Le régime Ouattara installe un climat de terreur: graves menaces contre le FPi, les syndicalistes, les journalistes, etc...

Lundi 18 Juin 2012 - 00:10


Le régime Ouattara installe un climat de terreur: graves menaces contre le FPi, les syndicalistes, les journalistes, etc...
La sortie du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, annonce à bien des égards une restriction totale des libertés sur tous les plans. Aux abois face aux problèmes des Ivoiriens, le régime Ouattara voit le diable partout et profère des menaces qu’il faut prendre au sérieux.
Le passage télé du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, soulève de nombreuses questions qui ne devraient surtout pas être considérées comme des tabous. Le régime Ouattara dont l’incompétence et la frilosité sautent aux yeux a certainement voulu, par cette opération de communication savamment planifiée au sommet de l’Etat, montré qu’il contrôle la situation. Hélas, la première leçon à en tirer, c’est la grande peur qui habite les tenants du pouvoir qui inventent, à coups de millions, des opérations de déstabilisation des institutions de l’Etat. Sans repère, le «securocrate» du régime ne s’est pas fait prier pour proférer des menaces et intimidations à l’endroit des populations, particulièrement des militants du FPI, des ex-FDS, des travailleurs à travers les syndicalistes, des organes de presse qui ne chantent pas les louanges du toujours président du RDR et leurs familles. En un mot, de l’ensemble du corps social ivoirien. Dans les faits, cette stratégie est contre-productive car affichant au grand jour les penchants antidémocratique et autocratique d’Alassane Ouattara. Aux revendications politiques de l’opposition conduite par le Fpi et à celles sociales dont les centrales syndicales attendent la satisfaction par le gouvernement, Alassane Ouattara n’a aucune solution si ce n’est la violence. Cela est d’autant plus grave que le ministre Bakayoko considère les syndicalistes comme des bras séculiers des leaders du Front populaire ivoirien (FPI) accusés de fomenter des coups d’Etat. «C’est tellement organisé que cette période du mois de juin a été définie comme la période du harcèlement médiatique. Ils ont décidé de réveiller les réseaux sociaux, c’est-à-dire les syndicats. Toutes les petites revendications étaient manipulées dans le sens de perturber l’ordre», soutient-il. Avec cette déclaration, on se demande ce qui arrive à Hamed Bakayoko qui a figuré régulièrement dans la quasi-totalité des gouvernements du président Gbagbo et qui est donc mieux placé que quiconque pour savoir que toutes les revendications des centrales syndicales ne sont pas nouvelles. De surcroit, l’Etat étant une continuité, il appartient aux tenants du pouvoir de mettre en application les acquis des travailleurs sous Laurent Gbagbo, plutôt que chercher à les diaboliser en leur enfilant des tuniques de faiseurs de coups d’Etat.

Stigmatisation et stratification des populations
 
Le programme de gouvernement de Ouattara, on ne le dira jamais assez, c’est d’interdire le Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Laurent Gbagbo. Pour ce faire, il faut accabler cette formation politique de tous les maux. Tout le montage qui est fait, avec des déclarations fracassantes d’hommes politiques ou militaires aux arrêts, obtenues sous la torture, ne vise en réalité qu’à présenter le parti de Laurent Gbagbo et ceux qui se reconnaissent en lui comme des va-t-en guerre. Une image qui leur collerait à la peau et dont ils refuseraient de se défaire un an après l’accession au pouvoir d’Alassane Ouattara, suite aux bombardements massifs de l’armée française sur la résidence du président Laurent Gbagbo. En bon élève de la françafrique, le régime a fait sienne la politique du diviser pour mieux régner. D’où la stigmatisation et la stratification des militants du FPI que Hamed Bakayoko a servi aux téléspectateurs. «Il y a ceux qui considèrent qu’ils ont perdu les élections qu’ils ont perdu une guerre absurde qu’ils ont engagée, qu’ils doivent revoir leur approche politique, s’inscrire dans le processus de réconciliation. Et il y a une catégorie parfaitement identifiée qui considère qu’ils n’ont rien perdu, ils n’ont rien fait, ils n’assument pas. Ils considèrent que ce n’est pas fini; qu’ils doivent se venger, qu’il y a un second tour qui doit arriver, qu’ils doivent perturber l’évolution du pays», a-t-il déclaré. S’il se garde de désigner les «bons», Hamed Bakayoko n’a pu s’empêcher de livrer à la vindicte populaire ceux qu’ils estiment «les ennemis» du régime, presque tous des personnalités en exil et qu’il a pour mission de traquer à travers le monde. Il s’agit entre autres, du «Dr Abié, de Koudou Jeannette, Ben Soumahoro, Kassoum, Ali Kéita, Djédjé Mama,Zahoui Marcellin…» qui, dans le programme de déstabilisation sorti de ses propres officines, «avaient des responsabilités». Quelle imagination ! On savait le Rdr maître dans l’art de la manip mais là, c’est vraiment gros.
Plus grave, le ministre d’Etat accuse Mme Nady Bamba, propriétaire du groupe Cyclone, d’être le financier de son coup d’Etat imaginaire. «On a arrêté Ousmane Sy Savané, balbutie- t-il, parce que justement le croisement de toutes ces données nous ont amené à son ordinateur. On a vu qu’il fédérait un certain nombre d’actions. Vous savez que dans ces opérations, ils ont besoin d’argent. Donc il y a des mobilisations d’argent. On est tombé sur des lettres importantes qui donnaient pouvoir à Mme Nady Bamba d’opérer sur un compte offshore». Malgré ces prétendues preuves, il n’y a pourtant pas de trace à ce jour d’un mandat d’arrêt contre la patronne du groupe Cyclone.
 

Trop de mystères

Cette même légèreté qui a caractérisée la sortie d’Hamed Bakayoko, mue par le besoin d’obtenir la caution des Ivoiriens pour trancher des têtes gênantes l’a conduit à dire que «le colonel Alphonse Gouanou et les autres ont reconnu que le ministre Katinan leur a remis de l’argent, qu’ils ont recruté des groupes, qu’ils ont fait des réunions à Accra. Et la première mission qu’ils leur ont leur ont demandée, c’était de tout faire pour perturber la visite du président à l’Ouest». Mais diantre! Où les a-t-il donc rencontrés ? Ou alors veut-il nous faire comprendre que ses services qu’il ne cesse de féliciter les ont déjà fait passer de vie à trépas. Les Ivoiriens veulent comprendre, surtout après la diffusion de l’élément filmé montrant le ministre Lida Kouassi en train de faire des aveux, certainement après avoir subi des séances de torture.Une relecture minutieuse de la vidéo permet se rendre compte de la supercherie.
Concernant le commandant Seka Yapo Anselme, l’aide de camp de la Première dame Simone Gbagbo, Hamed Bakayoko, dans la peau du procureur est sentencieux : «Il était à la tête, tout le monde le sait, des escadrons de la mort. Il a conduit les dernières opérations guerrières dans Abidjan. (…) Il a été présenté au parquet militaire, il n’a pas fait de difficulté pour avouer qu’il était dans la logique d’un projet de déstabilisation de l’Etat de Côte d’Ivoire. (…) Le colonel Katé Gnatoa, ancien membre de la garde républicaine, a déclaré qu’il a été témoin oculaire de l’assassinant du général Guéi Robert. (…) On a un témoin oculaire». On attend donc la confession publique du commandant Séka Séka – arrêté longtemps avant Lida Kouassi – dans le prochain épisode de la nouvelle télé-réalité ivoirienne estampillée Ouattara. C’est tout… pour le moment ! N’est-ce pas Hamed Bakayoko ?
Par Edouard Amichia
 




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