Le roi de la communauté Appolo, un griot dérivé pour Alassane Dramane Ouattara

CIVOX.NET
Lundi 13 Juin 2016 - 22:12


Nestor Koffi
Nestor Koffi

Si le ridicule pouvait tuer ! Voici un soi-disant roi qui a raté une occasion de se taire.
Nous savons aussi bien que tout citoyen a son opinion. Mais pour le pays Akan dont je suis issu, je n'ai jamais vu un chef Akan faire l'apologie d'un autre chef.
Ce roi dont la légitimité était déjà contesté par les propriétaires terriens de l’espace de Mossou, les Abourés, démontre qu'il n'est vraiment pas digne d'être roi au regard de son comportement déshonorant.
Que les Abourés ne veuillent pas reconnaître ce roi, cela se justifie donc parfaitement. Car un vrai chef Akan, pour ceux qui ne le savent pas encore, ne parle pas n'importe où, n'importe quand et n’importe comment. D’ailleurs, souvent, c’est son porte parole qui s'exprime en lieu et place du chef ou du roi.
Cher roi, le devoir de réserve vous impose - si vous êtes vraiment ce que vous prétendez être -, de ne pas vous immiscer dans les affaires politiques de la République.
La position d'un roi Akan digne de ce nom force respect et admiration.
Prendre partie pour l'exécutif comme vous venez de le faire, revient à commettre une faute grave.
Comment un roi peut-il se mettre dans la peau d'un citoyen lambda pour dire que le chef de l’Etat actuel doit modifier notre loi fondamentale qui limite le nombre de mandats à deux, pour lui permettre d’en briguer un troisième ?
Cher roi des appolo, jusqu'à preuve du contraire, la Côte d’Ivoire n'est pas un royaume ; mais elle est belle et bien une République laïque même si nous ne sommes plus dans un Etat de droit.
Vos sujets peuvent peut-être vous suivre mais pas ceux qui ne le sont pas. Vous avez des opinions. C’est votre droit ; mais nous ne pouvons pas partager celles-là.
Comme vous êtes un citoyen libre, - nous le supposons -, rien ne vous interdit de prendre une carte au RDR. Autrement, vous allez trop loin en vous arrogeant le pouvoir de faire des recommandations sur notre Constitution. Il s’agit là d’une énormité ; ce qui est indigne d'un vrai roi.
Cela dit, on peut maintenant s’interroger sur l’opportunité d’un référendum.
Y a-t-il il lieu de faire un référendum aujourd'hui ?
La réponse pour nous est négative. Il n’y a vraiment pas d’urgence pour une modification de la loi fondamentale vu que le chef de l’Etat ne fait que la violer depuis.
La dernière violation date de la candidature du chef de l’Etat pour les élections du 25 octobre 2015. D’un « candidat exceptionnel » en 2010, il est passé à « un candidat dérivé ».
Rappelons que les accords de Linas Marcoussis avaient fait des recommandations dans le sens d’un toilettage de la Constitution. Ouattara n’a pas jugé utile d’observer ces recommandations.
En fait, c’est parce que Ouattara et son Koné du Conseil constitutionnel avaient déjà préparé le costume du « candidat dérivé » que le chef de l’Etat n’a pas éprouvé le besoin d’aller dans le sens des accords de Linas Marcoussis ; qui plus est, Ouattara sait qu’il n’y aurait pas l’onction populaire pour qu’un référendum lui soit favorable. Même si l’on sait qu’il ne tient aucun compte de l’expression du peuple. En tout cas, il a refusé d’en rajouter à son casier de faussaire professionnel.
Octobre 2020 s’approche. Alassane Dramane Ouattara prend donc les devants en usant comme toujours de faux-fuyants pour imposer une éligibilité à vie. Il y a là l’histoire d’un homme qui ne pense qu’à lui et son clan pendant que sa gouvernance vide les caisses de l'Etat, paupérise les populations et fait poindre la famine ; quand les denrées de première nécessité se raréfient – du jamais vu –, c’est le comble !
La santé et l'éducation qui périclitent, laissent sur le chemin des immondices, des indigents et des déscolarisations de nos enfants. Il nous semble que les sommes qui vont être affectées à l’organisation du référendum peuvent régler un certain nombre de problèmes des populations. C’est étonnant qu’en Côte d’Ivoire, des situations de précarité qui pouvaient se limiter à des conditions conjoncturelles soient devenues structurelles et même endémiques.
Monsieur le président, si votre intention n’est pas de changer la Constitution en vue de briguer un troisième mandat, abandonnez votre projet.
Souvenez vous que pendant la campagne de 2010 vous aviez demandé aux Ivoiriens de vous donner 5 ans pour transformer la Côte d'ivoire.
Bravo, vous avez réussi votre pari, dont les illustrations principales sont :
1/ rendre le pays ingouvernable ce pays ;
2/ animer une rébellion ;
3/cultiver une insécurité généralisée ;
4/ proférer les menaces et intimidations ;
5/conduire la désolation du peuple ;
6/cultiver et promouvoir le rattrapage ethnique ;
7/ prendre plaisir à un surendettement tout azimut du pays ;
8/ tirer plaisir du non respect de la loi fondamentale ;
8/ promouvoir l'émergence des microbes ;
10/ travailler sans relâche à la division des Ivoiriens ;
11/ pratiquer la dictature dont une des manifestations est de contraindre les Ivoiriens à la pensée unique.
12/ promouvoir la culture de l'injustice et l'état d'impunité
13/ pratiquer sans scrupule le favoritisme ;
14/ jouir du mépris de l'opposition ;
15/ prendre plaisir au déni de la démocratie ;
16/exceller dans le mensonge au sommet de l'Etat ;
17/Cultiver l'instrumentalisation des communautés composantes de la nation les unes contre les autres.
Etc.
En fait, c'est parce que vous n'avez jamais respecté notre loi fondamentale, celle qui est au-dessus de toutes les autres que vous voulez coupler son référendum à une autre élection même nationale.
Si vous aviez du respect pour notre loi fondamentale, vous n’auriez pas couplé le référendum la concernant avec une autre consultation électorale. Nous demandons donc que vous suspendiez votre projet de révision de modification de la Constitution pour engager un dialogue large afin que la réconciliation nationale voie le jour dans le pays. Le climat dans le pays est déjà trop délétère pour qu’on ne rajoute pas d’autres sources de conflit.
Vu que le pouvoir accumule les travers qui transforment des citoyens en esclaves, au XXIè siècle, nous en appelons à tous les Ivoiriens, donc au peuple souverain pour dénoncer cette cabale et s’opposer aux procédés antidémocratiques qui ont pignon sur rue dans le pays.
La société civile doit se montrer comme un acteur moteur qui mette les partis politiques et tout le peuple en éveil pour faire barrage à cette nième imposture. Il ne faut plus laisser passer la moindre occasion à tous ceux qui, d’une position quelconque qu’ils occupent, fussent-ils des rois, soutiennent les projets qui viennent renforcer les barrières de la division.
Disons tous non à ce projet de nouvelle Constitution qui est en train de livrer ses secrets à travers cette fâcheuse sortie de têtes couronnées, instrumentalisées pour faire les griots au service du régime d'ADO.
Tout cela n’est plus tenable. Trop c’est trop ! Rassemblons-nous pour arrêter les humiliations successives. Il me semble que tous ceux qui ont de la dignité devraient accepter de se battre ensemble sur ce sujet majeur.
Que dieu bénisse notre chère Côte d’Ivoire.
Nestor Koffi
Ambassadeur universel de la paix.
Officier de l'ordre national du mérite agricole
Membre du bureau politique du PDCI RDA.




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