Le réveil de l’opposition fait peur: 21 dirigeants Fpi menacés de mort

Vendredi 20 Décembre 2013 - 11:22


L’information circulait depuis quelque temps, folle et menaçante. Au départ, personne ne la prenait vraiment au sérieux. A la direction du Front populaire ivoirien (FPI), autour de Pascal Affi N’Guessan, président du parti, elle était censée être gérée avec sérénité et vigi- lance. « C’est comme ça que les choses se passent d’habitude avec eux », nous font remarquer nos in- formateurs, visiblement énervés par ce qu’ils appellent « l’atten- tisme » des responsables du parti fondé par le président Gbagbo face au danger. « Tant que le pire ne leur est pas encore arrivé, ils prennent tout à la légère ! »,grognent nos in- formateurs. Car, la menace s’est faite précise, depuis l’entame de la tournée du président Affi N’Gues- san dans le Zanzan, au Nord-est du pays. Selon nos informateurs issus des milieux militaires, des officines va- t-en-guerre du régime d’Alassane Dramane Ouattara auraient planifié des assassinats ciblés contre vingt et un (21) hauts responsables du FPI. De préférence avant les élec- tions de 2015. Pour une raison sim- ple : alors que le traitement de choc infligé à Laurent Gbagbo et à tous les cadres de son parti, en avril 2011, était censé entraîner la dispa- rition totale du FPI, revoilà le plus populaire des partis politiques ivoi- riens (38% de l’électorat en octo- bre 2010) de nouveau debout. Les tournées d’Affi N’Guessan, à l’in- térieur du pays, depuis sa sortie de prison, le 6 août 2013, après plus de deux ans de détention arbitraire, drainent du monde. En face, Alas- sane Ouattara et son régime peinent à gérer le pays. Ils l’endettent sans frein. Ils tendent la gamelle de la mendicité partout, même dans les couloirs des caisses des Etats jusque-là plus nécessiteux que le nôtre. La Côte d’Ivoire est économiquement à genoux. La pauvreté est criante. Le peuple ivoirien crie famine et grogne. Et, comme un malheur ne s’annonce jamais seul, le procureur de la Cour pénale in- ternationale (CPI) chargée de réu- nir les preuves d’un procès contre Laurent Gbagbo est empêtré dans une démarche poussive. Sans issue. Dans une telle situation, auraient conclu les faucons au service de Ouattara, pour que leur champion soit « tranquille », il ne doit avoir à affronter personne. Il faut effacer toute trace d’opposition à Ouattara. « Bédié et le PDCI, c’est déjà cuit ! Le parti fondé par Houphouët ma- nœuvre d’ailleurs pour une candi- dature  unique  de  Ouattara  en 2015 », constatent nos informa- teurs. En face, il ne reste que le FPI. Même en l’absence de Gbagbo, les populations continuent de voir en ce parti leur espoir. Pis, pour Ouattara, les déçus de son régime n’hésitent plus à pousser des «  On  veut  Gbagbo  !  Libérez Gbagbo ! ». Alors, affirment nos informateurs « les faucons du RDR réchauffent  les  escadrons  de  la mort. Pour décapiter le FPI. Vingt et un cadres de la direction du parti fondé par Laurent Gbagbo sont di- rectement visés. Si le FPI ne fait rien, ils seront assassinés ! ». Enfin, pour nos informateurs, les commanditaires de ces crimes ci- blés sont convaincus que Ouattara et son régime vont bénéficier de la complicité passive de la Commu- nauté internationale : «  comme d’habitude,  il  y  aura  quelques condamnations de principe et c’est tout. Et au final, Ouattara n’aura plus d’adversaire ! ». Hier, un haut cadre du FPI, in- terrogé à Abidjan, nous a confirmé que son parti a connaissance de l’existence de cette menace de mort contre des membres de leur direc- tion. « Ecoutez, à l’heure où je vous parle, le président Affi doit être in- formé  de  cette  menace.  Depuis quelques semaines, nous en étions saisis grâce à nos réseaux pari- siens car, c’est depuis la France que nous en avons été interpellés pour la première fois. Mais comme vous, nous avons été aussi appro- chés  par  certains  officiers  mili- taires sur le même sujet, ici en Côte d’Ivoire, et nous prenons la menace au sérieux ». Et à ce cadre du FPI, membre du Secrétariat général, de préciser : « tous nos informateurs nous demandent de saisir l'opération des Nations-Unies (ONUCI) et les ambassadeurs accrédités chez nous. Je pense que nous allons y réfléchir quand le président Affi re viendra de sa mission dans le dé- partement de Bouna ». En 2002, des informateurs du même milieu avaient prévenu qu’il se préparait une attaque d’envergure contre la Côte d’Ivoire, depuis le Burkina Faso. Le 19 septembre 2002, la rébellion « financée par Ouattara » (selon Koné Zakaria, ancien Com’Zone, actuel patron de la police militaire du régime Ouat- tara), a frappé. En 2010, alors que les élections présidentielles se préparaient, des informateurs issus du même milieu ont prévenu le FPI : «  N’organisez  pas  ces  élections sans le désarmement des rebelles. Ouattara sera déclaré vainqueur et  il y aura une guerre internationale pour l’installer ». Le 11 avril 2011, Laurent Gbagbo a été renversé, comme prévu. A présent, que va-t- il se passer ? Bien entendu, Ouattara est déjà au pouvoir et on aurait pu ne pas accorder de crédit à telles informations. Malheureusement, tant que l’homme peinera à réconcilier les Ivoiriens, tant qu’il fera de la répression son cheval de bataille, ces « rumeurs » auront pignon sur rue. Et ce genres de menaces ne seront pas à balayer d’un revers de la main. Affaire à suivre donc.

César Etou

cesaretou2002@yahoo.fr
Source: Notre Voie N°4596 du jeudi 19 décembre 2013




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