulièrement en inde. Les journaux prenaient l’allure de tribunes libres. il parait qu’Haribhadra de Bhinnamala rédigea rapidement une riposte à un ouvrage de philosophie de Rajashekhara, qui vivait à plus de mille cinq cent kilomètres de là à MAGHADA. Au XVII ème siècle, un service de presse gouvernemental fonctionnait irrégulièrement en inde. Les journaux étaient de dimensions modestes, les informations avaient également une portée restreinte.« la sphère de l’information était limitée : l’information c’était l’empereur».Certains journaux du tiers monde répondaient aux critères du journalisme dans lequel l’occident actuel se reconnaitrait. Les premiers journaux du Sri Lanka contenaient des avis gouvernementaux, des articles littéraires et politiques, des descriptions de mariages, des nécrologies, et même des rubriques humoristiques. Un certaine opposition politique était même tolérée. Le libéral Herald fondé en 1826, avait pour devise « la liberté est l’éclatant don de la providence », « l’opposition politique et l’expression d’une opinion africaine informée devinrent rapidement le thème dominant de la presse de langue anglaise en Afrique occidentale ». Au XXème siècle, un thème commun a réuni les multiples cultures du tiers –monde : le développement. On a regroupé sous ce concept un grand nombre de sujets dont l’affranchissement des contraintes politiques et économiques imposées par les deux guerres mondiales, les efforts pour profiter des progrès technologiques et économiques, et surtout l’établissement de systèmes de communication mieux adaptés aux pays du tiers –monde. Ortega et Romero se sont intéressés au Pérou, mais leurs propos peuvent s’appliquer à l’ensemble du tiers-monde lorsqu’ils soulignent « la relation étroite entre la structure économique et sociale et l’utilisation et la propriété des médias ». Les critères de l’information sont que le tiers-monde s’est efforcé de mettre en place des méthodes d’information qui puissent remplacer ceux du monde industrialisé et des pays communistes. Le développement est un critère essentiel car l’information, c’est le développement, c’est le progrès, c’est la croissance. L’information ce sont de nouveaux barrages, de nouveaux bâtiments, de nouvelles routes et de nouveaux Etats. Une grande partie de la conclusion MacBrid de l’Unesco en 1980 portait sur les sujets du développement et du journalisme : « la communication peut être un instrument de pouvoir, une arme révolutionnaire, un produit commercial, ou un moyen d’éducation ; elle peut servir des objectifs de libération, ou d’oppression, favoriser l’essor de la personnalité individuelle ou couler les êtres humains dans un moule uniforme. « Chaque société doit choisir le meilleur moyen d’aborder la tache qui nous attend tous, et trouver des méthodes pour surmonter les contraintes matérielles, sociales et politiques qui font obstacles au progrès». L’information est une responsabilité. Dès lors le sérieux de l’information apparaît comme un impératif absolu dans les états du tiers-monde. C’est ainsi que la charte du conseil indien de la presse affirme que « les journalistes et les journaux doivent s’efforcer de mettre en lumière et d’encourager les activités de l’Etat et du public qui visent à l’unité nationale, à l’intégrité de l’inde et au progrès économique et social ». En janvier 1984, la conférence de ministres de l’information des pays non-alignés s’est tenue à Djakarta, en Indonésie. Cette conférence a lancé un appel aux médias du monde entier, leur demandant« d’éviter les compte- rendus tendancieux, sous tous leurs aspects et de cesser de diffuser des informations qui peuvent se révéler directement ou indirectement nuisibles ou préjudiciables aux intérêts de tout pays membre du mouvement des non alignés».C’est l’inverse même du journalisme de développement constructif. Les journalistes se voient demander non seulement de se concentrer sur les aspects positifs, les succès, mais également d’ignorer ou de minimiser les aspects négatifs, c'est-à-dire les échecs. On peut voir dans cet appel, une menace évidente conter la liberté de la presse. Hylary Ng’weno, rédacteur en chef kenyan propose une réponse ; « dans les jeunes nations, la mission de la presse est de poser les fondements sur lesquels les libertés futures s’épanouissent. Vu les conditions dans lesquelles vivent un grand nombre d’asiatiques, d’africains, de latino-américains, il serait sacrilège de parler de liberté de la presse, car la liberté perd de son sens lorsque la vie humaine est l’unique principe réel qui régit la vie d’un peuple ».Ce critère est le prolongement naturel du journalisme de développement et de responsabilité sociale. En mettant l’accent sur les réussites d’une nation, l’information peut encourager les sentiments d’orgueil et d’unité. Pour de jeunes Etats, cet orgueil et cette unité sont extrêmes précieux. A propos du manque d’unité et du tribalisme qui règnent encore dans les pays d’Afrique Ng‘weno affirme « dans ces pays, le premier devoir de la presse, comme du reste de toutes les institutions et de tous les individus est d’encourager une plus grande unité nationale, en effet sans un minimum d’unité nationale, toutes les autres valeurs humaines de la société deviennent impossibles ». La liberté et la justice perdent tout sens , car là où l’unité nationale fait défaut , la presse devrait consacrer tous les efforts à la tache difficile de l’unification de la nation et de la méfiance qui règne entre les communautés et les tribus. Ce point de vue ne se limite pas à l’Afrique. Hahn Bae –ho a écrit à propos de la Corée qui souffre aussi du manque d’unité ; « dans la politique dominant de la république de Corée, la concept de liberté de la presse doit être défini dans le contexte de cet objectif ». Un autre spécialiste coréen, dans le tiers mondé, l’information joue un rôle essentiel. Non seulement, elle enseigne et instruit. En effet, l’information peut servir à transmettre des connaissances en matière d’hygiène, à faciliter les travaux agricoles et à diffuser des ouvrages culturels ; dans les localités rurales, où un poste de radio est quelque fois l’unique source de communication avec le reste du pays, cette utilisation des médias parait indispensable. La valeur éducative de l’information présente un autre aspect moins évident. En tant qu’outil éducatif, l’information peut servir à établir le programme de travail de la nation. Gandhi a exposé ce critère de l’information : « l’un des objectifs d’un journal est de comprendre le sentiment populaire et de l’exprimer. Un autre est d’éveiller dans le peuple certains sentiments souhaitables ; le troisième est de dénoncer sans crainte les imperfections populaires ». Bien qu’ils jouent des rôles secondaires dans le tiers-monde, certains critères de l’information sont très proches de ceux que l’on rencontre dans le monde occidental. Selon Matta,« l’actualité, la proximité et l’intérêt personnel sont des qualités intrinsèques de l’information du Tiers-Monde». Comme dans le monde industrialisé et dans les pays communistes, la présentation des nouvelles dans le Tiers-monde est conditionnée par les critères essentiels de l’information. La construction et le style des articles obéissent aux critères d’un journalisme de développement, de responsabilité sociale et d’éducation. Elle cherche à éveiller un sentiment d’engagement et d’unité. La déclaration de principe de l ‘Union .nationale des journalistes du Salvador reflète l’importance de cet engagement. « L’Union nationale des journalistes du Salvador est une organisation anti-impérialiste, anticolonialiste, populaire et démocratique, dont les méthodes de lutte s’inscrivent dans le processus révolutionnaire que le peuple salvadorien a engagé pour concrétiser ses objectifs ». Le changement est la seule constante des critères de l’information du tiers-monde. Dans l’ensemble, on peut dire que les régimes de presse des pays du tiers-monde ressemblent pour beaucoup aux pays communistes. Les gouvernements interviennent dans l’information. Celle-ci doit servir des objectifs nationaux. Mais quelques éléments tendent à monter que certains concepts de l’information du monde industrialisé comme l’objectivité n’est pas restée sans influence. Une déclaration de l’Union des journalistes du Nicaragua au début de 1984 contenait ces lignes : « Les médias devraient orienter leurs informations vers une analyse des problèmes du pays d’un point de vue objectif, conforme à la réalité ». Il n’est pas étonnant de voir que des critères réellement universels de l’information voient le jour dans le tiers-monde. Dans la mesure où l’on assiste à un certain rapprochement entre des critères de l’information du monde industrialisé et des pays communistes. Noam Chomsky et Herman Edward se sont penché sur la question des médias dans leur ouvrage intitulé la « fabrication du consentement ». Les médias constituent un véritable outil de propagande, un système qui sert à communiquer des messages et des symboles à la population. Ils ont vocation à distraire, amuser, informer, et à inculquer aux individus les valeurs, croyances et codes comportementaux qui les intègreront aux structures sociales au sens large. Dans les pays où les leviers du pouvoir sont entre les mains d’une bureaucratie d’Etat, le monopole des médias vient généralement renforcer une censure tout à fait officielle : ces derniers servent les fins d’une élite dominante sans qu’il soit besoin d’épiloguer. Le modèle permet de reconnaître par quels processus le pouvoir et l’argent sélectionnent les informations retenues pour la publication, marginalisent la dissidence et permettent aux messages du gouvernement et des intérêts privés dominants de toucher le public. Les éléments essentiels du modèle de propagande, ceux qui filtrent l’information sont classés comme suit : traille, actionnariat, fortune du propriétaire et orientation lucrative, poids de la publicité , poids des sources gouvernementales ou économiques et des experts financés et adoubés par ces sources primaires et agents de pouvoirs, moyens de contre-feu permettant de discipliner les médias, l’anticommunisme comme religion nationale et mécanisme de contrôle. L’emprise des élites sur les médias et la marginalisation des dissidents découlent si naturellement du fonctionnement même de ces filtres que les gens des médias, qui travaillent souvent avec intégrité et bonne foi, peuvent se convaincre qu’ils choisissent et interprètent « objectivement » les informations sur la base de valeur strictement professionnels. Ils sont objectifs mais dans les limites que leur impose le fonctionnement de ces filtres. Ainsi le processus aboutissant à retenir l’information poussée par le gouvernement américain sur la livraison d’une cargaison de Mig au Nicaragua le 5 novembre 1984 ne laissait-il place à aucune interrogation, sur le fait que le gouvernement puisse manipuler l’information. Pour mettre en évidence le cadre général de la manipulation, les représentants affirment que par nature les déclarations du gouvernement sont à publier. En effet, début octobre 1986, des notes internes filtrèrent dans la presse, indiquant que l’administration Reagan aurait délibérément mené une campagne de désinformation pour peser sur les événements de Lybie. Les médias qui avaient contribué à cette campagne de désinformation sans trop se poser de questions, clamèrent leur indignation d’avoir été manipulés». Pour mettre en place cela, cinq ans avant cette opération, la presse avait rendu public« un programme de désinformation dirigé par la CIA, destiné à mettre Kadhafi et son gouvernement dans l’embarras », conjointement à des opérations terroristes dur le terrain, visant à le renverser voire à l’assassiner. S’agissant de la Lybie, les médias ont marché dans chacune des combines du gouvernement « depuis les brigades d’intervention de 1986, jusqu’à l’attentat de la bibliothèque berlinoise », refusant de reconnaitre leur tort rétrospectivement. Dans certains pays, la presse a constitué une menace pour les pouvoirs publics. En Grande-Bretagne, James Curran et Jean Seatton décrivent l’émergence dans la première moitié du XIXème siècle, d’une presse radicale au service du prolétariat national. Cette presse, propre à renforcer la conscience des classes, fédérait les travailleurs parce qu’elle« proposait un autre système de valeurs et une autre façon de voir le monde ».En effet, elle facilitait une plus grande confiance collective en insistant constamment sur la capacité potentielle des travailleurs à opérer un changement social grâce à la force de « l’unité et de l’organisation». Les médias sont en rapport avec de puissantes sources d’information pour des raisons économiques et du fait d’intérêts partagés. Ils ont constamment besoin d’un flux continu et stable d’information quotidienne et à une graille horaire qu’ils doivent remplir. Les limites de leurs budgets leur imposent de concentrer leurs efforts là où les informations sont les plus significatives et fréquentes, où abondent fuites et rumeurs, et où se tiennent régulièrement des conférences de presse. La Maison-Blanche, le Pentagone, et le département d’Etat sont des épicentres de ce type d’activité. Ces bureaucraties produisent régulièrement un matériel idéal pour alimenter la demande d’un flux régulier et planifié d’informations, qui est celle des salles de rédaction. Afin de valoriser de leur image, ils ont besoin de sources qui puissent être données comme a priori au dessus de tout soupçon. Les médias se mobilisent aussi autour d’importants filtres. A l’époque, le communisme constituait l’ennemi juré. Perçu comme le mal absolu, le communisme a toujours été le spectre qui hante les propriétaires, menaçant dans ses fondements leurs positions de classes et leur supériorité établie. En effet, les révolutions soviétique, chinoise et cubaine, furent de véritables traumatismes pour les élites occidentales. Aussi les conflits et les exactions largement rendues publiques des pays communistes ont-ils contribué à élever l’opposition au communisme au premier rang des principes et de l’idéologie des politiques occidentales. Les démocrates, fréquemment accusés d’être des procommunistes, sont tenus sur la défensive dans un environnement culturel où l’anticommunisme est la religion dominante. Dans cette guerre idéologique, les médias américains ont fait d’une machine à tuer, la protectrice d’une démocratie naissante. Il s’agit du Salvador ; les faits ont lieu suite aux élections de 1982. Les médias américains vont se contenter strictement de l’ordre du jour gouvernemental. La personnalité des candidats, les longues files d’électeurs, les prétendues manœuvres perturbatrices des rebelles et le taux de participation furent longuement commentés. Comme le soulignait Jack Spence, « tous les médias, et particulièrement les grands réseaux, contextualisaient cette élection sur fonds d’attaques de la guérilla contre les bureaux de vote. Jour après jour, Warren Hoge et Richard Meislin, du NYT, répétèrent que les rebelles menacèrent de faire capoter les élections. En fait, ces fausses rumeurs permettaient de donner une idée fausse tant du déroulement des élections que de leur issue. Les critères de base étaient exclus de l’ordre du jour médiatique. La destruction des locaux de la Cronica et d’El independente, ainsi que le meurtre de vingt six journalistes avait été occultée. Onze jours avant les élections, quatre journalistes néerlandais furent assassinés par les forces de sécurité salvadoriennes, mais cela ne provoquait aucune indignation des médias américains, ce par le silence des envoyés spéciaux au Salvador. L’argument avancé était que observateurs et journalistes convenaient tous que le vœu le plus cher du peuple salvadorien était de remplacer « les balles par les bulletins». Mais dès l’issue du scrutin, les balles reprirent, le peule salvadorien n’était pas libre de choisir, mais aucune allusion n’a été faite par les médias américains. Il s’agissait ici de travestir la vérité à dessein .Le rôle de la presse dans le processus de gouvernance est essentiel que soit dans les pays occidentaux ou dans les pays du tiers-monde.. Même si les mécanismes de la gouvernance ont du mal à se mettre en place dans nos pays et précisément en Côte d’ivoire, la presse peut jouer ce rôle critique de sensibilisation et de conscientisation des masses. Pour ce faire, elle doit être neutre, professionnelle et bien formée, et surtout éviter d’être à la solde du politique. Aussi, la presse devrait-elle gagner le pari de la sensibilisation des masses en diversifiant les canaux de transmission de l’information, qui passent par la vulgarisation de l’information dans les langues locales. Il s’agira dans ce cas d’informer les populations sur les sujets sensibles de la société. Par conséquent, la presse doit dénoncer les abus des hommes politiques, les maux de la société avec détermination et engagement.
ZADI JONAS 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 





Tags : CIA, kadhafi, presse

Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !